Cet été, le marché du projecteur portable connaît une véritable effervescence. L’arrivée de sources lumineuses à LED de plus en plus performantes, et plus récemment de solutions laser compactes, a bouleversé un segment qui se limitait auparavant à de petits modèles peu lumineux, réservés à un usage ponctuel. Aujourd’hui, certains projecteurs nomades affichent des performances autrefois réservées aux modèles home cinéma d’entrée de gamme.
Dans ce contexte, XGIMI a multiplié les références : MoGo Pro, Halo, Elfin… et désormais le MoGo 4 Laser, qui se distingue par sa source lumineuse triple laser. Cette technologie, déjà présente sur des modèles plus imposants, offre une couverture de gamut impressionnante, théoriquement proche de 100 % du BT.2020. Autrement dit, ce petit tube promet des couleurs aussi saturées que certains projecteurs de cinéma.
Objectif de ce test : vérifier si cette promesse marketing se traduit par des performances concrètes, et déterminer si le MoGo 4 Laser peut constituer un projecteur portable crédible apte à se mesurer au derniers JmGO PicoPlay+ qui m'a laissé un excellent souvenir.
Le XGIMI MoGo 4 Laser s’inscrit dans la catégorie des vidéoprojecteurs nomades de gamme supérieure (799€ seul et 949€ avec le pack extérieur), un segment en plein essor où la portabilité ne se fait plus au détriment de la qualité d’image. Conçu pour être transporté facilement, il affiche des dimensions compactes et un poids léger qui permettent de le glisser sans effort dans un sac à dos ou de le poser sur une simple étagère. Ce modèle a été pensé pour s’adapter à toutes les situations : il peut projeter aussi bien sur un mur classique que sur un plafond grâce à un support rotatif intégré capable de pivoter à 360°, tout en conservant une mise au point automatique rapide et précise. Sa mobilité est renforcée par la présence d’une batterie interne qui assure environ deux heures et demie de projection vidéo en mode éco, et qu’il est possible d’alimenter via une batterie externe pour prolonger l’expérience.

Au cœur de l’appareil, on trouve une source lumineuse triple laser, un choix technologique que l’on rencontre rarement sur des modèles de cette taille. Cette architecture produit directement les trois couleurs primaires (rouge, vert, bleu) et permet ainsi de couvrir l’espace colorimétrique BT.2020 à hauteur de 110 %. Les images affichées profitent d’un contraste plus marqué et de détails plus nuancés dans les hautes et basses lumières.

Sa luminosité est donnée pour 550 lumens ISO. Il est compatible avec les formats HDR10 et HLG, ce qui lui permet de restituer des contenus à plage dynamique étendue avec plus de profondeur et de réalisme. Sa petite puce DMD 0,23” utilise la technologie XPR pour simuler un affichage Full HD : par un décalage ultra-rapide de l’image, elle donne la perception d’une résolution 1920×1080 pixels même si chaque pixel physique est plus gros que sur une matrice native.
L’appareil ne se limite pas à la projection : ses deux haut-parleurs Harman Kardon de 6 W peuvent servir en mode enceinte Bluetooth, et XGIMI a même prévu un mode lumière d’ambiance grâce à des filtres magnétiques optionnels qui modifient la teinte du faisceau.

Côté connectique, il dispose d’une entrée HDMI 2.0 compatible ARC, d’un port USB-A pour les supports externes et d’une sortie casque/optique combinée. La partie sans fil repose sur un Wi-Fi bibande et un Bluetooth 5.1/BLE, assurant une compatibilité large avec les périphériques audio et vidéo modernes. Le MoGo 4 Laser fonctionne sous Google TV, offrant un accès direct aux applications du Play Store et intégrant Chromecast ainsi que Google Assistant pour le contrôle vocal. L’interface est fluide, la navigation intuitive, et l’utilisateur bénéficie de recommandations personnalisées selon ses habitudes de visionnage.
Pour la projection, l’installation est simplifiée par la correction automatique du trapèze, l’adaptation de l’image aux obstacles et l’autofocus quasi instantané. La batterie intégrée de 71,28 Wh assure plusieurs heures d’autonomie, et l’ajout de la base PowerBase optionnelle peut doubler cette durée. Enfin, le MoGo 4 Laser prend en charge plusieurs modes de projection avant, arrière, plafond avant ou arrière pour s’adapter à différents environnements.
Avec ce modèle, XGIMI met en avant une vision du home cinéma mobile où la légèreté, la polyvalence et la technologie laser se rencontrent dans un produit qui tient dans la main mais qui offre des prestations proches de celles d’un projecteur sédentaire. L’approche est audacieuse : intégrer un triple laser et une couverture BT.2020 complète dans un châssis portable, tout en ajoutant un système audio de qualité et un environnement multimédia complet.
Pour autant, fidèle à mon habitude, je laisserai de côté dans ce test les fonctions annexes ou gadgets pour me concentrer exclusivement sur les performances du MoGo 4 Laser dans un usage home cinéma.
Le vidéoprojecteur XGIMI MoGo 4 Laser se distingue par un format particulièrement compact de 207,6 × 96,5 × 96,5 mm et un poids contenu de 1,32 kg, ce qui le rend extrêmement facile à transporter et à installer dans n’importe quel environnement. Sa silhouette cylindrique aux arêtes légèrement adoucies adopte un coloris argenté mat élégant, ponctué de détails rouges sur le système de fixation et la sangle de transport. L’appareil repose sur une base rotative à 360°, lui permettant de projeter aussi bien sur un mur que directement au plafond, tout en conservant une stabilité optimale.

