Test EPSON EH-LS670

EPSON semble avoir fait sien l’adage selon lequel c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, et le LS670 en est une parfaite illustration. Ce nouveau modèle apporte en effet peu d’évolutions par rapport au LS650 auquel il succède : on retrouve un châssis strictement identique, les mêmes panneaux Tri-LCD, un rapport de projection du même acabit ainsi qu’une architecture lumineuse reposant toujours sur une source mono laser phosphore bleu. Les véritables nouveautés se limitent à l’intégration d’une interface connectée basée sur Google TV et à un partenariat audio avec BOSE pour la partie sonore. Le choix de Google TV s’inscrit clairement dans une stratégie visant à contrer l’offensive des vidéoprojecteurs à ultra courte focale d’origine chinoise, qui dominent aujourd’hui le segment en proposant des solutions triple laser, la prise en charge du Dolby Vision et du HDR10+ ainsi que des blocs optiques offrant des rapports de projection encore plus courts. Toutefois, dans un univers de la vidéoprojection largement dominé par Texas Instruments et ses matrices DLP à micro-miroirs, EPSON demeure le seul acteur à proposer une véritable alternative Tri-LCD en ultra courte focale, un argument de poids pour les utilisateurs sensibles aux effets arc-en-ciel. C’est dans ce contexte technique et concurrentiel particulièrement tendu que je vais maintenant vous dévoiler mes mesures et mes conclusions sur ce nouveau LS670.

De quoi s’agit-il ?

L’Epson EH-LS670 est un vidéoprojecteur frontal à ultra courte focale doté d’un rapport de projection de 0,25:1, lui permettant d’afficher une image de très grande taille à partir d’une distance extrêmement réduite par rapport à l’écran. Il s’appuie sur une source lumineuse laser/phosphore annoncée pour une puissance maximale de 3600 lumens, un niveau de luminosité confortable pour une utilisation en environnement domestique, y compris en salon partiellement éclairé. Sur le plan technologique, l’EH-LS670 repose sur une architecture 3LCD exploitant trois panneaux LCD distincts de 0,62 pouce intégrant la technologie C2 Fine, afin d’afficher simultanément les composantes rouge, verte et bleue. Cette conception garantit une restitution chromatique stable et homogène, sans alternance séquentielle des couleurs, et permet de préserver l’un des avantages historiques du Tri-LCD, à savoir une luminosité couleur équivalente à la luminosité blanche. Le moteur de traitement TRIPLE CORE ENGINE, associé à des algorithmes d’optimisation automatique, assure un ajustement dynamique des paramètres d’image en temps réel, avec pour objectif de maintenir un bon niveau de netteté, une gestion fluide des mouvements et un équilibre global de la dynamique.

En matière de compatibilité vidéo, ce modèle accepte les signaux 4K HDR et HLG, mais ne prend pas en charge les formats HDR dynamiques tels que Dolby Vision et HDR10+, ni la 3D. Il convient également de rappeler que, malgré l’appellation commerciale « PRO 4K UHD », l’EH-LS670 n’est pas un projecteur 4K natif. Epson utilise des panneaux LCD de définition Full HD (1920 x 1080 pixels) associés à une technologie de décalage de pixels appelée wobulation 4K, dont le but est d’émuler une définition UHD à l’écran. Le principe repose sur un déplacement extrêmement rapide de chaque pixel en diagonale, sur une demi-pixel, à l’aide d’un système opto-mécanique piloté à haute fréquence. En combinant deux positions successives par image, le projecteur affiche deux trames légèrement décalées qui, fusionnées par la persistance rétinienne de l’œil humain, produisent une image perçue comme plus fine et plus détaillée, se rapprochant visuellement de la résolution UHD 3840 x 2160. Il ne s’agit donc pas d’une augmentation réelle du nombre de pixels physiques, mais d’un procédé d’interpolation spatiale permettant de doubler la densité d’information affichée à partir de matrices Full HD. Dans la pratique, cette technique apporte un gain sensible en précision perçue par rapport à un affichage 1080p classique, avec des contours plus nets, un meilleur rendu des textures fines et une impression de piqué renforcée, même si elle ne peut pas totalement rivaliser avec la précision absolue d’une matrice 4K native. L’intérêt de cette approche réside dans la capacité à conserver les atouts intrinsèques du Tri-LCD, notamment l’absence d’effet arc-en-ciel, une excellente stabilité colorimétrique et une forte luminosité couleur, tout en proposant une expérience UHD crédible à un tarif plus accessible.

L’EH-LS670 se positionne également comme une solution multimédia tout-en-un. Epson a intégré un système audio signé Bose directement dans le châssis, supprimant la nécessité de recourir à un équipement sonore externe pour un usage quotidien. Cette intégration est complétée par une plateforme Smart TV basée sur Google TV, donnant accès au Google Store, à un lecteur multimédia intégré et à la majorité des grandes plateformes de streaming. L’ensemble est totalement autonome et ne nécessite pas l’ajout d’un boîtier externe de type stick HDMI pour profiter des fonctions connectées. Le LS670 est proposé en deux finitions, blanche et noire, cette dernière correspondant à la version anthracite testée ici, et il est commercialisé au tarif public de 2299 euros, soit environ 400 euros de moins que le prix de lancement de son prédécesseur.

