XGIMI n'en finit plus de décliner sa gamme Elfin Flip. Le premier modèle, sorti en 1080p, avait conquis un public séduit par son format pliable et sa balancelle intégrée, mais restait bridé par une luminosité modeste de 400 lumens ISO. Deux ans plus tard, la marque chinoise revient avec l'Elfin Flip 4K, une évolution qui coche enfin la case de la définition 4K attendue par beaucoup d'acheteurs, obtenue ici via une puce DLP à décalage de pixels associée à une source laser RGB tricolore. Annoncé à 999 €, ce petit boîtier ambitionne de s'imposer comme la référence des vidéoprojecteurs semi-portables à moins de 1 000 €.
Ce segment de marché, celui des projecteurs laser compacts à moins de 1 000 €, s'est considérablement densifié ces derniers mois : JmGO avec son N3 (bientôt en test sur nos pages), Hisense avec son M2 Pro, ou encore Epson avec l'EF-72. Face à cette concurrence grandissante, XGIMI ne pouvait plus se contenter de rejouer la carte du format pliable : il fallait une vraie montée en gamme technique pour rester pertinent, et c'est précisément ce que promet cette itération 4K. Nous l'avons reçu en test complet, sondes en main, pour vérifier si la promesse marketing résiste à la mesure et à plusieurs séances de visionnage.
L'Elfin Flip 4K est un vidéoprojecteur DLP semi-portable (il ne dispose d'aucune batterie et doit rester branché sur secteur) construit autour d'une puce DMD de 0,39 pouce pilotée en XPR : le mécanisme actionne la matrice de micro-miroirs à très haute fréquence pour la faire vibrer d'une fraction de pixel selon quatre positions successives, si rapidement que l'œil humain fusionne ces quatre sous-trames en une image de 3 840 x 2 160 pixels. Chaque micro-miroir affiche ainsi successivement quatre pixels distincts par trame. Ce compromis technique permet d'obtenir une image très proche d'une dalle 4K native, pour un encombrement et un coût de fabrication bien inférieurs à ceux d'une matrice 4K native de plus grande taille.
La source lumineuse est un module laser tricolore RGB, épaulé par un contraste dynamique annoncé à 20 000:1 (contraste dynamique activé) et une luminosité donnée pour 1 600 lumens ISO. XGIMI revendique par ailleurs une précision colorimétrique de sortie d'usine avec un ΔE inférieur à 1, certifiée par un organisme de contrôle indépendant (SGS), ainsi qu'une couverture de 99 % de l'espace DCI-P3 et de 110 % du gamut BT.2020. Nous reviendrons en détail sur ces chiffres dans la partie colorimétrie, nos propres mesures apportant un éclairage complémentaire à ces valeurs constructeur.
Côté polyvalence d'installation, l'appareil profite d'un zoom optique 0,98 à 1,3:1, une rareté à ce niveau de compacité et de prix, permettant de projeter une image de 40 à 200 pouces de diagonale sans perte de netteté liée à un zoom numérique (la marque recommande toutefois un maximum de 150 pouces de diagonale). L'interface repose sur Google TV, qui remplace l'ancien XGIMI OS maison et ouvre l'accès natif au Play Store. Enfin, côté jeu vidéo, XGIMI met en avant la compatibilité VRR et ALLM ainsi qu'une latence annoncée très faible, un point que nous avons évidemment vérifié à la mesure plutôt qu'à la fiche technique.
Il existe par ailleurs une déclinaison plus abordable, l'Elfin Flip Laser, annoncée autour de 750 € : elle reprend le même module laser tricolore et la même luminosité affichée de 1 600 lumens ISO, mais se limite au Full HD via une puce DMD plus petite (0,23 pouce), remplace le zoom optique par un zoom numérique et affiche une latence de jeu revendiquée de 20 ms en 1080p à 60 Hz. Ce positionnement clarifie bien la proposition de l'Elfin Flip 4K testé ici : c'est la définition native supérieure et le zoom optique qui justifient l'écart de prix entre les deux modèles, la source lumineuse et l'intelligence d'installation restant, elles, communes à toute la gamme.

Sans surprise, XGIMI reconduit purement et simplement le langage esthétique du premier Elfin Flip : une silhouette de plaque rectangulaire, mesurant 254 x 78 x 245 mm pour un poids annoncé de 1,55 kg, soit à peine plus qu'un ordinateur portable compact. La balancelle intégrée, qui fait à la fois office de pied et de poignée de transport, pivote sur 150 degrés. Cette amplitude autorise aussi bien une projection posée sur une table basse ou une table de chevet qu'un tir plafond directement depuis le sol, sans le moindre trépied ni accessoire additionnel. Une fois repliée, la balancelle protège naturellement le bloc optique pendant le transport, un vrai plus pour un appareil pensé pour circuler de pièce en pièce. Il reste par ailleurs possible de le fixer sur un trépied classique grâce à un pas de vis situé sous le socle, pour les utilisateurs qui préfèrent une installation plus traditionnelle.
L'intelligence embarquée fait un bond avec la cinquième génération du système d'adaptation d'image maison. Un capteur ToF couplé à une caméra permet au projecteur de gérer seul la mise au point, la correction trapézoïdale, l'évitement des obstacles présents sur le mur de projection (cadres, interrupteurs, prises, plantes), le calage automatique aux dimensions d'une toile lorsque l'utilisateur en possède une, ainsi qu'une compensation chromatique selon la couleur du support de projection. Un capteur de présence complète le tout en réduisant automatiquement l'intensité du faisceau lumineux si une personne passe devant l'objectif, une attention bienvenue dans un usage familial.
À l'arrière, la connectique reste raisonnable pour un appareil de ce format : deux entrées HDMI, dont une compatible eARC pour renvoyer le son vers un ampli ou une barre de son, deux ports USB-A, le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.2.

La télécommande rétroéclairée qui accompagne l'appareil reste sobre : un pavé directionnel central, des raccourcis directs vers les principales plateformes de streaming, un bouton dédié à la commande vocale et les touches de réglage rapide du volume et de la mise en veille. Rien de révolutionnaire, mais l'ergonomie est éprouvée et ne nécessite aucune période d'adaptation. La finition générale du boîtier, dans un plastique mat gris anthracite, reste cohérente avec le reste de la gamme Elfin et ne trahit pas le positionnement tarifaire de l'appareil : aucun jeu excessif dans les charnières de la balancelle, un bloc optique qui ne bouge pas d'un millimètre une fois la mise au point réalisée, et un ensemble qui inspire confiance pour un usage nomade répété entre plusieurs pièces.
XGIMI a définitivement tourné la page de son ancien système maison au profit de Google TV, dans sa version la plus récente au moment du test. L'interface, organisée en cartes, se montre agréable à parcourir et particulièrement réactive : les vignettes de contenu se chargent rapidement et la navigation n'accuse aucun temps de retard sur les appuis de la télécommande. Seul le menu des réglages met un peu plus de temps à s'afficher au premier accès, avant de retrouver une fluidité normale par la suite.

