Avec le Nebula P1, Anker Nebula confirme une orientation de design pour le moins déroutante qui, après le très controversé PX1 Pro, donne l’impression que la marque s’est engagée dans une sorte de concours interne du système de projection le plus laid. Là où l’on attend d’un vidéoprojecteur mobile Full HD une approche rationnelle, lisible et immédiatement fonctionnelle, le P1 multiplie les partis pris esthétiques et mécaniques qui finissent par alourdir l’expérience utilisateur, aussi bien visuellement que pratiquement. Le châssis, pourtant compact sur le papier avec ses dimensions de 124 x 284 x 130 mm pour un poids de 2,35 kg, adopte une architecture segmentée : une poignée de transport intégrée, un bloc optique pivotant destiné à se replier en position verticale pour protéger l’objectif, et deux enceintes détachables venant se clipser sur le dessus.

Techniquement, le vidéoprojecteur repose sur une matrice Full HD 1920x1080 associée à une source lumineuse LED délivrant une luminosité de 650 lumens, valeur correcte pour un usage nomade en environnement contrôlé mais insuffisante pour lutter contre une lumière ambiante marquée. Le contraste natif de 400:1 confirme d’ailleurs que le P1 ne cherche pas à rivaliser avec des modèles home cinéma plus imposants, mais bien à proposer une solution mobile polyvalente. Son ratio de projection de 1,2:1 permet d’obtenir une image comprise entre 60 et 180 pouces (en théorie car la luminosité n'est pas folichonne).
La marque met en avant un processeur de gestion suffisamment puissant pour intégrer le traitement Nebula Master, annonçant une couverture du Rec.709 à 124 %.
Les réglages de géométrie sont entièrement automatiques, autorisant une installation théoriquement libre, et le traitement MEMC anti-saccades est bien présent, ce qui reste rare dans cette catégorie de vidéoprojecteurs mobiles Full HD. Sur le plan de la connectivité, le Nebula P1 se montre relativement complet avec le WiFi intégré, l’interface Google TV donnant accès à un large catalogue d’applications, dont Netflix en natif, un point clé pour un usage nomade sans source externe. On retrouve également une entrée HDMI 2.1, un port USB-A capable d’alimenter un dongle vidéo, une sortie audio mini jack et une prise USB-C dédiée à la recharge des enceintes. Côté audio, Nebula a fait le choix d’enceintes détachables sur batterie de 2 x 10 W, communiquant en Bluetooth avec le projecteur et compatibles Dolby Audio. Lorsqu’elles sont positionnées sur leur emplacement supérieur, elles se rechargent automatiquement via des contacts physiques, trois heures de charge offrant jusqu’à vingt heures d’autonomie. En revanche, le vidéoprojecteur lui-même n’embarque aucune batterie interne, un choix difficilement justifiable pour un modèle revendiquant la mobilité, même si l’appartenance de Nebula au groupe Anker permet de proposer des packs de batteries externes assurant une autonomie totale.

Cette solution indirecte renforce toutefois l’impression d’un produit pensé par empilement de concepts plutôt que par une vision globale cohérente. En définitive, le Nebula P1 illustre parfaitement le paradoxe de certains vidéoprojecteurs portables modernes : une fiche technique riche, une plateforme connectée séduisante, un traitement vidéo avancé et une partie audio ingénieuse, mais le tout enfermé dans un design discutable qui rappelle fâcheusement les errements du PX1 Pro.
Le prix de lancement du P1 devrait tourner autour de 800$.
2 Commentaire(s)
Grand fan de ton blog depuis les débuts, je pensais avoir tout lu, pourtant j’avais raté ce PX1pro sur roulette… J’ai bien rigolé ! 🤣 Bon là niveau design, « c’est pas si tant pire » comme dirait les Québécois. Effectivement vu la poignée et le concept ils auraient pu/dû intégrer 3-4h de batterie ds le socle…
Hisense a sorti un micro-ondes (le C5) et Nebula sort une bouteille Thermos 😃