Test JmGO PicoPlay+ : mini projecteur LED Full HD nomade avec trépied et batterie

Embarquement immédiat pour le monde des pico-projecteurs (de vacances) !

L’été bat son plein, les valises se remplissent de crème solaire, de romans à moitié commencés, et... de projecteurs ! Oui, chez mondoprojos.fr, on ne part jamais sans un peu de lumière dans la soute. Après le test du JmGO PICOPLAY, petit cube nomade au look clair et à la vocation estivale affirmée, place à son cousin plus ténébreux (et un poil plus costaud côté lumens) : le JmGO PicoPlay+.

Pourquoi le "+" ? Non, ce n’est pas juste pour faire joli ou pour flirter avec Apple sur le terrain du naming. Ici, le signe distinctif se traduit par une luminosité rehaussée... mais aussi par l’arrivée d’un pack complet qui fleure bon la praticité : trépied dédié et batterie intégrée dans le pied. Autant dire qu’on est à deux doigts du kit parfait pour des projections en terrasse, en van, ou au fond du jardin après le barbecue.

Et puisque la saison s’y prête, mondoprojos se penche tout naturellement sur ces petits formats malins, qui misent sur la compacité, l’autonomie et la simplicité d’usage. La note finale de ce PicoPlay+ sera donc jugée dans sa propre catégorie : celle des pico-projecteurs portables, avec tout ce que cela implique en termes de concessions… et de surprises.

Alors, simple évolution ou vrai bon plan estival ? Réponse tout de suite dans notre test complet du JmGO PicoPlay+.

Le JmGO PicoPlay+ est commercialisé à 499€ seul et le bundle avec le trépied/batterie à 599€. 

De quoi s'agit-il ?

Le JmGO PicoPlay+, c’est un projecteur miniature taillé pour la mobilité, la simplicité… et les vacances. Après un premier modèle blanc au doux nom de PicoPlay, que j’ai déjà décortiqué sur le blog, voici la version noire, légèrement plus lumineuse, livrée cette fois avec un trépied articulé intégrant une batterie. Bref, un pack tout-en-un prêt à être dégainé sur une terrasse, dans un van ou en pleine forêt (avec Wi-Fi, idéalement…).

Test JmGO PicoPlay+
JmGO PicoPlay et PicoPlay+

Mais avant d’attaquer les choses sérieuses, mettons un petit coup de projecteur sur la fiche technique fournie par le constructeur. Et comme toujours sur mondoprojos.fr, ces chiffres seront confrontés aux mesures réelles : entre promesse marketing et réalité optique, il y a parfois plus qu’un cheveu sur la lentille…

Test JmGO PicoPlay+
Spécifications JmGO PicoPlay et PicoPlay+

Commençons par ce qui fait souvent briller les yeux (ou pas) : la luminosité annoncée est de 450 lumens ISO pour cette version +, contre 400 pour le PicoPlay standard. On ne parle évidemment pas ici de 1000 lumens ANSI ou d’un mode torche pour écran géant, mais dans le microcosme des pico-projecteurs, cette hausse modeste peut quand même faire une petite différence. Reste à voir si ces 450 lumens tiennent vraiment la route une fois passés sous spectro…

La définition annoncée est du 1080p, soit du Full HD. Très bien. Sauf que le PicoPlay+ repose sur une technologie DLP avec une puce DMD 0,23", autrement dit la plus petite de la gamme Texas Instruments. Cette puce n’affiche pas réellement une image Full HD en natif. Sa définition native est de 960 x 540 pixels. Oui, vous avez bien lu. On est donc à mi-chemin entre le SD et le HD Ready, et pour produire une image 1080p, le projecteur fait appel à un traitement XPR (eXpanded Pixel Resolution), une forme de wobulation à très haute fréquence qui simule un affichage Full HD en multipliant les micro-déplacements de l’image.

Est-ce efficace ? Ça dépend. Sur une petite base d’image et avec un bon traitement vidéo, l’illusion fonctionne souvent. Mais en termes de précision pure, on est loin d’un vrai 1080p natif comme ce qu’on obtient avec une puce DLP 0.47" ou un LCD Full HD. C’est un compromis connu dans cette gamme de prix et de taille, mais il faut le signaler pour éviter les malentendus. Ce n’est pas un projecteur haute définition au sens strict. C’est un projecteur qui fait de son mieux pour en donner l’apparence.

Côté colorimétrie, JmGO annonce une couverture DCI-P3 à 90 %, ce qui, si c’est vrai, est plutôt impressionnant pour un pico-projecteur LED. Il faudra bien sûr vérifier à la sonde spectro si ce chiffre est aussi solide qu’annoncé, ou s’il s’agit d’une extrapolation optimiste basée sur la courbe d’intention.