Netflix, Prime Video, YouTube et la majorité des grandes plateformes de SVOD sont préinstallées et fonctionnelles dès le déballage, sans configuration additionnelle ni boîtier tiers à brancher. Le Play Store donne accès à la quasi-totalité des applications manquantes, et Google Cast permet de caster facilement depuis un smartphone Android ; les possesseurs d'iPhone devront en revanche s'en passer, aucune fonction équivalente à AirPlay n'étant proposée. Un onglet dédié à l'assistant conversationnel Gemini trône en haut de l'écran d'accueil, mais son intérêt reste limité dans la mesure où la télécommande dispose déjà d'un bouton de commande vocale dédié qui remplit exactement le même rôle, sans empiéter sur l'espace visuel de l'interface.
La recherche vocale, justement, fonctionne de façon fiable pour retrouver un film ou une série par son titre, et propose ensuite un comparatif des plateformes sur lesquelles le contenu est disponible, une fonctionnalité pratique pour éviter de naviguer entre les applications à l'aveugle. Le menu de réglages rapides, accessible en un appui long sur la télécommande, regroupe intelligemment les fonctions les plus utilisées au quotidien (mode d'image, mise au point, correction trapézoïdale, volume) sans avoir à replonger dans les menus profonds de Google TV, un gain de temps appréciable pour un appareil que l'on est justement amené à déplacer et reconfigurer régulièrement.
Les paramètres de base couvrent les réglages habituels : luminosité, contraste, saturation, netteté ; mais c'est le menu « Paramètres avancés » qui révèle toute l'ambition de cet appareil. On y trouve l'ensemble des outils nécessaires à un calibrage précis et rigoureux : choix de l'espace colorimétrique, réglage du gamma, ajustements de l'échelle de gris en 2 points et en 11 points pour une correction fine de la courbe de luminance, CMS sur les trois dimensions du gamut, et contrôle de la puissance du laser sur une échelle de 1 à 10, avec un mode Boost supplémentaire.

Les modes image SDR disponibles sont au nombre de cinq : Standard, Film, Couleurs vives, Jeu et Sport. Ces modes se déclinent naturellement en version HDR.
Une fonction DTM HDR spécifique fait également son apparition dans le mode Film. Le Dynamic Tone Mapping, pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ce concept, est une technologie qui adapte en temps réel la manière dont le projecteur gère les informations de luminosité contenues dans les métadonnées HDR. Concrètement, un contenu HDR est encodé pour des niveaux de luminosité souvent bien supérieurs à ce que peut restituer un projecteur, même très lumineux, dans une salle de cinéma domestique. Sans DTM, le projecteur applique une courbe de ton fixe qui peut entraîner des écrêtages dans les hautes lumières ou des détails perdus dans les ombres. Avec le DTM actif, l'appareil analyse le contenu scène par scène et ajuste dynamiquement la courbe de luminosité pour préserver à la fois les détails dans les zones claires et la richesse des zones sombres, donnant ainsi accès à une image HDR fidèle et équilibrée quel que soit le niveau de luminosité du contenu source.

Pour le traitement vidéo général, l'utilisateur dispose d'une aide à la fluidité pour lisser les mouvements rapides selon son niveau de tolérance personnel, ainsi que d'un mode cinéma réel destiné à la reproduction des sources 24p. Côté fonctions dédiées au jeu, on trouve la réduction du lag, le support du VRR pour éliminer le déchirement d'image, l'ALLM pour une activation automatique du mode jeu à basse latence lors de la connexion d'une console, le choix d'un réticule de visée superposable à l'image pour les FPS, et différents modes image optimisés selon le genre pratiqué : action, RPG, sport, course.

Sonomètre en main, nous avons relevé un niveau de bruit de fonctionnement de 34,8 dB, à comparer à un bruit résiduel de la pièce de test de 33,9 dB projecteur éteint. L'écart n'est donc que d'à peine 1 dB, ce qui place l'Elfin Flip 4K parmi les modèles les plus discrets que nous ayons testés à ce niveau de prix : la ventilation se fait quasiment oublier, y compris lors de séances prolongées en soirée dans une pièce autrement silencieuse.


Côté audio, le projecteur embarque un haut-parleur signé Harman Kardon de 7 W avec certification Dolby Audio. Sur les dialogues, le rendu reste correct et intelligible, avec une clarté suffisante pour suivre une série sans effort. Les basses, en revanche, demeurent logiquement limitées par la taille du caisson intégré, un défaut commun à l'ensemble des projecteurs compacts de ce gabarit. Pour une séance cinéma occasionnelle ou du streaming au quotidien, le haut-parleur intégré suffit largement ; les amateurs de sensations plus organiques resteront tentés par le renvoi du son vers une barre ou un ampli externe, ce que permet justement la prise HDMI eARC présente à l'arrière.
Wattmètre branché en direct, nous avons mesuré une consommation de 57,7 W avec le laser réglé à sa puissance maximale (position 10). Ce chiffre est particulièrement flatteur pour un projecteur laser 4K de cette luminosité : il se situe dans la fourchette basse observée sur les modèles équivalents, confirmant l'efficience du couple source laser RGB et petite puce DMD, moins gourmand qu'une configuration à roue chromatique et lampe UHP ou même que certains modules laser monochromatiques associés à une roue de phosphore.


Le piqué s'avère très bon, et c'est d'autant plus surprenant que le projecteur repose sur une puce DMD de taille réduite (0,39 pouce). L'image affiche une définition perçue élevée, avec un rendu des détails fins qui n'a rien à envier à des configurations utilisant des puces plus grandes. Preuve de ce savoir-faire côté traitement d'image : l'Elfin Flip 4K parvient à restituer correctement la mire 4K de lignes de couleurs entrelacées, un test exigeant qui met à mal de nombreux projecteurs à décalage de pixels, notamment ceux équipés de puces 0,23 ou 0,3 pouce. Le résultat visuel se rapproche donc très sensiblement d'une dalle 4K native, sans les artefacts de moiré ou de flou que l'on peut craindre sur ce type de solution optique.

