Test NP One Smart : le mini vidéoprojecteur LCD Full HD pour moins de 200€

Quand on parle vidéoprojection sur mondoprojos.fr, c’est souvent pour dégainer des machines aux noms barbares, bardées de lasers et capables de noircir l’écran comme un orage breton. Mais aujourd’hui, on redescend sur terre – ou plutôt, on s’allonge dans un transat – pour découvrir un nouveau venu bien plus modeste, mais non moins intéressant : le NP One Smart Projector, premier modèle lancé par NothingProjector, sur une base Xming de Formovie.

À 199 €, inutile de sortir le spectromètre ou le générateur de mires pro pour espérer du Dolby Vision calibré au poil. L’idée ici, c’est plutôt "plug & play & chill". Ce petit projecteur LCD Full HD à LED est pensé comme un compagnon de vacances : compact, autonome (ou presque), facile à utiliser, avec une interface Google TV intégrée et un son embarqué. En gros, il vous suffit d’une prise électrique, d’un mur clair (ou d’un vieux drap tendu), et d’un bon Wi-Fi ou d'une bonne liaison 5G, et hop ! à vous les soirées Netflix sous les étoiles.

Est-ce qu’on va parler de noir abyssal et de gamut DCI-P3 ? Pas vraiment. Est-ce qu’on peut kiffer une partie de Mario Kart géante au camping ou relancer l’intégrale de Kaamelott avec les cousins ? Clairement oui.

Voyons donc ce que ce NP One a dans le ventre — ou plutôt dans le boîtier — et si, à ce prix, il mérite une petite place dans votre sac de plage ou dans le tiroir "gadgets utiles" de l’été.

De quoi s'agit-il ?

Régulièrement cité comme l’un des sites de référence pour qui cherche un projecteur sans tomber dans le piège marketing, notre partenaire Nothingprojector, spécialiste de la vente en ligne de vidéoprojecteurs et d’écrans, passe à la vitesse supérieure. Après avoir proposé des écrans techniques et des meubles UST sous sa propre marque, il dévoile aujourd’hui son tout premier vidéoprojecteur maison. Son nom est aussi direct que sa promesse : NP One Smart Projector, le premier d’une série (on l’espère) qui vise le segment de l’entrée de gamme intelligente.

Il s’agit d’un modèle portable à technologie LCD équipé d’une source LED blanche, pensé pour les petits budgets et les usages occasionnels : vacances, chambre d’amis, ou projections improvisées sur mur blanc. Le tarif de lancement est clair : 199 € TTC, soit le prix d’un week-end en location… ou d’un projecteur qui vous suivra tout l’été sans se plaindre.

Côté technique, le NP One affiche une résolution native de 1920 x 1080 pixels (Full HD), une luminosité annoncée de 250 lumens, et un rapport de contraste typique de 1500:1. L’image peut s’étendre de 40 à 120 pouces selon le recul disponible. On y trouve aussi un système audio stéréo (2 x 5 W) compatible Dolby Audio, et surtout une interface Google TV complète. Netflix, Prime Video, Disney+, YouTube, Molotov… tout est là, accessible sans box ni dongle supplémentaire, avec mises à jour automatiques et une navigation fluide digne des grands. C’est une vraie solution tout-en-un, prête à fonctionner dès qu’on la branche à une prise de courant et à un réseau Wi-Fi.

NP One smart Projector
NP One smart Projector

Petit bonus technique : le NP One est compatible HDR10, mais par mise à l’échelle descendante uniquement – autrement dit, le signal HDR est interprété et converti pour s’afficher en SDR. Une fonction utile pour éviter les erreurs de lecture, mais qui ne doit pas faire oublier une chose : avec 250 lumens, afficher des contenus HDR (ou même SDR sur une base large) relève déjà du défi. Ce projecteur est fait pour des images de taille modérée dans des conditions de basse luminosité ambiante, et non pour des sessions home cinéma de 3 mètres de base en plein jour. Oubliez donc le combo « Netflix 4K HDR + écran géant » : ce n’est tout simplement pas son terrain de jeu.

