J’ai entamé mes tests du second exemplaire du Valérion Max, cette fois équipé de son dernier firmware estampillé 20250826 (août 2025). D’entrée de jeu, une agréable surprise dans le carton : un câble HDMI optique de 12 mètres fourni d’origine. Autant dire que pour une intégration home cinéma sérieuse, c’est un vrai plus, et ça évite au client de devoir rajouter une centaine d’euros dans un accessoire indispensable. C’est le genre de détail qui ne trompe pas : on sent le constructeur décidé à placer son produit sur le terrain du premium, mais en pensant aussi à la praticité pour l’utilisateur.



Avant toute calibration, j’ai mesuré le projecteur en mode Cinéma SDR, mon profil de préférence pour ce face au mode FILMMAKER (les plus justes en sortie de boîte). Et les résultats sont déjà très encourageants. Les courbes de balance RGB sont stables, avec une dominance du bleu et du rouge, mais rien de catastrophique. Le gamma moyen ressort à 2,16 et la température de couleur moyenne est mesurée à 6573K, quasiment dans les clous de la référence D65. Côté DeltaE, on relève en sortie de boîte un moyen de 3,9 avec un maximum de 6,2 sur les gris. Du côté du ColorChecker, l’écart moyen tombe à 1,9 et le maximum à 6,2. En clair : certaines teintes critiques sont perceptiblement déviées, mais dans l’ensemble la base est saine.

On n’est pas encore dans l’excellence, mais on part sur de bons rails. Une fois le projecteur passé par la case calibration (réglage 2 points sur Gain et Bias, utilisation du CMS intégré, sans recourir aux 20 points d’échelle de gris qui se révèlent totalement superflus), le résultat est spectaculaire. La validation parle d’elle-même : DeltaE moyen en niveaux de gris 0,6, maximum 1, DeltaE moyen ColorChecker 0,7, maximum 1,9, courbes RGB superposées et parfaitement équilibrées, couverture colorimétrique et justesse qui frôlent le sans-faute.

En clair, on atteint un niveau où aucune erreur n’est perceptible à l’œil nu. L’image est parfaitement neutre, fidèle, et l’on peut désormais juger des performances intrinsèques du projecteur sans craindre le moindre biais. C’est la confirmation que ce Valérion Max offre un excellent potentiel dès qu’on le calibre avec soin. Mais la claque arrive évidemment en HDR, terrain de jeu naturel de ce Valérion Max. Et c’est là que le fameux DTM (Dynamic Tone Mapping) entre en action. Pour rappel, le DTM analyse en temps réel le signal HDR pour en optimiser la dynamique lumineuse, conservant détails et équilibre quelles que soient les conditions du master. Ici, l’algorithme est d’une efficacité redoutable : plus jamais d’images bouchées dans les noirs, plus jamais de hautes lumières brûlées, tout est parfaitement restitué avec une fluidité et un confort d’une rare évidence. Les captures avant/après calibration en HDR montrent d’ailleurs à quel point la courbe EOTF colle à la référence.


Et les chiffres donnent le tournis : en post-calibrage, la luminosité atteint 289 cd/m² sur mon écran blanc lambertien de 100 pouces, soit l’équivalent de 2501 lumens (100 pouces de diagonale et pas de large) ! C’est très bon d'autant que cette puissance est obtenue sans filtre, ce qui permet d’afficher un espace couleur couvrant 96 % du BT.2020 en pleine puissance.

Autrement dit : un HDR éclatant, puissant et fidèle, sans compromis. Côté contraste, les possibilités offertes par les différents réglages sont innombrables : contraste natif, dynamique, iris fixe ou variable, avec des combinaisons exponentielles. Les mesures montrent une plage qui varie entre 2770:1 et 14 000:1 selon les configurations retenues.

En configuration “raisonnable”, avec iris fixe et sans contraste dynamique, on atteint un très bon 4000:1. De quoi satisfaire aussi bien les amateurs de rendu naturel que ceux qui veulent des noirs abyssaux.

Pour les joueurs, bonne nouvelle : l’input lag peut descendre à 17 ms, ce qui le rend parfaitement compétitif face aux moniteurs et téléviseurs spécialisés.