La façade avant intègre l’optique protégée par un cerclage noir, tandis que la partie latérale est occupée par la grille de diffusion sonore signée Harman Kardon. À l’arrière, on retrouve la connectique regroupée de manière claire et accessible : une entrée HDMI 2.0 (compatible ARC), un port USB-A, une sortie casque/optique combinée et le connecteur d’alimentation. Le rapport de projection de 1,2:1 offre une bonne polyvalence pour couvrir différentes tailles d’écran, selon le recul disponible.

Le MoGo 4 Laser est livré avec deux dispositifs de contrôle : une télécommande Bluetooth rétroéclairée, idéale pour une utilisation dans l’obscurité et offrant un accès direct à plusieurs fonctions (YouTube, Netflix, Prime Video, réglages d’image, etc.), ainsi qu’une mini télécommande infrarouge au design assorti, plus simple et épurée, fixée sur la sangle de transport pour un accès rapide. XGIMI ajoute également quatre filtres magnétiques créatifs Sunset, Ripple, Lunar et Dreamscape permettant de transformer le faisceau lumineux en effets visuels décoratifs, pour une personnalisation de l’ambiance lors des projections.

Le XGIMI MoGo 4 Laser repose sur une plateforme matérielle composée d’un processeur quad-core CA53, épaulé par un GPU Mali-G52 MC1, 2 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage interne, offrant une réactivité satisfaisante dans la navigation et le lancement d’applications. Le système d’exploitation Google TV assure un accès fluide aux services de streaming, avec notamment Netflix disponible de façon complète et officielle, à condition de disposer d’un abonnement actif. La connectivité sans fil inclut le Wi-Fi 5 double bande et le Bluetooth 5.1, et l’appareil prend également en charge la diffusion et la mise en miroir de contenus via Google Cast et DLNA.

Le Mogo 4 laser ne dispose pas d'un lecteur médias spécifique, il faudra télécharger VLC ou Kodi pour lire vos fichiers sur clés USB ou disque dur.
Pour la gestion vidéo, l’utilisateur dispose de quatre modes d’image prédéfinis : Standard, Film, Jeu et Utilisateur. Les fonctions essentielles à la calibration sont présentes : sélection du gamut, réglage de la température de couleur sur 1, 2 ou 11 points, et trois modes de gamma distincts. Toutefois, on notera l’absence surprenante d’un réglage de teinte global et d’un contrôle complet via le CMS (Color Management System), ce qui limite certaines optimisations fines.



Le traitement vidéo intégré reste basique : pas d’interpolation d’images pour fluidifier les mouvements, et une détection HDR/HLG qui active des modes spécifiques mais sans proposer un mappage dynamique des tons. Fait curieux, lors de la lecture de contenus HDR, le mode Film disparaît, obligeant à se rabattre sur d’autres profils moins adaptés à un rendu cinéma pur. Par ailleurs, la gestion HDR se contente d’un unique niveau d’encodage, et compte tenu de la luminosité modeste de l’appareil, son usage est nettement plus pertinent en SDR qu’en HDR.
La luminosité peut être ajustée finement par pas de 1 à 10, ou via trois niveaux de puissance : Standard, Performance et Éco. Deux options de contraste dynamique figurent dans le menu, mais elles se révèlent inactives lors des mesures et n’apportent aucune variation perceptible au rendu final.
Lors de la mesure en conditions réelles, dans une pièce silencieuse affichant un niveau sonore résiduel de 33,9 dB, le XGIMI MoGo 4 Laser en mode standard génère un bruit de ventilation mesuré à 34,0 dB au sonomètre, ce qui correspond à une élévation quasi imperceptible par rapport au bruit ambiant. Le souffle du ventilateur se caractérise par une tonalité douce et relativement grave, qui se fond rapidement dans les sons d’ambiance d’une pièce ou du contenu visionné. Cette discrétion est l’un des points forts du MoGo 4 Laser pour une utilisation home cinéma, d’autant que le mode Performance plus lumineux mais jugé trop vert et sensiblement plus bruyant est peu pertinent dans ce contexte. Le mode Éco permet de réduire encore légèrement le niveau sonore, mais la différence avec le mode standard reste marginale.