Description de l'appareil

Avec un poids de 2,07 kg, des dimensions contenues (207,4 x 190,5 x 127,4 mm) et une robe grise subtilement relevée de touches violettes, le NP One Smart Projector assume pleinement son positionnement nomade et accessible. C’est un appareil pensé pour la mobilité, que ce soit dans une chambre d’ado, une résidence secondaire ou dans la valise pour les vacances. Pas question ici de le comparer aux ogres de salon à 3000 €, mais dans sa catégorie, il affiche une bonne bouille, une finition soignée et une volonté claire : simplifier la vie sans sacrifier l’essentiel.

Son rapport de projection de 1,25:1 le place dans une zone de confort pour les petits espaces. Concrètement, cela signifie qu’il faut environ 2,5 mètres de recul pour projeter une image de 2 mètres de base (environ 90 pouces de diagonale). Ce n’est ni de l’ultra courte focale ni du téléobjectif : un bon compromis qui permet de s’adapter à la plupart des salons ou chambres standards. À noter que le projecteur ne dispose pas de zoom optique, ce qui impose de se déplacer physiquement pour ajuster la taille de l’image à l’espace disponible. En revanche, le focus est électrique : on peut donc peaufiner la netteté directement depuis l’écran, sans avoir à grimper sur une chaise ou bouger le projecteur. Un vrai confort d’usage.

NP One smart Projector
NP One smart Projector

En parlant de placement, NothingProjector a pensé à la polyvalence : sous l’appareil, on trouve un pas de vis standard pour fixation sur trépied photo, bien pratique pour les projections nomades en extérieur ou en location de vacances. Et pour une installation plus pérenne, le NP One peut également être fixé au plafond (supports compatibles disponibles séparément). Bref, il sait s’adapter à tous les terrains, ou presque.

Sa télécommande se connecte en Bluetooth, évitant les désagréments du pointage infrarouge approximatif. Elle dispose de raccourcis directs vers Netflix et YouTube, pour une navigation rapide, même si on regrettera l’absence de rétroéclairage pour les usages nocturnes. C’est un petit détail, mais qui aurait été bienvenu dans un appareil destiné à la projection en ambiance tamisée.

Comme déjà évoqué, le NP One se distingue par ses réglages automatiques particulièrement complets pour ce niveau de gamme : autofocus, correction automatique de trapèze, et même détection et évitement des obstacles dans l’image (oui, même un cadre Ikea un peu trop large peut être contourné par l’algorithme). Tout est fait pour permettre une installation rapide et sans frustration, un vrai plus pour les utilisateurs occasionnels ou ceux qui n’ont jamais touché un vidéoprojecteur de leur vie.

Côté connectique, on retrouve une configuration simple mais efficace : un port HDMI 2.1 (suffisamment rare pour être signalé dans cette gamme), un USB 3.0, une prise jack audio et une entrée d’alimentation DC. Rien d’exotique, mais tout le nécessaire est là pour brancher une console, une clé USB ou un casque filaire.

NP One smart Projector
NP One smart Projector

Enfin, l’expérience se veut autonome aussi sur le plan sonore : le NP One intègre deux haut-parleurs stéréo de 5 watts, soutenus par un traitement Dolby Audio. Sans atteindre les performances d’une barre de son, l’ensemble délivre un son clair et suffisamment ample pour des usages en intérieur, voire en extérieur dans un cadre calme. L’idéal, évidemment, sera de rester à proximité pour en profiter pleinement, mais l’effort est réel pour proposer un rendu immersif sans équipement additionnel.

NP One smart Projector
NP One smart Projector

Interface

Difficile aujourd’hui de trouver un projecteur dit "intelligent" sans embarquer Google TV, et le NP One ne fait pas exception. Ce système, désormais devenu quasi obligatoire sur les smart projectors, a le mérite d’apporter une interface cohérente et familière à tous ceux qui utilisent déjà Android sur leur téléviseur ou leur box. L’ergonomie est rodée, les services de streaming sont nativement supportés (Netflix, Prime Video, Disney+, YouTube, Apple TV+, etc.), et l’installation des applications via le Play Store se fait en deux clics.

NP One smart Projector
Menu Google TV

Au-delà des services de VOD, l’autre gros atout de Google TV, c’est son ouverture aux lecteurs médias universels comme VLC, Plex ou Kodi, qui lisent à peu près tout ce que vous pourrez leur envoyer – que ce soit depuis une clé USB ou via un réseau local. Pour un projecteur de vacances ou de résidence secondaire, c’est un vrai confort : pas besoin d’emporter un lecteur externe, tout est là, intégré.

