Deauville, les planches, le festival et le Valérion Max !

Si je teste des projecteurs depuis tant d’années, ce n’est pas uniquement pour traquer le moindre détail technique, pour comparer des mesures, calibrer au dixième de nit près, ou disséquer les firmwares au gré des mises à jour. Non, si je me plonge avec autant d’acharnement dans cette quête de précision, c’est avant tout par amour du cinéma. Pourtant, à force d’avoir la tête dans le guidon, obsédé par la technologie et les performances, je l’avoue humblement : il m’arrive d’oublier pourquoi j’ai commencé tout ça. Heureusement, certaines expériences viennent me rappeler que derrière chaque pixel, chaque contraste, chaque nuance de couleur, il y a une histoire, des émotions, des acteurs, des réalisateurs et une salle obscure prête à vibrer. Et cette piqûre de rappel, je l’ai reçue avec une intensité rare lors de mon passage au Festival du Film Américain de Deauville, grâce à l’invitation de Valérion, partenaire soutien du festival, et de l’agence de communication Wemoove.

Mondoprojos Deauville 2025
Mondoprojos Deauville 2025

Car cette année, j’ai eu le privilège d’assister à la projection au CID de Nouvelle Vague, le dernier film de Richard Linklater, tourné en noir et blanc et qui revisite avec élégance et audace l’histoire de Jean-Luc Godard lors du tournage d’À bout de souffle. Ce film m’a littéralement happé. Richard Linklater, cinéaste de la mémoire et du temps, a eu l’intelligence de ne pas chercher à imiter mais à incarner, et il a trouvé en Zoey Deutch, Aubry Dullin et Guillaume Marbeck un trio d’acteurs tout simplement bluffant. Zoey Deutch, métamorphosée en Jean Seberg, irradie l’écran avec une justesse qui force le respect, Aubry Dullin, en Belmondo, trouve l’équilibre parfait entre gouaille et fragilité, et Guillaume Marbeck prête à Godard une intensité presque troublante. J’ai eu l’impression d’assister à une résurrection, à une plongée dans l’histoire vivante du cinéma français, revisitée par un maître amoureux de cette Nouvelle Vague qui a bouleversé le septième art. Ce fut un grand moment, un de ceux qui rappellent pourquoi on aime s’enfermer dans une salle obscure, pourquoi on accepte de laisser la technologie s’effacer au profit de la pure magie du récit et des visages qui défilent à l’écran.

Salle CDI projection Nouvelle Vague 2025
Salle CDI projection Nouvelle Vague 2025

Avant la projection, le moment a pris une dimension encore plus forte grâce aux mots de Claude Lelouch. Dans son discours d’introduction, il a rappelé ses liens indéfectibles avec Truffaut et Godard, deux figures tutélaires de ce mouvement qui a redéfini le cinéma. Sa voix, teintée de souvenirs et d’une admiration intacte, a résonné comme une passerelle entre générations. Et lorsque le Prix Nouvel Hollywood a été remis à Zoey Deutch, éblouissante en Jean Seberg, j’ai senti toute la salle vibrer. C’était à la fois une reconnaissance et un passage de flambeau, une façon de dire que la magie du cinéma ne s’éteint jamais, qu’elle se réinvente sans cesse dans les yeux et le talent de nouvelles générations d’acteurs.

Pour ma part, ce soir-là restera gravé comme un sommet. Car avant même que la lumière ne s’éteigne dans la salle, j’ai eu l’immense honneur de rencontrer Cédric Klapisch, mon réalisateur français préféré. Ce fut un moment suspendu, presque irréel. Je me suis retrouvé face à celui qui a façonné mon regard de spectateur avec des films comme L’Auberge espagnole ou Ce qui nous lie. Échanger quelques mots, voir son sourire bienveillant, ressentir cette proximité avec un créateur dont j’admire la sensibilité et la manière unique de raconter l’humain… j’étais littéralement sur un nuage. C’est aussi ça, la magie de Deauville : un festival qui ne se contente pas de projeter des films mais qui crée des rencontres, des étincelles, des souvenirs inoubliables.

Cédric Klapisch et mondoprojos
Cédric Klapisch et mondoprojos

Mais si j’ai fait le déplacement à Deauville, ce n’était pas uniquement pour vibrer au rythme des projections et des rencontres. J’étais là, aussi, à l’invitation de Valérion, qui y présentait son tout dernier projecteur haut de gamme, le Valérion Max, un modèle que j’avais déjà eu la chance de vous dévoiler en avant-première mondiale sur mondoprojos avec mes premières mesures. À l’époque, j’avais choisi de suspendre mes investigations en attendant l’arrivée du nouveau firmware, et je peux vous annoncer aujourd’hui que ce dernier est enfin disponible. Autant dire que mes tests et calibrages vont reprendre de plus belle, avec la publication d’un banc d’essai complet prévue autour du 21 septembre 2025.

