Test JmGO PicoPlay

Alors que je tape ces lignes, une pluie diluvienne tambourine contre mes vitres avec la grâce d’un groupe de rock débutant en répétition. Les chaussettes sèchent à peine, le chauffage ronronne en juin (oui, on est là-dessus), et l'idée même de vacances semble aussi lointaine qu'une mise à jour Android sur un projecteur chinois. Et pourtant… c’est bien un test spécial été que je vous propose aujourd’hui !

Car même s’il pleut des seaux, certains d’entre vous préparent déjà leur valise, leur sac à dos, voire leur van aménagé, avec l’idée de ne pas abandonner totalement Netflix, Prime Video ou Disney+ pendant les soirées au calme. Et c’est là que le JmGO PicoPlay entre en scène.

Petit cylindre design de la taille d’une canette énergétique, le PicoPlay est un projecteur LED nomade qui vise clairement le segment des vacances connectées. Son concurrent direct ? Le tout nouveau Xgimi MoGo 4, fraîchement annoncé. Le PicoPlay joue donc dans la même cour, avec quelques arguments sérieux pour séduire les vacanciers exigeants : compacité, connectivité, et une promesse d’image pas ridicule du tout pour un modèle aussi petit et n'oublions pas son petit prix de 449€ qui peut être encore plus réduit à 314€ jusqu'au 31 juillet 2025 avec le code de réduction "JMGOVIBEPLAY".

Bref, aujourd’hui on teste un projecteur qu’on pourrait glisser entre les tongs et la crème solaire… si seulement le soleil daignait pointer le bout de son nez.

De quoi s'agit-il ?

Le JmGO PicoPlay, c’est le genre de mini-projecteur qu’on pourrait presque confondre avec une enceinte connectée, un mug isotherme ou une lampe d’ambiance. Et ce n’est pas complètement faux : il fait un peu tout ça à la fois. Mais à l’intérieur de ce cylindre compact de 730 grammes se cache surtout un projecteur DLP à LED, bien décidé à transformer vos vacances en ciné-club de poche.

Au cœur de l’appareil, on trouve une puce DMD 0.23” (technologie DLP de Texas Instruments), la plus petite du marché, qui n'affiche pas du Full HD natif, mais simule une image 1080p grâce à la technologie XPR (eXpanded Pixel Resolution). Le principe est simple : la puce "ditherise" l’image à très haute fréquence pour décaler rapidement les pixels, donnant l’illusion d’une image en haute définition.


Avantage : un projecteur plus compact et moins cher.
Inconvénient : netteté moindre comparée à un vrai 1080p natif, et un peu de flou si on s’approche trop.

La source lumineuse repose sur une LED classique, annoncée à 400 lumens ISO. Autrement dit : en intérieur modérément éclairé ou en environnement sombre, l’image tient la route. En plein jour ou sous le parasol, on repassera.

Durée de vie estimée : 25 000 heures, soit grosso modo 3 films par jour pendant plus de 10 ans.
Le refroidissement semble bien géré grâce à la structure verticale (l’air monte naturellement, et l’évacuation est discrète).

Test JMGO PicoPlay
JMGO PicoPlay

Le PicoPlay permet une projection horizontale ou verticale (utile pour TikTok, YouTube Shorts et Reels, oui oui…).

La plage de projection annoncée va de 40 à 200 pouces, mais attention : avec un rapport de projection de 1.2:1, il faut 2,7 mètres pour obtenir une image de 90 pouces. Il n’est donc pas fait pour les très petits espaces.

Côté traitement d’image, il gère le HDR10, ce qui est toujours un bon point même si, avec cette puissance lumineuse et cette technologie, le rendu HDR sera surtout symbolique. Le contraste est donné à FOFO 400:1, ce qui en langage DLP-LED se traduit par un contraste perçu assez faible, surtout sans traitement de type Dynamic Black. Ce n’est pas un projecteur de salle dédiée, on l’aura compris.