Et pour ceux qui redoutent le bruit des projecteurs de forte puissance, qu’ils se rassurent : mesuré à 35,6 dB dans une pièce à 35,2 dB résiduel, le Valérion Max se fait pratiquement oublier.
Pour une machine de cette catégorie, c’est un exploit. Ce second exemplaire du Valérion Max sous firmware 20250826 confirme qu' en SDR, le calibrage transforme un rendu déjà honnête en une véritable référence de justesse. En HDR, c’est une machine de guerre qui combine puissance lumineuse, précision colorimétrique et gestion dynamique exemplaire. Ajoutez à cela un contraste modulable, un input lag digne des meilleures TV et un silence de fonctionnement inattendu, et vous obtenez un projecteur qui semble bien né. Je n’en suis encore qu’au début de mes explorations et je vous donne rendez-vous en fin de cette semaine pour le verdict final !

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8 Commentaire(s)
Merci pour cet aperçu qualitatif !
Après avoir lu les différents tests du Pro2, l’amélioration dynamique du contraste s’accompagne de dérives colorimétriques assez marquées.
Pour le Max, est-ce que l’iris permet de résoudre ce problème ?
Je suis particulièrement sensible à cette partie que j’ai été le premier à mettre en évidence à l’occasion de mon test du Pro2, donc réponse dans le banc d’essai final à ce sujet.
Vincent je vais te répondre en avance, avec les options de contraste dynamique activées , les soucis de dérives colorimètrie sont malheureusement encore présentes. Elles sont moins marquées que sur le Pro2 mais présentes, donc mes recommandations seront de laisser toutes les options dynamiques inactives et de n’utiliser que l’iris mécanique.
C’est bien qu’il y ait maintenant un projecteur qui tient ses promesses.
Et aussi agréable de voir l’effort qu’ils font avec tous les tests, surtout de lire l’enthousiasme lorsqu’un produit les enthousiasme manifestement….
Merci pour votre travail.
Au passage il y avait une coquille dans mon article sur la conversion cd/m2/lumens. C’est corrigé. J’ai utilisé la base d’écran de 100 pouces au lieu de la diagonale de mon écran qui est bien de 100 pouces.
Merci pour ce premier (enfin 2eme !) apercu en vu du test en final. J’ai precommandé le mien (on m’annoncais fin septembre et maintenant arrivage prevu pour mi novembre) sans attendre le test, j’ai failli craquer pour le Leica Cine Play en Juillet mais ce valerion a l’air d’aller tellement plus loin. Le coup du cable fourni c’est un vrai petit truc sympas, j’etais justement en train d’en chercher un, finalement plus besoin. Hate de voir ton test complet.
Bonjour,
Merci Greg pour vos tests et retours toujours interessants et agréables à lire.
Si c’est envisageable, je serai preneur d’un comparatif subjectif entre le leica cine play one et les deux Valerion, pro 2 et max.
Je ne me rends pas compte de l’atout de l’optique du leica par rapport aux valerions et leurs options numeriques.
Merci de votre retour
Le Valérion Max et le Leica jouent globalement dans la même cour en matière de contraste natif, puisqu’on mesure environ 1400:1 sur le Valérion (en désactivant la gestion dynamique du laser avec une mire adaptée), soit un niveau équivalent à celui du Leica. La différence se joue plutôt sur les équipements et le rendu : le Valérion dispose d’un iris mécanique, absent du Leica, qui permet d’ajuster plus finement le contraste et la profondeur des noirs en fonction de l’environnement, et il offre également un lens shift vertical qui facilite énormément l’installation et le positionnement sans avoir recours à la correction trapézoïdale, ce qui préserve la précision. À cela s’ajoute la gestion logicielle propre au Valérion : son contraste dynamique “caché” permet d’aller encore plus loin en termes de profondeur et de dynamique d’image, sans générer les effets négatifs souvent observés avec les accentuations de noirs ou le contraste dynamique standard accessible à l’utilisateur. Le piqué d’image du Valérion apparaît supérieur, avec un rendu plus précis et détaillé que le Leica, qui mise davantage sur sa signature colorimétrique et son rendu cinéma. Le Valérion Max se distingue par une image et un ensemble de fonctionnalités qui le rendent plus flexible et plus performant pour qui cherche à optimiser à la fois l’installation et la qualité de projection. Il est aussi plus cher que le Leica 😇
https://www.mondoprojos.fr/2025/09/03/valerion-max-premieres-impressions-et-resultats-apres-calibrage-professionnel/