À peine le test du XGIMI Aura 3 Max achevé, une seconde grosse nouveauté présentée lors de l’IFA Berlin 2026 s’apprête à rejoindre la salle de mesure de Mondoprojos : le JMGO IRIS Ultra Max. Je viens de recevoir le nouveau vaisseau amiral du constructeur chinois, avec l’objectif de le soumettre dans les prochains jours à mon protocole habituel de mesures et d’évaluation.

Le rapprochement avec le XGIMI Aura 3 Max est intéressant, car les deux appareils font partie de cette nouvelle génération de projecteurs DLP capables d’accepter et d’afficher un signal 4K jusqu’à 120 Hz. Mais la comparaison s’arrête rapidement là : là où le XGIMI adopte l’architecture d’un projecteur ultra courte focale destiné à prendre place devant l’écran, le JMGO conserve le concept Lifestyle qui a fait le succès des N1 et N3, avec un bloc de projection monté sur un imposant support orientable motorisé. Deux manières très différentes d’aborder la projection domestique moderne.
Et sur le papier, JMGO n’a pas fait les choses à moitié. L’IRIS Ultra Max constitue aujourd’hui son modèle le plus ambitieux, annoncé en Europe à 3 499 €. Il inaugure notamment la nouvelle génération de source lumineuse MALC 6.0 à triple laser RGB, composée selon JMGO de 42 unités laser, avec une puissance lumineuse revendiquée atteignant 6 500 lumens ISO. Le fabricant annonce parallèlement une couverture colorimétrique équivalente à 110 % du BT.2020 et une précision sortie de boîte pouvant descendre à un DeltaE inférieur ou égal à 0,7. Ce sont naturellement des chiffres constructeur que mes propres mesures devront confirmer.

La gestion du contraste constitue l’autre grande nouveauté. JMGO associe sa source RGB à un double iris mécanique à 15 lamelles, réparties en deux ensembles de six et neuf lamelles, réglable de F2.0 à F7.0 sur six positions. Le constructeur revendique jusqu’à 10 000:1 de contraste natif, tout en annonçant une réduction du stray light de 11,34 % par rapport à une architecture précédente à douze lamelles. C’est évidemment un des points que j’attends le plus au banc de mesure : un DLP Lifestyle capable d’associer une luminosité très élevée à un véritable gain de contraste natif par action mécanique sur l’iris mérite d’être examiné avec beaucoup d’attention.

À cela s’ajoute une gestion dynamique du noir baptisée AI DBL AI Dynamic Black Level. JMGO indique que son traitement analyse l’image image par image et localement, avec une fonction de contraste par zones reposant sur jusqu’à 500 000 zones d’analyse. Attention à ne pas confondre ce chiffre avec 500 000 zones de gradation lumineuse physique : il s’agit bien d’une analyse numérique de l’image destinée à adapter les niveaux, le contraste et la restitution des détails sombres. Le projecteur bénéficie également d’un AI HDR Dynamic Mapping, chargé d’adapter dynamiquement le signal HDR aux capacités réelles de projection.
Côté vidéo, JMGO annonce HDR10, HLG et Dolby Vision. Le projecteur conserve également la 3D. Le traitement vidéo constitue également l’un des axes majeurs de l’IRIS Ultra Max. JMGO regroupe une partie de ses algorithmes sous l’appellation AI PQ – AI Picture Quality, qui ne se limite pas à un simple filtre de netteté ou de contraste mais cherche à analyser le contenu affiché afin d’adapter de manière coordonnée plusieurs paramètres de l’image. Selon les scènes, cette couche de traitement peut intervenir sur la répartition de la luminosité, le contraste, la saturation et la colorimétrie, la précision des détails ainsi que certains aspects de la gestion du mouvement. L’objectif annoncé est d’éviter que plusieurs traitements indépendants n’agissent simultanément de manière contradictoire et de proposer une optimisation de l’image. Cette logique fonctionne de concert avec l’AI Dynamic Black Level et avec le Dynamic HDR Mapping.