Le MoGo 4 Laser intègre deux haut-parleurs Harman Kardon de 6 W chacun, disposés de part et d’autre du châssis. Leur restitution surprend agréablement pour un projecteur de ce format : les voix sont claires, les médiums bien définis et l’ensemble conserve une bonne cohérence tonale même à volume élevé. La scène sonore, bien qu’évidemment limitée par la taille des transducteurs, reste aérée. Les basses sont présentes mais restent modérées, suffisantes pour un usage polyvalent sans nécessiter immédiatement un système audio externe. Le mode enceinte Bluetooth transforme également le projecteur en haut-parleur sans image, avec une autonomie prolongée par rapport à l’usage vidéo. Pour un visionnage immersif dans une petite pièce ou lors d’une projection nomade, le système intégré se montre largement à la hauteur, évitant de devoir transporter des enceintes additionnelles
La mesure à la prise montre une consommation de 27,5 W en mode Éco, et de 36,8 W en mode Standard. Ces valeurs témoignent d’une excellente efficacité énergétique pour un projecteur laser de cette catégorie, d’autant que le mode Standard représente déjà le meilleur compromis entre luminosité, colorimétrie et silence de fonctionnement. Comme évoqué plus haut, le mode Performance n’a pas été retenu dans ce test en raison d’une dominante verte trop marquée et d’un bruit de ventilation sensiblement plus élevé. En usage prolongé, le MoGo 4 Laser reste donc économe, et sa faible consommation contribue à maximiser l’autonomie lorsqu’il fonctionne sur batterie interne ou via une batterie externe.


Piqué et précision de l'image :
Le Xgimi MoGo 4 Laser s’appuie sur une petite puce DMD de 0,23 pouce, utilisant la technologie XPR (eXpanded Pixel Resolution) pour simuler une image Full HD 1080p. En clair, il ne s’agit pas de sa définition native : la matrice physique de la puce est bien plus faible, et l’appareil emploie un procédé de micro-déplacement ultra-rapide de l’image pour afficher quatre sous-images décalées qui, ensemble, forment un cadre 1920 x 1080 pixels. Si ce procédé permet de gagner en finesse apparente, il ne peut totalement masquer les limites physiques d’une matrice aussi petite. Cela se traduit notamment par un effet de grille perceptible, visible sur fond uni ou dans les aplats clairs, où la structure des pixels et les lignes de séparation deviennent détectables à une distance de visionnage rapprochée. C’est un point commun à de nombreux projecteurs DLP de petite taille, mais il est ici renforcé par la dimension réduite de la puce.

Les clichés des mires de netteté montrent également un autre phénomène : les aberrations chromatiques. Dans le domaine optique, il s’agit d’un défaut de l’objectif qui empêche les différentes longueurs d’onde (les couleurs) de converger exactement au même point. Le résultat est qu’autour des lignes de contraste élevé comme celles de la mire ou le texte projeté on observe de fines franges colorées, ici dans des tons magenta et cyan. Sur la photo de la mire centrale, on distingue clairement ces décalages de couleur, trahissant un alignement imparfait des faisceaux lumineux issus de la source triple laser et/ou une limitation de la qualité optique des lentilles. Ce phénomène peut réduire la précision perçue des contours, notamment sur les sous-titres ou les éléments d’interface à forts contrastes.