Le projecteur prend en charge les signaux HDR10, mais il n’est pas capable d’afficher une vraie plage dynamique étendue : comme souvent dans cette gamme, le HDR se traduit surtout par un remapping SDR recontrasté. À suivre dans la section image…

La partie audio repose sur un haut-parleur de 8W, avec certification Dolby Audio et un petit logo “HiFi” qui, pour être honnête, relève plus de l’intention que de la certification rigoureuse. Dans la pratique, cela devrait suffire pour animer une projection dans une pièce calme ou un coin de camping, sans nécessiter un renfort Bluetooth immédiat.

Autre argument fort : le pack livré avec le PicoPlay+. Là où le modèle blanc était vendu seul, le + arrive avec un trépied spécifique, rotatif sur 88°, et intégrant une batterie dans son socle. Autrement dit, vous pouvez poser l’appareil n’importe où, viser votre écran ou mur improvisé, et projeter sans branchement secteur. L’ensemble reste compact, stable et franchement bien pensé. Le trépied apporte une vraie plus-value à l’expérience utilisateur, surtout pour un usage nomade.

Test JmGO PicoPlay+
Mode d'utilisation vertical JmGO PICOPLAY+

L’interface repose sur Google TV, certifiée, fluide, et directement compatible avec Netflix, YouTubeTV, Prime Video, etc. Un bon point pour ceux qui veulent éviter les bidouilles ou passer par un stick HDMI supplémentaire. La connectique est simple mais fonctionnelle : HDMI 2.1, USB-A 2.0, Wi-Fi, Bluetooth, et… c’est à peu près tout. Pas de sortie audio filaire, mais on peut compter sur le Bluetooth pour étendre l’audio vers une enceinte externe.

Test JmGO PicoPlay+
JmGO PicoPlay+

Mention spéciale à deux fonctions bonus :

  • Le mode vertical (rotation de l’image pour contenu mobile)
  • La compatibilité 3D Blu-ray, ce qui devient rare (et à peu près inutile en 2025!) .

Et pour finir, petit détail design qui fera mouche dans une soirée apéro-ciné : un anneau LED RGB cerne le sommet du projecteur pour créer une lumière d’ambiance multicolore. Gadget ? Totalement. Mais on a connu des gadgets bien moins esthétiques.

Examen de l'appareil

Test JmGO PicoPlay+
JmGO PicoPlay+

Une fois sorti de sa boîte, le JmGO PicoPlay+ dégage immédiatement une impression de sérieux et de compacité. Sa forme cylindrique évoque davantage une enceinte connectée design qu’un vidéoprojecteur miniature. Le choix du noir mat, très sobre, contraste avec le blanc du modèle PicoPlay classique, et accentue son allure plus “premium”. L’ensemble tient facilement dans une main, avec ses 8,4 cm de diamètre pour 16,5 cm de hauteur, et un poids tournant autour d’un kilo. Le châssis semble bien assemblé, sans craquement ni jeu, et les matériaux choisis sont agréables au toucher, loin des plastiques bas de gamme que l’on croise encore trop souvent sur les pico-projecteurs d’entrée de gamme. Les commandes tactiles sont discrètement intégrées à cette zone supérieure : on peut gérer le volume ou la lecture sans télécommande, mais leur usage reste accessoire, tant le pilotage s’appuie principalement sur la télécommande Bluetooth fournie. Cette dernière est sobre, légère, efficace. Elle adopte le standard Google TV avec un pavé directionnel central, les boutons classiques, et des raccourcis directs vers Netflix, Prime Video et YouTube. L’appairage est immédiat, la portée est bonne, et l’absence de capteur infrarouge signifie qu’on n’a pas besoin de pointer le projecteur pour l’utiliser, ce qui change clairement la donne dans un cadre nomade ou allongé dans un canapé.

Test JmGO PicoPlay+
Télécommande JmGO PicoPlay+

L’une des grandes forces de cette version +, c’est son pied télescopique avec batterie intégrée, inclus dans le pack. JmGO a eu la bonne idée de transformer un accessoire banal en élément central de l’expérience. Le pied se compose de trois sections extensibles et verrouillables, suffisamment rigides pour maintenir une hauteur confortable, jusqu’à environ 1m20.

Test JmGO PicoPlay+
Pied télescopique avec batterie intégrée

La tête accueille le PicoPlay+ via un filetage standard, et permet une orientation sur environ 88 degrés. L’astuce se cache dans la base : elle contient une batterie rechargeable qui alimente le projecteur sans fil visible. Résultat : on place l’ensemble où on veut, sans rallonge, et on lance une séance en toute liberté. Lors de mon test, j’ai mesuré une autonomie réelle de 1h47 à pleine luminosité, ce qui suffit pour la majorité des films, et permet même d’enchaîner un épisode de série dans la foulée si on baisse un peu la puissance de la LED.

