JMGO Iris Ultra : F4 ou F5 ? Nouvelles mesures

Je pensais en avoir terminé avec le JMGO Iris Ultra après la publication de mon premier banc d'essai, mais c'était sans compter sur la curiosité des lecteurs de Mondoprojos. Plusieurs d'entre vous m'ont en effet interrogé sur un point précis : pourquoi conseiller une ouverture d'iris à F4.0 alors qu'en passant à F5.0, le contraste natif grimpe ? La question est d'autant plus pertinente que ce réglage F5.0 avait révélé une curieuse anomalie dans les mesures de saturation des couleurs. Fallait-il privilégier les excellents résultats colorimétriques de F4.0 ou profiter du contraste bien supérieur de F5.0 ? Pour tenter de départager ces deux réglages, j'ai repris le JMGO Iris Ultra pour une nouvelle série de mesures, cette fois en mode Bureau SDR, puissance laser réglée sur 10, sans aucune calibration. J'ai également photographié plusieurs scènes de Dune : Deuxième Partie et d'Alien: Romulus, en faisant varier l'ouverture de l'iris. Précisons immédiatement que photographier l'image d'un vidéoprojecteur triple laser est un exercice particulièrement délicat. Le spectre lumineux des trois lasers peut tromper le capteur photographique et provoquer une dominante rouge qui n'existe pas à l'œil nu. Il faut alors intervenir sur la balance des blancs, la teinte et l'exposition pour tenter de retrouver un résultat proche de la réalité, sans jamais pouvoir garantir une reproduction parfaite. Les photographies présentées dans cet article ne rendent donc pas pleinement justice à la précision et au naturel des couleurs proposés par le JMGO Iris Ultra dès sa sortie de boîte. Elles servent avant tout à illustrer les différences de luminosité et de rendu entre les ouvertures de l'iris. Pour rendre la comparaison aussi cohérente que possible, j'ai conservé une exposition photographique identique entre les clichés d'une même scène.

Les mesures et photos qui parsèment cet article sont prises sur mon écran blanc de référence d'un Gain 1 et d'une diagonale de 100 pouces.

L'iris mécanique : de la lumière à la profondeur des noirs

Pour ceux qui découvrent le fonctionnement de cet équipement, l'iris mécanique agit un peu comme le diaphragme d'un appareil photo : plus il est ouvert, plus il laisse passer de lumière ; plus il se ferme, plus la luminosité diminue, avec la possibilité d'obtenir des noirs plus profonds. Sur le JMGO Iris Ultra, les positions s'échelonnent de F2.0 à F7.0.

Test JmGO IRIS Ultra
Comparaison F 2 image Dune 2 et mesures

À pleine ouverture, F2.0, j'ai relevé une luminosité de 241 cd/m² sur mon écran. Elle descend à 187 cd/m² à F3.0, puis à 168 cd/m² à F4.0 et 158 cd/m² à F5.0. Jusqu'ici, la diminution reste progressive, avec seulement 6 % de lumière en moins entre F4.0 et F5.0. En revanche, les choses se compliquent aux ouvertures suivantes : 89 cd/m² à F6.0 et seulement 58 cd/m² à F7.0. Autrement dit, vouloir fermer l'iris au maximum revient à sacrifier une part considérable de la luminosité disponible. Les photographies de Dune : Deuxième Partie, réalisées sur une même scène montrant le visage de la mère de Paul Atréides, illustrent parfaitement cette évolution. À F2.0, l'image est lumineuse, les détails abondent et les couleurs paraissent naturelles.

À F4.0, elle conserve une belle présence tout en gagnant en profondeur dans les parties sombres. À F5.0, la perte lumineuse reste discrète et le visage ne présente aucune dérive de couleur perceptible par rapport à F4.0. En revanche, à F6.0 et surtout F7.0, le résultat s'assombrit franchement : les détails les moins éclairés perdent de leur visibilité et l'image devient moins agréable à regarder. Cette première comparaison confirme qu'il ne suffit pas de fermer davantage l'iris pour obtenir une meilleure image. Il faut surtout trouver le bon équilibre entre lumière disponible, profondeur des noirs et lisibilité des détails.