La fluidité de l'image est également au rendez-vous, y compris sans activer l'interpolation de mouvement. Le mode dédié à la reproduction fidèle des sources 24p (calqué sur le fonctionnement d'un mode cinéma réel) permet de conserver le rendu naturel du 24 images par seconde sans jugement saccadé ni scintillement, un point souvent négligé sur les projecteurs de ce segment tarifaire qui misent tout sur l'interpolation pour masquer un traitement natif imparfait. Curieusement, les trois niveaux d'aide à la fluidité proposés ne semblent en revanche pas très efficaces, la différence perçue entre chaque palier restant minime.
Nous avons mesuré un input lag de 8,9 ms en mode Jeu sur source UHD à 60 Hz, une fois le mode faible latence activé. C'est un excellent résultat en usage réel, largement suffisant pour le jeu occasionnel sur console comme pour la majorité des titres compétitifs jouables au calme. Avec ce résultat et les fonctions VRR et ALLM du projecteur, ce modèle est un vrai atout pour les joueurs.

C'est le seul petit défaut identifié sur ce modèle. Le grain laser, inhérent à la cohérence de la lumière produite par ce type de source, reste perceptible même sur un écran blanc neutre, bien que de façon légère. Nous avons testé la question sur deux écrans techniques dédiés à la réduction du speckle, un Lumene et un Celexon : c'est l'écran Lumene qui offre le meilleur résultat, avec une texture de grain nettement plus discrète que sur le Celexon. Ce phénomène reste toutefois mineur au visionnage normal et ne gâche en rien l'expérience, sauf pour les spectateurs particulièrement sensibles à ce type d'artefact, généralement assis très près de l'écran.



Aucun overscan n'a été détecté lors de nos essais : l'image est restituée en 1:1 pixel, sans recadrage parasite venant grignoter les bords du cadre source. C'est un point important pour l'exploitation en jeu vidéo comme pour l'affichage d'interfaces avec incrustations en bordure d'écran.

Rappel des conditions de test. Nos mesures sont réalisées avec un spectrophotomètre JETI 1501 Hi-Res d'une précision spectrale de 2 nm, qui nous sert à établir un profil de correction permettant de réduire les erreurs inhérentes à notre colorimètre Klein K10-A, utilisé ensuite avec le logiciel Calman Professional. Les sondes sont orientées vers un écran blanc neutre à gain 1, ce qui nous permet de définir précisément les niveaux de luminance réellement produits par le projecteur et de calibrer l'image en fonction de ce que voit effectivement le spectateur assis en position de visionnage.

La mesure de la distribution spectrale confirme la nature laser tricolore de la source : trois pics étroits et bien séparés, centrés respectivement autour de 463 nm pour le bleu, 530 nm pour le vert et 645 nm pour le rouge. Cette pureté spectrale, typique des sources laser face à une lampe UHP ou une DEL, explique directement l'excellente couverture de gamut mesurée sur ce modèle : elle permet d'atteindre des primaires très saturées, proches des sommets théoriques des espaces colorimétriques élargis comme le DCI-P3 ou le BT.2020. Elle est aussi, en creux, l'une des origines du speckle évoqué plus haut, la cohérence de la lumière laser favorisant les interférences responsables de ce grain optique.

Sur la couverture de gamut à 100 % de stimulus, nous relevons une couverture de 98,41 % de l'espace BT.2020 (98,45 % en 1976 u'v'), de 99,9 % du DCI-P3, et une couverture de 190,7 % de l'espace BT.709 (180,97 % en u'v'), preuve que le triplet laser RGB dépasse très largement les besoins d'un contenu SDR classique et se rapproche des standards utilisés en salle de cinéma numérique.
Sur la précision colorimétrique proprement dite, nos relevés en sortie de boîte, mode par mode, dessinent un tableau contrasté :







Les modes Standard, Vivide, Sport et Jeu privilégient sans surprise l'impact visuel à la fidélité, avec des ΔE2000 systématiquement supérieurs à 8, largement au-dessus du seuil de perceptibilité fixé à 2. C'est le mode Film, quelle que soit la température de couleur choisie (D65 ou « Film »), qui s'impose comme le réglage à privilégier dès la sortie de boîte pour qui recherche une image fidèle sans repasser par une phase de calibrage : les ΔE2000 descendent sous la barre des 3 sur le ColorChecker comme sur l'échelle de gris, un résultat remarquable pour un mode non calibré. Le calibrage complet, via Calman Professional, permet ensuite de resserrer encore l'écart pour atteindre un ΔE2000 moyen de 1,36 sur le ColorChecker et de seulement 0,65 sur l'échelle de gris, un score d'excellent niveau qui place l'Elfin Flip 4K parmi les projecteurs les plus dociles à calibrer de notre expérience récente.

La gestion du DTM fait globalement du bon travail pour éviter l'écrasement des hautes lumières, un point souvent plus problématique que la seule justesse colorimétrique sur ce type de contenu.

Sur la partie contraste, nos mesures affichent des rapports oscillant entre 1 606:1 et 1 901:1 selon les modes d'image en SDR, avec un score légèrement plus bas en sortie de calibrage (1 606:1) qu'en sortie de boîte, une conséquence logique et attendue de l'écrêtage du point noir et du point blanc lors de la phase de calibrage colorimétrique.
Pour donner un ordre de grandeur concret de la luminosité restituée, nous avons converti les valeurs de luminance mesurées en lumens équivalents pour un écran de 100 pouces de diagonale au format 16/9, à gain 1 (formule : lumens = luminance en cd/m² x π x surface de l'écran en m² ÷ gain, soit environ 2,76 m² de surface utile pour cette diagonale) :
Modes | Lumens |
| Standard | ≈ 823 lumens |
| Vivide / Couleurs vives | ≈ 974 lumens |
| Sport | ≈ 808 lumens |
| Jeu SDR | ≈ 812 lumens |
| Film — D65 | ≈ 817 lumens |
| Film — « Film » | ≈ 775 lumens |
| SDR après calibrage | ≈ 695 lumens |
Ces valeurs, obtenues sur mire et converties selon une formule théorique, restent naturellement inférieures aux 1 600 lumens ISO annoncés par XGIMI. La fiche technique du constructeur précise elle-même que ce chiffre est mesuré selon la norme ISO 21118 en mode Performance ou Haute Puissance, soit une configuration différente de nos modes de mesure orientés fidélité colorimétrique. Nous sommes donc allés vérifier concrètement ce qu'impliquait ce mode chez l'Elfin Flip 4K : dans les faits, les 1 600 lumens annoncés ne sont atteignables qu'en activant un mode Boost dédié, absent de nos mesures ci-dessus puisqu'il ne correspond à aucun usage cinéma raisonnable. Ce mode Boost présente en effet deux inconvénients rédhibitoires pour un usage home cinéma : il fait grimper le régime de la ventilation de refroidissement de façon nettement audible, ruinant d'un coup la discrétion sonore par ailleurs exemplaire de l'appareil (34,8 dB en usage normal, voir plus haut), et il introduit une dominante verte assez marquée sur l'image, la puce comme la source laser étant poussées hors de leur point de fonctionnement optimal pour extraire ce supplément de flux lumineux. Autant dire que ce mode Boost restera anecdotique pour l'immense majorité des utilisateurs.
Nous avons voulu isoler précisément ce qu'apporte, et ce que coûte, l'activation du contraste dynamique sur le mode Film D65, en comparant deux relevés strictement identiques par ailleurs, à l'exception de ce seul réglage.


