Le marché des écrans de projection connaît depuis quelques années une évolution comparable à celle des vidéoprojecteurs. Alors que les toiles techniques ALR (Ambient Light Rejecting) occupent une place croissante, notamment avec l’essor des vidéoprojecteurs à ultra courte focale (UST), les écrans blancs traditionnels conservent tout leur intérêt. Ils restent la solution offrant la meilleure neutralité colorimétrique, l’angle de vision le plus large et le coût de fabrication le plus faible. Associés à un vidéoprojecteur triple laser pur, ils constituent également l’une des réponses les plus efficaces pour réduire la perception du speckle.
Dans le même temps, les écrans motorisés à remontée depuis le sol, également appelés Floor Rising, séduisent un nombre croissant d’utilisateurs. Ils permettent de bénéficier d’une grande image sans fixation murale ou au plafond, un avantage particulièrement appréciable dans un salon où l’installation doit rester discrète une fois la séance terminée.
Le principal frein à leur démocratisation reste cependant leur prix. Les références proposées par Lumene, Celexon, Elite Screens ou Vividstorm dépassent fréquemment 1 500 €, voire nettement davantage lorsqu’elles sont équipées d’une toile technique destinée aux vidéoprojecteurs UST.
Avec son Matte White, Nothingprojector adopte une approche différente. Ici, pas de toile ALR complexe à fabriquer ni de traitement optique sophistiqué. Le constructeur fait le choix d’une toile blanche classique annoncée avec un gain de 1,3, intégrée dans un mécanisme motorisé à remontée depuis le sol, le tout commercialisé 799 € en version 100 pouces.

Le Nothingprojector Matte White est disponible en 100 et 120 pouces, deux diagonales qui couvrent la majorité des besoins en Home Cinéma domestique. La toile est réalisée en PVC blanc mat et accepte les signaux jusqu'en 4K et 8K, l'écran n'introduisant naturellement aucune limitation de résolution.

Le constructeur annonce un gain de 1,3, un angle de vision de 170° et une planéité pouvant atteindre 97 % grâce à un système de tension latérale (Tab-Tension). Cette conception vise à limiter l'apparition de vagues sur la toile tout en conservant une surface de projection aussi régulière que possible.
Compatible avec les vidéoprojecteurs longue focale, courte focale et ultra courte focale (UST), il repose sur une surface à réflexion diffuse qui contribue également à réduire la fatigue visuelle en évitant la réflexion spéculaire rencontrée sur certains matériaux plus brillants.
La motorisation est confiée à un moteur tubulaire à courant continu (DC) annoncé comme particulièrement silencieux. Nothing Projector met en avant un démarrage et un arrêt progressifs (Soft Start / Soft Stop), une protection contre la surchauffe ainsi qu'une compatibilité avec les différentes tensions électriques utilisées à travers le monde.

Le carter est constitué à plus de 90 % d'aluminium, choix qui permet d'améliorer sa rigidité tout en limitant son poids. Le constructeur annonce également une conception renforcée destinée à améliorer la stabilité de l'ensemble lors du déploiement de la toile.
Plusieurs méthodes de commande sont proposées. L'écran peut être piloté à l'aide de la télécommande radio fournie, mais également par commande vocale via Amazon Alexa ou Google Assistant. Il dispose également d'un déclenchement automatique par USB Trigger, permettant de synchroniser la montée et la descente de l'écran avec l'allumage ou l'extinction du vidéoprojecteur compatible.
Enfin, le Matte White mémorise la position d'ouverture souhaitée grâce à une fonction de mémoire de position, ce qui permet de retrouver automatiquement la hauteur d'image définie lors des utilisations précédentes.
| Fonctions | Valeurs |
|---|---|
| Diagonales | 100" / 120" |
| Format | 16/9 (compatible 4/3 et 1:1) |
| Toile | PVC blanc mat |
| Résolution maximale | Jusqu'à 8K |
| Gain annoncé | 1,3 |
| Angle de vision | 170° |
| Planéité | Jusqu'à 97 % (Tab-Tension) |
| Compatibilité | Longue focale, courte focale et UST |
| Protection visuelle | Réflexion diffuse |
| Motorisation | Moteur tubulaire DC ultra silencieux |
| Fonctions moteur | Soft Start / Soft Stop |
| Carter | Aluminium (>90 %) |
| Pilotage | Télécommande RF, Alexa, Google Assistant |
| Automatisation | USB Trigger |
| Mémoire de position | Oui |
Le Matte White est livré dans un emballage protecteur. Compte tenu de la longueur du carter, ce conditionnement limite les risques de déformation pendant le transport.
Le carter est réalisé en aluminium avec une finition sobre. La rigidité de l’ensemble est satisfaisante et, une fois installé, il reste stable pendant les phases de montée et de descente de la toile.
Le mécanisme de motorisation fonctionne de manière régulière et sans à-coups. Le déplacement est suffisamment progressif pour éviter les mouvements parasites de la toile tout en restant assez rapide à l’usage.
L’impression générale est celle d’un produit correctement fabriqué, même si certains choix de conception rappellent que le rapport qualité/prix constitue ici la priorité.
Lorsque la toile est complètement rentrée, la barre supérieure, solidaire de celle-ci, vient s’insérer directement dans l’ouverture située au sommet du carter. C’est donc cette pièce mobile qui assure la fermeture de l’ensemble.