NP One smart Projector
Menu image

Côté menus image, on sent bien que Formovie/Xming n’est pas loin : l’interface est quasi identique à celle des modèles récents de la marque. On retrouve les modes image classiques : standard, couleurs vives, sport, cinéma, jeu, et surtout un mode utilisateur, le seul qui donne accès aux réglages avancés. Et là, bonne surprise pour un modèle à ce tarif : un vrai CMS (correction sur les trois dimensions du Gamut), un réglage fin de la température de couleurs (avec trois préréglages : froide, standard, chaude + une valeur personnalisée), et même un ajustement de l’échelle de gris sur 11 points. Pas mal du tout pour un projecteur à 199 € !

NP One smart Projector
Différents modes image NP One Smart Projector

Trois valeurs de gamma sont proposées (sombre, standard, lumineux), ce qui permet de moduler légèrement le rendu selon l’environnement. En revanche, pas de sélection de Gamut disponible, et surtout pas d’interpolation d’images, une fonction souvent absente sur les projecteurs d’entrée de gamme.

Dernier point important : pas de réglage de puissance lumineuse. Le mode “éco” est ici un luxe inenvisageable, et pour cause : avec 250 lumens en pleine forme, chaque photon compte ! Il faudra donc faire avec cette puissance unique, qui a au moins le mérite de simplifier les choix.

Verdict technique

Bruit de fonctionnement et qualité du système sonore intégré :

Le NP One ne cherche pas à rivaliser avec les monstres de silence du haut de gamme, mais il s’en sort très honorablement pour un projecteur LCD LED à ce tarif. Dans ma salle de test, le bruit résiduel ambiant (projecteur éteint) est de 34,6 dB, et une fois le NP One allumé, le sonomètre grimpe à 35,8 dB. Autrement dit, la ventilation du projecteur ne rajoute que 1,2 dB au niveau de bruit ambiant, ce qui le rend peu gênant à distance normale d’écoute, surtout pendant une séance avec bande-son.

Côté audio, on aurait pu craindre un rendu faiblard ou métallique. Il n’en est rien : les deux haut-parleurs de 5 W intégrés ne font pas du tout gadget, et délivrent un son clair, intelligible, avec une présence correcte dans les médiums. Le rendu est évidemment limité en basse, mais l’équilibre général est proche de ce qu’on attend d’une petite enceinte Bluetooth de qualité correcte. Pour une séance en chambre ou en vacances, pas besoin de trimballer une enceinte externe, et c’est franchement un bon point à ce prix.

Consommation électrique :

Le NP One consomme 63,5 watts en fonctionnement, dans son unique mode lumineux (pas de réglage éco ou boost ici). C’est un niveau raisonnable en valeur absolue, mais si l’on met cette consommation en rapport avec la luminosité mesurée (environ 250 lumens), on obtient un rendement énergétique assez faible. À vrai dire, ce n’est clairement pas le point fort du projecteur : les modèles laser haut de gamme font souvent mieux en efficacité lumineuse par watt consommé. Ici, on sent que la priorité est ailleurs : compacité, simplicité, et prix plancher.

NP One smart Projector
Consommation électrique NP One smart Projector

Précision et piqué :

Dans un monde où la 4K est devenue un argument marketing omniprésent (et souvent émulée à grand renfort de XPR 0.23 ou 0.47 chez Texas Instruments), ça fait presque du bien de revenir à une vraie image 1080p native, non trafiquée. Et là, le NP One surprend agréablement. Lors du passage de la mire de précision Full HD Burosch, tous les éléments sont visibles et nets, y compris les plus petits carrés du motif, aussi bien au centre qu’en périphérie de l’image. Le piqué global est propre, constant, sans flou excessif sur les bords, ce qui est assez rare dans cette gamme tarifaire. En usage réel, cela se traduit par une image précise et stable, sans sur-accentuation numérique ni effet “carton pâte”.