Le PicoPlay tourne sous Google TV officiel (et pas un fork approximatif), avec un accès direct à Netflix, Prime Video, Disney+, YouTube, etc. Le tout est animé par 2 Go de RAM et 8 Go de stockage, ce qui suffit pour une interface fluide, sans ambitions gaming.

Test JMGO PicoPlay
JMGO PicoPlay

L’audio est confié à un haut-parleur mono 8W, compatible Bluetooth Speaker Mode pour servir d’enceinte autonome, même avec l’image éteinte. Pas de miracle sonore, mais c’est proprement intégré.

L’une des bonnes idées de JmGO, c’est d’avoir intégré une base Power Bank amovible (vendue en option ou incluse selon les versions), qui permet jusqu’à 2,5h de projection autonome. Pratique pour une séance improvisée sur la plage ou dans une tente.

Et tant qu’à faire, un petit sac de transport et un pied rétractable sont prévus, histoire de ne pas poser son projecteur à même le sable (même si certains essaieront).

Prise en main

Test JMGO PicoPlay
JMGO PicoPlay

À la sortie de la boîte, le JmGO PicoPlay donne immédiatement le ton : on est ici dans le monde du "compact premium", avec une forme cylindrique verticale qui évoque plus une enceinte connectée ou une lampe de chevet qu’un projecteur traditionnel. Le revêtement en aluminium anodisé, ponctué de quelques touches de plastique noir, donne une belle impression de sérieux pour un produit nomade.

Test JMGO PicoPlay
JMGO PicoPlay

Avec ses 85 x 85 x 166 mm pour 730 grammes, le PicoPlay se glisse sans peine dans un sac à dos ou une valise cabine. Il est plus petit qu’une bouteille d’eau de 50 cl, ce qui en dit long sur sa vocation "mobile first".

Sur le dessus, on retrouve un panneau de commande tactile rétroéclairé qui permet d’accéder aux fonctions essentielles (volume, navigation, activation rapide). En réalité, on utilisera principalement la télécommande Bluetooth fournie, fine et minimaliste, mais bien conçue, avec des touches dédiées à Google Assistant et à l’accès direct aux applis Netflix et Prime Video.

Test JMGO PicoPlay
JMGO PicoPlay

L’objectif est centré, légèrement en retrait dans une lentille cerclée de vert fluo (pour le style), et affiche un rapport de projection fixe de 1.2:1. Aucun zoom, bien sûr, à ce niveau de gamme. En clair, si vous voulez une image de 100 pouces, il vous faudra environ 2,65 mètres de recul.

La mise au point est motorisée, avec un autofocus assisté par un module TOF (Time of Flight). Ça fonctionne bien, rapide et précis, avec un recalibrage possible à la volée via un bouton ou depuis l’interface.

L’auto-keystone est également de la partie, avec une correction verticale et horizontale annoncée de -6° à +82°. Comme toujours, mieux vaut éviter d’y toucher trop, sous peine de perdre en netteté.

Le PicoPlay concentre sa connectique à l’arrière, dans une petite trappe discrète. On y trouve :

  • 1 port HDMI 2.1 (compatible ARC)
  • 1 port USB 2.0 pour clé ou disque dur
  • 1 port USB-C dédié à l’alimentation
    (Si vous optez pour le socle Power Bank, il vient se connecter via ce port, et ajoute un peu de hauteur au projecteur.)
Test JMGO PicoPlay
JMGO PicoPlay

Côté sans-fil, le PicoPlay embarque Wi-Fi 5.0 et Bluetooth 5.1, ce qui permet de connecter une enceinte externe ou d’utiliser le projecteur en mode Bluetooth speaker sans allumer l’image.

J'allais oublier de parler côté du socle lumineux à LED multicolores. Il s’illumine façon arc-en-ciel RGB dès l’allumage, donnant un petit côté "party speaker" au projecteur. L’effet est purement décoratif et pas très utile pour une utilisation home cinéma mais posé sur une table et utilisé comme enceinte Bluetooth, le PicoPlay+ attire l’œil.