Le principe est simple et limite le nombre de pièces mécaniques, ce qui participe à la maîtrise du coût de fabrication. En pratique, cette solution présente néanmoins une limite bien connue : son efficacité dépend de l’alignement parfait entre la barre et son logement.
Avec le temps, ou parfois même dès la sortie du carton, un léger décalage peut apparaître. Quelques millimètres suffisent alors pour laisser subsister un espace entre la barre et le carter. Cette ouverture n’a aucune incidence sur la qualité de projection, mais elle réduit l’étanchéité de l’écran lorsqu’il est replié. La poussière, de petits insectes ou d’autres particules peuvent pénétrer plus facilement dans le carter et se déposer progressivement sur la toile.

Lumene ou Celexon privilégient une approche différente, avec un véritable clapet articulé qui obture l’ouverture indépendamment de la position exacte de la barre. Cette conception est plus hermétique et visuellement plus aboutie, mais elle implique davantage de pièces mécaniques et un coût de fabrication supérieur.

Au regard du prix demandé par Nothingprojector, ce choix est compréhensible et explique en partie le tarif compétitif de l’écran. Il reste néanmoins important de le signaler, car il différencie clairement ce modèle des références plus onéreuses du marché.
Une toile blanche reste aujourd’hui la solution offrant le meilleur respect de la colorimétrie lorsqu’elle est associée à un vidéoprojecteur correctement calibré. Elle ne cherche ni à modifier artificiellement la perception du contraste ni à filtrer la lumière ambiante ; son rôle consiste à renvoyer vers le spectateur la lumière produite par le vidéoprojecteur avec le moins d’altération possible.
En contrepartie, elle dépend davantage des conditions de projection. Dans une pièce dédiée ou dans un salon correctement occulté, elle délivre une image naturelle. En présence d’un éclairage important, elle ne peut rivaliser avec une véritable toile ALR capable de limiter une partie de la lumière parasite.
Le Matte White doit donc être considéré pour ce qu’il est : un écran destiné en priorité aux utilisateurs qui regardent leurs films et leurs séries dans de bonnes conditions d’obscurité.
Le constructeur annonce un gain de 1,3. Cette valeur ne signifie pas que l’écran crée de la lumière supplémentaire : elle indique que la surface concentre une proportion plus importante de la lumière dans une direction privilégiée.
Une toile de référence utilisée pour les mesures colorimétriques possède généralement un gain de 1,0. Son comportement est qualifié de lambertien : elle diffuse la lumière de manière homogène dans toutes les directions. Avec un gain de 1,3, le Matte White renvoie un peu plus de lumière vers les spectateurs placés face à l’écran. À puissance égale du vidéoprojecteur, l’image paraît donc légèrement plus lumineuse.
Cette caractéristique peut être intéressante avec un appareil peu lumineux, une base d’image importante ou pour conserver davantage de réserve en HDR. Elle s’accompagne toutefois d’une diffusion un peu plus directionnelle. L’uniformité peut légèrement diminuer et certains couples écran-projecteur peuvent faire apparaître un point chaud (hot spot), c’est-à-dire une zone plus lumineuse au centre de l’image.
Avec un gain annoncé de 1,3, nous restons toutefois dans une valeur modérée, très éloignée des surfaces à fort gain où ces phénomènes deviennent beaucoup plus marqués. Par rapport à ma toile blanche de référence, le Matte White privilégie donc légèrement le rendement lumineux au détriment d’un comportement strictement lambertien, sans pour autant changer radicalement la nature de l’image.
Uniformité et texture de surface :
L’un des avantages des toiles blanches classiques est leur structure généralement très fine. Le Nothing Projector Matte White ne déroge pas à cette règle.
À distance normale de visionnage, aucune texture particulière ne vient perturber la perception de l’image. Les contenus UHD profitent de leur définition sans que la surface de projection ajoute un bruit visuel perceptible.
Cette finesse constitue un avantage par rapport à certaines toiles techniques dont les couches optiques peuvent laisser apparaître une microstructure à courte distance.
L’uniformité est satisfaisante. La surface ne présente pas de différence visible de teinte entre le centre et les bords et la diffusion reste assez homogène pour ne pas attirer l’attention pendant une séance. Cette neutralité participe directement au naturel de l’image.