Sur le plan du contraste, le gain est spectaculaire : le point blanc mesuré ne bouge quasiment pas (94,3 cd/m² sans contraste dynamique contre 95,12 cd/m² avec), mais le point noir s'effondre littéralement, passant de 0,05 à 0,01 cd/m². Le contraste calculé grimpe ainsi de 1 886:1 à 9 512:1, soit un facteur d'amélioration proche de 5x, un chiffre qui fait directement écho à l'argument commercial de XGIMI évoqué en début de test, qui promettait « jusqu'à 5 fois plus de contraste » grâce à sa nouvelle solution optique. Sur ce point précis, la mesure valide donc pleinement la promesse marketing.
Ce gain de contraste a cependant un revers important, que la seule fiche technique ne révèle jamais : la précision colorimétrique s'effondre dès que le DBLE est activé. Le ΔE2000 moyen sur le ColorChecker bondit de 2,06 à 24,34, soit presque douze fois plus d'erreur, avec un ΔE ITP moyen qui grimpe même de 5,02 à 66,19. L'échelle de gris est également touchée, dans une mesure plus modérée mais loin d'être anecdotique : le ΔE2000 moyen passe de 2,14 à 4,85, repassant ainsi au-dessus du seuil de perceptibilité. En observant la balance RVB, on constate que le canal rouge s'affaisse nettement plus fortement en haut de la plage de stimulus lorsque le DBLE est actif, un indice probable que l'algorithme de modulation dynamique du laser ne traite pas les trois couleurs de façon parfaitement homogène lorsqu'il ajuste la puissance de la source en fonction du contenu affiché à l'écran. Concrètement, cela signifie que le DBLE ne se contente pas d'assombrir le noir : il modifie aussi, de façon non négligeable, l'équilibre colorimétrique du reste de l'image, y compris sur des teintes qui n'ont rien à voir avec les zones sombres censées être visées par la fonction.
Notre recommandation est donc claire : pour un usage cinéma exigeant, en particulier après un calibrage, mieux vaut désactiver le contraste dynamique et se satisfaire du contraste natif déjà très correct de l'Elfin Flip 4K (1 886:1 en mode Film D65). Le DBLE peut en revanche se révéler utile ponctuellement, dans une pièce très sombre et sur un contenu à dominante obscure, pour qui privilégie la profondeur des noirs à la stricte fidélité des couleurs, sachant désormais précisément ce que ce compromis implique.
Au-delà des chiffres, c'est évidemment l'usage quotidien qui a le plus de poids dans notre jugement. Nous avons profité de la période de test pour enchaîner l'épisode 3 de la troisième saison de House of the Dragon ainsi que les premiers épisodes de la seconde saison de Criminal Record, deux productions très différentes dans leur direction artistique mais qui ont chacune permis de mettre l'Elfin Flip 4K à l'épreuve dans des conditions bien distinctes.

Sur House of the Dragon, dominé par des ambiances sombres, des scènes de nuit et des éclairages aux torches, le contraste mesuré en amont trouve une traduction concrète très convaincante : les basses lumières conservent du détail sans sombrer dans un noir bouché, et sans le voile grisâtre que l'on peut redouter sur des projecteurs moins bien maîtrisés en contraste natif. Le piqué, déjà souligné dans la partie technique, se confirme ici pleinement : les textures d'écailles et les décors de pierre du Donjon Rouge affichent un niveau de détail qui dément la taille modeste de la puce DMD utilisée. Nous avons délibérément laissé le contraste dynamique désactivé pour cette séance, conformément à notre recommandation technique, et le résultat s'est montré très convaincant sans qu'il soit nécessaire de sacrifier la justesse des teintes de peau ou des éclairages aux torches pour obtenir des noirs satisfaisants.
Criminal Record, avec sa photographie plus urbaine, contrastée et parfois délibérément désaturée, a permis d'apprécier la justesse du mode Film en sortie de boîte : les teintes de peau restent naturelles, sans dérive vers le rougeâtre ou le jaunâtre que l'on observe trop souvent sur des projecteurs non calibrés, confirmant à l'écran ce que nos mesures de ΔE2000 laissaient présager. Le confort de visionnage, y compris lors de sessions prolongées en soirée, a également profité de la discrétion sonore du projecteur, quasiment inaudible dans notre salle de test.


Nos images d'illustration, tirées de Dune Deuxième Partie, Star Trek : Premier Contact et Predator : Badlands, permettent également d'apprécier la polyvalence colorimétrique et dynamique de l'appareil sur des univers très contrastés, offrant ainsi un panorama représentatif des situations que rencontrera l'utilisateur au quotidien, et dans chacune de ces situations l'Elfin Flip 4K s'en sort avec les honneurs.


L'expérience de visionnage au long cours confirme largement ce que la mesure annonçait : un projecteur agréable à vivre, discret, précis colorimétriquement dans son mode Film, et suffisamment lumineux pour un usage salon en soirée.