Tour de l’appareil

Epson EH-LS670
Epson EH-LS670 noir

Avec des dimensions de 467 x 400 x 153 mm (largeur x profondeur x hauteur) pour un poids de 7,4 kg, l’EH-LS670 reprend très largement les codes esthétiques et l’encombrement du LS650 qu’il remplace. Son design compact et monobloc reste parfaitement adapté à une installation sur meuble bas, au plus près du mur ou de l’écran. L’un de ses principaux atouts réside dans son optique à ultra courte focale. Avec un rapport de projection de 0,25:1, le LS670 est capable de produire une image de 120 pouces avec environ une trentaine de centimètres de recul, ce qui facilite grandement l’intégration dans les salons et les espaces contraints, tout en éliminant les problématiques d’ombres portées et de passages devant le faisceau lumineux. La plage de taille d’image s’étend de 60 à 120 pouces, offrant une flexibilité suffisante pour s’adapter à différents environnements domestiques. Le zoom numérique x2,5, la correction d’arc et la fonction Quick Corner permettent un ajustement précis de la géométrie de l’image lorsque le projecteur n’est pas parfaitement centré, tandis que la mise au point manuelle et la focale de 3,7 mm autorisent un réglage fin indispensable pour exploiter pleinement la résolution effective du dispositif.

Epson EH-LS670
Molette du focus

La connectique se montre complète et adaptée à un usage moderne, avec trois entrées HDMI compatibles ARC et HDCP 2.3, deux ports USB-A, une sortie audio numérique optique, une prise jack audio, une connectivité réseau Wi-Fi 802.11ac et une compatibilité Bluetooth, couvrant ainsi la majorité des scénarios d’intégration domestique.

Epson EH-LS670
Panneau arrière Epson EH-LS670

Epson a également eu la bonne idée de reprendre aux modèles UST chinois la synchronisation Bluetooth de la télécommande. Celle-ci adopte un format compact, avec un nombre de touches volontairement limité à l’essentiel, complété par quatre raccourcis dédiés aux principales plateformes de streaming. Ce détail, en apparence anodin, améliore très sensiblement le confort d’utilisation au quotidien, en supprimant la contrainte de visée infrarouge et en rendant la navigation plus fluide.

Epson EH-LS670
Télécommande Epson EH-LS670

Sur le plan audio, le partenariat avec Bose permet à Epson de proposer une solution sonore intégrée crédible. Le système stéréo 2.1 canaux développe une puissance totale de 20 watts et bénéficie d’une compatibilité Dolby Audio, contribuant à une meilleure spatialisation et à une restitution plus claire des dialogues. Cette configuration autorise une utilisation autonome sans barre de son externe, tout en conservant un rendu suffisamment ample pour les films, les séries et les retransmissions sportives. La connectivité Bluetooth permet en outre d’utiliser le LS670 comme enceinte sans fil, ajoutant une dimension multimédia supplémentaire à l’appareil.

Interface

L’intégration de Google TV constitue un autre pilier central du positionnement de l'EH-LS670. L’interface donne accès à plusieurs milliers d’applications et à un catalogue regroupant des centaines de milliers de contenus issus des principales plateformes de streaming telles que Netflix, Disney+, YouTube ou Prime Video. La présence de Google Assistant autorise un contrôle vocal direct pour lancer des contenus, régler des paramètres ou piloter des équipements compatibles. Le Chromecast intégré facilite la diffusion sans fil depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur portable.

Epson EH-LS670
Accueil Google TV et menu image EPSON EH-LS670

L’installation a également été pensée pour simplifier la prise en main. L’application Epson Setting Assistant, disponible sur smartphone, guide l’utilisateur étape par étape pour régler la taille, la position et la netteté de l’image. Cette approche assistée réduit les manipulations complexes et permet une mise en service rapide, même pour un public peu expérimenté. Une fois les réglages initiaux effectués, le projecteur peut être utilisé comme un téléviseur grand format permanent, sans intervention technique régulière.

4 modes images sont présents « dynamique, standard, cinéma et naturel » ils sont doublés de leur équivalents HDR et HLG après la détection du signal correspondant. La puissance du laser peut être ajusté sur une échelle qui va de 30 (la plus faible) à 100 (la plus forte). Deux options d'optimisation du contraste de manière dynamique sont disponibles « normal et haute vitesse ». Très important, la présence d'un dynamique tone mapping qui va aider l'utilisateur dans la reproduction correcte des programmes HDR.

Epson EH-LS670
Menu EPSON EH-LS670

A l'occasion de mon test du LS650 j'avais pesté sur l'absence d'options pour calibrer le projecteur, la situation s'est légèrement améliorée sur le LS670 avec l'ajout d'un réglage de l'échelle de gris sur 2 points (Gain et décalage) et sur la présence d'un Color Management Système (CMS) qui permet d'agir sur les 3 dimensions du Gamut. En revanche le choix de l'espace couleurs est bloqué arbitrairement par le projecteur. 3 niveaux de Gamma sont proposés et 3 températures de couleurs prédéfinies. On trouve dans les menus une option super résolution qui prend l'appellation AISR. Un mode d'interpolation d'images aide à gérer la fluidité et le rendu des travellings. L'utilisateur a aussi accès à une gestion électronique de l'alignement des panneaux LCD (talon d'achille de la technologie).