Compatibilité avec les vidéoprojecteurs à focale classique :
C’est avec un vidéoprojecteur à focale classique que cette toile révèle le plus facilement ses qualités. La géométrie de projection est favorable et l’angle sous lequel la lumière atteint la surface reste modéré.
Dans cette configuration, le gain de 1,3 permet de récupérer un peu de luminance sans introduire de phénomène parasite particulièrement visible. Les utilisateurs de vidéoprojecteurs Home Cinéma installés au plafond ou placés derrière la zone d’écoute disposent ainsi d’une solution simple et polyvalente.
Cette compatibilité ne se limite à aucune technologie particulière. La toile peut accompagner aussi bien un projecteur DLP qu’un modèle 3LCD, LCoS, SXRD ou D-ILA. Elle ne privilégie pas une architecture d’image et conserve un comportement assez neutre avec une source à lampe, LED, laser phosphore ou triple laser RGB.
Avec les projecteurs à lampe, le léger supplément de luminance peut compenser en partie la baisse progressive de flux au fil des heures. Avec les modèles LED ou laser peu puissants, il aide à conserver une image suffisamment dynamique sur 100 pouces sans devoir utiliser en permanence le niveau lumineux maximal.
Les projecteurs laser à focale classique profitent également de cette surface, en particulier les modèles triple laser Lifestyle. Dans une pièce sombre, l’association permet de conserver une image lumineuse et naturelle tout en réduisant fortement la granularité laser, comme nous le verrons dans la partie consacrée au speckle.
Utilisation avec un vidéoprojecteur UST :
L’écran peut également être utilisé avec un vidéoprojecteur à ultra courte focale. Il convient toutefois de rappeler qu’une toile blanche classique ne remplace pas une toile ALR spécialement conçue pour ce type d’appareil.
Les vidéoprojecteurs UST projettent l’image depuis le bas sous un angle très prononcé. Les toiles ALR ou CLR utilisent une structure optique destinée à renvoyer cette lumière vers le spectateur tout en rejetant une partie de celle qui provient du plafond ou des fenêtres.
Le Nothingprojector matte white ne cherche pas à reproduire ce comportement. Dans une pièce éclairée, les noirs remontent et le contraste perçu diminue plus rapidement que sur une toile technique. En revanche, dans l’obscurité, il conserve plusieurs avantages : une colorimétrie plus neutre, une texture moins visible, un coût nettement inférieur et un angle de vision plus large que celui de nombreuses surfaces ALR.
Cet angle n’est pas absolument identique à celui d’une toile parfaitement lambertienne, conséquence logique du gain annoncé de 1,3, mais il reste largement supérieur à celui de la majorité des toiles techniques directionnelles et ne pénalise pas une installation Home Cinéma classique.
Si l’utilisation se déroule principalement dans une pièce obscure, le Matte White peut donc accompagner efficacement un vidéoprojecteur UST. En revanche, pour un usage fréquent en pleine journée ou dans un salon fortement éclairé, une toile ALR conservera un avantage très net en matière de contraste perçu.
Speckle : le principal avantage de cette toile blanche
Le comportement du Nothingprojector matte white avec les vidéoprojecteurs triple laser RGB constitue son argument technique le plus important.
Les sources triple laser pures peuvent produire un phénomène appelé speckle, ou granularité laser. Il se manifeste par une multitude de petits points scintillants, particulièrement visibles dans les aplats lumineux, les ciels clairs, les nuages, les visages ou les zones présentant une couleur uniforme. Son intensité varie selon le vidéoprojecteur, la sensibilité du spectateur, la distance de visionnage et, surtout, la toile utilisée.
Sur certaines toiles techniques, notamment les surfaces ALR destinées aux vidéoprojecteurs ultra courte focale, la structure optique et les traitements de surface peuvent accentuer ce phénomène. Une image relativement propre sur une toile blanche peut alors devenir beaucoup plus granuleuse sur une surface directionnelle.