Le trépied est stable, bien conçu, et transforme réellement l’usage du PicoPlay+ en déplacement ou dans des environnements temporaires. Du côté de l’optique, le projecteur propose un rapport de projection de 1.2:1, ce qui signifie qu’il faut compter environ 2,40 mètres de recul pour obtenir une image de 2 mètres de base en format 16/9. Ce n’est pas une focale courte, donc un peu d’espace est nécessaire, surtout en intérieur, mais on reste dans une valeur standard pour ce type de modèle. La mise au point automatique fonctionne via un capteur ToF : dès qu’on modifie la distance de projection, l’appareil ajuste l’image tout seul, généralement en moins de deux secondes.

Test JmGO PicoPlay+
Calibrage de la mise au point

Quelques petites hésitations peuvent apparaître si l’on déplace l’appareil en pleine projection, mais dans l’ensemble, l’autofocus est réactif. La correction de trapèze automatique complète le dispositif : l’image reste bien droite même en cas de positionnement approximatif, tant que l’angle reste raisonnable. En bref, l’ensemble inspire confiance : le PicoPlay+ est un vrai produit fini, pensé pour être utilisé sans prise de tête, avec une ergonomie mobile intelligente. Son design bien fichu, sa télécommande moderne, son pied autonome et sa mise en route rapide en font un projecteur prêt à projeter dès l’ouverture de la boîte. Ce n’est pas tous les jours qu’un modèle aussi compact donne cette impression de maturité technique et d’intégration aussi poussée.

Test JmGO PicoPlay+
JmGO PicoPlay+
Test JmGO PicoPlay+
Test JmGO PicoPlay+

Interface

Côté interface, le JmGO PicoPlay+ joue la carte de la simplicité assumée avec une base solide : Google TV en version officielle. Pas de mauvaise surprise ici, tout est fluide, clair et surtout certifié. Netflix fonctionne sans bidouille, sans APK exotique. À ses côtés, les classiques sont bien là : Prime Video, YouTube, Disney+, Molotov, Apple TV+… Le tout se lance rapidement, sans plantage ni latence excessive, grâce à une intégration propre et une connectivité réseau stable. À noter que JmGO propose également un lecteur multimédia interne (MPP) pour lire vos fichiers locaux via USB, mais comme souvent avec ce genre d’outils, autant dire tout de suite que seul le SDR passe sans encombre. Dès qu’on lui envoie un flux HDR un peu lourd, le projecteur tousse, ralentit ou refuse carrément de décoder correctement. Rien de dramatique vu le positionnement du produit, et à vrai dire, sa luminosité limitée rend le HDR assez dispensable. Le SDR bien maîtrisé reste son terrain de jeu naturel.

Test JmGO PicoPlay+
Netflix intégré

Mais ce qui intéressera les amateurs de réglages fins, ce sont bien sûr les menus image. Et à ce niveau, le PicoPlay+ propose quelques options intéressantes, même si l’approche reste volontairement grand public. Pour la gestion de la puissance lumineuse, on dispose de deux méthodes : une échelle manuelle de 1 à 10, qui permet un ajustement assez fin selon l’environnement (soirée tamisée ou séance en après-midi volets à moitié tirés), ou trois modes prédéfinis baptisés Éco, Standard et Ultra.

Test JmGO PicoPlay+
Menu du projecteur

Le menu image propose six profils prédéfinis : Vif, Standard, Film, Doux, Bureau et Extérieur. Chaque profil modifie légèrement le gamma, la saturation et la température des couleurs, avec des écarts parfois notables. Le mode Film reste le plus neutre de base, mais le véritable intérêt vient du mode Utilisateur, qui donne (un peu) la main aux amateurs de réglages avancés. Il est ainsi possible d’ajuster la balance des blancs via un contrôle gain/offset sur un seul point, de modifier la teinte, la saturation et la luminosité des trois couleurs primaires grâce à un CMS relativement clair, et de choisir parmi trois températures de couleur préréglées (Froide, Standard, Chaude), avec en prime un mode "User" permettant un ajustement RGB manuel.

Bonne surprise dans cette gamme de prix : le PicoPlay+ propose également une correction de l’échelle de gris sur 11 points, ce qui est rare, voire inédit à ce niveau. Pour ceux qui souhaitent tenter un pré-calibrage manuel ou affiner les niveaux de gris avec une sonde, c’est un vrai plus, même si les limites de traitement de la puce et de l’optique peuvent créer des écarts selon l’intensité lumineuse choisie.