Epson EH-LS670
Menu super résolution

Les amateurs de jeux vidéo ne sont pas oubliés. Le mode jeu dédié intègre la technologie ALLM, permettant au projecteur de basculer automatiquement en faible latence lorsqu’une console compatible est détectée. Cette optimisation réduit le délai d’affichage et améliore la réactivité à l’écran, un paramètre essentiel pour les jeux compétitifs et les titres rapides. Le support d’un taux de rafraîchissement pouvant atteindre 240 Hz renforce la fluidité globale de l’affichage et contribue à limiter les effets de flou de mouvement sur les grandes diagonales.

Verdict technique – Conditions de test et précision de l’image

Avant d’entrer dans le détail de mes mesures et de mes observations, il est important de préciser le contexte dans lequel ce test de l’Epson EH-LS670 a été réalisé. Les essais ont été effectués dans une salle entièrement dédiée à la vidéoprojection, bénéficiant d’un environnement contrôlé en termes de lumière parasite et de traitement des surfaces, mais en dehors de mon domicile habituel. Dans ces conditions, je n’ai malheureusement pas pu emporter l’ensemble de mes instruments de mesure dédiés à certaines sous-parties spécifiques. Je n’ai donc pas été en mesure de réaliser des relevés précis concernant les performances sonores, la consommation électrique ou encore l’input lag. Je prie mes lecteurs de bien vouloir m’en excuser, ces limitations logistiques ne remettant toutefois pas en cause l’analyse qualitative de l’image et du comportement global du projecteur sur les critères fondamentaux de la vidéoprojection.

Epson EH-LS670
Couleurs SDR EPSON LS670

Précision de l’image et netteté :

La question de la netteté et de la précision d’affichage est centrale pour un projecteur revendiquant une compatibilité « PRO 4K UHD », même lorsque cette dernière repose sur un procédé d’émulation. Sur ce point, l’EH-LS670 met en évidence les limites structurelles de la technologie Tri-LCD associée à une wobulation 4K, en particulier face aux solutions DLP équipées de matrices XPR. L’un des indicateurs les plus parlants pour évaluer la précision optique et la capacité de restitution des détails fins est la MTF (Modulation Transfer Function). En termes simples, la MTF mesure la capacité d’un système optique à reproduire fidèlement les contrastes entre des lignes très fines, noires et blanches, à différentes fréquences spatiales. Plus la MTF est élevée, plus le projecteur est capable de conserver un fort contraste sur des détails de petite taille, ce qui se traduit visuellement par une image plus piquée, plus précise et mieux définie.

Dans le cas du LS670, même avec l’activation de la wobulation 4K, la MTF reste sensiblement inférieure à celle d’un projecteur DLP 4K XPR bien réglé. Cela se vérifie très clairement sur mes mires de test habituelles. Le projecteur est incapable de restituer correctement les séries de lignes verticales et horizontales colorées séparées par un fin lignage blanc. Là où un système plus performant parvient à maintenir une séparation nette entre chaque élément, le LS670 tend à mélanger les informations adjacentes. Le résultat se traduit par une perte de micro-détails, un effet de fusion des motifs fins et une sensation de précision en retrait, en particulier sur les textures complexes ou les contenus UHD riches en informations.

Epson EH-LS670
Restitution mire 4K EPSON EH-LS670

À cela s’ajoutent les contraintes inhérentes à l’architecture Tri-LCD, notamment en matière d’alignement des panneaux. Malgré les outils de correction électronique proposés par Epson, de légers écarts de convergence restent perceptibles. Sur la mire de croix Burosch, ces défauts se manifestent par l’apparition de franges colorées le long des lignes blanches, signe d’un décalage minime mais visible entre les matrices rouge, verte et bleue. Ce phénomène, bien connu des utilisateurs de projecteurs Tri-LCD, impacte directement la précision perçue et contribue à réduire encore la sensation de piqué global.

Epson EH-LS670
Précision image et traces de défaut d'alignement des panneaux

Pour améliorer le rendu final, il est pratiquement indispensable de faire appel à l’option AISR (super résolution). Comme vous pouvez le constater sur le montage comparatif ci-dessous, cette fonction permet de renforcer artificiellement les contours et d’accentuer la perception des détails fins. Elle ne crée évidemment pas de véritable information supplémentaire, mais elle compense partiellement les limites optiques et matricielles du système en redonnant un peu de relief et de mordant à l’image. L’activation de l’AISR s’avère donc quasi incontournable pour tirer le meilleur parti du LS670 en matière de netteté, même si cela se fait au prix d’un traitement numérique parfois perceptible sur certaines scènes.

Epson EH-LS670
Comparaison super résolution désactivée et activée

Fluidité :

Contrairement au domaine de la netteté pure, la fluidité de l’image constitue un terrain nettement plus favorable aux projecteurs LCD, et l’Epson EH-LS670 ne fait pas exception à la règle. L’un des avantages structurels du Tri-LCD par rapport au DLP concerne la gestion des cadences vidéo, en particulier dans les scénarios impliquant des conversions de fréquence, comme le passage de signaux 50 Hz vers 60 Hz, souvent à l’origine de saccades irrégulières, communément appelées judder. Là où de nombreux projecteurs DLP imposent une conversion systématique vers 60 Hz, avec l’application d’un procédé de type 3:2 pulldown pour les contenus cinéma, les projecteurs LCD sont capables de conserver un affichage natif en 24p.