À cet ensemble s’ajoute une fonction Super Résolution, pensée pour renforcer la perception des détails fins et améliorer le rendu des sources dont la définition ou la précision native est inférieure à celle de l’affichage 4K. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un réglage de netteté classique, mais d’un traitement chargé d’analyser les textures, les contours et les informations fines avant leur restitution par la matrice DLP XPR. Sur le papier, cette fonction doit être particulièrement intéressante avec les contenus Full HD mis à l’échelle en UHD, mais aussi sur les détails complexes, les diagonales ou les textures fines. Comme toujours avec ce type d’algorithme, l’intérêt réel dépendra de sa capacité à améliorer la lisibilité sans générer de halos, de double contour ou de sur-accentuation artificielle.
La matrice reste une DMD DLP de 0,47 pouce, annoncée dans sa troisième génération avec architecture SST. La définition UHD est obtenue par déplacement XPR des pixels et non par une matrice comportant physiquement 3840 × 2160 micromiroirs. La véritable nouveauté réside dans son pilotage par deux contrôleurs Texas Instruments DLPC8545. Cette architecture est précisément ce qui permet au nouveau JMGO de sortir du traditionnel plafond 4K/60 Hz des projecteurs DLP XPR et d'accéder au 4K/120 Hz.
Ses deux entrées HDMI 2.1 acceptent le 4K/120 Hz et l’IRIS Ultra Max prend en charge VRR et ALLM. JMGO annonce également du 1080p jusqu’à 240 Hz et une latence pouvant descendre à 1 ms dans certaines conditions. Le 120 Hz n’est d’ailleurs pas réservé aux joueurs puisque le traitement MEMC peut fonctionner à 120 Hz. JMGO ajoute également une technologie matérielle Anti-RBE visant à réduire la perception des effets arc-en-ciel caractéristiques des systèmes DLP séquentiels.
L’IRIS Ultra Max propose un rapport de projection variable de 0,88 à 1,70:1, correspondant à un zoom optique proche de 1,9×, ainsi qu’un véritable lens-shift ±130 % vertical et ±53 % horizontal. Les diagonales annoncées s’étendent de 40 à 300 pouces. Cette combinaison permet donc d’éviter autant que possible les corrections géométriques numériques qui réduisent la surface utile de la matrice. Son bloc optique prend place dans une balancelle motorisée, capable de tourner sur 360° horizontalement et jusqu’à 150° verticalement. Des capteurs ToF et CMOS assurent la mise au point et participent au positionnement automatique de l’image. S’y ajoutent la correction automatique du trapèze jusqu’à ±45°, la reconnaissance de l’écran, l’adaptation automatique de l’image, une fonction de mémorisation de position et l’adaptation à la couleur du mur.
Toute la partie Smart TV repose sur un MediaTek MT9679, épaulé ici par 4 Go de RAM et 64 Go de stockage, avec Google TV 5.0, Netflix et les principales plateformes de streaming directement intégrés. La connectivité comprend Wi-Fi 6, Bluetooth 5.4, USB 3.0 et une sortie audio analogique mini-jack 3,5 mm.
L’audio intégré est constitué de deux haut-parleurs de 12,5 W, avec Dolby Audio et DTS-X, JMGO revendiquant une extension dans le grave jusqu’à 35 Hz. Le constructeur annonce parallèlement un niveau sonore maximal de fonctionnement inférieur ou égal à 26 dB. Là aussi, le sonomètre permettra très rapidement de savoir où nous en sommes réellement.
Malgré cette débauche de technologie, l’appareil conserve des dimensions relativement contenues de 308 × 230 × 274 mm, pour un poids de 7 kg. Sa consommation maximale annoncée atteint 300 W et un coffret de transport est fourni.
Bref, sur la fiche technique, l’IRIS Ultra Max cumule pratiquement tout ce qu’il est possible de mettre aujourd’hui dans un projecteur Lifestyle DLP : triple laser RGB, énorme réserve lumineuse annoncée, double iris, zoom optique, lens-shift, balancelle motorisée, 4K/120 Hz, VRR, Dolby Vision, MEMC 120 Hz et traitement dynamique du noir.
Mais chers lecteurs de Mondoprojos vous connaissez la règle : les chiffres de la fiche constructeur ne constituent pas le test. Il va me falloir déterminer ce que valent réellement les 6 500 lumens, mesurer le contraste dans les différentes positions des deux iris, examiner le comportement du Dynamic Black, vérifier le gamut du triple laser, le speckle, la colorimétrie sortie de boîte, le HDR et le Dolby Vision, le piqué de cette nouvelle DMD 0,47", la fluidité, le bruit de fonctionnement et évidemment l’input lag. Bref le le train train habituel chez Mondoprojos !
Les précommandes sont ouvertes depuis le 4 septembre avec des tarifs de lancement à 2 999 € pour le JMGO IRIS Ultra Max (contre un prix conseillé de 3 499 €) et à 1 999 € pour le JMGO IRIS Ultra (contre 2 499 € annoncés), des offres de lancement accompagnées de réductions sur les accessoires et les écrans dédiés à chaque modèle, avec une première vague de livraisons prévue à partir du 19 octobre 2026.

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6 Commentaire(s)
J’ai hâte de lire votre critique complète !
Bonne chance Greg.
Hâte de lire le test.
J’aimerai bien un test de son petit frère également, c’est celui qui m’intéresse le plus.
Hormis le design assez classique des lifestyle, il promet beaucoup du moins sur le papier.
J’avais testé le petit n1s 4k et je l’avais trouvé déjà pas mal, manquait juste un peu de luminosité, l’interpolation d’image trop video à mon goût et il faisait beaucoup d’aecs.par contre je l’avais trouvé très propre niveau speckle.contrairement à valerion que j’avais testé ensuite
Oui ils ont un vrai savoir faire dans la lutte contre le speckle.
Par contre l’iris n’est pas dynamique ?
C’est rigolo parce que les chiffres des mesures de contraste et luminosité que j’obtiens avec ce nouveau Lifestyle JmGo sont très très proches de ceux du Xgimi Aura 3. Un petit air de famille sous la boîte pour le moteur triple laser ?
Rien de tel dans les options de l’iris effectivement.