Autre détail fun : le filtre en verre légèrement irisé qui vient se placer devant l'objectif et qui joue avec la lumière ambiante. Selon l’angle et l’éclairage, cela crée de petits reflets façon "effet discothèque", presque volontairement kitsch. JmGO assume totalement le côté gadget techno-festif, et on ne leur en veut pas : c’est aussi pour ça qu’on choisit ce type de projecteur (enfin surtout nos ados et jeunes adultes qui sont le public ciblé).

Test JMGO PicoPlay
Test JMGO PicoPlay

Menus et interface

Côté interface, le JmGO PicoPlay embarque Google TV dans sa version officielle Netflix est nativement pris en charge (sans bidouille ni APK de l’ombre). Prime Video, Disney+, YouTube, Molotov et cie sont bien là. Un lecteur de médias est directement proposé (MPP), s'il n'a aucun souci avec les sources SDR, oubliez les programmes HDR qui sont trop lourds à digérer pour lui ! De toute manière avec sa luminosité limitée mieux vaut rester cantonné au SDR.

Test JMGO PicoPlay

Mais ce qui nous intéresse ici, ce sont les menus image : que peut-on vraiment régler, et dans quelle mesure le projecteur se laisse-t-il dompter par les amateurs de précision visuelle ?

Le projecteur propose deux types de réglages pour la puissance lumineuse de la LED :

  • Une échelle manuelle de 1 à 10, pour un ajustement fin selon l’environnement.
  • Trois modes prédéfinis : Éco, Standard et Pleine puissance.

Cela permet de gérer un peu la consommation et le bruit (le mode Éco étant plus discret).
Mais attention : pas d’iris dynamique ici. Le contraste reste donc fixe, sans adaptation scène par scène.

Test JMGO PicoPlay

Le PicoPlay offre six profils d’image prédéfinis :

  • Vif
  • Standard
  • Film
  • Doux
  • Bureau
  • Extérieur

À cela s’ajoute un mode Utilisateur qui permet de prendre (un peu) la main. Voici ce qu’il est possible d’ajuster :

  • Balance des blancs (gain et offset sur un seul point)
  • Teinte, saturation, luminosité par composante primaire via un CMS assez bien conçu
  • Température de couleur : trois réglages préétablis (Froide, Standard, Chaude) et un mode utilisateur avec ajustement RVB sur un point.

Bonne surprise : une correction de l’échelle de gris sur 11 points est également disponible, un vrai plus dans cette catégorie.

En revanche, pas de sélection indépendante de l’espace couleur (pas de choix entre BT.709, DCI-P3 ou BT.2020, même en HDR), ce qui peut poser problème en cas de traitement externe ou de calibration fine. Il faut donc faire confiance à la détection automatique… avec les limites que cela implique.

Dès qu’un signal HDR est détecté, le projecteur bascule automatiquement dans un mode HDR10.
Mais ne vous attendez pas à des miracles : pas de Dynamic Tone Mapping à la sauce LG ou JVC, ni de traitement spécifique de la courbe EOTF.
L’image peut donc rapidement paraître terne ou écrasée dans les hautes lumières selon les masters – un traitement manuel via la luminosité LED et les niveaux de noir/blanc peut s’imposer pour rattraper le coup.

Dernier point : le traitement vidéo. Ici, on fait dans le simple :

  • Pas d’interpolation d’image, donc pas de compensation de mouvement.
  • En revanche, un mode "faible latence" est prévu pour les joueurs, réduisant l’input lag pour une meilleure réactivité en jeu, en particulier en HDMI.

Un bon point pour ceux qui comptent brancher une console ou streamer du cloud gaming (type GeForce Now, Xbox Cloud ou Shadow).

Verdict technique

Bruit de fonctionnement et qualité du système sonore intégré :

Commençons par ce qui s'entend — parfois trop. Le JmGO PicoPlay dispose de quatre modes d'alimentation lumineuse, qui influent directement sur le niveau sonore du système de refroidissement. Et là, disons-le franchement : le mode "Extérieur" est à fuir comme une projection 3D sans lunettes.