Dans le cas du LS670, les sources 1080p24 et 2160p24 sont correctement prises en charge sans conversion intermédiaire vers 60 Hz, ce qui permet d’éviter les artefacts temporels induits par le 3:2 pulldown. Il est toutefois important de rappeler qu’une restitution fidèle du 24p ne signifie pas pour autant une fluidité « parfaite » au sens grand public du terme. L’image conserve le rendu caractéristique du cinéma, avec ses micro-saccades naturelles liées à la cadence de 24 images par seconde. Autrement dit, le résultat est conforme à ce que l’on observe en salle obscure, mais peut surprendre les utilisateurs habitués à la fluidité artificiellement renforcée des téléviseurs.

Pour ceux qui souhaitent lisser davantage les mouvements, Epson propose trois niveaux d’interpolation d’images. Dans la pratique, ces traitements se montrent efficaces dès le premier niveau, qui offre un bon compromis entre gain de fluidité et préservation du rendu cinématographique. C’est d’ailleurs ce réglage que j’ai le plus souvent retenu lors de mes différents visionnages d’extraits de films et de séries. Les niveaux supérieurs accentuent davantage l’effet « vidéo », avec un rendu plus lisse mais aussi plus artificiel, susceptible de dénaturer l’intention artistique sur certains contenus. Le premier palier d’interpolation apparaît ainsi comme le choix le plus pertinent pour une utilisation polyvalente.

Speckle laser :

Le speckle est un phénomène optique propre aux sources lumineuses laser, qui se manifeste par une sorte de bruit granuleux scintillant, visible principalement sur les aplats clairs et les zones uniformes. Il est provoqué par les interférences cohérentes de la lumière laser lorsque celle-ci est réfléchie par une surface de projection, en particulier sur certaines toiles techniques à gain élevé ou à structure spécifique. Ce phénomène peut être plus ou moins perceptible selon la sensibilité visuelle des utilisateurs, le type de surface de projection et l’architecture de la source lumineuse du projecteur.

Dans le cas de l’EH-LS670, ce problème est pratiquement inexistant. La raison est directement liée à la technologie de génération de lumière retenue par Epson, qui repose sur une source laser bleue associée à une roue au phosphore. Contrairement aux systèmes triple laser RVB, où les trois longueurs d’onde cohérentes sont projetées directement vers l’écran, la solution laser/phosphore convertit une partie de la lumière bleue en composantes rouge et verte via une surface phosphorescente. Ce processus de conversion induit une désorganisation partielle de la cohérence lumineuse, ce qui a pour effet de réduire drastiquement les interférences responsables du speckle.

En pratique, la roue au phosphore joue donc un rôle de filtre naturel contre le speckle, en « décohérentisant » la lumière avant qu’elle ne soit recombinée et projetée. Lors de mes essais, je n’ai relevé aucun artefact de speckle perceptible, y compris sur des mires claires et des scènes très lumineuses, ce qui constitue un avantage réel pour le confort visuel, en particulier pour les utilisateurs sensibles à ce type de défaut optique.

Overscan, effet arc-en-ciel et autres défauts visuels :

Avant d’entrer dans le cas spécifique de l’Epson EH-LS670, il est utile de rappeler ce que recouvrent les notions de cropping et d’overscan. Le cropping désigne une découpe volontaire ou imposée de l’image, consistant à rogner une partie des bords afin d’adapter le signal à la zone d’affichage. L’overscan, historiquement hérité du monde de la télévision analogique, correspond quant à lui à un agrandissement léger de l’image, entraînant mécaniquement la perte d’une fraction du contenu sur les contours. Cette pratique visait autrefois à masquer les défauts de bordure des signaux TV, mais elle n’a plus réellement de justification technique dans un environnement numérique moderne où les sources sont parfaitement calibrées et où la précision pixel à pixel est recherchée.

L’un des avantages des projecteurs LCD, et en particulier des modèles Tri-LCD comme l’EH-LS670, est qu’ils permettent d’éviter un certain nombre de désagréments structurels propres à certaines architectures DLP. On peut notamment citer l’absence totale d’effet arc-en-ciel, un point important pour les utilisateurs qui y sont sensibles, ainsi que la disparition du fameux cadre gris associé aux puces DMD 0,47 pouce, qui vient visuellement polluer les contours de l’image projetée. Rien de tout cela n’est présent sur l’Epson EH-LS670, qui délivre une image parfaitement bord à bord, sans halo parasite ni zone inactive autour du cadre utile. À ce niveau de prix, il s’agit d’ailleurs du seul projecteur UST laser capable de garantir une expérience totalement exempte d’effets arc-en-ciel, ce qui constitue un argument différenciant fort face à la concurrence DLP.