En utilisation cinéma, ces aberrations chromatiques restent discrètes sur la majorité des contenus, surtout en mouvement, mais elles peuvent être repérées par un œil attentif lors de scènes statiques ou très contrastées. En revanche, sur les mires ou le texte, elles sautent aux yeux. Il faut rappeler que dans un appareil aussi compact, l’optique doit conjuguer contraintes de taille, de poids et de coût, ce qui rend difficile l’intégration d’un bloc optique exempt de ces défauts. Le piqué global reste correct pour un projecteur portable, avec un centre d’image bien défini, mais il se dégrade légèrement vers les bords, phénomène classique sur ce type d’optique à courte focale.
Le MoGo 4 Laser livre une netteté suffisante pour profiter pleinement de contenus Full HD dans un usage nomade, mais les utilisateurs habitués à des projecteurs home cinéma plus imposants et dotés de matrices natives 1080p ou 4K remarqueront les limites liées à la puce DMD de petite taille, l’effet de grille et les aberrations chromatiques. Ces concessions sont le prix à payer pour bénéficier d’une solution aussi compacte, polyvalente et simple à transporter. intégrant bruit, audio, consommation et ce piqué/netteté.
Fluidité :
Le Xgimi MoGo 4 Laser ne dispose d’aucun système d’interpolation d’images, aussi appelé Motion Compensation ou MEMC, une fonction que l’on retrouve souvent sur les projecteurs de salon plus haut de gamme et qui consiste à générer des images intermédiaires pour fluidifier les mouvements. En théorie, l’absence de cette technologie pourrait se traduire par un judder marqué ce phénomène de micro-saccades qui se manifeste notamment lors des travellings horizontaux ou verticaux, lorsque la cadence de la source (souvent 24 images/seconde pour le cinéma) n’est pas parfaitement synchronisée avec la cadence d’affichage du projecteur.
Sur ce modèle, pourtant, le constat est moins sévère que prévu. Les séquences de panoramiques ou de suivis de caméra restent parfaitement regardables, avec une impression de fluidité correcte. On perçoit bien quelques saccades inhérentes au format 24p, mais elles ne viennent pas parasiter l’expérience au point de gêner la lecture d’un film. Cela tient en partie au traitement vidéo de base, qui semble gérer proprement la cadence native des contenus sans ajouter d’artefacts, et au fait que le projecteur respecte la fréquence d’affichage adaptée à la source.
En pratique, le MoGo 4 Laser préserve l’intention cinématographique, laissant intact le rendu « pellicule » voulu par les réalisateurs, ce qui plaira aux puristes qui n’apprécient pas l’effet « caméscope » que peuvent introduire certaines interpolations mal réglées. Dans un usage mixte cinéma, séries, sport, le rendu reste homogène et ne crée pas de rupture visuelle désagréable. Seuls les spectateurs très sensibles au judder, ou habitués à des projecteurs dotés d’un traitement de fluidité avancé, remarqueront ses limites.
Input lag :
L’input lag, ou retard à l’affichage, désigne le temps qui s’écoule entre le moment où une commande est envoyée (par exemple via une manette ou un clavier) et celui où l’action correspondante apparaît à l’écran. Ce paramètre est crucial pour les joueurs, en particulier dans les jeux rapides ou compétitifs, où chaque milliseconde compte.

Sur le Xgimi MoGo 4 Laser, la mesure effectuée en mode Jeu, en 1080p à 60 Hz, affiche un retard de 44,9 millisecondes. Concrètement, cela signifie que l’appareil met un peu moins de 1/20e de seconde pour retranscrire l’action à l’écran. Ce chiffre se situe dans la moyenne des vidéoprojecteurs grand public portables, mais reste supérieur à ce que l’on trouve sur les écrans dédiés au gaming, où l’input lag descend souvent sous les 20 ms.
Dans la pratique, pour un usage console ou PC orienté jeu casual comme les titres d’aventure, les RPG, les simulations ou même certains jeux de sport ce délai ne posera pas de problème majeur. En revanche, pour les amateurs de FPS compétitifs, de jeux de combat exigeants ou de tout titre où la réactivité extrême est indispensable, cette latence pourra être perceptible et constituer un handicap face à des joueurs équipés d’écrans à faible retard.
Le MoGo 4 Laser n’est pas un projecteur taillé pour l’eSport ou le jeu ultra-compétitif, mais il offre une expérience parfaitement convenable pour le jeu occasionnel sur grand écran, avec le confort visuel que procure une projection immersive.
Lors des tests avec mires de précision, le Xgimi MoGo 4 Laser révèle un comportement intéressant, mais pas totalement exempt de petits désagréments visuels. L’overscan, qui correspond à un recadrage partiel de l’image par rapport à la source, est ici absent : l’intégralité de l’image issue de la mire de référence est affichée, avec toutes les graduations et repères parfaitement visibles jusqu’aux extrémités. C’est un point positif, car certains vidéoprojecteurs portables appliquent un overscan par défaut, rognant ainsi les bords de l’image et amputant des détails importants, notamment dans les menus de jeux ou les sous-titres proches des bordures.