Mondoprojos Festival film américain Deauville 2025
Valérion Max Deauville

Au festival, Valérion avait réservé un salon dédié à la présentation du Max, et j’ai pu le redécouvrir dans une configuration très particulière. Le projecteur était exposé dans une version avec glace latérale, permettant d’observer ses entrailles, comme un clin d’œil à tous les passionnés qui aiment comprendre ce qui se cache derrière les performances. Mais le clou de la démonstration fut sans doute la présentation d’une des nouvelles optiques additionnelles. Celle-ci permet d’élargir le rapport de projection, passant de 0,9 – 1,5 à 1,5 – 2,0, ce qui ouvre des possibilités très intéressantes, notamment pour les installations fond de salle.

Les conditions de la démonstration, il faut le dire, étaient loin d’être idéales. La salle était trop éclairée, et le projecteur envoyait son image sur un simple mur blanc avec une base d’image de 4,50 mètres. Rien qui puisse permettre un jugement définitif, mais assez pour livrer deux constats prometteurs. Premier constat : l’ajout de ce bloc optique n’a aucun impact négatif sur la précision de l’image, bien au contraire. La netteté restait remarquable, preuve que Valérion a soigné jusqu’au moindre détail de conception. Second constat, et non des moindres : même sans activer l’option anti-AEC, cette spécificité maison du Max, le projecteur se montre très discret sur les effets arc-en-ciel, ce qui constitue une excellente nouvelle pour tous ceux qui y sont sensibles. J’étais accompagné sur place par une personne particulièrement réactive à ces phénomènes, et elle a confirmé cette impression de confort visuel. Voilà qui augure du meilleur pour les amateurs exigeants, souvent rebutés par ce défaut historique de la technologie DLP.

Valérion Max Deauville
Optique additionnelle Valérion Max

Alors oui, Deauville a été pour moi un double choc. Un choc artistique, avec le cinéma dans ce qu’il a de plus fort, de plus vibrant, de plus émouvant. Et un choc technologique, avec la découverte d’un projecteur qui pourrait bien marquer une étape dans l’univers du home cinéma haut de gamme. Entre le noir et blanc magnétique de Nouvelle Vague, la voix émue de Claude Lelouch, la grâce de Zoey Deutch, la rencontre inoubliable avec Cédric Klapisch, et la fascination presque enfantine devant les entrailles lumineuses du Valérion Max, j’ai ressenti une fois de plus pourquoi je fais ce métier, pourquoi je me passionne à ce point pour les projecteurs : parce que derrière la technique, il y a toujours le cinéma. Parce qu’un projecteur, ce n’est pas seulement des lumens et des contrastes, c’est un passeport vers l’émotion, un pont entre le monde réel et celui des histoires qu’on se raconte dans le noir.

Bientôt, je rentrerai à l’atelier, je retrouverai mes mires, mes sondes, mes courbes, et je publierai le banc d’essai complet du Valérion Max. Mais avant cela, je garde au cœur le souvenir de ces jours à Deauville, sur les planches, dans les salles, au milieu des passionnés, entre l’héritage de Godard et la modernité éclatante d’un projecteur qui promet déjà beaucoup. Un pied dans le rêve, un pied dans la technique, et toujours cette passion intacte pour le cinéma, ce langage universel qui continue, encore et encore, de me rappeler pourquoi tout cela a un sens.

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9 Commentaire(s)

  1. GregW dit :

    J’oubliais de remercier mon confrère d’écranlarge pour m’avoir servi de cobaye détecteur d’AEC 😇. Merci à toi camarade 👍

    1. GregW dit :

      Merci Gaël, il faut savoir revenir à l’origine de ma passion pour les projecteurs 😇.

  2. JPR dit :

    Merci Greg pour le partage de cette passion et de l’expertise technique. C’est bien contagieux !
    Jean-Philippe

  3. dm27 dit :

    « Parce que derrière la technique, il y a toujours le cinéma. Parce qu’un projecteur, ce n’est pas seulement des lumens et des contrastes, c’est un passeport vers l’émotion, un pont entre le monde réel et celui des histoires qu’on se raconte dans le noir. »
    Très beau retour de ce moment sans aucun doute inoubliable. Bravo Greg.

  4. Captain dit :

    Félicitations pour l’un des meilleurs articles que j’ai lu sur votre site.

  5. tetra_4 dit :

    Bonjour , Très content pour vous de ce retour aux sources, Avant le retour au test

    Justement en parlant de valérion, Je crois qu’il va y avoir des mises à jour majeures sur le pro 2 Et les autres modèles (En octobre je crois) Je ne sais pas si cela serait possible pour vous de voir, si il y a un vrai plus Par rapport à ton test D’il y a quelques temps, Cela serait très intéressant Mais Pour cela il faut avoir la possibilité de récupérer Le matériel,
    Bon courage Et bonne continuation

  6. NicolasE dit :

    Ça donne autant envie d’aller à Deauville que d’avoir un valerion max 😉
    Je pense que la différence avec mon sony vpl-hw45es va être impressionnante ! Je pense que je vais craquer ^^

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