Epson EH-LS670
Overscan EPSON EH-LS670

Concernant l’overscan à proprement parler, celui-ci est désactivé par défaut sur le LS670, comme c’est désormais le cas sur la grande majorité des vidéoprojecteurs modernes. L’affichage est donc réalisé en mapping 1:1, sans agrandissement artificiel de l’image ni perte d’informations sur les bords. On peut d’ailleurs légitimement s’interroger sur la pertinence de conserver cette option dans les menus tant elle est systématiquement désactivée par défaut et rarement utilisée dans un contexte home cinéma actuel. Dans la pratique, le comportement de l’EH-LS670 est irréprochable sur ce point, avec un respect strict du cadre vidéo et une restitution intégrale du signal source, condition indispensable pour exploiter correctement les contenus UHD et les mires de calibrage.

Analyse du gamut, de la colorimétrie et du gamma en sortie de boîte :

Epson EH-LS670
Couleurs SDR EPSON LS670

Pour cette analyse dédiée exclusivement aux performances colorimétriques de l’Epson EH-LS670, les mesures ont été réalisées en salle dédiée, sonde orientée vers l’écran blanc, à l’aide d’un protocole de référence associant un spectrophotomètre JETI 1501 Hi-Res pour l’établissement du profil spectral, un colorimètre Klein K10A pour les relevés rapides et précis, le logiciel Calman Studio pour le pilotage et un générateur de mires Murideo pour l’alimentation des signaux de test. Cette méthodologie garantit une lecture fiable de la couverture du gamut, de la balance des blancs, de la fidélité de l’échelle de gris et du respect de la courbe de gamma, indépendamment des considérations de luminosité et de contraste qui seront traitées séparément.

Sur le plan du gamut, l’EH-LS670 se positionne logiquement dans la catégorie des projecteurs laser/phosphore Tri-LCD. En HDR, la couverture du conteneur BT.2020 atteint 55,4 % en CIE 1931 xy et 60,25 % en CIE 1976 u’v’, ce qui confirme que ce modèle ne vise pas la reproduction des saturations extrêmes prévues par la norme UHD. Cette limitation est inhérente à l’architecture laser/phosphore, qui reste contrainte par la conversion spectrale du phosphore, notamment sur les primaires rouge et verte.

Epson EH-LS670
Couverture BT.2020

En revanche, lorsque l’on se place dans l’espace UHD-P3, bien plus représentatif des masters HDR actuels, les résultats sont nettement plus favorables avec 76,15 % en CIE 1931 xy et 79,48 % en CIE 1976 u’v’. Dans la pratique, cela permet au LS670 de proposer une palette HDR crédible, avec des couleurs suffisamment saturées pour restituer correctement la majorité des contenus UHD, même s’il reste en retrait face aux solutions triple laser les plus ambitieuses.

Epson EH-LS670
Couverture DCI P3

En SDR, la couverture du Rec.709 atteint 91,3 %, un niveau confortable qui garantit une restitution fidèle des contenus HD classiques et une saturation globalement bien maîtrisée.

Epson EH-LS670
Couverture Gamut SDR

L’analyse des modes image en sortie de boîte met ensuite en évidence des écarts notables sur la balance des blancs et la neutralité globale. Le mode Dynamique affiche une température de couleur moyenne de 7389 K avec un DeltaE2000 de 4,2 et un gamma moyen de 2,228. L’image est donc clairement plus froide que la référence D65, mais reste relativement cohérente en termes de courbe de gamma. Ce mode privilégie l’impact visuel et la sensation de luminosité, au détriment d’une stricte fidélité colorimétrique.

Epson EH-LS670
MODE DYNAMIQUE SORTIE DE BOITE

Le mode Standard se révèle le plus problématique sur le plan de la neutralité. Les mesures indiquent une température de couleur moyenne très élevée de 8905 K associée à un DeltaE2000 de 10,1, traduisant une dérive bleutée marquée et une fidélité des gris nettement insuffisante pour un usage cinéma. Le gamma moyen, mesuré à 2,216, reste en revanche proche de la cible, mais ne suffit pas à compenser les déséquilibres chromatiques.

Epson EH-LS670
MODE STANDARD SORTIE DE BOITE

Le mode Cinéma améliore sensiblement la situation, sans toutefois atteindre un niveau de référence. Avec une température de couleur moyenne de 7059 K, un DeltaE2000 de 7,2 et un gamma de 2,179, il reste légèrement trop froid et encore éloigné des standards de fidélité attendus pour une restitution cinéma rigoureuse. Il constitue néanmoins une base plus cohérente que le mode Standard, à condition d’accepter une correction de la balance des blancs.

Epson EH-LS670
MODE CINEMA SORTIE DE BOITE

C’est le mode Naturel qui s’impose comme le plus équilibré en sortie de boîte. Les mesures montrent une température de couleur moyenne de 6188 K, légèrement inférieure à la cible D65 mais nettement mieux maîtrisée que sur les autres préréglages. Le DeltaE2000 de 3,9 place ce mode dans une zone déjà relativement propre pour un projecteur non calibré, avec des dérives globalement peu perceptibles en conditions de visionnage réelles. Le gamma moyen de 2,174 se rapproche étroitement de la cible recommandée avec une courbe régulière et une bonne lisibilité des bas niveaux.