En revanche, un phénomène inhérent à la technologie DLP utilisée se manifeste sous la forme d’une bordure grise de 2 cm de largeur entourant l’image utile. Cette zone est générée par les micromiroirs inactifs de la puce DMD : lorsque ces miroirs ne sont pas sollicités pour former l’image, ils diffusent malgré tout une lumière résiduelle, créant un cadre grisâtre autour de l’image projetée.
Ce phénomène n’est pas spécifique au MoGo 4 Laser : il est fréquent sur les projecteurs DLP à petite puce, mais son intensité varie selon la conception optique et le traitement interne de l’appareil. Dans le cas présent, la bordure reste discrète dans un environnement totalement obscur, mais elle peut être perceptible sur un écran clair ou si la surface de projection est plus petite que l’image totale projetée.
En termes d’usage, cette bordure n’affecte pas la netteté ni la précision de l’image utile, mais elle peut déranger les plus exigeants sur la pureté du cadre visuel, en particulier dans des conditions de visionnage optimisées pour le cinéma à domicile. Pour la masquer, l’utilisation d’un écran légèrement plus petit que la taille de projection ou d’un cadre absorbant la lumière résiduelle (velours noir) reste la solution la plus efficace.
Speckle laser :
L’un des phénomènes visuels spécifiques aux projecteurs laser, et que l’on retrouve également sur le Xgimi MoGo 4 Laser, est la présence de speckle. Ce terme désigne une fine granulation perceptible sur certaines zones de l’image, due à la nature cohérente de la lumière émise par les lasers. En effet, contrairement à une source lumineuse classique (LED ou lampe à décharge), le laser produit des ondes lumineuses en phase, ce qui entraîne des interférences à la surface de projection. Ces interférences créent de minuscules points plus clairs ou plus sombres, visibles surtout dans les aplats uniformes, comme les ciels, les arrière-plans flous ou les teintes claires.

Sur la photo prise à partir d’une scène du film Dune projetée sur une toile blanche lambertienne, on distingue cette granulation légère dans les zones claires du ciel, particulièrement autour du visage et dans les parties les plus délavées par la lumière. L’effet n’est pas uniforme sur toute l’image : il dépend de l’angle d’observation, de la texture de l’écran et du niveau de luminosité de la scène. Avec ce type d’écran à forte diffusion, le speckle devient plus visible qu’avec une toile technique à gain contrôlé ou un écran gris, qui atténuent partiellement le phénomène.
Sur le MoGo 4 Laser, ce speckle reste modéré et ne constitue pas une gêne majeure en usage filmique classique, mais il peut être remarqué par les spectateurs les plus attentifs ou sensibles à la pureté d’image. Il est accentué dans les modes de luminosité maximale et sur des séquences aux arrière-plans clairs, tandis qu’il se fait plus discret sur les scènes sombres ou très texturées.
Ce phénomène étant inhérent à la technologie laser, il ne peut pas être totalement supprimé. Les solutions pour le réduire passent par le choix d’un écran adapté, un léger flou optique volontaire, ou un placement de spectateur réduisant l’angle de perception des interférences. Dans le cas du MoGo 4 Laser, le speckle est suffisamment contenu pour que la majorité des utilisateurs n’y prêtent pas attention, mais il demeure un signe distinctif de sa source lumineuse triple laser, rappelant qu’il s’agit bien d’une projection laser compacte et non d’un projecteur LED ou à lampe traditionnelle.
Colorimétrie :

Les mesures colorimétriques ont été réalisées dans des conditions rigoureuses, garantissant leur fiabilité : projection sur toile blanche lambertienne, sondes orientées face à l’écran, utilisation d’un spectrophotomètre haute précision JETI 1501 Hi-Res pour établir un profil de compensation, puis exploitation de la rapidité du colorimètre Klein K10A. Ce protocole est la seule méthode sérieuse pour obtenir des données fiables sur un projecteur laser ou triple laser, en évitant les erreurs liées aux spectres lumineux complexes de ces technologies.
L’analyse du XGIMI MoGo 4 Pro Laser montre une restitution colorimétrique globalement très solide, avec des variations selon l’espace colorimétrique et le mode d’image choisi. En BT.709, la couverture est quasi totale, avec des primaires bien positionnées et un DeltaE modéré, offrant déjà un rendu SDR satisfaisant. En UHDA-P3, la couverture atteint 98,2 % (xy 1931) et 99,3 % (u’v’ 1976), garantissant des teintes HDR riches et fidèles, notamment dans les rouges et les verts saturés, même si le rouge primaire présente une légère extension qui accentue visuellement l’image. En BT.2020, la couverture se situe autour de 95,34 % (xy) et 97,73 % (u’v’), ce qui, sans couvrir totalement l’espace, reste suffisant pour les contenus UHD actuels, majoritairement limités au P3 encapsulé.