Ce mode pousse la LED à fond les ballons, mais pour un résultat visuel décevant (dominante verte délavée) et surtout un niveau de bruit mesuré à 46,1 dB, ce qui est tout simplement inutilisable dans un salon calme. Autant planter une ruche à côté de l'écran, au moins ce sera bio.

Test JMGO PicoPlay

Heureusement, le mode Pleine Puissance descend à un bien plus raisonnable 35 dB, dans une pièce où le bruit de fond était mesuré à 33,6 dB projecteur éteint. En pratique, c’est ce mode qui s’impose naturellement : bon équilibre entre flux lumineux utilisable et nuisance sonore maîtrisée. On l'oublie vite une fois un film lancé.

Les modes Standard (34 dB) et Éco (33,9 dB), pourtant légèrement plus discrets, ne tiennent pas la route côté lumière : trop peu de punch pour une image regardable, sauf en projection de proximité dans l’obscurité totale. Vous ne les utiliserez donc qu’en dépannage ou comme fond musical avec l’écran éteint.

Et justement, parlons musique. Car là, le PicoPlay surprend — en bien. Son petit haut-parleur 8 watts embarqué ne paie pas de mine sur le papier, mais il en remontrerait à nombre d’enceintes Bluetooth compactes. L’équilibre tonal est bon, le niveau sonore suffisant pour une petite soirée, et surtout la spatialisation est convaincante compte tenu du format.

Franchement, rien que pour le rendu audio, certains pourraient envisager l’achat du PicoPlay comme enceinte autonome avec fonction projection bonus. Il supporte même la lecture audio avec l’écran éteint, ce qui en fait un véritable hybride nomade multimédia.

Consommation électrique :

Qui dit LED, luminosité modérée et taille réduite, dit aussi consommation mesurée. Et là encore, le PicoPlay joue la carte de la sobriété, avec des chiffres très en dessous des standards du home cinéma classique (et même des projecteurs portables laser).

Voici les chiffres relevés :

  • Mode Pleine Puissance : 39,6 watts
  • Mode Standard : 21,9 watts
  • Mode Éco : 17,1 watts

Pour donner un ordre d’idée, cela correspond à peine à ce qu’un PC portable consomme en veille avec l’écran allumé. On est donc dans le domaine du ridicule en matière de dépense énergétique, ce qui est une excellente nouvelle si l’on compte l’utiliser souvent en nomade, sur batterie, ou même en camping avec un panneau solaire.

Piqué et précision d'image :

Le JmGO PicoPlay repose sur une puce DLP 0,23" signée Texas Instruments, référence DLP230NP, qui n’est autre que l’un des plus petits formats DMD actuellement disponibles. Elle affiche en natif une résolution de 960 x 540 pixels, soit une simple quarter HD, que le traitement XPR x4 transforme en pseudo-Full HD (1920 x 1080) par déplacement opto-mécanique de l’image à très haute fréquence.

Sur le papier, la promesse est séduisante. En pratique… un peu moins.
La précision n’est clairement pas le point fort de ce petit cylindre lumineux. Dès les premières mires et contenus testés, on remarque que les contours sont tranchés artificiellement, et le naturel de l’image en prend un coup.

JmGO a visiblement tenté de compenser le manque de finesse native par une suraccentuation logicielle, notamment via un réglage de netteté très agressif en sortie d’usine. Le résultat ? Des doubles contours partout, une image qui "brille" d’un piqué trompeur mais qui, à y regarder de près, manque cruellement de cohérence visuelle.

Il m’a fallu abaisser le réglage de netteté à zéro pour retrouver une image un tant soit peu naturelle, même si la définition réelle reste inférieure à celle d’un vrai projecteur Full HD. Ce n’est pas un défaut isolé au PicoPlay, c’est une limite inhérente à cette puce 0,23", qu’on retrouve sur d’autres projecteurs compacts du même genre, comme ceux de chez Xgimi ou Formovie.

Fluidité :

Autre point faible à signaler : la fluidité de l’image, ou plus précisément l’absence de compensation de mouvement.