En revanche, pas de possibilité de sélectionner manuellement un espace colorimétrique. Aucun choix direct entre BT.709, DCI-P3 ou BT.2020. Tout repose sur la détection automatique des métadonnées par le projecteur. Il faudra donc faire confiance au projecteur pour basculer intelligemment.

Dès qu’un signal HDR est détecté, le PicoPlay+ bascule automatiquement dans un mode HDR10. L’image adopte alors un gamma spécifique et des réglages plus agressifs, mais là encore, inutile d’attendre des miracles. Pas de Dynamic Tone Mapping, pas de gestion fine de l’EOTF. Ce n’est pas catastrophique, mais on reste dans un HDR d’ambiance, plus cosmétique que technique et surtout, compte tenu de la luminosité de ce modèle, quasiment inutile.

Côté traitement vidéo, le mot d’ordre est la sobriété. Pas de fluidification, aucune interpolation d’image, et donc aucun "soap opera effect" à signaler. Ceux qui apprécient la fluidité extrême façon telenovela devront passer leur tour. En revanche, JmGO a eu la bonne idée d’intégrer un mode "Low Latency", pensé pour les joueurs. Ce mode réduit l’input lag au minimum, surtout via la prise HDMI, et permet de jouer dans de bonnes conditions, que ce soit sur console ou en streaming cloud gaming (GeForce Now, Xbox Cloud Gaming ou Shadow).

Verdict technique

Bruit de fonctionnement et qualité du système sonore intégré :

Commençons par ce qui s’entend et parfois s’impose un peu trop à l’oreille. Le JmGO PicoPlay+ noir, tout comme son prédécesseur blanc, propose plusieurs modes de gestion de la puissance lumineuse, et parmi eux, le tristement célèbre “mode Extérieur” fait son retour. Ce mode pousse la LED dans ses retranchements, dans l’espoir d’extraire un peu plus de flux lumineux, mais le résultat est une combinaison de dominante verdâtre délavée à l’image et d’un niveau sonore stratosphérique, totalement incompatible avec une utilisation en intérieur. Mesuré à 46,1 dB, ce mode transforme littéralement l’appareil en petite ruche technologique sans le miel, mais avec tout le bourdonnement. À fuir, sauf si vous comptez projeter en pleine journée dans un champ sans voisins et sans respect pour vos tympans. Heureusement, le mode Ultra, qui correspond à la pleine puissance raisonnable, affiche un niveau sonore bien plus acceptable à 36,3 dB, dans une pièce où le bruit de fond mesuré était de 34,6 dB projecteur éteint. La différence est audible en condition silencieuse, mais une fois un film lancé à volume normal, on oublie rapidement la ventilation, d’autant que le bruit généré est constant et relativement doux. Le mode Standard descend à 35,2 dB, tandis que le mode Éco plafonne à 35 dB, des valeurs presque équivalentes à l’oreille, mais qui s’accompagnent aussi d’une baisse de la luminosité telle qu’elles ne seront réellement utilisables que dans l’obscurité totale et sur une base d’image modeste. En clair, le mode Ultra reste le meilleur compromis entre confort sonore et lisibilité de l’image, là où le mode Extérieur ne devrait exister que pour les tests de décibelmètre.

Côté audio, le PicoPlay+ confirme la bonne surprise déjà rencontrée sur le modèle blanc. Son haut-parleur de 8 watts intégré délivre un son bien au-dessus des attentes pour un projecteur aussi compact. Sans être une enceinte audiophile, l’appareil produit un rendu propre, équilibré, avec un médium clair et des aigus contrôlés. Le grave est évidemment en retrait, mais il évite l’effet "haut-parleur de smartphone", ce qui est déjà un exploit. Le volume maximal permet de sonoriser confortablement une pièce de taille moyenne ou un petit espace extérieur, et la restitution reste intelligible même à distance. La spatialisation, bien que limitée à une source mono frontale, donne une image sonore large suffisante pour suivre un film sans que tout semble concentré au centre. Autre point appréciable : le projecteur peut lire de la musique avec l’image coupée, via Bluetooth ou depuis l’interface Android/Google TV, ce qui le transforme en petite enceinte d’appoint tout à fait crédible, notamment pour les soirées chill ou les siestes musicales en vacances. Clairement, le module audio intégré dépasse le simple dépannage, et pourrait presque justifier l’achat pour un usage mixte audio/vidéo en déplacement.