L’influence des modes d’image est notable : en mode film, le gamma moyen est de 2,11 avec une température de couleur légèrement froide (≈ 6425K) et un DeltaE moyen de 4, assurant un bon équilibre entre fidélité et punch visuel. Le mode Jeu, avec un CCT proche de 9839K et un DeltaE moyen de 10,4, présente une dominante bleutée et une justesse moindre, privilégiant un rendu plus “clinique”. Le mode Standard, encore plus froid (≈ 10 392K) et avec un DeltaE moyen similaire à celui du mode Jeu, sacrifie la précision au profit de la luminosité.



L’évolution entre pré et post-calibrage SDR est significative. Avant calibrage, le DeltaE en niveaux de gris dépassait 10,7 (pic à 15,4) et les mesures ColorChecker affichaient une moyenne de 9,7 (max 17,6), avec une forte dérive bleue dans les hautes lumières. Après calibrage, les performances deviennent exemplaires : DeltaE niveaux de gris moyen de 0,5 (max 0,8), ColorChecker moyen de 1,3 (max 4,2), balance des blancs parfaitement alignée sur D65 et gamma stabilisé à 2,2.


Le XGIMI MoGo 4 Pro Laser possède un potentiel colorimétrique très élevé, particulièrement exploitable après calibrage. Sans réglages, le mode Film est le plus équilibré pour un usage polyvalent, tandis que Standard et Jeu mettent en avant la luminosité au détriment de la neutralité. Post-calibrage, la fidélité atteint un niveau de précision professionnel assurant une restitution fidèle aux intentions artistiques des contenus.

Contraste et luminosité :
D’après les mesures relevées sur le XGIMI MoGo 4 Laser, la luminosité et le contraste varient sensiblement selon le mode d’image choisi, avec des compromis entre puissance lumineuse et précision colorimétrique. En mode Standard, la version Performance atteint 652 lumens, ce qui en fait le réglage le plus lumineux mais totalement inutilisable avec sa dominante verte et son bruit d'aspirateur ! Le mode Standard réduit la puissance à 340 lumens et en Éco à seulement 139 lumens, réservés à une utilisation dans l’obscurité totale.
Le mode Film est plus équilibré : 312 lumens en mode standard, avec une température de 6425K et un ΔE de 4, ce qui donne un rendu bien plus neutre à l’œil nu.

En comparaison voici les mêmes mesures prises dans les mêmes conditions avec le MoGo 4 LED qui souffre de la comparaison avec le triple laser au niveau du contraste.

Enfin, le mode Calibré, optimisé pour la fidélité (ΔE 0,5 et température parfaitement alignée à 6565K), ne délivre que 295 lumens, ce qui limite son usage à des pièces sombres et à une base d’écran raisonnable (1,74 m pour atteindre 16 ftL en SDR).
Côté contraste, les mesures restent stables entre 983:1 et 1134:1 selon les modes, une bonne valeur pour un projecteur laser portable, offrant des noirs corrects. Le gamma se situe globalement entre 2,06 et 2,19, avec le mode calibré se rapprochant le plus de la cible 2,2, garantissant une gradation plus naturelle.
Ces valeurs, si elles suffisent pour du visionnage SDR sur une toile adaptée, ne permettent pas de reproduire correctement les contenus HDR. L’analyse de la courbe EOTF et de la luminance le confirme : les pics lumineux sont écrêtés prématurément, la courbe mesurée reste nettement en dessous de la référence HDR, et la plage dynamique se trouve drastiquement réduite.

En conditions réelles de visionnage, le XGIMI MoGo 4 Laser parvient à offrir une image globalement plaisante en SDR, à condition de respecter certaines contraintes liées à sa luminosité limitée et à sa colorimétrie. Sur la scène spatiale d’Alien: Romulus, le projecteur restitue un noir correct pour cette catégorie, avec un piqué suffisant pour distinguer les débris flottants dans le champ stellaire. La scène conserve une bonne lisibilité malgré les zones sombres.

Le désert de Dune: Part Two met en valeur sa capacité à reproduire des teintes chaudes de manière naturelle après calibration. Les dunes présentent un dégradé harmonieux, sans cassure visible, et la texture du sable est bien rendue. Les limites se situent dans l’éclat des hautes lumières : la lumière solaire paraît moins intense qu’attendu, conséquence directe du manque de réserve lumineuse, ce qui adoucit un peu l’impact visuel de la scène.

Enfin, dans les scènes en intérieur faiblement éclairées, comme l’entretien intimiste de Dune 2, le projecteur conserve une bonne cohérence chromatique et un rendu des carnations crédible. Cependant, on sent que les ombres pourraient gagner en densité et en modelé avec une meilleure dynamique.