NP One smart Projector
Précision d'image mire 1080p Burosch
NP One smart Projector
Précision image

Fluidité :

À l’heure où beaucoup de projecteurs DLP doivent recourir à une interpolation d’images (le fameux MEMC) pour camoufler le judder causé par une mauvaise gestion des signaux 24p, le NP One fait cavalier seul – et avec panache. Pas d’interpolation ici, mais ce n’est pas un oubli ni une limite : il n’en a tout simplement pas besoin. Grâce à sa technologie d’affichage LCD, ce petit projecteur peut afficher nativement un signal 1080p24 sans passer par une conversion vers 60 Hz, comme le font la plupart des DLP à bas prix.

Résultat : aucun saccade parasite, pas de micro-accrocs, même dans les travellings latéraux rapides (coucou Introduction de Red on t’a vu venir). Le 24p est fluide, naturel, respecté. Et c’est suffisamment rare dans cette gamme de prix pour être souligné. En clair, le NP One affiche les films comme ils sont censés l’être, sans avoir besoin de trafiquer la cadence ou d'ajouter une fluidité artificielle.

Input lag :

En mode jeu, le temps de réponse (input lag) mesuré est de 28,9 ms. Alors oui, ce n’est pas une valeur record comparée aux TV haut de gamme qui flirtent avec les 10 ms, mais c’est tout à fait acceptable pour un projecteur, surtout dans cette gamme de prix. À ce niveau de latence, les jeux solo et les titres pas trop compétitifs (action-aventure, RPG, jeux de course, plateformes, etc.) sont tout à fait jouables sans gêne perceptible. Même les amateurs de baston ou de FPS nerveux pourront s’y risquer ponctuellement, même si les joueurs e-sport acharnés préféreront rester sur leur écran PC. Pour du jeu console occasionnel ou familial, c’est une performance solide.

NP One smart Projector
Input lag mode Jeu

Overscan, cadre gris, speckle laser, dithering et autres défauts visuels :

Ah, les joies des vidéoprojecteurs DLP d’entrée de gamme... ce moment magique où, après avoir soigneusement cadré son image sur l’écran, on découvre ce cadre gris flottant – cette bordure fantomatique qui ne sert à rien, si ce n’est à parasiter les noirs et ruiner un peu plus le contraste perçu. Cette horreur visuelle, aussi appelée "light frame", est une spécialité exclusive du DLP, servie par Texas Instruments depuis des années. Mais bonne nouvelle : le NP One n’en affiche pas la moindre trace. Nada. Que dalle. Merci qui ? Merci le LCD.

NP One smart Projector
Overscan

Même topo pour l’overscan – cette vilaine habitude qu’ont certains projecteurs de rogner quelques pixels autour de l’image pour “garantir” une compatibilité avec les signaux vidéo imparfaits. Si c’est parfois activé d’usine chez certains DLP (ou TV), ici, aucun rognage intempestif à déplorer : chaque pixel de votre source est bien visible, et le NP One ne joue pas au couturier avec vos bords d’image.

Et puisqu’on est dans le grand nettoyage des artefacts, signalons aussi que ce projecteur n’est pas équipé de source laser, donc par définition, pas de speckle à l’horizon. Pas ces espèces de scintillements granuleux qui donnent l’impression d’avoir projeté l’image sur une feuille d’aluminium froissée. À 250 lumens, certes, il ne va pas vous décoller la rétine, mais au moins l’image reste propre, stable, sans bruit parasite, ni effet “cristaux magiques en fusion”.

Cerise sur le cookie visuel : étant donné qu’on est sur une base LCD, on échappe aussi au dithering, ce petit frémissement chromatique souvent visible dans les aplats sombres des DLP. Ici, les noirs restent bien noirs (ou en tout cas, uniformément gris foncé), sans ce miroitement numérique agaçant.

Le NP One n’a peut-être pas la puissance brute d’un projecteur haut de gamme, mais côté propreté d’image, il joue dans la cour des grands… sans tous les défauts visuels dont on finit par croire qu’ils sont normaux chez les autres.

Colorimétrie et Gamma :

Avant toute chose, rappelons que le NP One est un projecteur LCD à LED blanche, ce qui a une conséquence directe sur la couverture colorimétrique. Pour faire simple, le système LED blanc consiste à utiliser une LED émettant une lumière blanche (généralement une LED bleue recouverte de phosphore jaune) en guise de source lumineuse unique. Ce type d’éclairage est économique et bien adapté aux projecteurs d’entrée de gamme, mais il a un inconvénient majeur : il limite fortement l’étendue du Gamut.

