On ne l’avait pas vu venir, mais voilà que Thomson, oui, le Thomson, celui des postes radio vintage et des télés cathodiques qui faisaient de la muscu, débarque dans l’univers de la vidéoprojection home cinéma. Pas à pas, non. En courant. Et avec deux modèles sous le bras. À gauche, le Go Project Vega PG35B, un micro-projecteur LED poids plume qui tient dans la main.
À droite, le Sirius PG55B, un modèle compact UST tri-laser qui vient marcher sur les plates-bandes d’Optoma avec une insolence certaine. L’ambition est claire : proposer de la mobilité, du smart intégré et du laser à prix serré, le tout estampillé d’une marque familière du grand public. Et même si Thomson n’est pas un nom qu’on croisait souvent dans nos colonnes. Il projette grand, net à seulement 43 cm du mur, le tout dans un châssis de 1,7 kilo à peine. Derrière son petit look de boîte high-tech bien peignée, le Sirius balance de la lumière tri-laser RGB avec 600 lumens ANSI, auto-focus, correction trapézoïdale automatique, son Dolby stéréo 2 x 7 watts et Google TV intégré. Il offre 2 Go de RAM, 32 Go de stockage, Wi-Fi 5 double bande, Bluetooth 5.1, Ethernet RJ-45, HDMI 2.0, USB-A, S/PDIF, tout y est. Même une batterie interne de 90 minutes pour ceux qui aiment changer de pièce comme de chaussettes.

Le Sirius, c’est un peu le couteau suisse du salon minimaliste : pas besoin de le fixer, pas besoin d’ampli, pas besoin de box Android, et encore moins de recul, il suffit de le poser sur une table basse ou un tabouret Ikea pour obtenir une image de 100 pouces avec un ratio UST de 0.19:1. Bref, un vrai petit téléporteur d’ambiance. Et si ses 600 lumens ne font évidemment pas jeu égal avec les 2000 ou 3000 d’un mastodonte dédié, ils suffisent pour une session Netflix dans une pièce pas trop éclairée. Le contraste natif est donné à 1000:1, ce qui reste modeste, mais là encore, vu le format et la cible, ce n’est pas là qu’on l’attend.

Ce qu’on attend par contre, c’est la promesse d’une image laser nette, colorée, sans lampe à changer, avec la compacité en bonus. Et sur ce point, le Sirius vise juste. Il ressemble beaucoup à l’Optoma Photon Go (990€), sauf qu’ici, on parle de 799€, avec 100€ remboursés jusqu’à la fin de l’été 2025. Soit 699€ si vous êtes rapides et à ce prix-là, le match devient très intéressant. D’autant plus qu’on parle bien d’une base Google TV officielle, avec tout ce que ça implique : YouTube, Prime Video, myCanal, Disney+, Netflix , mise à jour OTA et commandes vocales via télécommande Google Assistant. De quoi s’offrir une vraie expérience de projection compacte, sans bricoler une fire stick ou jongler entre trois applis.

À l’autre bout du spectre, pour ceux qui veulent juste un écran nomade d’appoint, le Vega PG35B s’impose comme le compagnon des vacances en camping ou des chambres étudiantes. Ultra-léger (640 g), ultra-petit (10x11 cm) livré avec pied et étui, et lui aussi autonome grâce à une LED de 350 lumens, des HP intégrés, Google TV et auto-focus. On ne parlera pas ici de noir abyssal ou de précision DCI-P3, mais pour des usages simples SDR il sera adapté si vous restez raisonnable sur la taille de l'image. À 599€, il se place dans une zone de prix où très peu de projecteurs portables peuvent rivaliser avec ce niveau d’intégration et de finition.
Les deux projecteurs partagent une philosophie claire : faire de la projection simple, immédiate, et accessible au grand public, avec de vraies fonctionnalités intégrées. Et si on se permet de lever un sourcil intéressé du côté de mondoprojos, c’est parce que le Sirius coche plusieurs cases qu’on suit de près depuis un moment : compacité UST, tri-laser abordable, et intégration soignée. Il ne remplacera pas un gros projecteur home cinéma dans une salle dédiée mais peut représenter une opportunité pour ceux qui cherchent une solution d’appoint.