Test JmGO IRIS Ultra
Comparaison image mesures IRIS F 3
Test JmGO IRIS Ultra
Comparaison image et mesures Iris F 4
Test JmGO IRIS Ultra
Comparaison image et mesures Iris F 5
Test JmGO IRIS Ultra
Comparaison image et mesures Iris F 6
Test JmGO IRIS Ultra
Comparaison image et mesures iris F 7

F5.0 : une anomalie de couleurs qui ne se voit pas à l'écran ?

C'est certainement le résultat le plus étonnant de ces nouvelles investigations. Lors de mon premier test, réalisé en mode Film, j'avais constaté une excellente fidélité des couleurs jusqu'à F4.0, puis une dégradation spectaculaire des mesures de saturation à F5.0. La nouvelle série, réalisée cette fois en mode Bureau, confirme presque exactement le même phénomène. À F4.0, l'erreur moyenne sur les saturations est de seulement 0,78, ce qui est excellent. À F5.0, elle bondit à 20,23, une valeur normalement synonyme d'écarts très importants. Pourtant, lorsqu'on examine les couleurs courantes à l'aide du ColorChecker, qui rassemble des teintes représentatives de celles que l'on retrouve dans les films, le résultat reste remarquable, avec une erreur moyenne de seulement 1,02. Les gris sont également très bien maîtrisés. En regardant plus précisément les relevés, on découvre que l'anomalie concerne notamment la luminosité de certaines couleurs et leur intensité, sans provoquer nécessairement un bouleversement de leur teinte.

Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra Iris F/2.0
Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra Iris F/3.0
Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra Iris F/4.0
Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra Iris F/5.0
Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra Iris F/6.0
Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra Iris F/7.0

Mais la question qui intéresse réellement les spectateurs est beaucoup plus simple : est-ce que cela se voit pendant un film ? Dans les scènes que j'ai comparées, la réponse est non. Je n'ai constaté aucune dérive colorimétrique perceptible entre F4.0 et F5.0, malgré l'écart considérable affiché par les instruments. Cela ne signifie évidemment pas que les erreurs mesurées sont imaginaires ou qu'elles seraient invisibles dans toutes les situations, mais leur impact sur les images examinées est bien moins inquiétant que les graphiques pourraient le laisser supposer. Une chose est établie : le JMGO Iris Ultra conserve à F5.0 une excellente précision sur les couleurs courantes et ne m'a pas montré de dérive visible par rapport à F4.0 lors de mes comparaisons.

Les mesures mesures ADL : le contraste confronté aux films

Pour aller plus loin, j'ai donc réalisé des mesures ADL, une méthode qui consiste à vérifier le contraste lorsque l'image contient différentes quantités de lumière. Inutile de retenir le sigle : imaginez simplement une scène très sombre dans laquelle apparaissent quelques petites sources lumineuses, puis une autre beaucoup plus éclairée. Les résultats obtenus avec l'iris grand ouvert à F2.0 et fermé à F5.0 sont instructifs. Sur une image entièrement noire puis blanche, le contraste passe de 1 701:1 à 7 784:1. Sur une scène très sombre, à 1 % d'ADL, il progresse de 741:1 à 927:1. À 5 %, le gain est plus modeste, de 242:1 à 267:1, et à 10 %, il passe de 130:1 à 139:1. Enfin, sur une image beaucoup plus lumineuse, à 50 % d'ADL, l'avantage s'inverse : F2.0 atteint 24:1 contre 17:1 à F5.0. Ces résultats montrent que la fermeture de l'iris est surtout intéressante pour améliorer le contraste des scènes sombres et que son bénéfice diminue lorsque l'image devient plus lumineuse. Précisons que cette nouvelle série compare F2.0 à F5.0, et non directement F4.0 à F5.0.