Le PicoPlay ne dispose d’aucune interpolation d'image (souvent appelé MEMC pour Motion Estimation Motion Compensation), ce qui signifie que les sources à 24 images par seconde, typiques du cinéma, sont reproduites telles quelles, sans traitement.

Résultat : le fameux "judder" est bien visible. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, le judder désigne les saccades visibles lors des travellings horizontaux ou verticaux, quand la cadence d’affichage ne correspond pas exactement à la fréquence de rafraîchissement de l’écran. Cela donne une sensation de tremblement ou de petits sauts d’image, particulièrement gênante sur des mouvements de caméra lents et réguliers.

Ici, non seulement le judder est présent, mais aucun système n’est prévu pour le lisser. Et avec une netteté déjà limite, cela renforce l’impression d’une image un peu saccadée et imprécise, loin de l’effet pellicule maîtrisé d’un vrai diffuseur home cinéma.

Alors bien sûr, sur des contenus type séries animées, TikTok ou vidéos YouTube à cadence plus élevée, ce défaut se fait moins sentir. Mais dès qu’on attaque un film ou une série filmée en 24p, on regrette vraiment l’absence de compensation.

Input lag :

Le JmGO PicoPlay n’est pas un projecteur dédié au jeu vidéo, et cela se ressent dès les menus, où aucun mode "Jeu" spécifique n’est proposé, comme on peut en trouver sur des modèles plus orientés gaming.

Mais tout n’est pas perdu pour autant : deux options permettent d’optimiser sensiblement la latence à l’affichage, et donc de rendre l’expérience de jeu plus réactive :

  • L’option "mode de faible latence" dans les paramètres d’image ;
  • Le réglage EDID HDMI rapide, qui allège la négociation entre la source et le projecteur pour éviter les traitements inutiles.

Avec ces deux réglages activés, j’ai mesuré un input lag de 38,9 ms, ce qui reste parfaitement jouable pour la plupart des jeux console ou PC, à condition de ne pas viser la compétition eSport.

Test JMGO PicoPlay

En deçà des 40 ms, on entre dans une zone acceptable pour du jeu casual, comme une partie de Mario Kart, un RPG ou même un FPS pas trop nerveux. Bien sûr, on est loin des 15-20 ms des modèles vraiment taillés pour le gaming, mais pour un projecteur de cette taille et de cette gamme, c’est une performance honorable.

À noter qu'en l’absence de compensation de mouvement (cf. section précédente), certains jeux à défilement rapide peuvent paraître un peu plus secs visuellement, mais le retard à l’affichage ne sera pas l’obstacle principal dans l’expérience.

Overscan et importance de la bordure grise qui entoure l'image utile :

Le JmGO PicoPlay fait ici preuve de discipline, puisqu’il n’applique aucun overscan : l’image est affichée en entier, sans recadrage ni découpe des bords, ce qui est toujours appréciable pour le visionnage de contenus natifs (notamment les interfaces ou les sous-titres collés en bas de cadre).

En revanche, il n’échappe pas à l’un des petits défauts bien connus des projecteurs DLP compacts : le fameux cadre lumineux.

Test JMGO PicoPlay

Autour de l’image projetée, on distingue ainsi une bordure grise continue d’environ 2 cm sur tous les côtés. Sur un mur blanc ou un écran à bord fin, ce cadre est visible dans l’obscurité et peut être perçu comme gênant si on y prête attention, surtout dans les scènes sombres. Sur une toile avec bordure noire (ou simplement avec un écran plus petit que la zone totale éclairée), le phénomène est largement atténué.

Il n’en reste pas moins que ce cadre lumineux est une limite technique structurelle des projecteurs DLP. Il faudra donc en tenir compte si vous êtes très sensibles à l’uniformité du noir autour de l’image.