Globalement, en restant dans le cadre SDR et en environnement contrôlé (pièce sombre, écran adapté), l’expérience reste agréable et immersive, surtout pour un appareil compact et nomade. Mais les amateurs de rendu HDR puissant et de noirs abyssaux trouveront rapidement les limites inhérentes à ce modèle.
Le XGIMI MoGo 4 Laser s’impose comme l’un des meilleurs représentants actuels du projecteur nomade. Il combine des atouts rarement réunis dans ce format : un contraste natif qui surpasse la grande majorité de ses concurrents, une colorimétrie précise après calibration, et un fonctionnement presque inaudible même en mode standard ou éco un vrai luxe pour qui veut profiter d’un film sans la distraction d’une ventilation agressive.
Son piqué est satisfaisant malgré les limites physiques de la petite puce DMD et les aberrations chromatiques visibles sur mire, et sa fluidité reste correcte sans interpolation. En SDR, il délivre une image équilibrée et agréable, avec un rendu cinéma qui séduit même les yeux exigeants. On note également la présence de Google TV avec Netflix officiel, rendant l’expérience utilisateur simple et complète.
Ses limites existent : luminosité trop juste pour un HDR convaincant, mode “Performance” inutilisable à cause d’une dominante verte et d’un bruit accru, et présence d’un speckle laser sur les aplats clairs. Mais replacé dans son contexte, celui d’un appareil transportable, pensé pour un usage facile et silencieux, ces défauts restent secondaires face à ses forces.
Note dans sa catégorie (projecteur nomade) :

