Le marché des écrans techniques motorisés à déploiement vertical depuis le sol est devenu l’un des segments les plus dynamiques de la vidéoprojection domestique. L’arrivée massive des vidéoprojecteurs ultra courte focale a profondément modifié les attentes des utilisateurs : l’écran n’est plus seulement un support neutre, mais un véritable composant optique chargé d’optimiser contraste, luminosité et lisibilité en environnement de vie réel.
Dans ce contexte, les écrans motorisés qui se déploient depuis le sol occupent une place particulière puisqu’ils doivent conjuguer performances optiques, discrétion esthétique et fiabilité mécanique. Le Lumene Eden Extra Bright UST se positionne précisément sur ce créneau premium. Son ambition est claire : proposer une alternative haut de gamme aux références déjà bien installées comme le Celexon HomeCinema Plus CLR, tout en apportant une réponse potentiellement mieux adaptée aux contraintes spécifiques des projecteurs triple laser modernes.
Après plusieurs semaines d’utilisation et de mesures comparatives, voici mon analyse complète de cet écran technique motorisé. La version testée est un modèle 240C d'une diagonale de 100 pouces et commercialisée au tarif de 2699€ chez Son-Vidéo.
Avant même d’aborder les mesures et impressions terrain, un constat s’impose à la lecture croisée des caractéristiques constructeur : Lumene Eden Extra Bright UST et Celexon HomeCinema Plus partagent une base matérielle extrêmement proche.

Déploiement depuis le sol, ouverture automatique du capot, système de tension latérale, structure en acier laqué, pieds réglables et architecture générale relèvent manifestement d’une même logique industrielle.

Le Lumene met en avant une toile ALR exclusivement destinée aux projecteurs ultra courte focale, avec une communication constructeur axée sur une meilleure efficacité lumineuse perçue en environnement ambiant par rapport à une projection sur surface classique non optimisée. Ses caractéristiques annoncées incluent un gain de 0,5, une directivité de 140°, l’absence de point de brillance, un traitement anti-jaunissement, antipoussière et anti-gondolement, un dos noir occultant ainsi qu’un système de blocage automatique.

Le constructeur insiste également sur la finesse du carter, la présence de quatre pieds réglables permettant d’ajuster l’angle de projection vers l’avant ou l’arrière, ainsi que sur la possibilité de fixation murale ou derrière un meuble.
De son côté, le Celexon HomeCinema Plus annonce lui aussi une architecture électrique déployable depuis le sol avec mécanisme d’ouverture automatique du capot et système de tension par câbles. La principale différence concerne l’utilisation d’une toile propriétaire Black Grid CLR à structure lenticulaire, spécifiquement conçue pour les projecteurs UST.
Le gain annoncé est également de 0,5, avec un angle de vision communiqué à plus de 170°. Celexon met particulièrement en avant un meilleur contraste perçu, des noirs renforcés ainsi qu’un effet de punch lumineux supérieur grâce à sa microstructure CLR.
Cette lecture des spécifications montre immédiatement qu’il ne s’agit pas ici d’un duel entre deux écrans réellement différents sur le plan mécanique, mais bien d’une confrontation entre deux philosophies de toile.
Dès la sortie du carton, le Lumene Eden Extra Bright UST donne immédiatement une impression de sérieux rarement observée sur cette catégorie de produits. Le caisson affiche une finition homogène, dense et rassurante, avec une sensation générale de produit abouti.

L’un des points les plus intéressants de cette conception réside dans la cohérence entre structure externe et structure interne. Le cadre conserve la même identité visuelle à l’intérieur comme à l’extérieur, ce qui donne au produit une vraie continuité esthétique. Ce choix participe à la perception qualitative globale et évite l’impression parfois observée sur certains modèles de découvrir une structure interne moins valorisante une fois l’écran déployé.

Sur le plan mécanique, la rigidité du châssis est excellente. Le caisson paraît dense, bien assemblé et correctement dimensionné pour protéger l’ensemble de la structure mobile. Les ajustements sont précis, les lignes sont nettes et aucun jeu mécanique parasite n’apparaît lors de la manipulation.