Colorimétrie – Glagla en sortie de boîte, mais gros potentiel avec un bon réglage :

Si vous branchez le PicoPlay tout juste sorti de sa boîte et que vous lancez votre film préféré, accrochez vos rétines : les couleurs sont... disons, "vivifiantes". Avec des températures dépassant les 9200K dans la plupart des modes (jusqu’à 10 488K en mode "Vif" !), on est clairement dans une dominante froide, bleutée, qui éloigne fortement l’image de toute référence cinématographique sérieuse. Et ce n’est pas qu’une impression : les valeurs de deltaE grimpent jusqu’à 10,6, soit très au-delà du seuil de perception.

Test JMGO PicoPlay
Pré calibrage SDR Jmgo PicoPlay

Autrement dit : non, ce n’est pas calibré d’usine, et oui, ça se voit.

Mais là où le PicoPlay tire son épingle du jeu, c’est qu’il offre suffisamment de réglages internes pour effectuer un calibrage complet. Résultat : après calibration selon les standards PVA, j’ai obtenu une température cible de 6652K, un gamma à 2,16, et un deltaE moyen de seulement 0,3, soit un résultat exceptionnellement précis pour un projecteur à moins de 400 € !

Test JMGO PicoPlay
Post calibrage SDR JmGO PicoPlay

Alors bien sûr, je vous vois venir : « Oui mais le calibrage coûte aussi cher que le projecteur, ça n’a pas de sens ». Et vous avez raison. Investir 400 € dans un calibrage professionnel pour un appareil vendu 399 €, c’est un peu comme mettre des jantes en or sur une Twingo. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que le potentiel est là, et pour ceux qui ont les compétences ou l’envie de bidouiller un peu, il est tout à fait possible de tirer une image précise, naturelle et fidèle du PicoPlay.

Test JMGO PicoPlay

Contraste et Luminosité – Petit projecteur, petite lumière :

Sur le papier, le JmGO PicoPlay annonce 400 lumens ANSI et un contraste Full On / Full Off de 400:1.

En mode calibré – c’est-à-dire avec des couleurs justes, un gamma correct et une température de couleur réaliste – le projecteur délivre 248 lumens pour un niveau de noir de 0,311 cd/m², soit un contraste séquentiel (on/off) mesuré à 511:1. On est donc légèrement au-dessus de la promesse constructeur… mais ça reste très modeste, et surtout bien en-deçà de ce qu’exige une image HDR digne de ce nom.

Test JMGO PicoPlay
Contraste luminosité colorimétrie JmGO PicoPlay

Bref, le HDR, on oublie tout de suite car sa luminosité ne permet pas de dépasser 16 fL (la norme pour une bonne dynamique SDR) qu’en restant sur une base d’image de 1m60 maximum. Pour les plus téméraires, on pourra envisager jusqu’à 1m80 de base en profitant de « l’effet HK" qui désigne la perception amplifiée de la luminosité sur les projecteurs LED. En clair : le spectre lumineux émis par les sources LED peut donner une impression de clarté supérieure à la mesure réelle, surtout sur des scènes lumineuses.

À noter : malgré la présence de deux options de contraste dynamique dans les menus, aucune d’elles n’a eu le moindre effet mesurable sur le contraste.

Ce PicoPlay est fait pour de petites images en SDR, dans des pièces sombres, point. Et dans ces conditions, il pourra offrir une image regardable, voire agréable, pour peu que l’on reste dans les clous de mes recommandations.

Avis subjectif

Si vous êtes un habitué de mes tests, vous savez que j’aime juger les projecteurs non seulement à la sonde, mais aussi à l’œil, dans les films, avec le pop-corn dans une main et la télécommande dans l’autre. Et à ce petit jeu, le JmGO PicoPlay m’a surpris… dans les limites physiques que j’ai évoquées plus tôt, bien sûr.

J’ai démarré mes tests visuels par l’introduction d’Alien: Romulus, en SDR, qui se déroule dans l’espace profond. C’est typiquement le genre de scène cruelle pour un projecteur à faible contraste : fond noir, éclairage localisé, lente dérive dans l’obscurité avec quelques lueurs de consoles clignotantes.

