Quand AWOL Vision a commencé à laisser filtrer des informations sur la série Aetherion, avant même l’ouverture officielle du CES 2026, j’ai tout de suite eu le sentiment qu’on n’était pas face à un simple rafraîchissement de gamme, mais à une tentative plus profonde de corriger ce qui, depuis plusieurs années, me frustre sur une grande partie des projecteurs à ultra courte focale. AWOL, qui est la branche UST de Valerion semble avoir tiré les leçons de ce que le marché a proposé jusqu’ici, y compris de ses propres modèles.

Sur le papier, l’Aetherion Pro annoncé à 2600 ISO lumens et l’Aetherion Max à 3300 ISO lumens ne bouleversent pas la hiérarchie en termes de luminosité brute, et c’est justement ce qui m’intéresse : on sent que l’objectif n’est pas de courir après le chiffre le plus élevé, mais de mieux maîtriser ce qui est affiché à l’écran, en particulier dès que l’on s’aventure dans les scènes sombres. Le point clé, celui que beaucoup attendaient depuis longtemps sur un UST orienté home cinéma, c’est l’arrivée d’un véritable iris mécanique. Pas un artifice logiciel de plus, pas un “dynamic contrast” agressif qui fait varier la luminosité et la colorimétrie d’une scène à l’autre, mais une régulation physique du flux lumineux, annoncée ici sur 7 niveaux.
Pour moi, c’est un changement de philosophie important, parce que le contraste dynamique purement logiciel, aussi flatteur soit-il en magasin, finit souvent par se trahir à l’usage : pompage visible, noirs instables, couleurs qui se déplacent légèrement dans les scènes compliquées. L’iris mécanique, s'il est bien intégré, permet de poser une base plus saine, plus naturelle, sur laquelle le traitement vidéo peut ensuite travailler sans forcer. AWOL parle d’une construction interne entièrement noircie pour cet iris, avec des lamelles et un chemin de lumière conçus pour limiter les réflexions parasites, et c’est exactement le genre de détail qui compte sur un UST, où l’optique est extrêmement contrainte et où la moindre lumière interne mal maîtrisée finit par remonter à l’écran.

Cet iris est complété par l’EBL, un algorithme censé affiner le niveau de noir et la lisibilité des basses lumières, mais ce qui me paraît intéressant, c’est l’ordre des priorités : d’abord l’optique, ensuite le logiciel. On nous annonce un contraste natif de 6000:1 et un contraste “perçu” pouvant monter à 60 000:1, mais, comme toujours, ce ne seront des chiffres à vérifier en situation réelle chez moi.
Le reste de la conception va clairement dans le sens d’une recherche de stabilité et de cohérence, et pas seulement de performance instantanée. Les dimensions assez imposantes et le poids d’environ 8,75 kg montrent que l’Aetherion n’essaie pas d’être le Laser TV le plus compact du marché. Ce volume est mis à profit pour une optique plus ambitieuse, avec notamment ce procédé de Planetary Coating, beaucoup plus exigeant que les traitements classiques. Les lentilles sont assemblées en salle blanche de niveau pharmaceutique, avec un taux de rejet élevé, ce qui n’est pas très “marketing friendly”, mais qui fait sens si l’objectif est d’obtenir une homogénéité maximale et une constance de rendu sur toute la surface de l’image.

Sur un UST, surtout au-delà de 120 ou 150 pouces, ce sont souvent les coins, la tenue du focus et la stabilité géométrique qui trahissent les compromis, et AWOL semble vouloir attaquer le problème à la racine. J’ai aussi noté la présence d’une Titanium Thermal Mesh, censée limiter les dérives de mise au point liées à la montée en température de la source laser. Là encore, c’est typiquement le genre de point qu’on ne voit pas sur une fiche technique, mais qui fait la différence après une ou deux heures de projection continue.
La technologie PixelLock s’inscrit dans la même logique, avec la promesse de maintenir un placement pixel précis et une géométrie stable jusqu’à 200 pouces, ce qui est loin d’être anodin quand on utilise un projecteur UST comme écran principal.
Côté lumière et couleurs, AWOL reste sur une valeur sûre avec une source RGB Triple Laser pure, générant séparément le rouge, le vert et le bleu. La couverture annoncée de 110 % du Rec.2020 est classique pour un triple laser, mais ce qui m’importe davantage, c’est la possibilité d’obtenir une colorimétrie propre, maîtrisée et calibrable, sans saturation artificielle. Le sujet des effets arc-en-ciel est aussi abordé, avec une option Anti-AEC Technology annoncée comme très efficace déjà développée sur le Valérion Max.