NP One smart Projector
Gamut film

Résultat ? Le NP One ne couvre que 50% du standard Rec.709, soit la moitié seulement des couleurs attendues pour une image SDR conforme. Et ça se voit ! Les rouges manquent de profondeur, les verts sont lavasses, les bleus peu intenses... bref, l’image paraît souvent ternie, comme si on regardait un film à travers un filtre pastel. Et contrairement à un Gamut trop large que l’on peut “recadrer” par des outils de calibration, on ne peut pas créer des couleurs absentes : un Gamut trop étroit, c’est irrécupérable.

Quant au gamma, là aussi ça commence mal. Les modes usine souffrent d’un gamma trop bas, avec des courbes très éloignées des standards de l’image SDR. Les modes “standard” ou “couleurs vives” affichent des valeurs entre 1,6 et 1,87, ce qui a pour effet d’aplatir les contrastes, de faire remonter les noirs et de perdre toute dynamique d’image. Ça donne une image fade et sans relief, où tout semble baigné d’un voile grisâtre.

NP One smart Projector
Pré calibrage SDR NP One smart

Mais… (et c’est un “mais” important), le NP One propose des outils de calibration complets : correction en 11 points de l’échelle de gris, CMS complet sur les trois dimensions du Gamut (teinte, saturation, luminance), et réglage manuel de la température de couleur. Et une fois tout cela dompté, on obtient un résultat tout à fait propre : 6508K, un deltaE à 0,6, un gamma à 2,18.

NP One smart Projector
Températures couleurs post calibrage SDR

Mais attention : obtenir ce résultat m’a demandé du temps, du matériel professionnel (spectro Jeti, colorimètre Klein, générateurs de mires) et une méthode rigoureuse. Et surtout… une prestation de ce type, ça vaut 400€ TTC, soit deux fois le prix du NP One. Autrement dit : ce calibrage n’a pas beaucoup de sens pour l’utilisateur lambda, et encore moins dans le cadre d’un usage nomade ou estival.

NP One smart Projector
Post calibrage SDR NP One smart

Le potentiel de réglage est là, c’est un bon point. Mais les modes d’usine sont très loin des standards de fidélité. À moins d’être équipé pour le calibrage (et d’avoir le temps), il faudra accepter que le NP One vous en montre la moitié des couleurs, et parfois pas dans le bon ton.

Voici mes corrections post-calibrage sur mon exemplaire :

ParamètreRéglage
Mode imageUtilisateur
Luminosité47
Contraste34
Saturation70
GammaLumineux
Température de couleursPersonnalisée
– Gain Rouge-3
– Gain Vert-33
– Gain Bleu-51

Contraste et luminosité :

Bonne surprise du côté des performances de base : les modes d’usine du NP One Smart offrent un niveau de noir remarquablement bas pour un projecteur LED de ce prix. On parle ici de 0,01 cd/m² mesuré dans les modes “Film” et “Jeu”, ce qui n’est pas loin des ténèbres numériques, et surtout très rare dans cette catégorie de produits. À ce niveau, le contraste natif (FOFO) grimpe jusqu’à 3222:1 dans le mode Film – une valeur plus de deux fois supérieure aux 1500:1 annoncés par le constructeur.

NP One smart Projector
Colorimétrie Gamma contraste luminosité NP One Smart

Alors évidemment, ce petit miracle repose sur des réglages d’usine pas vraiment fidèles côté couleur. Une fois le projecteur calibré sérieusement, avec un spectro et un colorimètre bien affûtés, les choses reviennent à des proportions plus raisonnables : 0,04 cd/m² en noir, 127 lumens de sortie, et un contraste mesuré à 1631:1, soit pile ce qu’on nous avait vendu.

Du côté de la luminosité, les modes “Sport” et “Couleurs Vives” tapent dans les 255 lumens, ce qui est très honorable. Mais ces modes boostent le bleu, écrasent les teintes chair et ravagent la température de couleur. Si vous avez suivi mon conseil et que vous calibrez sérieusement l’appareil, on retombe à 127 lumens, ce qui peut sembler faible, mais c’est suffisant pour atteindre les 16 fL recommandés en SDR sur une base d’image de 1m15 en 16/9ème.