Le speckle résulte de l’interférence de la lumière laser cohérente avec les micro-reliefs de la surface de projection. Une surface blanche mate, fine et fortement diffusante répartit cette lumière de manière plus homogène et réduit la visibilité des interférences. À l’inverse, une toile très directionnelle ou dotée d’une structure optique complexe peut renforcer localement ces interférences et rendre la granularité plus apparente.
Le matte white adopte une surface blanche classique dont la diffusion atténue fortement la perception du speckle. Avec les vidéoprojecteurs triple laser purs, qu’il s’agisse de modèles UST ou de projecteurs Lifestyle à focale plus conventionnelle, le résultat est particulièrement intéressant.
Cette différence est immédiatement perceptible avec les vidéoprojecteurs RGB les plus exposés au phénomène. Les grandes zones uniformes paraissent plus propres, les visages perdent leur aspect scintillant et l’image retrouve une texture beaucoup plus naturelle. Le confort de visionnage s’en trouve sensiblement amélioré, en particulier pendant les longues séances.
Pour un utilisateur sensible au speckle, cet avantage peut à lui seul justifier le choix d'une toile blanche plutôt que celui d’une toile ALR. Il faut rappeler que cette granularité n’est pas un défaut de mise au point, de définition ou de compression vidéo. Le choix de la surface de projection joue donc un rôle déterminant dans son intensité perçue.
L' Ecran Nothingprojector matte white ne doit pas être considéré comme une alternative économique à une toile ALR. Il répond à une logique différente et s’adresse avant tout aux utilisateurs capables de projeter dans une pièce correctement obscurcie.
Sa toile blanche annoncée avec un gain de 1,3 ne possède pas le comportement parfaitement lambertien de ma toile de référence. Elle renvoie un peu plus de lumière dans l’axe et peut donc apporter un supplément de luminance. Cette caractéristique reste toutefois secondaire face à son principal avantage : son comportement avec les vidéoprojecteurs triple laser purs.
Qu’il soit associé à un modèle UST ou à un projecteur Lifestyle RGB, le Matte White doit réduire la perception du speckle. Sur la majorité des images, cette granularité devient difficile à percevoir, voire apparemment absente selon le vidéoprojecteur et la sensibilité du spectateur. La différence peut être considérable face à certaines toiles techniques dont la structure tend, au contraire, à renforcer cet effet visuel.
La surface conserve par ailleurs un angle de vision nettement plus large que celui de la majorité des toiles ALR, même s’il reste légèrement inférieur à celui d’une toile parfaitement lambertienne. Elle ne présente pas non plus la microstructure parfois perceptible sur certains écrans techniques.
La partie mécanique remplit correctement sa fonction. La motorisation permet de déployer une image de 100 pouces depuis le sol sans installation murale ni fixation au plafond. À l’usage, cette conception est pratique dans un salon ou dans une installation qui doit disparaître après la séance.
Mon principal regret concerne le système de fermeture. Le capot solidaire de la toile vient s’insérer directement dans le carter lorsqu’elle descend. Cette solution est plus simple et moins coûteuse qu’un véritable clapet articulé, mais elle est également moins efficace. Avec le temps, un léger décalage peut apparaître entre le capot et son logement, et cet alignement peut parfois être imparfait dès la livraison. L’ouverture qui subsiste laisse plus facilement entrer la poussière ou de petits insectes.
Les systèmes employés par Lumene ou Celexon, avec un clapet indépendant venant refermer complètement l’ouverture, sont plus hermétiques et plus esthétiques. Ils offrent une meilleure protection de la toile pendant les longues périodes d’inutilisation, mais cette sophistication mécanique se paie sensiblement plus cher.
C’est précisément le tarif qui donne tout son sens au Nothingprojector matte white. À 799 €, il propose une toile blanche motorisée de 100 pouces à remontée depuis le sol, simple à installer et particulièrement efficace pour atténuer le speckle des vidéoprojecteurs RGB triple laser. Il ne lutte pas contre la lumière ambiante, ne remplace pas une toile ALR dans un salon éclairé et son système de fermeture reste perfectible. Malgré ces limites, il offre une combinaison encore rare à ce niveau de prix et constitue l’une des propositions les plus intéressantes pour qui recherche avant tout un écran motorisé depuis le sol.

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