Une fois fermé, l’écran est entièrement enfermé dans son châssis sans élément disgracieux apparent, ce qui facilite grandement son intégration dans une pièce de vie.
Face au Celexon HomeCinema Plus, impossible toutefois de départager objectivement les deux produits sur les aspects mécaniques et structurels. Architecture du châssis, implantation interne, rigidité générale, qualité d’assemblage, intégration globale et même positionnement des connectiques relèvent quasiment du copier-coller industriel.

En clair, qualité de fabrication et assemblage ne constituent pas des critères de différenciation pertinents entre ces deux modèles.
Le système motorisé du Lumene Eden Extra Bright UST offre une expérience d’utilisation particulièrement satisfaisante. Le déploiement de la toile s’effectue avec fluidité et sans à-coups perceptibles.
La montée est progressive, régulière et relativement silencieuse. Le niveau sonore reste discret, ce qui participe au confort d’utilisation dans une installation salon.

La barre de tension conserve une bonne stabilité tout au long de la montée. Même en fin de course, les oscillations restent contenues et le guidage paraît maîtrisé. Une fois déployée, la surface présente une planéité satisfaisante et une bonne tenue structurelle.
Le système de fermeture est tout aussi propre, avec une descente sans brutalité et une réintégration parfaitement maîtrisée dans le caisson.

Là encore, aucune différence réellement significative n’apparaît face au Celexon HomeCinema Plus. Motorisation, vitesse de déploiement, stabilité, comportement de montée et descente ainsi que niveau sonore sont extrêmement proches.
Les sensations d’utilisation sont pratiquement identiques, confirmant l’impression d’une plateforme matérielle commune.
Le Celexon HomeCinema Plus repose sur une toile technique CLR (Ceiling Light Rejecting). Ce type de surface utilise une microstructure en dents de scie destinée à réfléchir préférentiellement la lumière provenant du bas, celle du projecteur UST, tout en absorbant ou déviant la lumière incidente venant principalement du plafond.
Cette architecture très directive est particulièrement efficace dans les salons où l’éclairage plafond ou les réflexions hautes sont difficiles à maîtriser.
Sur le papier, cette approche favorise un contraste perçu élevé et des noirs plus convaincants qu’une toile blanche traditionnelle. En contrepartie, cette directivité plus marquée peut accentuer certains artefacts optiques, notamment le speckle avec les projecteurs triple laser RGB.
Le Lumene Eden Extra Bright UST adopte quant à lui une approche ALR plus équilibrée. Lumene annonce un gain de 0,5, une restitution colorimétrique de 99 %, un rejet lumineux supérieur ou égal à 88 % ainsi qu’une directivité de 140°.
Le choix d’un gain modéré de 0,5 est cohérent avec la philosophie de cette toile. Contrairement à des surfaces cherchant à maximiser la luminance brute, Lumene privilégie ici une structure plus absorbante destinée à améliorer contraste perçu, homogénéité et contrôle des réflexions parasites.
En vulgarisant, la différence fondamentale entre les deux modèles est simple : mécaniquement, ces deux écrans sont pratiquement identiques et seule la toile constitue un véritable élément différenciant.
La toile Celexon privilégie avant tout performance de rejet vertical et contraste en environnement lumineux, tandis que la toile Lumene recherche un compromis plus équilibré entre rejet lumineux, homogénéité et compatibilité avec les nouvelles sources triple laser.
Les fiches techniques des deux fabricants pourraient laisser penser à des comportements différents. Lumene communique sur une directivité de 140°, tandis que Celexon annonce un angle de vision supérieur à 170°.
Dans les faits, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence.
Mes observations terrain montrent une réalité beaucoup plus simple : l’angle de vision perçu est pratiquement identique entre les deux modèles. Lors des comparaisons latérales, aucune différence réellement significative n’apparaît.
La baisse progressive de luminosité hors axe reste comparable, tout comme la conservation du contraste.
Malgré des valeurs annoncées différentes, l’angle de vision ne constitue donc pas un critère discriminant entre ces deux modèles. En conditions réelles d’utilisation, Lumene et Celexon délivrent un comportement très proche sur ce point.
Le choix entre les deux références devra donc se faire presque exclusivement sur les caractéristiques optiques propres à leur toile respective.
La comparaison instrumentale a été réalisée à partir d’une image calibrée issue d’un AWOL Aetherion, projetée dans un premier temps sur un écran blanc à comportement lambertien, puis sur le Lumene Eden Extra Bright UST sans modifier les réglages du projecteur.
Cette méthodologie permet d’isoler précisément l’impact optique de la toile.
Sur l’écran blanc, le pic lumineux maximal mesuré atteint 146,62 cd/m². Une fois la même image projetée sur la toile Lumene, la valeur maximale redescend à 97,12 cd/m².