Et si vous êtes un peu plus tolérant côté luminance (ou que vous aimez les ambiances tamisées façon salle art & essai), vous pouvez même viser 1m35 de base à 12 fL, en respectant les standards minimum de lisibilité. Dans tous les cas, pas question de HDR ici : avec une telle puissance lumineuse, le rendu serait plus déprimant qu’un épisode de Black Mirror un lundi matin. Restez en SDR, le NP One s’y sent bien, et vous aussi.

Avis subjectif

Pour tester le NP One dans des conditions sérieuses (entendez : sombres, exigeantes, et sans filet), j’ai lancé la scène d’introduction d’Alien: Romulus – celle où l’équipage tombe sur les débris du Nostromo. L’ambiance y est pesante, la lumière rare, les contrastes rudes… et pour couronner le tout, j’ai projeté ça sur mon écran blanc lambertien, sans aucune aide d’un écran technique censé tricher sur le contraste, et sans le moindre contraste dynamique activé. Bref, le NP One était seul face à l’univers, comme Ripley avec son lance-flammes.

Et pourtant… bluffé.

NP One smart Projector
Alien Romulus 1080p SDR

Oui, c’est sombre, mais pas dans le mauvais sens du terme. Les détails dans les ombres restent lisibles, on distingue les structures du vaisseau, les formes métalliques luisent juste comme il faut. Pas de bouchage à outrance ni de noirs qui virent au gris baveux.

NP One smart Projector
Alien Romulus 1080p SDR

Mais ce qui m’a vraiment tapé dans l’œil, c’est la propreté de l’image. Ce petit LCD affiche une image lisse, propre, sans bruit vidéo parasite. Pas d’artefacts, pas de clignotement étrange dans les ombres comme on peut le subir sur certains DLP en mode survie. C’est une image "sage", presque reposante, ce qui, dans une scène d’horreur spatiale, est paradoxalement très rassurant.

NP One smart Projector
Alien Romulus 1080p SDR

Et puis, après calibrage, les couleurs sont là, justes, bien posées. Il m’a quand même fallu pousser un peu la saturation pour que l’ensemble retrouve un peu de peps, le gamut limité ne pardonne pas, mais au final le rendu global est bien plus agréable qu’on pouvait l’espérer pour un appareil à ce tarif.

Bref, un petit projecteur qui n’a pas froid aux pixels, et qui s’en sort avec les honneurs là où on l’attendait au tournant.

Conclusion

À 199€, il serait absurde d’évaluer le NP One Smart comme on le ferait d’un Formovie Theater premium ou d’un BenQ W4100i. Ce projecteur LCD à LED blanc doit être jugé pour ce qu’il est : un petit modèle d’entrée de gamme, taillé pour un usage modeste mais sérieux, dans une base d’image inférieure à 1m30 et dans un environnement sombre.

Et dans ce cadre, il sait se montrer franchement convaincant, notamment grâce à son contraste natif qui met une claque à pas mal de DLP vendus bien plus cher. Et tout ça sans l’ombre d’un arc-en-ciel, ni speckle laser, ni dithering douteux.

Il n’est pas là pour flatter les technophiles en quête d’ultra-luminance ou de colorimétrie hors-gamut, mais dans notre monde de home cinéma dominé par les chaînes de streaming, il fait très bien le job. Et pour peu qu’on le calibre correctement (même si là, le tarif du calibrage dépasse celui de l’appareil...), il affiche une image propre, lisible, cohérente et reposante.

Bref, c’est un bon plan calibré pour les petits budgets, et une belle entrée en matière pour NothingProjector. Maintenant que la porte est ouverte, je ne peux qu’espérer un prochain modèle plus ambitieux, comme un UST triple laser, ou un Lifestyle sérieux, histoire d’avoir quelque chose de plus consistant à me mettre sous la sonde…

Bon plan calibré

Comparatif : NP One vs JmGO PicoPlay vs Valerion BladeCine Cube

ModèlePrixTechnologieRésolutionLumens mesurés (calibré)Contraste mesuré (calibré)Son intégré
NP One Smart199 €LCD LED1080p natif127 lm1631:1 mesuré2x 5W Dolby Audio
JmGO PicoPlay399 €DLP LED1080p XPR248 lm511:1 mesuré2x 3W
Valerion BladeCine Cube499 €DLP LED1080p XPR604 lm (mais ne peut pas être calibré)2075:1 mesuré2x 5W