Résultat ? Sur toile blanche, les noirs ne sont pas noirs, mais un gris laiteux qui casse complètement l’ambiance claustro-cosmique. L’écran technique change tout. En le passant sur ma toile ALR (à gain contrôlé), j’ai immédiatement regagné de la profondeur dans les ombres et les noirs. Non, on n’est pas chez JVC, mais la différence est assez flagrante pour justifier ce choix si vous regardez souvent dans le noir.

Ce projecteur a besoin d’un coup de main matériel pour rendre ses scènes sombres supportables. Évitez les écrans blancs et privilégiez une base d’image raisonnable (1m60) avec une toile grise technique ou un mur peint en gris neutre.

Changement d’ambiance avec Dune 2, qui permet de juger la capacité du PicoPlay à tenir une image lumineuse, mais pas brûlée. Là, bonne surprise : sur des plans désertiques, très éclairés, le projecteur conserve une balance agréable, sans virer au blanc cramé.

Les couleurs sont superbes. Le LED rend ici une image punchy, avec une belle stabilité des teintes chaudes.

Test JMGO PicoPlay

Avec Sinners et Baby Girl (tonalités pastel / peaux claires), le PicoPlay m’a donné le meilleur de ce qu’il pouvait faire en termes de colorimétrie. À condition encore une fois de ne pas dépasser les 1m60 en base, l’image est vivante, homogène, bien contrastée dans les teintes intermédiaires, sans virer à la caricature (si vous avez eu la main légère sur la netteté).

Test JMGO PicoPlay

Il y a même un petit effet waouh LED, que je n’attendais pas sur un projecteur de cette gamme : un rendu qui donne l’impression d’un contraste plus élevé que les chiffres ne le laissent penser, sur des plans bien éclairés et colorés. Oui, c’est un peu l’effet placebo du LED, mais à l’œil, ça fonctionne !

Test JMGO PicoPlay

Conclusion

On pourrait facilement tomber dans le piège de juger ce JmGO PicoPlay à l’aune des gros projecteurs de salon. Mais ce serait passer complètement à côté de ce qu’il est vraiment : un pico projecteur ultra-compact, taillé pour les petites diagonales, les installations temporaires ou les ambiances nomades, et conçu avant tout pour rester accessible.

Alors bien sûr, avec sa puce DLP de 0,23" et sa résolution native de 540p extrapolée en pseudo Full HD, il ne gagnera pas de concours de netteté. Le contraste est limité, la fluidité absente, et il faut oublier le HDR et les grandes bases d’image. Mais si l’on replace le PicoPlay dans sa catégorie, celle des picoprojecteurs autour de 400€ avec Android TV, autofocus et calibration possible, il fait bien mieux que la moyenne.

Ce qui sauve clairement ce modèle, c’est :

  • une colorimétrie totalement maîtrisable après calibrage (et c’est assez rare à ce tarif),
  • une image qui tient la route jusqu’à 1m60 si vous avez l’environnement adapté,
  • une conception sérieuse, une bonne réactivité (input lag réduit) et un rapport prix/performances solide.

Bref, une vraie bonne surprise, à condition de respecter son cahier des charges : petit projecteur, petite image, petit budget… mais grand potentiel quand on le prend pour ce qu’il est.

Verdict mondoprojos.fr

Note finale : 3/5

Label attribué : "Bon plan calibré"
Parce qu’à 399€, quand un projecteur peut sortir une image équilibrée, précise (après réglages) et exploitable en usage cinéma "compact", il mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

Bon plan calibré

Choix comparatif – Le PicoPlay face à la concurrence

Dans la jungle des picoprojecteurs à moins de 600 €, le JmGO PicoPlay n’est pas seul à vouloir votre attention. Mais une fois les fiches techniques remises en contexte (et les promesses marketing décodées), on s’aperçoit qu’il tire très bien son épingle du jeu.

Xgimi MoGo 4 LED – 599€

C’est le plus cher des trois, et aussi le plus complet côté interface Android TV et ergonomie générale. La qualité de fabrication est très bonne, et le traitement vidéo est un cran au-dessus. Mais à 599€, il devient plus difficile à recommander sans exigence de performances vraiment supérieures : la puce DLP est identique, la luminosité équivalente, et il ne propose pas de meilleures possibilités de calibrage.