Consommation électrique :

Comme ce projecteur est pensé pour la mobilité, il était essentiel que la consommation électrique soit à la hauteur des ambitions nomades. Là encore, le JmGO PicoPlay+ fait dans la sobriété. En mode Ultra, la consommation grimpe à 40,8 watts, ce qui reste extrêmement raisonnable pour un vidéoprojecteur, même LED. Le mode Standard la fait tomber à 23,4 watts, et le mode Éco descend jusqu’à 18,5 watts. Des chiffres ridicules en regard de n’importe quel projecteur home cinéma, et même très en dessous de certains modèles portables laser. Concrètement, cela signifie qu’on peut utiliser le PicoPlay+ très longtemps avec une petite batterie externe, une station d’énergie, ou même envisager une séance solaire pour les plus aventuriers. Ces valeurs expliquent aussi la bonne tenue du trépied-batterie intégré, qui autorise une autonomie réelle dépassant les 1h45 à pleine puissance. En d’autres termes, ce modèle noir conserve les qualités du blanc tout en confirmant son statut de projecteur discret, compact, peu énergivore et parfaitement taillé pour une vie nomade.

Piqué et netteté :

Le JmGO PicoPlay+ repose sur une architecture identique à celle du modèle blanc, avec en son cœur une minuscule puce DLP 0,23" signée Texas Instruments, référence DLP230NP. C’est l’une des plus petites puces DMD disponibles actuellement, et elle affiche une définition native de seulement 960 x 540 pixels. Autrement dit, on est loin du Full HD, même loin du HD tout court. Pour atteindre une image en 1920 x 1080, le projecteur fait appel à un procédé de simulation baptisé XPR, qui repose sur des déplacements opto-mécaniques ultra rapides de la puce, créant l’illusion d’une image plus définie. Ce procédé fonctionne tant que l’on reste sur des petites diagonales ou à distance raisonnable, mais ses limites apparaissent vite. Dès les premières mires ou sur des contenus bien encodés, on constate que la finesse réelle de l’image est limitée. Les contours sont exagérément marqués, comme passés à la moulinette d’un algorithme de suraccentuation trop zélé, et cette netteté artificielle nuit à la cohérence de l’image.

Il est évident que JmGO tente de compenser la faible définition native en forçant le trait, mais le résultat donne une image qui semble nette de loin et fatiguée de près. Le réglage de netteté d’usine est beaucoup trop élevé, générant des doubles contours et une brillance visuelle désagréable sur les textes ou les détails fins. Il a fallu abaisser ce paramètre à zéro pour retrouver un semblant de naturel, sans pour autant atteindre la précision qu’on attendrait d’un véritable projecteur Full HD natif. Rien de surprenant ici : c’est une limite structurelle de la puce DLP 0,23", qu’on retrouve aussi chez d’autres marques qui utilisent ce même composant, comme Xgimi. Le PicoPlay+ noir ne fait donc ni mieux ni pire que ses concurrents directs, mais il hérite des mêmes compromis technologiques. Pour une image vraiment précise et texturée, il faudra viser plus grand ou plus cher.

Fluidité :

Côté fluidité, même constat. Le PicoPlay+ noir, comme son jumeau blanc, ne dispose d’aucun système de compensation de mouvement. Pas de MEMC ici, ni d’interpolation d’image, ce qui signifie que toutes les sources 24p, typiques des films et séries tournés en cadence cinéma, sont diffusées sans correction. Résultat : le judder est bien là. Ce petit tremblement, perceptible surtout lors des travellings horizontaux ou verticaux lents, vient du décalage entre la fréquence d’affichage du projecteur (souvent 60 Hz) et la cadence native du contenu (24 images par seconde). Sur un bon diffuseur, ce défaut est compensé par interpolation ou conversion de cadence fluide. Ici, rien de tout ça. Le PicoPlay+ se contente d’afficher les images telles quelles, et cela se voit. Les travellings souffrent, les mouvements perdent en naturel, et l’ensemble prend une légère sensation de flottement qui trahit l’origine modeste de l’appareil.

Input lag :

Le JmGO PicoPlay+ noir ne fait toujours pas figure de projecteur dédié au jeu vidéo, et rien dans ses menus ne tente de nous convaincre du contraire. Aucun mode “Jeu” spécifique, aucun traitement vidéo pensé pour l’action nerveuse, ni indication marketing orientée gaming. Cela dit, il ne faut pas pour autant l’écarter d’un usage console ou PC, car quelques options discrètes permettent tout de même de limiter la casse côté réactivité. En fouillant un peu, on trouve un mode de faible latence activable dans les paramètres d’image, ainsi qu’un réglage EDID HDMI rapide, qui accélère la communication entre la source et le projecteur en évitant les traitements superflus. Une fois ces deux paramètres activés, j’ai mesuré un input lag de 39,1 ms en 1080p 60 Hz, ce qui place le PicoPlay+ dans la moyenne haute acceptable pour une utilisation jeu casual.