19 Commentaire(s)

  1. Sab_Skywatcher dit :

    Hello mes Pti’Projos !
    Super intéressant ce petit test, franchement pour 200 euros a priori on en a pour notre argent 😉

  2. Alf Alf dit :

    Salut Greg, comme visiblement personne ne fera calibrer ce projecteur, car le coût de l’opération dépasse la valeur de l’appareil, pourrais-tu partager tes valeurs de réglages? Je comprends tout à fait que tu ne les partages plus sur les modèles milieu et haut de gamme, mais là, pourrais-tu nous faire une fleur et indiquer gracieusement les valeurs corrigées? Ce qui permettrait à tous les petits budgets d’avoir un projo avec une colorimétrie correcte sans concurrencer ton travail de calibration sur les modèles haut de gamme. Cordialement

    1. GregW dit :

      Ils sont ajoutés dans le test.

  3. George dit :

    Le premiere 5 de Samsung aurait été intéressant s’il avait été 4k, vu son prix.

  4. Herve SENTENAC dit :

    Info S supplémentaires ?????

  5. Alf Alf dit :

    Un grand, grand merci pour le partage des réglages 😉

  6. YomGui dit :

    Bonjour .

    Chouette test comme d’habitude . Merci .

    Dans un registre « similaire » avez vous prévu de tester l’etoe Dolphin ? (Il s’agit d’un concurrent à tout ce qui est Anker-Nebula3 et Benq-gv50, dans une certaine mesure) .

    Il y a déjà quelques test de ce modèle sur la toile mais rien de vraiment « pertinent » .

    Merci beaucoup 🙂 .

    1. GregW dit :

      Bonjour, non il est n’est pas prévu que je le teste.

  7. Edj dit :

    Bonjour,
    Merci pour ce test super détaillé et bien argumenté.
    Savez-vous où l’on peut se procurer ce projecteur?
    Seule la version de Xming apparait sur le site de NP.
    Merci d’avance

    1. GregW dit :

      Il devrait bientôt être disponible.

  8. Michel dit :

    Bonjour
    Sur quel site on peut acheter le NP one smart?

  9. Chm dit :

    Si je comprends bien, le NP One Smart est en fait le Xiaomi Smart Projector L1 !
    Et la version Xiaomi Smart Projector L1 Pro à 400 lumen à la place de 200.

  10. Eagle 4 dit :

    Bonjour, je viens d’acheter le Xiaomi L1 Pro pour une chambre d’amis.

    Si Greg veut le tester, je peux lui envoyer et l’A-R à mes frais bien entendu.
    J’ai pris le Thomson UST Go par curiosité aussi. Même proposition.
    Merci d’avance.

    1. GregW dit :

      C’est très gentil mais le Xioami ressemble beaucoup au NP et j’ai déjà le Thomson à la maison. 😇

  11. Zoolander06 dit :

    Bonjour,
    Merci pour ce test, je cherchais justement un petit projecteur pas cher pour ma chambre, et ce modèle semble vraiment top par rapport à mes besoins.
    Par contre, sur le site de NP, ils annoncent 300 ANSI lumens, et pas 250, est ce que c’est une mise à jour du modèle ?
    Cela le rend beaucoup plus intéressant que la version Xiaomi qui n’annonce que 200 lumen, et le rapproche de la version Pro qui elle en a 400.

    Autre question, peut il fonctionner verticalement, pour projeter au plafond (il n’a pas de support pivotant, mais j’imagine qu’on peut le poser sur le dos ?

    Merci d’avance,

    1. GregW dit :

      Bonsoir, fiez vous à mes mesures pour la luminosité et oui il est possible de le monter au plafond.

  12. greg35 dit :

    Bonsoir greg et merci pour toutes ces infos !
    Je veux mettre ma télé au placard et commencer doucement en achetant ce np one smart.
    Y’a t’il un lien où cliquer sur ta page pour l’acheter (et que tu puisses en bénéficier d’une quelconque manière) car vraiment lire tes tests ,c’est un régal !
    Merci et encore bravo !

  13. xtro dit :

    bonjour
    il semblerait qu’on le trouve sous la marque WEMAX mini est ce vraiment le clone du NP one ?

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