L'Elfin Flip 4K coche toutes les cases que l'on est en droit d'attendre d'un projecteur semi-portable à moins de 1 000 €. Son image est piquée, sa colorimétrie très bien gérée dès la sortie de boîte en mode Film, sa discrétion de fonctionnement exemplaire, et son contraste flatteur pour la catégorie, un contraste que le mode dynamique peut même multiplier par cinq pour qui privilégie ponctuellement la profondeur des noirs, en toute connaissance de cause sur le compromis colorimétrique que cela implique. La gestion HDR par tone-mapping dynamique fait par ailleurs un travail solide pour préserver le détail dans les hautes lumières, et les 1 600 lumens ISO annoncés, s'ils ne concernent qu'un mode Boost anecdotique et bruyant, ne doivent pas faire oublier que les modes réellement exploitables au quotidien délivrent déjà une luminosité tout à fait suffisante pour un salon plongé dans la pénombre en soirée. Le seul véritable reproche que nous puissions formuler concerne la présence d'un léger speckle, un défaut inhérent à toute source laser RGB et qui reste, ici, très bien maîtrisé en comparaison d'autres modèles du marché.
Nous avons passé un excellent moment avec ce modèle, que ce soit devant l'épisode 3 de House of the Dragon ou en découvrant les premiers épisodes de la saison 2 de Criminal Record. Annoncé pour une commercialisation en France le 15 juillet 2026 au prix de 999 €, l'Elfin Flip 4K propose un rapport performance/prix exceptionnel. Je tiens aussi, en tant que calibreur professionnel, à souligner le travail sur la fidélité des couleurs dès la sortie de boîte, qui ne faiblit pas d'un modèle à l'autre chez XGIMI, et ce quel que soit le prix de l'appareil.

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XGIMI just keeps expanding its Elfin Flip lineup. The first model, released in 1080p, won over an audience seduced by its foldable design and built-in swing stand, but remained limited by a modest brightness of 400 ISO lumens. Two years later, the Chinese brand returns with the Elfin Flip 4K, an evolution that finally ticks the native-resolution box that many buyers were waiting for, achieved here via a pixel-shifting DLP chip paired with a tri-color RGB laser light source. Announced at €999, this compact unit aims to become the benchmark for semi-portable projectors under €1,000.
This market segment — compact laser projectors under €1,000 has become considerably more crowded in recent months: JmGO with its N3 (soon to be reviewed on our site), Hisense with its M2 Pro, and Epson with the EF-73. Faced with this growing competition, XGIMI could no longer simply rely on its folding form factor: a genuine technical step-up was needed to stay relevant, and that's exactly what this 4K iteration promises. We received it for a full review, probes in hand, to check whether the marketing promise holds up under measurement and several viewing sessions.
The Elfin Flip 4K is a semi-portable DLP projector (it has no battery and must stay plugged into the mains) built around a 0.39-inch DMD chip driven by XPR: the mechanism vibrates the micro-mirror array at very high frequency, shifting it by a fraction of a pixel across four successive positions so quickly that the human eye fuses these four sub-frames into a single 3,840 x 2,160-pixel image. Each micro-mirror thus successively displays four distinct pixels per frame. This technical trade-off produces an image very close to a native 4K panel, at a footprint and manufacturing cost well below those of a larger native 4K matrix.
The light source is a tri-color RGB laser module, backed by a dynamic contrast ratio rated at 20,000:1 (dynamic contrast enabled) and a brightness rating of 1,600 ISO lumens. XGIMI also claims factory-level color accuracy with a ΔE below 1, certified by an independent testing body (SGS), along with 99% coverage of the DCI-P3 color space and 110% of the BT.2020 gamut. We'll return to these figures in detail in the colorimetry section, where our own measurements provide additional context to these manufacturer values.
On the installation-flexibility side, the unit benefits from a 0.98–1.3:1 optical zoom, a rarity at this level of compactness and price, allowing images from 40 to 200 inches diagonal without the loss of sharpness associated with digital zoom (the brand nonetheless recommends a maximum of 150 inches). The interface runs on Google TV, replacing XGIMI's old proprietary OS and opening native access to the Play Store. Finally, on the gaming side, XGIMI highlights VRR and ALLM compatibility along with a very low advertised latency — something we obviously verified through measurement rather than taking the spec sheet at its word.
There is also a more affordable variant, the Elfin Flip Laser, announced at around €750: it uses the same tri-color laser module and the same advertised brightness of 1,600 ISO lumens, but is limited to Full HD via a smaller DMD chip (0.23 inch), replaces the optical zoom with a digital zoom, and claims a gaming latency of 20 ms at 1080p/60Hz. This positioning clarifies the Elfin Flip 4K's own proposition: it's the superior native resolution and the optical zoom that justify the price gap between the two models, while the light source and the installation intelligence remain shared across the whole lineup.
Unsurprisingly, XGIMI simply carries over the aesthetic language of the first Elfin Flip: a rectangular slab silhouette, measuring 254 x 78 x 245 mm for an announced weight of 1.55 kg, barely more than a compact laptop. The built-in swing stand, which doubles as both a foot and a carrying handle, pivots through 150 degrees. This range allows projection from a coffee table or nightstand just as easily as a ceiling shot fired directly from the floor, without any tripod or additional accessory. Once folded, the stand naturally protects the optical block during transport, a real plus for a unit designed to move from room to room. It remains possible to mount it on a standard tripod thanks to a screw thread under the base, for users who prefer a more traditional setup.
The onboard intelligence takes a leap forward with the fifth generation of the brand's image-adaptation system. A ToF sensor paired with a camera lets the projector handle focus, keystone correction, avoidance of obstacles on the projection wall (frames, switches, outlets, plants), automatic sizing to a screen's dimensions when the user has one, and chromatic compensation based on the color of the projection surface — all on its own. A presence sensor rounds things out by automatically dimming the light beam if someone walks in front of the lens, a welcome touch for family use.
Around back, connectivity remains reasonable for a unit of this size: two HDMI inputs, one of which supports eARC for sending audio to an amp or soundbar, two USB-A ports, Wi-Fi 6, and Bluetooth 5.2.

The backlit remote that comes with the unit stays simple: a central directional pad, direct shortcuts to major streaming platforms, a dedicated voice-control button, and quick controls for volume and standby. Nothing revolutionary, but the ergonomics are proven and require no adjustment period. The unit's overall finish, in matte anthracite plastic, stays consistent with the rest of the Elfin lineup and doesn't betray its price positioning: no excess play in the stand's hinges, an optical block that doesn't budge a millimeter once focus is set, and an assembly that inspires confidence for repeated nomadic use between rooms.
XGIMI has definitively closed the chapter on its old proprietary system in favor of Google TV, running its most recent version at the time of testing. The card-based interface is pleasant to browse and particularly responsive: content thumbnails load quickly, and navigation shows no lag behind remote button presses. Only the settings menu takes a little longer to appear on first access, before returning to normal fluidity afterward.