Test JmGO PicoPlay+
Input lag avec mode de latence réduit

Désactivées, ces options laissent grimper le retard à 45 ms, un seuil qui commence à se faire sentir sur les jeux rapides, mais reste tolérable pour un usage non compétitif. En dessous des 40 ms, on peut sans problème profiter de jeux de plateforme, de RPG, de titres de course pas trop nerveux, et même de quelques FPS à la cool si on n’a pas l’âme d’un sniper eSport. Bien sûr, on est loin des 16 ms des projecteurs gaming dédiés, mais dans la catégorie pico à LED, c’est un résultat qui reste tout à fait honorable. Ce n’est pas un projecteur pour les gamers exigeants, mais il permet tout à fait de se faire une session plaisir, même sur console de salon, sans frustration majeure.

Test JmGO PicoPlay+
Input lag sans mode latence réduit

Overscan et bordure grise :

Du côté de l’affichage, le JmGO PicoPlay+ se montre en revanche parfaitement respectueux du signal source : aucun overscan n’est appliqué par défaut, ce qui signifie que l’image est projetée dans son intégralité, sans rognage ni masquage des bords. C’est une excellente nouvelle, notamment pour ceux qui regardent des contenus sous-titrés ou des interfaces riches, où chaque pixel compte. En revanche, comme tous les projecteurs DLP compacts, le PicoPlay+ ne peut éviter un petit défaut récurrent et inhérent à cette technologie : le cadre lumineux. Tout autour de l’image utile, on distingue une bordure grise continue, d’environ 2 centimètres, perceptible surtout dans une pièce noire ou sur un mur blanc. Ce cadre n’affiche aucun contenu : c’est simplement de la lumière parasite issue du système optique, une sorte de halo rectangulaire uniforme qui entoure l’image comme un liseré pâle. Ce phénomène n’est pas un défaut propre au PicoPlay+, c’est une limite physique bien connue des nouveaux DLP XPR et que l’on retrouve systématiquement dans cette catégorie de produit.

Test JmGO PicoPlay+
Overscan

Colorimétrie :

Le JmGO PicoPlay+ perpétue la tradition bien établie chez les picoprojecteurs LED d’entrée de gamme : une ambition colorimétrique présente, mais un rendu qui demande un sérieux coup de tournevis (ou plutôt de spectro). On commence avec le gamut, et bonne surprise : la couverture du BT.709 atteint un excellent 98,8 %, ce qui garantit, du moins théoriquement, une base solide pour un affichage SDR conforme aux standards HDTV. C’est exactement ce qu’on attend d’un projecteur pensé pour une utilisation nomade et décontractée, loin des sirènes du HDR de salon.

Test JmGO PicoPlay+
Couverture BT.709

En revanche, côté DCI-P3, les chiffres sont plus contrastés : 84,1 % en xy et 91,9 % en uv. Techniquement, c’est honorable pour un modèle de cette taille et de ce prix, mais dans les faits… on s’en fiche un peu. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne recommande pas l’usage HDR avec ce modèle. La faible puissance lumineuse du PicoPlay+ limite drastiquement l’intérêt de cette plage dynamique étendue, et les contenus HDR s’en retrouvent souvent écrasés ou déséquilibrés. Rester en SDR est non seulement plus cohérent avec les capacités optiques de l’appareil, mais aussi plus fidèle visuellement et le gamut BT.709 bien couvert en est le parfait compagnon.

Test JmGO PicoPlay+
Couverture DCI P3

Côté rendu “out of the box”, on reste dans la lignée du PicoPlay blanc : c’est bleu. Le mode Cinéma, pourtant censé être le plus neutre, affiche une température de couleur moyenne de 8415K, ce qui fait basculer tous les blancs vers le froid, au détriment des tons chair et des ambiances chaleureuses. Le DeltaE moyen grimpe à 8 sur l’échelle de gris, avec des pointes à plus de 11 selon les nuances. Même chose du côté du ColorChecker avec une dérive moyenne de 4,6, et des écarts qui dépassent allègrement les seuils acceptables pour un rendu naturel.

Test JmGO PicoPlay+
Mode cinéma sortie de boîte

Le projecteur propose pourtant des outils intéressants pour corriger cela : un CMS plutôt efficace, un réglage RGB par point pour l’échelle de gris, et une gestion fine de la température de couleur. Mais dans la pratique, le calibrage s’est montré plus capricieux que sur le PicoPlay blanc. L’uniformité des bas IRE est moins stable, les pics bleus difficiles à contenir, et il a fallu jongler avec les ajustements pour éviter de créer plus de dégâts que de bénéfices.

