Il y avait déjà l’AWOL LuxVision, présenté à l’IFA de Berlin comme le premier vidéoprojecteur UST 4K 120 Hz à intégrer un système de déplacement optique de l’image. Il faudra désormais compter avec un sérieux concurrent : l' Hisense L9Q Pro, que j'ai découvert sur le stand de la marque. Et cette fois, la marque ne se contente pas de proposer un nouveau Laser TV plus lumineux ou plus puissant. Le constructeur s’attaque directement à l’un des principaux problèmes des vidéoprojecteurs ultra-courte focale : la difficulté à positionner précisément l’image sans avoir recours à une correction numérique.

Avec le L9Q Pro, Hisense introduit à son tour un Lens Shift optique sur un UST triple laser, faisant de ce modèle l’un des vidéoprojecteurs à ultra-courte focale les plus intéressants de cette rentrée. Sur le papier, le L9Q Pro est une évolution particulièrement musclée du L9Q que nous connaissons déjà. Hisense conserve son architecture DLP 4K UHD à wobulation et sa source lumineuse TriChroma à triple laser RGB, mais pousse plusieurs curseurs vers le haut. La luminosité atteint désormais 5 500 ANSI lumens, contre 5 000 ANSI lumens pour le L9Q, tandis que le constructeur annonce un contraste pouvant atteindre 6 000:1 grâce à l’intégration d’un iris réglable sur sept niveaux. Un détail qui peut paraître secondaire sur une fiche technique, mais qui est en réalité particulièrement intéressant sur un Laser TV : pouvoir moduler mécaniquement la quantité de lumière permet de rechercher un meilleur équilibre entre luminosité et niveau de noir selon les conditions de projection.

La marque annonce également une couverture de 118 % du BT.2020 et jusqu’à 1,07 milliard de couleurs. Le L9Q Pro conserve son ratio de projection ultra-court de 0,18:1 et peut toujours produire une image de 80 à 200 pouces. Autrement dit, on reste dans cette philosophie Laser TV qui permet de placer le projecteur à quelques dizaines de centimètres de l’écran tout en obtenant une diagonale digne d’une véritable salle de cinéma. Mais c’est évidemment son optique qui constitue la nouveauté la plus intéressante. Il dispose d’un Lens Shift vertical annoncé à ±5 %. Ce n’est pas une amplitude gigantesque et il ne faut donc pas imaginer pouvoir déplacer librement l’image dans toutes les directions comme avec certains projecteurs home cinéma à longue focale. Mais sur un UST, c’est déjà une évolution importante. Le principe est simple : au lieu de déplacer physiquement le projecteur ou de déformer numériquement l’image avec une correction de trapèze, le déplacement optique permet d’ajuster sa position tout en conservant l’intégralité du signal.

C’est précisément cette philosophie qui rend le L9Q Pro particulièrement intéressant face à l’AWOL LuxVision. Car quelques jours seulement après avoir découvert le LuxVision sur son propre stand à l’IFA, je retrouve donc chez Hisense une réponse particulièrement directe. AWOL a fait de son Optical Shift l’un des arguments majeurs de son nouveau fleuron UST, et Hisense arrive désormais avec une solution similaire sur le L9Q Pro. La confrontation entre les deux modèles va donc être particulièrement intéressante, d’autant que leurs philosophies techniques ne sont pas totalement identiques. L’AWOL LuxVision annonce pour sa part 6 000 ISO lumens, une source triple laser RGB, un ratio de projection de 0,18:1 et un déplacement optique vertical, avec une image pouvant atteindre 200 pouces. Son prix annoncé est de 5 999 euros. Hisense place quant à lui son L9Q Pro à 6 990 euros, soit environ 1 000 euros de plus que l’AWOL. Une différence de tarif qui va forcément peser dans la future comparaison, car Hisense devra démontrer que son supplément de prix se justifie autrement que par une simple augmentation de la luminosité. Et justement, le L9Q Pro dispose d’autres arguments à faire valoir. Il reprend notamment le système audio particulièrement impressionnant du L9Q, avec une architecture 6.2.2 développée et réglée avec Devialet et l’Opéra de Paris, pour une puissance totale annoncée de 116 W. Dolby Atmos et DTS:X sont également de la partie.
C’est un point sur lequel Hisense continue de se démarquer : le L9Q Pro est pensé comme une véritable solution home cinéma tout-en-un, et pas uniquement comme un projecteur que l’on devra obligatoirement compléter par une barre de son ou un système audio externe. Côté image, le L9Q Pro conserve les compatibilités HDR10+, Dolby Vision, HDR10, HLG et IMAX Enhanced, ainsi que le Filmmaker Mode et la 3D active. On retrouve également les fonctions d’alignement automatique et d’adaptation à l’écran qui simplifient considérablement l’installation dans un salon. La source laser est donnée pour plus de 25 000 heures, ce qui permet d'envisager une utilisation intensive sans avoir à se préoccuper du remplacement d'une lampe traditionnelle. Le gaming n’est évidemment pas oublié, même si le L9Q Pro reste avant tout présenté comme un Laser TV haut de gamme. Hisense annonce et un faible temps de réponse, tandis que les deux entrées HDMI 2.1 devraient permettre d’exploiter les consoles et PC récents dans de bonnes conditions. Mais au-delà des chiffres, c’est vraiment cette nouvelle bataille du Lens Shift UST qui risque de devenir le sujet intéressant de cette fin d’année. Jusqu’à présent, le choix d’un vidéoprojecteur ultra-courte focale impliquait généralement d’accepter une contrainte très forte sur son positionnement : le projecteur devait être parfaitement placé par rapport à l’écran, et les corrections numériques pouvaient ensuite servir à rattraper les petits défauts d’installation. Avec le L9Q Pro et le LuxVision, on commence à voir apparaître une autre approche, beaucoup plus proche de ce que l’on connaît depuis longtemps sur les vidéoprojecteurs home cinéma traditionnels. Et pour moi, c’est probablement l’évolution la plus importante de cette nouvelle génération de Laser TV. Il reste évidemment une inconnue majeure : la qualité réelle de ce Lens Shift. Sur le papier, déplacer l’image optiquement est nettement préférable à une correction numérique, mais il faudra vérifier sur une machine de série son amplitude réellement exploitable, la conservation de la netteté sur l’ensemble de l’image, l’uniformité, les éventuelles aberrations optiques et le comportement aux différentes positions du déplacement. C’est précisément le genre de choses qu’une fiche technique ne permet pas de déterminer. Et c’est aussi pour cette raison que je suis particulièrement curieux de pouvoir tester le L9Q Pro dans les conditions habituelles de Mondoprojos.
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