Netflix, Prime Video, YouTube, and most major SVOD platforms come preinstalled and functional straight out of the box, with no additional setup or third-party box required. The Play Store provides access to virtually any missing app, and Google Cast makes it easy to cast from an Android phone; iPhone owners, however, will have to do without, as no AirPlay-equivalent function is offered. A tab dedicated to the Gemini conversational assistant sits at the top of the home screen, but its usefulness remains limited given that the remote already has a dedicated voice-control button that does exactly the same job, without encroaching on the interface's visual space.
Voice search, for its part, works reliably for finding a movie or show by title, and then offers a comparison of which platforms carry the content — a handy feature to avoid blindly hopping between apps. The quick-settings menu, accessible via a long press on the remote, intelligently groups the functions used most often day to day (picture mode, focus, keystone correction, volume) without having to dive back into Google TV's deeper menus — a real time-saver for a unit that is, after all, meant to be moved and reconfigured regularly.
The basic settings cover the usual controls: brightness, contrast, saturation, sharpness; but it's the "Advanced Settings" menu that reveals the full ambition of this unit. There you'll find every tool needed for precise, rigorous calibration: choice of color space, gamma adjustment, 2-point and 11-point grayscale adjustments for fine-tuning the luminance curve, a 3-dimensional CMS across the gamut, and laser power control on a scale of 1 to 10, plus an additional Boost mode.

Five SDR picture modes are available: Standard, Film, Vivid, Game, and Sport. These modes naturally come in HDR versions as well.
A dedicated HDR DTM function also makes an appearance in Film mode. Dynamic Tone Mapping, for anyone unfamiliar with the concept, is a technology that adapts in real time how the projector handles the brightness information contained in HDR metadata. In practice, HDR content is encoded for brightness levels often far higher than what any projector, even a very bright one, can reproduce in a home theater setting. Without DTM, the projector applies a fixed tone curve that can lead to highlight clipping or lost shadow detail. With DTM active, the unit analyzes content scene by scene and dynamically adjusts the brightness curve to preserve both highlight detail and shadow richness, delivering a faithful, balanced HDR image regardless of the source content's brightness level.

For general video processing, the user has access to a motion-smoothing aid that can be tuned to personal tolerance, as well as a true cinema mode designed for reproducing 24p sources. On the gaming side, there's lag reduction, VRR support to eliminate screen tearing, ALLM for automatically switching to low-latency game mode when a console is connected, a selectable aiming reticle overlay for FPS titles, and various picture modes optimized by genre: action, RPG, sports, racing.

Sound meter in hand, we measured an operating noise level of 34.8 dB, compared to a residual room noise of 33.9 dB with the projector off. The difference is therefore barely 1 dB, placing the Elfin Flip 4K among the quietest models we've tested at this price point: the fan all but disappears, even during extended evening sessions in an otherwise silent room.


On the audio side, the projector houses a 7W Harman Kardon speaker with Dolby Audio certification. Dialogue comes through clear and intelligible, with enough clarity to follow a show effortlessly. Bass, however, remains logically limited by the size of the built-in enclosure — a shortcoming common to all compact projectors of this size. For an occasional movie night or daily streaming, the built-in speaker is more than enough; those craving a fuller sound will be tempted to route audio to an external bar or amp, which the rear HDMI eARC port conveniently allows.
Wattmeter connected directly, we measured a consumption of 57.7W with the laser set to maximum power (position 10). This figure is particularly flattering for a 4K laser projector of this brightness: it sits at the low end of the range observed on comparable models, confirming the efficiency of the RGB laser source paired with a small DMD chip — less power-hungry than a color-wheel-and-UHP-lamp setup, or even than certain monochromatic laser modules paired with a phosphor wheel.


Sharpness proves very good, and it's all the more surprising given that the projector relies on a small DMD chip (0.39 inch). The image shows a high perceived resolution, with fine-detail rendering that has nothing to envy in setups using larger chips. Proof of this image-processing know-how: the Elfin Flip 4K manages to correctly render the 4K interlaced color line test pattern, a demanding test that trips up many pixel-shifting projectors, particularly those fitted with 0.23- or 0.3-inch chips. The visual result therefore comes very close to a native 4K panel, without the moiré artifacts or blur one might fear from this type of optical solution.

Motion handling also delivers, even without enabling motion interpolation. The mode dedicated to faithfully reproducing 24p sources (modeled on a true cinema mode) preserves the natural look of 24 frames per second without judder or flicker, a point often neglected on projectors in this price segment that rely entirely on interpolation to mask imperfect native processing. Curiously, the three motion-smoothing levels on offer don't seem particularly effective, with the perceived difference between each setting remaining minimal.
We measured an input lag of 8.9 ms in Game mode on a UHD 60Hz source, once low-latency mode was enabled. That's an excellent real-world result, more than enough for casual console gaming as well as most competitive titles played outside of esports-grade conditions. Combined with the projector's VRR and ALLM functions, this makes it a real asset for gamers.

This is the only minor flaw identified on this model. Laser speckle, inherent to the coherence of light produced by this type of source, remains perceptible even on a neutral white screen, albeit lightly. We tested the issue on two technical screens dedicated to speckle reduction, a Lumene and a Celexon: the Lumene screen delivers the better result, with a noticeably less noticeable grain texture than the Celexon. This phenomenon nonetheless remains minor during normal viewing and doesn't spoil the experience in any way, except for viewers particularly sensitive to this type of artifact, generally those sitting very close to the screen.



No overscan was detected during our tests: the image is reproduced at a 1:1 pixel ratio, with no parasitic cropping eating into the edges of the source frame. This is an important point for gaming as well as for displaying interfaces with on-screen overlays near the edges.
Test conditions reminder. Our measurements are carried out with a JETI 1501 Hi-Res spectrophotometer with 2 nm spectral precision, which we use to build a correction profile that reduces the inherent errors of our Klein K10-A colorimeter, subsequently used with Calman Professional software. The probes are aimed at a neutral white screen at gain 1, which lets us precisely determine the luminance levels actually produced by the projector and calibrate the image based on what the viewer, seated in the viewing position, actually sees.

Measuring the spectral distribution confirms the tri-color laser nature of the source: three narrow, well-separated peaks, centered respectively around 463 nm for blue, 530 nm for green, and 645 nm for red. This spectral purity, typical of laser sources compared to a UHP lamp or LED, directly explains the excellent gamut coverage measured on this model: it allows for very saturated primaries, close to the theoretical vertices of wide color spaces such as DCI-P3 or BT.2020. It is also, conversely, one of the sources of the speckle mentioned above, as the coherence of laser light favors the interference responsible for this optical grain.