4) À l'affiche – Du très bon, qui brille dans de nombreuses situations.
Pour un projecteur nomade, il coche presque toutes les cases : qualité d’image SDR, silence, contraste au-dessus de la moyenne et ergonomie réussie. Il n’est freiné que par son HDR limité et son mode “Performance” raté, mais reste un excellent choix dans sa catégorie.
16 Commentaire(s)
Intéressant, pourrait presque lutter avec des modèles non nomades du même prix dans une pièce bien sombre… Merci pour ce nouveau test, manque la traduction anglaise au cas où ce serait juste un oubli… As tu des modèles ust à tester bientôt ? 🤓
Je ne fais plus la traduction en anglais, il y a assez d’outils en ligne pour ça maintenant et ça me fait gagner du temps. Pas d’UST en vue pour le moment mais des Lifestyle 😇.
Bonjour,
Merci pour votre bon travail monsieur Gregory. Me voilà bien confus car maintenant j’hésite entre celui-là, le picoplay+ et le formovie S5.
Quelqu’un qui aurait un ou des arguments pour m’aider à choisir ?…
Il me semble que le formovie S5 commence à dater et pas de Google Store et autres…. :'( mais présence d’aide au mouvement MEMC et laser.
Niarff…
Fengmi S5 je voulais dire… m’a l’air vraiment plus lumineux…
Bonjour ça va dépendre aussi de la taille de votre écran.
Bonjour,
J’ai ce projecteur depuis + de 1 mois et je trouve incroyable de ne voir aucun test parler de ses défauts bien visible !
Alors oui, l’image est bonne, le son aussi. Son format nomade est pile ce que je voulais. Mais a 800€ ! Non ça ne vaut pas le coup.
Personne ne parle des fuites de lumière autour de l’écran (et non je ne parle pas du cadre noir autour de l’image qui provient de la puce DLP) mais bien de halo de lumière qui entoure l’écran. Rond exactement comme l’optique. Regardé une image sombre et vous les verrez. Un peu de recherche et vous tomberez sur des discussions reddit parlant de se problème (déjà présent sur l’ancien modèle a priori)
Réponse de xgimi « c’est normal, c’est l’optique qui est comme ça. Ils ont une tolérance. Soit, je peux passer outre (difficilement parfois selon le film regardé mais bon…)
Mais 2 semaines après utilisation, je me retrouve avec un projecteur incapable de corriger correctement l’image. Résultats, j’ai dû désactiver toute les corrections trapézoïdale de l’image. Même le cadre de la technologie DLP n’est pas droit ou très difficile à obtenir droit. Et oui, j’ai passé des heures a calibrer. Rien n’y fait. C’est pas droit. Encore une fois, xgimi botte en touche. J’ai même réinitialiser le projecteur.
Et voilà que depuis 2-3 jours l’autofocus fait n’importe quoi. Tout est flou ! Pour ce problème, le calibrage semble fonctionner. Mais dès que je fais une restauration de celui-ci hop, c’est de nouveau flou. Et me voilà encore une fois a devoir désactiver l’autofocus automatique.
Les corrections automatique ont été en faveur de ce modèle. C’était un des points que je voulais. Ne pas me prendre la tête a chaque utilisation.
Et bien 1 mois après obligé de tout désactiver et de gérer tout ça en manuel. Génial !
Bref aujourd’hui, je me retrouve avec un produit a 800€ qui présente des défauts rédhibitoire. Qu’aucun test (et j’en ai regardé) ne mentionne. Alors oui, on peut pas nier que malgré tout, pour son format, l’image est bonne, le son…. Mais pas a 800€ ! J’aurais clairement du rajouter un peu plus pour un projecteur un peu moins nomade mais qui tiens ses promesses.
Si aucun test n’en parle, c’est peut être parce que les testeurs n’ont pas constaté ce dont souffre votre exemplaire, il serait peut être intéressant de contacter le SAV.
Bonjour et comparé au Fengmi S5 (version chinoise) ? Surtout en termes de luminosité et contraste (j’ai du mal à me rendre compte entre iso/ansi/cd/lumens etc). Merci !
Bonjour,
Mes mesures de luminosité sont toujours les mêmes, il suffit de comparer.
Merci pour ce test hyper complet comme d’hab 🙂 .
Il eut été chouette d’avoir des comparaison d’image entre le 4Led et le 4laser (genre projection côte à côte) . Ça n’est pas une critique mais une simple observation 😉 . J’en ai néanmoins trouvé sur d’autres sites (mais c’est souvent superficiel et peu précis et sans précision d’un quelconque ajustement/calibration colorimetrique du projo) même s’il apparaît (et je dis bien apparut dans les sens de sembler, car il faut se méfier des photos si le photographe n’a pas ajusté manuellement la balance des blancs de l’appareil…) que la version 4led produit une image + chaude et moins « plate » que la version laser . Apparemment cela se fait au prix des teintes sombres (tout ce qui est sombre devient vite noir sans nuances dans la version led alors que c’est moins le cas dans la version laser) au bénéfice des clairs dont les blancs ne sont en contrepartie pas cramés (impression qui ressort de la version laser :-/) .
De ce que j’ai pu en voir l’écart entre les deux versions n’est donc pas si net (genre la version laser n’est pas 10fois mieux que la version led) et c’est plutôt en terme de compromis que ça se joue . En gros la version led se débrouille mal dans les tons sombres sans grande surprise (tout devient « noir » sans nuances) mais en contrepartie l’image est « chaude et douce », alors que pour la version laser c’est plutôt le contraire avec des teintes sombres au rendu bien « etagé » mais avec la contrepartie que tout ce qui est tons clairs devient froid voir carrément cramé (le jaune ou bleu pâle devient blanc et les blanc sont cramés et « débordent ») .
Si quelqu’un peut me confirmer ou infirmer cette impression ça serait super cool 😉 .
Je poste cependant pour une autre raison . Il ressort d’autres tests qu’une grosse limite (apparemment pas détectée dans ce présent test) de ce projo est qu’il ne lit PAS les fichiers 4k locaux (alors que ceux reçus en stream depuis les diverses plateformes sont bien downscalés) . Alors visiblement même si ça n’est pas précisé par ceux on vu ce soucis on peut conclure que le lecteur intégré d’origine par xgimi ne lit PAS les fichiers 4k locaux, neanmoins aucun des testeurs n’a apparemment eut l’idée d’essayer avec VLC (en tout cas c’est pas précisé…) . Pourtant s’il est bien un lecteur qui produit des miracles c’est VLC (-: .
D’où question : est ce que certains possesseurs du MOGO4 (led ou laser peu importe) ont essayé de lire du fichier 4k local via VLC ? (plutôt que le lecteur fourni par XGIMI…) .
Merci beaucoup 🙂 .
Bonjour
J’ai acheté ce projecteur, et quand l’auto keystone se fait, j’ai bien mon image droite, mais j’ai un cadre tout autour de mon image (qui correspond au faisceau du projecteur)
C’est assez dérangeant. Il y a un moyen pour l’atténuer / le faire disparaître svp? J’ai tenté le zoom mais ça ne change rien … merci par avance
(Je projette sur un mur)
Ne pas utiliser les options de correction électronique.
Il faut donc que je mette le projecteur au maximum droit / en face du mur, et ne pas utiliser le keystone ?
Merci
C’est ça.
Merci beaucoup
Malheureusement ce n’est pas possible dans mon installation actuelle. Je crois que je vais devoir faire avec ^^