Test JmGO PicoPlay+
Pré calibrage SDR Picoplay+

Heureusement, après un bon moment de réglage, le résultat s’avère payant. La température de couleur se stabilise autour des 6589K attendus, les écarts de teinte tombent sous le seuil de perception avec un DeltaE moyen de 1,2 sur l’échelle de gris et 1,8 sur le ColorChecker, avec quelques pointes à 4,4. Autrement dit, à l’œil nu, on a enfin une image équilibrée, crédible, et surtout agréable ce qui n’était pas franchement le cas à la sortie du carton. Le gamut reste bien ancré dans le Rec.709, sans débordement ni saturation excessive, ce qui renforce la lisibilité générale de l’image, surtout dans des conditions de visionnage non idéales (comprenez : en terrasse ou sous un auvent de camping).

Test JmGO PicoPlay+
Post calibrage SDR JmGO PicoPlay+

Contraste et luminosité :

Si le look est quasi identique entre les deux modèles PicoPlay et PicoPlay+, leurs performances lumineuses réservent quelques surprises… à condition d’avoir un luxmètre sous la main et une bonne dose de patience pour décortiquer les tableaux. Commençons par les chiffres bruts mesurés sur mon exemplaire de test, avec un générateur Color Display G1 et mon fidèle duo Jeti 1501 / Klein K10-A.

Test JmGO PicoPlay+
Contraste luminosité colorimétrie JmGO PicoPlay+

Le JmGO PicoPlay+ affiche une puissance lumineuse maximale de 430 lumens dans son mode « Extérieur », contre 401 lumens pour le PicoPlay. Un petit bonus, certes, mais qui ne change pas fondamentalement la donne : on reste sur des niveaux modestes, typiques des pico-projecteurs à LED. Les autres modes tournent aux alentours de 290 à 315 lumens sur le +, contre 246 à 302 lumens pour le modèle blanc. Le gain de luminosité est donc réel mais reste mesuré, et surtout, il ne s'accompagne pas d'une meilleure stabilité du gamma ou du rendu des couleurs dans les modes les plus clairs.

Dans le niveau de noir, le PicoPlay+ affiche en moyenne un noir à 0,275 cd/m² dans les modes SDR (hors mode Extérieur), alors que le PicoPlay descend plus bas avec un noir à 0,237 cd/m².

Le PicoPlay+ se distingue par une puissance lumineuse légèrement supérieure, ce qui peut faire la différence dans un salon ou en projection nomade, surtout si vous poussez un peu la diagonale d’image mais au final avec des couleurs justes c'est le PicoPlay le plus lumineux !

Avis subjectif

En lançant Abyss sur Disney+, je ne m’attendais pas à être autant surpris par un si petit projecteur. Et pourtant, le JmGO PicoPlay+ a réussi à planter une ambiance crédible dans ma salle de test, à condition de ne pas voir trop grand. J’ai volontairement projeté l’image sur une base de 1m80, un cran au-dessus des 1m48 recommandés dans mon tableau de mesures (16 ftL en mode calibré), histoire de pousser un peu la bête dans ses retranchements tout en conservant une image exploitable. Car oui, malgré ses limites de gabarit et de luminosité mesurée, le PicoPlay+ bénéficie d’un effet bien connu en vidéoprojection à LED, ce qu’on appelle communément « l’effet visuel HK ».

Ce phénomène tient à une particularité des sources lumineuses LED : la perception visuelle qu’elles procurent dépasse souvent leur rendement lumineux réel. Autrement dit, une image LED calibrée à 16 ftL semblera souvent plus dynamique et percutante à l’œil qu’une image issue d’un projecteur UHP affichant la même luminance. Dans le cas du PicoPlay+, cet effet joue clairement en sa faveur.

La scène d’Abyss que j’ai sélectionnée, avec ses teintes métalliques, ses visages éclairés par des néons d’ambiance et ses contrastes bleutés, révèle un équilibre étonnamment bien géré pour un projecteur de cette taille. Les noirs ne sont pas abyssaux (forcément), mais le contraste reste lisible, sans écrasement des bas niveaux ni dérive trop flagrante. L’image reste compacte, claire, et surtout, elle "tient" dans le temps. Aucun clignotement, aucun pompage de lumière : c’est stable, et ça se regarde avec plaisir.