L’Aetherion n’est pas pensé comme un projecteur de démonstration, mais comme un appareil destiné à de longues sessions, et ça se ressent dans l’approche globale. Sur la partie “plateforme”, rien de révolutionnaire, mais une base saine : Google TV, un SoC MT9655, 8 Go de RAM et 128 Go de stockage interne. L’interface devrait rester fluide dans le temps, et l’intégration Smart Home (Google Home, Apple HomeKit, Amazon Alexa) permet d’insérer le projecteur dans un environnement existant sans contrainte.
La connectique est clairement orientée usage moderne, avec trois HDMI 2.1, du WiFi 7, de l’Ethernet Gigabit, du Bluetooth 5.4, un port USB-C et le support d’AirPlay 2, Chromecast et Miracast. Rien d’exotique, mais tout ce qu’il faut pour éviter de se sentir limité dans deux ou trois ans. La puce DLP 0,47″ de Texas Instruments avec XPR pour la 4K UHD est un choix connu, et comme souvent, ce sera la qualité de l’implémentation (optique, traitement, stabilité) qui fera la différence plus que la technologie elle-même.
AWOL met aussi l’accent sur le gaming, avec VRR, ALLM, Dolby Vision Gaming et un input lag annoncé à 1 ms. Sur le papier, c’est très ambitieux pour un UST. Les fonctions de Split View et de multi-sources vont dans le même sens, et prennent enfin un vrai intérêt sur des diagonales de 150 pouces et plus, où afficher deux ou quatre contenus simultanément devient réellement exploitable. Au final, ce qui me semble le plus intéressant avec la série Aetherion, ce n’est pas une fonction isolée, mais la cohérence de l’ensemble et surtout ce retour à une gestion plus “physique” du contraste grâce à l’iris mécanique. Si cet iris est bien exploité, si elle améliore réellement le niveau de noir sans introduire les défauts classiques du contraste dynamique logiciel, alors AWOL pourrait bien proposer un projecteur UST plus stable et plus proche de ce que beaucoup attendent d’un écran principal à très grande image. Comme toujours, tout se jouera à l’écran, sur des contenus réels, dans des conditions réelles, mais sur le papier, l’approche est clairement plus réfléchie que sur les générations précédentes de cette marque.
| Modèles | AWOL Vision Aetherion Pro | AWOL Vision Aetherion Max |
|---|---|---|
| Type de produit | Projecteur à ultra courte focale | Projecteur à ultra courte focale |
| Source lumineuse | RGB Triple Laser pur | RGB Triple Laser pur |
| Luminosité | 2600 ISO lumens | 3300 ISO lumens |
| Résolution | 4K UHD (3 840 × 2 160) via XPR | 4K UHD (3 840 × 2 160) via XPR |
| Technologie d’affichage | DLP 0,47″ DMD (Texas Instruments) | DLP 0,47″ DMD (Texas Instruments) |
| Contrôleur d’affichage | TI DLPC8445 (nouvelle génération) | TI DLPC8445 (nouvelle génération) |
| Rapport de projection | 0,2 : 1 | 0,2 : 1 |
| Taille d’image | 80 à 200 pouces | 80 à 200 pouces |
| Contraste natif | 6000 : 1 | 6000 : 1 |
| Contraste dynamique | jusqu’à 60 000 : 1 (Viewing Contrast) | jusqu’à 60 000 : 1 |
| Iris | Iris mécanique 7 niveaux | Iris mécanique 7 niveaux |
| Technologie EBL | Oui | Oui |
| Espace colorimétrique | 110 % Rec.2020 | 110 % Rec.2020 |
| HDR | HDR10, HDR10+, HLG, Dolby Vision | HDR10, HDR10+, HLG, Dolby Vision |
| IMAX Enhanced | Oui | Oui |
| Gaming | VRR, ALLM, Dolby Vision Gaming | VRR, ALLM, Dolby Vision Gaming |
| Input Lag (annoncé) | 1 ms | 1 ms |
| Plateforme | Google TV | Google TV |
| Connectique HDMI | 3 × HDMI 2.1 | 3 × HDMI 2.1 |
| Réseau | Ethernet Gigabit, WiFi 7 | Ethernet Gigabit, WiFi 7 |
| Dimensions | 562 × 323 × 139,5 mm | 562 × 323 × 139,5 mm |
| Poids | env. 8,75 kg | env. 8,75 kg |

Les modèles AWOL Vision Aetherion Max et Pro seront commercialisés en mars 2026 au prix de détail de 4 499 $, et le modèle Aetherion Pro au prix de 3 499 $.
Des prix spéciaux pour les premiers acheteurs, des avantages en édition limitée et des offres groupées exclusives Kickstarter seront disponibles fin janvier 2026, pour une campagne de sept semaines.
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6 Commentaire(s)
J’oubliais, cette nouvelle génération embarque aussi un DTM pour la gestion automatique des sources HDR10.
Ah, c’est rassurant de voir du nouveau en UST. Ces dernier temps c’est surtout les focales classiques qui ont montré des progrès significatifs.
« Les lentilles sont assemblées en salle blanche de niveau pharmaceutique, avec un taux de rejet élevé »
Le prix va piquer alors, déjà que 3500 Pro était proposé à pratiquement 5k sans ce procédé…
Les prix resteront dans la même fourchette.
Bonjour Greg , pensez vous le tester prochainement ?
Bonsoir Gregory,
Est-ce que ce nouveau modèle utilise la nouvelle puce DMD 0,47 avec SST?