Le calcul donne donc un gain réel mesuré d’environ 0,66, soit un résultat relativement proche du gain constructeur annoncé à 0,5.
Il convient ici de distinguer gain nominal et pic de gain. Le gain nominal correspond à la capacité moyenne d’une toile à réfléchir la lumière par rapport à une surface blanche de référence dite lambertienne, dont le gain théorique est fixé à 1.
Une toile donnée pour 0,5 renvoie donc globalement environ deux fois moins de lumière qu’une toile blanche classique.
Le pic de gain désigne quant à lui la valeur maximale observée dans l’axe optimal de réflexion. Une toile technique étant directionnelle, certaines zones ou angles de mesure peuvent ponctuellement produire une luminance supérieure au gain moyen annoncé.
Cela explique pourquoi une toile donnée pour 0,5 peut ici afficher une valeur mesurée à 0,66 sans contradiction avec les spécifications constructeur.
Comme souvent avec les toiles techniques à structure directionnelle, l’optimisation optique ne s’obtient pas sans compromis.
Les mesures montrent que la toile Lumene exerce une influence plus marquée sur l’équilibre de l’échelle de gris que le Celexon HomeCinema Plus. La balance RVB présente des écarts plus visibles, notamment dans certaines portions intermédiaires du signal.

Le gamma est lui aussi davantage impacté. La courbe Gamma se retrouve modifiée.
Ces dérives restent néanmoins parfaitement gérables via calibrage. Les utilisateurs les plus exigeants auront intérêt à recalibrer leur projecteur pour exploiter pleinement le potentiel de la toile.
Le Celexon conserve ici un léger avantage en neutralité pure.
La question du speckle est devenue centrale avec l’arrivée des projecteurs triple laser RGB.
Ces machines offrent aujourd’hui des performances lumineuses et colorimétriques impressionnantes, mais elles s’accompagnent parfois d’un défaut visuel agaçant : une texture granuleuse scintillante visible sur certaines zones uniformes.
Ce phénomène dépend fortement de l’interaction entre source laser et structure microscopique de la toile.
C’est précisément sur ce point que le Celexon HomeCinema Plus montre ses limites. Sa structure CLR très directive optimise remarquablement le rejet de lumière plafond, mais peut accentuer la perception du speckle avec certaines sources triple laser.
Le Lumene Eden Extra Bright UST se montre ici nettement plus convaincant. Sa toile ALR semble mieux contrôler ce phénomène, sans toutefois le faire complètement disparaître.

Pour les utilisateurs équipés de modèles triple laser purs comme AWOL, Hisense ou autres références triple laser RGB, cet avantage peut constituer un critère de choix.
Néanmoins avec un projecteur triple laser à ultra courte focale, la solution pour avoir le niveau de speckle le plus réduit reste la toile blanche classique.
Au-delà des mesures instrumentales et des considérations purement techniques, c’est évidemment sur le terrain que le Lumene Eden Extra Bright UST doit convaincre. Afin d’évaluer concrètement son comportement, j’ai réalisé plusieurs comparaisons visuelles à partir d’un AWOL Aetherion, vidéoprojecteur ultra courte focale triple laser RGB, en alternant projection sur une toile blanche de référence à comportement lambertien puis sur la toile technique Lumene.
Face à l’écran blanc, l’image délivrée par l’AWOL Aetherion conserve logiquement un niveau de luminosité plus élevé, avec une restitution globalement plus éclatante sur les scènes fortement lumineuses. Les hautes lumières bénéficient d’un impact visuel immédiat et l’image paraît plus ouverte, notamment sur les contenus HDR riches en pics lumineux. Cette sensation de puissance lumineuse brute reste l’un des avantages naturels d’une surface blanche classique à gain neutre.