Test JmGO IRIS Ultra
jmgo iris ultra adl f2
Test JmGO IRIS Ultra
JmGO Iris Ultra adl Iris f5

Pour illustrer ce comportement, j'ai choisi une scène d'Alien: Romulus montrant un vaisseau spatial entouré de débris, avec de nombreuses petites sources lumineuses perdues dans l'obscurité. À F2.0, l'image est lumineuse, mais le noir spatial manque de profondeur. À F4.0, l'ensemble paraît plus dense tout en conservant une bonne lisibilité. À F5.0, le rendu reste convaincant, avec des zones sombres bien présentes et des détails toujours perceptibles, sans effondrement brutal de la luminosité par rapport à F4.0. À F6.0 puis F7.0, l'assombrissement devient en revanche trop important et finit par masquer une partie des éléments les moins éclairés. Une précision s'impose concernant ces photographies : les menus de réglage du projecteur sont visibles sur les images, ce qui influence nécessairement le contraste perçu.

Les caractères blancs et les bandeaux lumineux ajoutent de la lumière à une scène normalement très sombre. Cette lumière peut se diffuser dans l'optique et se réfléchir dans la pièce, relevant ainsi le niveau des noirs environnants. Une fois les menus désactivés, pendant une véritable séance de cinéma, le rendu apparaît bien plus profond que sur les clichés. Ces photographies restent intéressantes pour comparer les positions de l'iris, mais elles ne doivent pas être considérées comme des mesures de contraste. Ce sont les relevés ADL qui permettent de quantifier les différences.

Test JmGO IRIS Ultra
IRIS F 2 ALIEN ROMULUS
Test JmGO IRIS Ultra
IRIS F 4 ALIEN ROMULUS
Test JmGO IRIS Ultra
IRIS F5 ALIEN ROMULUS
Test JmGO IRIS Ultra
IRIS F 6 ALIEN ROMULUS
Test JmGO IRIS Ultra
IRIS F 7 ALIEN ROMULUS

Conclusion

Au terme de ces nouvelles investigations, mon appréciation du JMGO Iris Ultra n'a pas changé. Mon premier test avait déjà mis en évidence une qualité d'image remarquable dès la sortie de boîte et un iris mécanique capable d'améliorer considérablement le contraste. Ce complément confirme ces qualités tout en apportant une réponse à la question que plusieurs lecteurs m'avaient posée. F4.0 conserve l'avantage de la fidélité colorimétrique mesurée, avec des résultats quasiment irréprochables et une luminosité confortable. Mais F5.0 mérite désormais d'être considéré avec beaucoup moins de réserves pour une utilisation cinéma. Les nouvelles mesures ADL montrent toutefois que le gain de contraste concerne principalement les scènes sombres et qu'il ne faut pas attendre une amélioration spectaculaire sur toutes les images. Quant aux positions F6.0 et F7.0, elles entraînent une perte lumineuse trop importante pour constituer mes choix privilégiés.

Alors, F4.0 ou F5.0 ? F4.0 pour ceux qui recherchent avant tout la fidélité des couleurs, F5.0 pour ceux qui souhaitent privilégier la profondeur des noirs dans une salle obscure. Les deux positions ont leurs qualités et, contrairement à ce que pouvaient laisser penser les premiers graphiques de saturation, F5.0 n'a aucune raison d'être écarté d'office. Le JMGO Iris Ultra ressort donc renforcé de cette nouvelle série de mesures, avec un iris qui offre de véritables possibilités d'adaptation aux goûts et aux conditions de projection. Et cette fois, je pense vraiment avoir fait le tour de la question. Enfin, jusqu'au prochain commentaire d'un lecteur de Mondoprojos !

JmGO IRIS Ultra
JmGO IRIS Ultra

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4 Commentaire(s)

  1. GregW dit :

    Encore une fois après ce second round entre l’Iris Ultra Max et l’Iris Ultra, je ne peux que vous recommander la version la moins onéreuse à 1990€. Précision, fluidité, discrétion exemplaire de fonctionnement, couleurs très bien ajustées en sortie de boîte (pas besoin de calibreur), très bonne luminosité (même si loin des annonces) et contraste !

  2. manureva45 dit :

    Bravo Greg, tu es comme le bon vin, tu es encore meilleur après le temps passé…😉 

    1. GregW dit :

      C’est très gentil ça, merci :).

  3. GregW dit :

    PS : En dessous de l’écran il y a le nouveau Luxvision d’Awol qui attend désespérément son nouveau firmware pour pouvoir passer au banc d’essai.

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