Dangbei Freedo – 439€

Concurrent sérieux, légèrement plus cher que le PicoPlay. Il affiche une image un peu plus homogène en sortie de boîte, mais reste en retrait sur deux aspects cruciaux : le système sonore est bien plus limité, et les réglages des couleurs moins étoffés que ceux que JmGO.

JmGO PicoPlay – 449€

Il lui manque un peu de raffinement, et sa définition simulée le trahit sur les grandes diagonales. Mais son image peut être calibrée, son input lag est contenu, et le son intégré est étonnamment bon pour un pico. Bref, il coche plus de cases que ses rivaux à condition de le limiter à une base d’image raisonnable.

À ce niveau de prix, le JmGO PicoPlay propose le meilleur équilibre entre qualité d’image, fonctionnalités, calibrabilité et prix. Pour peu qu’on accepte ses compromis (taille d’image, HDR hors-jeu), c’est clairement un bon choix en 2025 dans la catégorie des picoprojecteurs LED à moins de 500 €.


6 Commentaire(s)

  1. Borista dit :

    Bonjour,

    Pour de petites projection occasionnelle, de nuit, et sur des diagonales raisonnables, que conseillez vous entre ce modèle et son frère le jmgo nano ?

    Vu la technologie similaire, j’aurais pense que la différence de prix ne se justifie pas, mais peut-être je me trompe.

  2. Joni dit :

    Bonjour Greg,
    Tout d’abord, un grand merci et un grand bravo pour vos tests, leur précision et votre style de rédaction. Vous êtes pour moi ce qui se fait de mieux pour les projecteurs, et d’autres sites spécialisés dans d’autres produits pourraient s’inspirer de votre travail !
    Cela dit, j’ai vu qu’il existait 2 modèles, le Picoplay et le Picoplay +. Il me semble que la seule différence est la luminosité (400 et 450). D’abord, est ce que c’est vrai ou est ce que je passe à côté d’autres caractéristiques ?
    Ensuite, quel est le modèle que vous avez testé ?
    Pour finir, en ce moment, on trouve (sur le site officiel et Amazon), le PicoPlay normal à 350 (au lieu de 500) et le Plus à 450 (au lieu de 500 aussi, uniquement sur le site officiel). Lequel tu recommandes ?
    Et il y a aussi le PicoFlix, avec une batterie, à 350 au lieu de 600 : est ce que c’est simplement un PicoPlay avec batterie ou il y a d’autres différences ? Même question, compte tenu du prix, quel choix tu privilégierais ?
    Merci d’avance pour tes lumières !!
    Excellente journée, Joni

    1. GregW dit :

      Bonjour Joni, n’ayant testé que le PicoPlay je ne peux que me prononcer sur ce modèle. 😊

  3. Joni dit :

    Merci pour ta réponse rapide !
    Et tu as testé le PicoPlay normal ou le + ?
    Dans ton article, des fois tu mentionnes le +, des fois non.. 😅 c est pour être sûr 😉
    Encore merci !

  4. Edgekazma dit :

    Bonjour,

    Je chercher un vidéoprojecteur pour projeter sur le plafond de ma chambre et de temps en temps dans le salon, celui ci me fait de l’oeil vu qu’il est à 350€ en ce moment, est ce un bon choix pour un premier vidéoprojecteur?
    J’ai également lu le test du NP One Smart Mini a -200€, seul bémol, il ne propose pas la 3D et je voulais profiter de cette achat pour enfin bénéficier d’une solution pour regarder mes films dans ce format
    J’ai un budget de 500€/600€ environ, je suis preneur si vous avez des références a conseiller!

  5. surround0 dit :

    Edgekazama prends le JMGO, tu as quand même 200 lumens de plus que le NP, c’est un vrai petit projecteur si ton ecran/plafond/store_ikea n’est pas trop grand

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