Epson EH-LS670
MODE NATUREL SORTIE DE BOITE

Une fois calibré, le LS670 montre un potentiel nettement supérieur en matière de fidélité colorimétrique. Les relevés indiquent une température de couleur ajustée à 6520 K, un DeltaE2000 abaissé à 0,9 et un gamma moyen de 2,21, ce qui correspond à un alignement quasi parfait avec les standards vidéo Rec.709 en SDR. Cela confirme que, malgré des réglages usine perfectibles, la base technique du Tri-LCD Epson permet d’atteindre un haut niveau de neutralité après intervention.

Analyse HDR et Gamma adaptatif (Dynamic Tone Mapping) :

Les performances HDR de l’Epson EH-LS670 ont été évaluées à l’aide de mesures dédiées de l’échelle de gris HDR et de la courbe EOTF, en conservant la même chaîne de mesure de référence que précédemment. L’objectif ici n’est pas d’analyser la luminance maximale ou le contraste, qui feront l’objet d’une section distincte, mais bien d’étudier la manière dont le projecteur interprète et adapte les signaux HDR à ses capacités réelles d’affichage.

Comme la grande majorité des vidéoprojecteurs grand public, l’EH-LS670 fonctionne avec un niveau de luminance maximal très inférieur à celui utilisé lors du mastering HDR, généralement basé sur des moniteurs de référence capables d’atteindre 1 000 nits, voire davantage. Cette contrainte structurelle rend le tone mapping absolument central dans la restitution HDR sur vidéoprojecteur. Sans un traitement adapté, les hautes lumières sont écrêtées, les détails dans les basses lumières se perdent et l’équilibre global de l’image s’éloigne sensiblement de l’intention artistique.

Epson intègre sur le LS670 ce qu’il appelle un « Gamma adaptatif », qui correspond dans les faits à un système de Dynamic Tone Mapping (DTM). Ce traitement ajuste dynamiquement la courbe de transfert HDR en temps réel, en fonction des caractéristiques de luminance du signal entrant. Contrairement à un tone mapping statique, le projecteur analyse le contenu image par image ou scène par scène, puis adapte la compression des hautes lumières et la gestion des tons moyens afin de faire tenir le signal HDR dans la plage dynamique réellement exploitable par le projecteur.

Lorsque le gamma adaptatif est désactivé, les mesures montrent un écart sensible par rapport à la courbe EOTF PQ de référence. Le suivi de luminance se dégrade rapidement, avec une compression prématurée des hautes lumières et une perte visible de détails dans les zones très lumineuses. Ce comportement est typique des implémentations HDR statiques, qui appliquent une courbe générique sans tenir compte des variations dynamiques des niveaux de mastering du contenu.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif désactivé

Avec le gamma adaptatif activé, le comportement évolue de manière significative. En mode « Normal », qui constitue le réglage le plus équilibré, le LS670 parvient à suivre beaucoup plus fidèlement la courbe EOTF jusqu’à la limite physique de sa luminance. La transition des hautes lumières devient plus progressive, ce qui permet de préserver davantage de détails dans les éléments brillants tels que les reflets spéculaires, les sources lumineuses ou les zones fortement éclairées. Dans le même temps, les tons moyens restent correctement positionnés, évitant l’assombrissement excessif ou l’aplatissement de l’image, deux défauts fréquents sur les implémentations HDR mal optimisées.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif normal

Le réglage « Faible » du gamma adaptatif privilégie la conservation de luminosité et le relèvement des tons moyens. Il peut s’avérer utile dans des environnements présentant une lumière ambiante résiduelle, mais il se fait au détriment de la précision des hautes lumières et de la perception globale du contraste HDR.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif faible

À l’inverse, le mode « Élevé » applique une compression plus marquée sur les hautes luminances, protégeant plus efficacement les détails lumineux, mais en assombrissant légèrement les tons moyens. Ce mode peut être intéressant dans une salle entièrement dédiée, où la priorité est donnée à la perception du contraste et à la lisibilité des hautes lumières.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif élevé

En conditions de visionnage réelles, le mode « Normal » s’est imposé comme le plus cohérent et le plus polyvalent lors de la lecture de films HDR. Il offre un équilibre convaincant, respecte mieux l’intention artistique et limite efficacement les artefacts HDR classiques observés sur vidéoprojecteur, tels que les blancs brûlés, les hautes lumières ternes ou une dynamique excessive artificiellement compressée.

L’importance de ce type de Dynamic Tone Mapping est capitale pour la projection HDR. Contrairement aux téléviseurs à écran plat, les vidéoprojecteurs ne peuvent pas s’appuyer sur une forte luminance pour restituer l’impact du HDR. Ils doivent compenser cette contrainte par un traitement intelligent du signal. Sur ce point, l’implémentation Epson sur le LS670 se montre techniquement solide et réellement bénéfique.