Le fait que Thomson s’y aventure, et avec un produit qui tient franchement la route, en dit long sur l’évolution du marché. Le home cinéma bouge, se miniaturise, s’intègre et ce n’est plus réservé à quelques geeks passionnés de HDR ou de deltaE. Et qui sait ? Peut-être que demain, on verra débarquer un vrai 4K UST à 999€ estampillé Thomson, ou même un projecteur gaming laser portable signé… Moulinex ? Ne riez pas, la projection grand public est en train de changer de visage et ce visage a parfois des accents nostalgiques, mais des specs résolument modernes.
13 Commentaire(s)
S’il ressemble tellement au Optoma, c’est parce qu’ils sont identiques.
C’est un appareil qui est fabriqué par SDMC Technology.
Merci pour cette confirmation :
https://en.sdmctech.com/products/ott-device.html
Je note qu’Epson a fait appel à SDMC pour son projecteur EF-22 (en test sur ce blog).
Est-ce que le Thomson grand public d’aujourd’hui est chinois, comme c’est le cas pour Philips (qui a gardé sa division médicale et vendu sa division grand public à Versuni qui lui verse des royalties)? Si c’est le cas ça expliquerait peut-être cette entrée soudaine ?
En 2005, Thomson a vendu ses activités téléviseurs au groupe chinois TCL. Il est ainsi probable que ce soit TCL qui fabrique ces projecteurs…
C’est STREAMVIEW qui a la licence Thomson Europe (TV, Box et Dongle/Stick de streaming, projecteurs, etc).
C’est d’ailleurs affiché sur leur site : » 2025 THOMSON et le logo THOMSON sont des marques commerciales utilisées par STREAMVIEW GMBH »
Et comme indiqué plus haut, c’est un OEM chinois (SDMC) qui fabrique les 2 projecteurs en question.
Ils en fabriquent pour pas mal de marques d’ailleurs : https://www.androidtv-guide.com/oem/sdmc/?e-filter-3a733f4-typeofandroidtv=projector
Êtes-vous sûr ? D’après les spécifications, cela ne semble pas être le cas, puisque l’EF-22 est répertorié, conformément à la tradition Epson, comme un 3LCD, tandis que le modèle SDMC similaire (DH22G4K) est répertorié comme DLP.
J’en suis sûr, c’est mentionné sur leur site.
Bonjour Greg, je le récupère demain chez Boulanger. Si vous voulez un test je peux vous l’envoyer A-R à mes frais.
Cordialement. Dominique
Bonjour,
Je suis à la recherche d’un projecteur à courte/ultra courte focale depuis un moment et celui-là ne m’a pas l’air mal, mais une question me taraude : la taille de projection indiquée est de 100″ max, comme sur la plupart des projecteurs, et je ne serai capable de placer le projecteur qu’à environ 50cm du mur et donc avoir un écran de 110″, est-ce un problème ? Est-ce une question de limite de focus ?
J’avais un vieux projecteur de salon lorsque j’étais étudiant et on projetait de temps en temps sur le mur des voisins à plus de 10m sans aucun problème. Est-ce différent ?
Merci pour votre aide.
y’a pas que le focus qui soit un problème pour cette taille d’image, il y a également la luminosité.
Autre question subsidiaire (je me doute de la réponse, mais sait-on jamais) : la distance mur/projo pour un ultra courte focale est à prendre depuis la lentille, donc à l’arrière) ou sur le corps du projo?
Ok. Donc ce serait flou et un peu pâle, c’est ça ? En fait il me faudra un ratio de 0.25 à 0.38 pour faire bien. L’écran est derrière une trémie d’escalier. Mais très compliqué de trouver un projo avec un ratio dans la fourchette.