At 100% stimulus, we recorded coverage of 98.41% of the BT.2020 space (98.45% in 1976 u'v'), 99.9% of DCI-P3, and 190.7% coverage of the BT.709 space (180.97% in u'v'), proof that the RGB laser triplet far exceeds the needs of standard SDR content and approaches the standards used in digital cinema.
On color accuracy itself, our out-of-the-box readings, mode by mode, paint a contrasted picture:







The Standard, Vivid, Sport, and Game modes unsurprisingly favor visual impact over accuracy, with ΔE2000 values consistently above 8, well beyond the perceptibility threshold set at 2. It's Film mode, regardless of the color temperature chosen (D65 or "Film"), that stands out as the setting to favor straight out of the box for anyone seeking a faithful image without going through a calibration phase: ΔE2000 drops below 3 on both ColorChecker and grayscale, a remarkable result for an uncalibrated mode. Full calibration, via Calman Professional, then tightens the gap further to reach an average ΔE2000 of 1.36 on the ColorChecker and just 0.65 on grayscale — an excellent score that places the Elfin Flip 4K among the most cooperative projectors to calibrate in our recent experience.

DTM management overall does a good job of avoiding highlight clipping, a point that is often more problematic than color accuracy alone with this type of content.

On contrast, our measurements show ratios ranging from 1,606:1 to 1,901:1 depending on the SDR picture mode, with a slightly lower score after calibration (1,606:1) than out of the box a logical, expected consequence of clipping the black and white points during the color-calibration phase.
To give a concrete sense of the brightness delivered, we converted the measured luminance values into equivalent lumens for a 100-inch diagonal, 16:9 screen at gain 1 (formula: lumens = luminance in cd/m² x π x screen area in m² ÷ gain, or roughly 2.76 m² of usable surface for this diagonal):
| Modes | Lumens |
| Standard | ≈ 823 lumens |
| Vivid | ≈ 974 lumens |
| Sport | ≈ 808 lumens |
| Game (SDR) | ≈ 812 lumens |
| Film — D65 | ≈ 817 lumens |
| Film — "Film" | ≈ 775 lumens |
| SDR after calibration | ≈ 695 lumens |
These values, obtained on a test pattern and converted using a theoretical formula, naturally come in below the 1,600 ISO lumens claimed by XGIMI. The manufacturer's spec sheet itself states that this figure is measured according to the ISO 21118 standard in Performance or High-Power mode — a different configuration from our measurement modes, which are geared toward color accuracy. So we went and checked exactly what that mode actually involves on the Elfin Flip 4K: in reality, the claimed 1,600 lumens are only reachable by enabling a dedicated Boost mode, absent from our measurements above since it doesn't correspond to any reasonable home-theater use. This Boost mode brings two deal-breaking downsides for home-theater use: it noticeably ramps up the cooling fan speed, instantly ruining the unit's otherwise exemplary sound discretion (34.8 dB in normal use, see above), and it introduces a fairly pronounced green tint to the image, as both the chip and the laser source are pushed outside their optimal operating point to extract this extra light output. Suffice it to say this Boost mode will remain anecdotal for the vast majority of users.
We wanted to precisely isolate what enabling dynamic contrast (DBLE) gains, and costs, on Film D65 mode, by comparing two otherwise strictly identical readings, differing only in this one setting.


On the contrast side, the gain is spectacular: the measured white point barely moves (94.3 cd/m² without DBLE versus 95.12 cd/m² with it), but the black point collapses outright, dropping from 0.05 to 0.01 cd/m². Calculated contrast thus jumps from 1,886:1 to 9,512:1 — a nearly 5x improvement factor, a figure that directly echoes the marketing claim from XGIMI mentioned at the start of this review, which promised "up to 5 times more contrast" thanks to its new optical solution. On this specific point, measurement fully validates the marketing promise.
This contrast gain, however, comes with a significant trade-off that the spec sheet alone never reveals: color accuracy collapses as soon as DBLE is enabled. Average ΔE2000 on the ColorChecker jumps from 2.06 to 24.34, nearly twelve times more error with average ΔE ITP climbing all the way from 5.02 to 66.19. Grayscale is affected too, to a more moderate but still far from negligible degree: average ΔE2000 goes from 2.14 to 4.85, pushing it back above the perceptibility threshold. Looking at the RGB balance, we can see the red channel sag noticeably more at the top of the stimulus range when DBLE is active a likely sign that the laser's dynamic modulation algorithm doesn't treat the three colors perfectly evenly when adjusting source power based on on-screen content. In practical terms, this means DBLE doesn't just deepen black levels: it also meaningfully shifts the color balance of the rest of the image, including on hues that have nothing to do with the dark areas the feature is meant to target.
Our recommendation is therefore clear: for demanding home-theater use, especially after calibration, it's better to disable dynamic contrast and settle for the Elfin Flip 4K's already-solid native contrast (1,886:1 in Film D65 mode). DBLE can, however, prove useful occasionally, in a very dark room with predominantly dark content, for anyone who prioritizes black depth over strict color accuracy — now knowing exactly what that trade-off involves.
Beyond the numbers, it's obviously day-to-day use that carries the most weight in our judgment. We spent the test period working through episode 3 of House of the Dragon's third season, as well as the first episodes of Criminal Record's second season — two very different productions in their artistic direction, but each one put the Elfin Flip 4K through its paces under quite distinct conditions.

On House of the Dragon, dominated by dark atmospheres, night scenes, and torchlit lighting, the contrast measured earlier translates into a genuinely convincing real-world result: shadow detail holds up without collapsing into crushed black, and without the grayish veil one might fear from projectors less well controlled in native contrast. The sharpness, already highlighted in the technical section, is fully confirmed here: the scale textures and the stonework of the Red Keep display a level of detail that belies the modest size of the DMD chip used. We deliberately left dynamic contrast disabled for this session, in line with our technical recommendation, and the result proved very convincing without needing to sacrifice skin-tone accuracy or torchlight fidelity to achieve satisfying blacks.
Criminal Record, with its more urban, contrasted, and at times deliberately desaturated cinematography, allowed us to appreciate the accuracy of Film mode straight out of the box: skin tones stay natural, without drifting toward red or yellow as is too often seen on uncalibrated projectors, confirming on screen what our ΔE2000 measurements had suggested. Viewing comfort, including during extended evening sessions, also benefited from the projector's sound discretion, which was virtually inaudible in our test room.


Our illustration images, taken from Dune: Part Two, Star Trek: First Contact, and Predator: Badlands, also help showcase the unit's colorimetric and dynamic versatility across highly contrasted worlds, offering a representative panorama of the situations everyday users will encounter and in every one of these situations, the Elfin Flip 4K comes through with flying colors.


The long-term viewing experience largely confirms what the measurements suggested: a pleasant, discreet projector, colorimetrically accurate in its Film mode, and bright enough for evening living-room use.