Analyse de la luminosité et du contraste :

Epson EH-LS670
Contrôle luminosité colorimétrie EPSON EH-LS670


Sur le plan photométrique, les résultats obtenus avec l’Epson EH-LS670 s’écartent sensiblement des valeurs annoncées par le constructeur. Epson communique sur une puissance lumineuse maximale de 3600 lumens, un chiffre ambitieux qui, dans les faits, n’a pas pu être approché lors de mes mesures, quelle que soit la configuration retenue. Le meilleur résultat est obtenu en mode Dynamique, avec un pic mesuré à 2698 lumens, ce qui représente déjà un écart de près de 25 % par rapport à la valeur théorique. En mode Naturel, pourtant bien plus exploitable en termes de fidélité colorimétrique, la luminosité chute à environ 2123 lumens. Ces niveaux restent suffisants pour alimenter des bases d’écran confortables en SDR et en HDR modéré, mais ils replacent clairement le LS670 dans une catégorie plus réaliste de projecteurs UST laser autour de 2000 à 2700 lumens effectifs, loin de la promesse marketing initiale. Cette différence s’explique en partie par les compromis nécessaires pour maintenir une balance des blancs exploitable et un gamma cohérent, les modes les plus lumineux étant aussi ceux qui dégradent le plus fortement la neutralité chromatique.

Epson EH-LS670
Couleurs SDR EPSON LS670

Le constat est encore plus critique du côté du contraste natif. Les mesures réalisées placent le LS670 autour de 600:1 en moyenne selon les modes image, avec par exemple 619:1 en mode Naturel et 638:1 en mode Cinéma. Ce niveau est objectivement faible pour un projecteur home cinéma, y compris dans la catégorie des ultra courte focale, et se traduit visuellement par des noirs peu profonds, un voile gris perceptible dans les scènes sombres et une dynamique intrinsèque limitée. Dans ces conditions, l’activation du contraste dynamique ne relève plus de l’optionnel mais devient pratiquement indispensable pour retrouver un minimum de relief dans l’image.

Les variations rapides de puissance du laser influencent l’équilibre spectral de la source lumineuse, ce qui se traduit par de légères dérives de la balance des blancs et des variations de saturation selon les scènes. Ce phénomène reste contenu en mode Normal, mais devient plus perceptible en mode Haute vitesse, où la priorité est clairement donnée à l’impact visuel et au contraste perçu plutôt qu’à la stabilité chromatique.

Epson EH-LS670
MODE NATUREL SORTIE DE BOITE SANS CONTRASTE DYNAMIQUE
Epson EH-LS670
MODE NATUREL CONTRASTE DYNAMIQUE NORMAL
Epson EH-LS670
MODE NATUREL CONTRASTE DYNAMIQUE HAUTE VITESSE

En pratique,le LS670 impose donc un compromis assez marqué : sans contraste dynamique, le contraste natif trop faible pénalise fortement la profondeur de l’image ; avec contraste dynamique activé, le rendu gagne en punch et en lisibilité dans les scènes sombres, mais au prix d’une instabilité colorimétrique. Cela confirme le positionnement du projecteur comme une solution orientée usage polyvalent et grand public, capable de produire une image lumineuse et visuellement flatteuse, mais qui reste limitée sur les critères purement home cinéma lorsque l’on s’attarde sur la performance native du contraste et la fidélité absolue des couleurs.

Avis subjectif

Sur le plan purement subjectif, et au-delà des chiffres bruts, l’Epson EH-LS670 propose une restitution qui oscille en permanence entre des qualités indéniables de confort visuel et des limites structurelles liées à son contraste natif et à sa gestion HDR. L’introduction d’Alien Romulus, que j’utilise systématiquement pour évaluer la profondeur des noirs et la tenue des basses lumières, met immédiatement en évidence cette dualité. Sans activation du contraste dynamique, l’image manque clairement de densité, avec un fond spatial qui tire vers un gris sombre plutôt que vers un noir réellement profond. Les volumes du vaisseau restent lisibles, mais la sensation d’abîme et de vide spatial, pourtant centrale dans cette séquence, est atténuée. En revanche, une fois le contraste dynamique activé en mode Normal, le rendu gagne sensiblement en relief. Les noirs se referment davantage, les zones sombres retrouvent une hiérarchisation plus crédible et la lisibilité des détails dans les ombres progresse. On ne parle évidemment pas ici d’un rendu de type DLP à iris dynamique performant ou de solutions à modulation laser avancée, mais l’apport est suffisamment net pour transformer l’expérience et rendre cette scène beaucoup plus immersive. La stabilité colorimétrique reste correcte dans ce mode, même si l’on perçoit parfois de légères variations de luminosité globale sur certains plans très contrastés.

Sur Dune 2, et plus précisément la scène de la réunion des troupes Harkonnen célébrant la victoire sur les Atréides, le LS670 met davantage en avant ses points forts. La forte luminosité disponible permet de conserver une image percutante, même sur de grandes bases d’écran, avec des rouges profonds, une dominante sombre bien marquée et une excellente lisibilité des textures métalliques et des costumes. La technologie Tri-LCD apporte ici un avantage appréciable sur la stabilité des couleurs, avec une saturation homogène et une absence totale d’artefacts de type arc-en-ciel, ce qui contribue à un rendu très confortable sur les plans larges et les mouvements de caméra. En revanche, le manque de contraste natif limite la sensation de profondeur dans les arrière-plans sombres, et l’image reste plus « plate » que sur des projecteurs plus orientés home cinéma pur.

La scène emblématique de l’éclipse de lune sur les dunes est particulièrement révélatrice du comportement HDR du LS670. Grâce au tone mapping dynamique intégré, les hautes lumières restent globalement bien contrôlées, sans écrêtage brutal, et les nuances dans le ciel et les halos lumineux autour de l’astre sont correctement préservées. Le sable conserve une texture lisible, avec des dégradés propres et une bonne séparation des tons clairs. Là encore, l’impact visuel est réel, notamment grâce à la puissance lumineuse disponible, mais la dynamique globale reste bridée par le contraste limité. L’effet spectaculaire de cette séquence repose davantage sur la luminosité et la colorimétrie stable que sur une véritable sensation de profondeur tridimensionnelle.