Test JmGO PicoPlay+
The Abyss Disney+

En enchaînant sur l'introduction d’Alien Romulus, je m’attendais à mettre le PicoPlay+ en difficulté. Entre les jeux de pénombre, les textures métalliques froides et les visages déformés par les halos d’éclairage, ce type de contenu est le cauchemar des petits DLP sans iris ni traitement dynamique. Et pourtant, même si on sent les limites techniques sur les scènes très sombres, l’ensemble reste parfaitement regardable. Le projecteur ne noie pas l’image dans un voile gris uniforme, il tente de préserver une hiérarchie de contraste. Bien sûr, on est loin de la précision d’un projecteur haut de gamme, et la netteté reste tributaire de la nature de la puce DMD 0,23" (avec son traitement XPR un peu bourrin), mais encore une fois, pour une séance nomade ou estivale, c’est tout sauf ridicule.

Test JmGO PicoPlay+
Alien Romulus Disney+

Puis vint le tour du bien nommé Predator : Killer of Killers. Là encore, le PicoPlay+ n’a pas démérité. Les écailles et textures de la créature, avec leurs brillances métalliques, ressortent avec un relief surprenant. L’effet LED opère à plein : même avec un recul modéré et une lumière ambiante contrôlée, on parvient à conserver un impact visuel très convaincant. Les couleurs gagnent en densité une fois la température corrigée, et les effets lumineux ne crament pas l’image en SDR. Car oui, j’insiste encore une fois : ce projecteur n’est pas fait pour lire du HDR. Mais en mode SDR bien maîtrisé, on récupère une scène lisible, énergique, et même parfois cinégénique.

Ce qui frappe tout au long de ces extraits, c’est cette capacité du PicoPlay+ à ne jamais totalement sortir de sa zone de confort. Il reste dans ses clous, mais il y reste avec assurance. Tant qu’on ne dépasse pas 1m80 de base et qu’on prend le temps de le régler correctement, il répond présent. Ce n’est pas un appareil qui fera de l’ombre à un UST haut de gamme ou à un DLP 4K sérieux, mais ce n’est pas non plus un gadget pour enfants. Il a une signature d’image, une tenue de route cohérente, et surtout une vraie capacité à séduire dès lors qu’on accepte les compromis imposés par son format.

Conclusion

Difficile de ne pas faire le parallèle direct avec son petit frère blanc, le premier PicoPlay. Techniquement, les deux modèles partagent la même base : même puce DLP 0,23", même source lumineuse LED, mêmes performances en piqué, en contraste et en rendu des couleurs après calibration. Mais là où le PicoPlay+ marque un point décisif, c’est dans sa proposition d’ensemble. Parce que oui, cette fois, JmGO a eu la bonne idée de concevoir un écosystème complet : projecteur, trépied dédié, batterie intégrée dans le socle, le tout parfaitement assorti en design et en fonctionnement. Et mine de rien, cette intégration change tout.

Ce petit setup tout-en-un m’a clairement emballé. Il transforme le PicoPlay+ en une solution nomade crédible et immédiatement exploitable, sans bricolage ni accessoire tiers. On le pose, on l’oriente, on l’allume — et ça fonctionne. Ajoutez à ça une image étonnamment convaincante sur une base d’image contenue (1m80 max en SDR bien calibré), et vous obtenez une expérience home cinéma miniature, mais loin d’être gadget. C’est justement cette cohérence d’ensemble, cette alliance entre praticité, compacité et rendu visuel, qui me pousse à lui accorder un point de plus que le PicoPlay standard dans ma notation.

A l'affiche

Alors bien sûr, l’idéal serait un combo ultime : le PicoPlay blanc (et son image calibrée un peu plus lumineuse) équipé du pied batterie du modèle noir. Un vrai bundle JmGO qui conjuguerait le meilleur des deux mondes, avec la précision d’image d’un modèle plus étudié côté image et le confort d’une base autonome pensée pour les déplacements ou les installations express. Mais en attendant cette fusion rêvée, force est de constater que le PicoPlay+ tel qu’il existe aujourd’hui tient largement sa promesse.

On est en présence d’un mini projecteur qui ne fait pas semblant. Le JmGO PicoPlay+, dans un environnement maîtrisé et avec des ambitions raisonnables, parvient à créer de vraies sensations cinéma celles qu’on n’attendait pas forcément d’un cylindre de cette taille. Et franchement, ça fait plaisir à voir.


2 Commentaire(s)

  1. Sadi dit :

    Merci pour ce superbe test!
    Serait-il possible d’avoir les valeurs utilisées pour le calibrage svp?
    Ca serait d’une grande aide pour mon fils! 🙂

  2. Joni dit :

    Bonsoir Greg, merci pour ce test et le comparatif avec la version sans le +
    J’en profite pour savoir si tu avais un lien marchand partenaire à recommander ? On le trouve en ce moment en solde au même prix sur plusieurs sites. Alors autant en choisir un qui t’arrange…
    Merci ! Excellente soirée!

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