The Elfin Flip 4K ticks every box one is entitled to expect from a semi-portable projector under €1,000. Its image is sharp, its colorimetry very well handled straight out of the box in Film mode, its operating discretion exemplary, and its contrast flattering for the category — a contrast that dynamic mode can even multiply by five for anyone who occasionally prioritizes black depth, fully aware of the color trade-off this involves. HDR management via dynamic tone mapping also does solid work preserving highlight detail, and the claimed 1,600 ISO lumens even though they only apply to an anecdotal, noisy Boost mode shouldn't overshadow the fact that the modes actually usable day to day already deliver plenty of brightness for a living room lit only by evening dimness. The only genuine criticism we can level concerns the presence of slight speckle, a flaw inherent to any RGB laser source, and one that remains, here, very well controlled compared to other models on the market.
We had an excellent time with this unit, whether in front of episode 3 of House of the Dragon or discovering the first episodes of Criminal Record's second season. Announced for a European release the 15th july 2026 at €999, the Elfin Flip 4K offers an exceptional performance-to-price ratio. As a professional calibrator, I'd also like to highlight the color-accuracy work straight out of the box, which doesn't waver from one XGIMI model to the next, regardless of the unit's price.

Final score: 5/5
20 Commentaire(s)
Thank you sir for an excellent, honest review as always. I had pre-ordered the Elfin 4K but awaited your review, and now I consider it safe to purchase. All the best from a happy Londoner.
Merci pour ta confiance 😊.
Thanks for the review. As for a direct comparison with the Hisense M2 Pro, which do you think is better? Which one is better in terms of maximum brightness with calibrated colors?
Avantage au Hisense : luminosité, support dolby vision
Avantage au Xgimi : contraste, couleurs en sortie de boîte
Merci pour ce test détaillé. Est-ce que tu as aussi prévu de tester le Xgimi Mira, qui est sorti en même temps que l’Elfin 4K ?
Bonjour, oui il est dans mon planning de tests de cet été.
Merci pour ce test indépendant de qualité et avant même la sortie officielle !
C’est très rassurant pour les acheteurs que nous sommes.
Peux tu nous donner la référence de l’écran lumene a réduction de speckle dont tu parles ? Merci !
C’est celui-ci mais c’est une toile prévue pour les UST à l’origine, mieux vaut partir sur un écran blanc avec l’elfin 4k.
https://www.mondoprojos.fr/2026/05/13/test-lumene-eden-extra-bright-ust/
Merci pour ce test avant sortie!
Pour une utilisation principalement Ciné/Netflix, avec écran blanc standard et pièce dédiée sombre (murs gris pas noirs), est-ce que la différence de prix se ressent/vaut la diff entre un Hisense C2 Pro et ce XGimi Elfin Flip 4K niveau qualité d’image/luminosité/contraste, ou le manque de Dolby Vision?
Merci pour le test de ce produit très séduisant ( tant par son esthétique que par ses performances)
J’attends juste votre test sur le JMGO N3 4K pour faire mon choix
Cependant j’aime beaucoup le sérieux des produits XGIMI
Bon petit projecteur !
Mais je m’attendais a plus de patate dans la luminosité ! (Pas de quoi remplacer mon jmgo N1S 4K que j’aime toujours autant )
A voir maintenant le Jmgo N3 4K qui sera son principal concurent !
Bonjour,
J’ai un Xgimi Aura ( premier du nom) et je me demande si je ne devrais pas partir sur ce projecteur.
Je n’aimerais pas perdre d’argent j’arriverais en revendant ce-dernier à partir sur celui-ci. Mais est-ce une bonne idée? Ce qui m’énerve j’ai un écran ust fixe du coup il faudrait aussi le vendre.
En terme de luminosité / contraste le Aura est bien meilleur d’après vos tests? ( l’audio je me fous de la qualité ayant un système Samsung ).
Ce qui me gêne actuellement c’est que le aura ne se transporte pas du tout et aucun réglage automatique ( du coup si il faut le déplacer, il faut jouer avec les réglages pour bien caler l’image c’est assez galère).
La qualité de ce xgimi même décalé par rapport au centre d’un écran ce serait équivalent à un Aura placé parfaitement?
Ce serait principalement pour ma cave dans le « noir » petite lumière d’ambiance. Ce flop 4k serait suffisant en terme de luminosité?
Merci pour vos retours! Je me pose trop de questions peut être…
Bonjour Greg, je t’ai acheté un Formovie s5 il y a quelques années, dis moi si tu revends le xgimi ca peux m’intéresser, merci
Bonjour Christophe, il est déjà reparti chez Xgimi désolé.
Bonjour, j’ai une question, si on le compare au formovie Xming v1 ultra 4k (natif), lequel est le mieux sur les points : netteté d’image, puissance et qualité sonore, bruit de fonctionnement, luminosité. J’ai une grande hésitation entre les deux car je préfère avoir une résolution 4k natif qu’une « triche » avec une puce DMD, d’un autre côté la luminosité est importante et je me demande si elle est suffisante sur le xming v1 ultra sous réserve de projeter sur une surface de moins de 100″ (85″ dans mon cas). Pour la question de la qualité sonore, je suppose que le xming v1 ultra est mieux mais n’ayant testé aucun des deux dans la réalité, j’aimerais avoir l’avis du testeur qui, lui, saura parfaitement répondre à mes interrogations, merci beaucoup !
Je viens de le recevoir et pour l’instant je suis très agréablement surpris.
L’effet arc en ciel est imperceptible.
La qualité d’image est excellente. Sur mon écran 100 pouces je ne vois pas de différence perceptible avec le horizon 20 pro que j’ai renvoyé a cause de son ratio de projection qui ne convenait pas a mon installation.
Certes il est moins lumineux mais en environnement sombre je ne trouve pas ça gênant.
Seul petit défaut en effet le speckle qui est visible. Je vais passer a une toile 90 pouces blanche tensionnée pour réduire le problème.
Merci pour le test qui m’aura bien aiguillé!
Merci pour ton retour Cactus.
Cactus, je suppose que tu es aussi sensible aux effets arc en ciel si tu fais mention de ce point.
Je le suis assez fortement, penses-tu que ce projecteur pourrait me convenir ?
Merci
Schneidy, je suis en effet sensible à l’AEC et là vraiment je ne suis pas du tout gêné. Je le trouve encore moins visible que sur mon précédent Horizon 20 pro.
Seul le speckle est bien visible et peut donner un côté artificiel à l’image. Mais ça reste léger et uniquement perceptible sur certaines scènes.
Merci pour ton retour Cactus !