Le passage sur la toile Lumene Eden Extra Bright UST modifie sensiblement le rendu global, avec une approche clairement plus orientée vers le contrôle de l’image. La première évolution perceptible concerne immédiatement le niveau de noir et le contraste intra-image. Les noirs gagnent visiblement en profondeur, les scènes sombres récupèrent davantage de densité et les transitions lumineuses paraissent plus maîtrisées. Cette amélioration est particulièrement perceptible dans une pièce de vie où les réflexions parasites et la pollution lumineuse ambiante ont naturellement tendance à dégrader le contraste sur une toile blanche traditionnelle.

Sur les scènes lumineuses, la baisse de luminance mesurée se traduit bien par une légère perte d’impact brut par rapport à l’écran blanc, mais cette réduction est largement compensée par une image globalement plus équilibrée et plus lisible dans des conditions réelles d’utilisation salon. La toile Lumene agit ici comme un véritable filtre optique qui discipline la lumière et améliore la tenue générale de l’image.

Les extraits de Predator: Badlands illustrent particulièrement bien ce comportement. Les scènes nocturnes ou faiblement éclairées profitent d’une bien meilleure séparation des plans, avec des noirs plus stables et une image qui conserve davantage de relief. Les textures métalliques, les zones d’ombre et les éclairages ponctuels gagnent en lisibilité sans provoquer de surexposition parasite.

Sur Dune: Part Two, le comportement de la toile Eden se montre tout aussi convaincant, mais pour des raisons différentes. Les vastes scènes désertiques et les plans riches en textures sableuses permettent d’observer la capacité de la toile à conserver une excellente homogénéité de diffusion. Malgré la nature triple laser de l’AWOL Aetherion, la structure ALR du Lumene contrôle mieux le speckle.


Ce point mérite d’être particulièrement souligné : avec un projecteur triple laser RGB comme l’AWOL Aetherion, la réduction du speckle offerte par le Lumene constitue immédiatement un gain qualitatif perceptible. Là où certaines toiles techniques peuvent introduire une texture lumineuse artificielle sur les zones uniformes, le Lumene conserve une image plus reposante.
Le Lumene Eden Extra Bright UST reprend une base matérielle éprouvée déjà observée sur le Celexon HomeCinema Plus, avec un positionnement qui repose essentiellement sur une proposition de toile différente.
Sur les aspects mécaniques, Lumene et Celexon jouent clairement à armes égales. Qualité de fabrication, assemblage, architecture du caisson, intégration de la toile, motorisation et implantation des connectiques sont pratiquement identiques.
Au final, il ne s’agit pas de choisir entre deux écrans différents, mais bien entre deux traitements optiques distincts appliqués à une base mécanique quasiment identique.
Le Celexon reste une excellente référence pour les utilisateurs recherchant prioritairement une toile CLR performante, plus neutre en colorimétrie, plus lumineuse et particulièrement efficace pour maximiser contraste et rejet de lumière plafond.
Le Lumene choisit une approche différente avec une toile ALR plus orientée polyvalence, acceptant un impact plus marqué sur gamma et échelle de gris, mais offrant en contrepartie une réduction plus sensible du speckle.
C’est précisément sur ce point que le Lumene prend un avantage particulièrement clair face au Celexon.
Oui, la toile Lumene est plus chère que celle du Celexon. Mais ce surcoût trouve ici une justification technique tangible : pour les utilisateurs de projecteurs triple laser souhaitant concilier intégration salon, maîtrise du speckle et comportement optique plus tolérant avec les sources RGB laser, le Lumene Eden Extra Bright UST apparaît aujourd’hui comme une alternative plus pertinente.

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1 Commentaire(s)
Le choix de la toile est bien souvent crucial vis à vis de l’environnement et des caractéristiques du vidéoprojecteur.
En salon, l’UST a de sacrés avantages et un écran ALR/CLR approprié est vraiment un plus. La caractéristique essentiel étant pour celui ci, la bonne gestion du « fameux » Speckle des TriLasers RVB.
Franchement, savoir que le LUMENE le gère bien est vraiment un plus, outre sa gestion qualitative de la lumière.