Conclusion

Au terme de ce test approfondi, l’Epson EH-LS670 s’impose comme un projecteur UST à la personnalité bien affirmée, avec un positionnement clair orienté vers la polyvalence et l’usage grand public. Sur le plan visuel, il délivre une image agréable, lumineuse et confortable, portée par une restitution des couleurs homogène et une gestion HDR convaincante grâce à son tone mapping dynamique. L’expérience proposée est flatteuse, percutante et accessible, avec un rendu « grand spectacle » qui fonctionne particulièrement bien sur les contenus modernes, les plateformes de streaming et les usages mixtes cinéma/séries/jeux.

En contrepartie, les limites techniques sont réelles pour les puristes. Le contraste natif faible, la profondeur des noirs perfectible et la dynamique intrinsèque limitée empêchent le LS670 de rivaliser avec des solutions plus orientées cinéma exigeant. Il privilégie clairement l’impact visuel immédiat, la facilité d’installation et l’intégration tout-en-un à la recherche d’une reproduction cinématographique rigoureuse. Ce positionnement est toutefois cohérent avec la philosophie du produit.

Il faut également souligner un point différenciant majeur sur le marché actuel des UST : l’EH-LS670 constitue l’une des très rares alternatives crédibles aux modèles DLP. À ce titre, il représente une véritable planche de salut pour les utilisateurs sensibles à l’effet arc-en-ciel, totalement absent ici grâce à la technologie Tri-LCD. Dans un marché largement dominé par les UST DLP, Epson conserve ainsi une identité à part, presque militante, en continuant de proposer une approche technologique différente. Une forme de « village gaulois » de la vidéoprojection UST, qui résiste encore et toujours à l’envahisseur romain… pour le plus grand bonheur des allergiques au DLP.

Bon plan calibré

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, l’Epson EH-LS670 obtient une note globale de 3 « Bons Plans Calibré » : un projecteur pertinent pour ceux qui recherchent un UST lumineux, polyvalent, confortable à l’usage et exempt d’effets arc-en-ciel, tout en acceptant ses concessions sur le contraste natif et la profondeur des noirs.

ENGLISH VERSION

EPSON seems to have embraced the saying that “the best soups are made in old pots,” and theLS670 is a perfect illustration of this approach. This new model brings only limited changes compared to the LS650 it replaces: the chassis remains strictly identical, the same Tri-LCD panels are used, the projection ratio is of the same kind, and the light engine is still based on a blue phosphor mono-laser source. The real novelties are essentially limited to the integration of a Google TV–based smart interface and a BOSE-branded audio system. The choice of Google TV is clearly part of a strategy aimed at countering the offensive of Chinese ultra-short-throw projectors, which currently dominate this segment by offering triple-laser solutions, support for Dolby Vision and HDR10+, and optical blocks with even shorter projection ratios. However, in a projection market largely dominated by Texas Instruments and its DLP micromirror chips, EPSON remains the only manufacturer offering a true Tri-LCD ultra-short-throw alternative, a decisive advantage for users sensitive to the rainbow effect. It is within this highly competitive and technically demanding context that I will now present my measurements and conclusions on this new LS670 model.

What is it ?

The Epson EH-LS670 is an ultra-short-throw front projector featuring a 0.25:1 projection ratio, allowing it to display a very large image from an extremely short distance relative to the screen. It relies on a laser/phosphor light source rated at a maximum brightness of 3,600 lumens, providing a comfortable level of luminance for domestic use, including in partially lit living rooms. From a technological standpoint, the EH-LS670 is based on a 3LCD architecture using three separate 0.62-inch LCD panels with C2 Fine technology to simultaneously display the red, green, and blue components. This design ensures stable and uniform color reproduction without sequential color cycling and preserves one of the historical advantages of Tri-LCD technology, namely color brightness equal to white brightness. The TRIPLE CORE ENGINE image processor, combined with automatic optimization algorithms, dynamically adjusts image parameters in real time to maintain a high level of sharpness, smooth motion handling, and a balanced overall dynamic range.

In terms of video compatibility, this model supports 4K HDR and HLG signals but does not handle dynamic HDR formats such as Dolby Vision and HDR10+, nor 3D content. It is also important to point out that despite the commercial “PRO 4K UHD” label, the EH-LS670 is not a native 4K projector. Epson uses Full HD LCD panels (1920 x 1080 pixels) combined with a pixel-shifting technology known as 4K wobulation, designed to emulate UHD resolution on screen. The principle relies on extremely fast diagonal shifting of each pixel by half a pixel using a high-frequency opto-mechanical system. By combining two successive positions per frame, the projector displays two slightly offset image layers which, once merged by the persistence of human vision, produce a perceived image that is finer and more detailed, visually approaching the UHD 3840 x 2160 resolution. This is therefore not a true increase in the number of physical pixels, but rather a spatial interpolation process that effectively doubles the displayed information density from Full HD panels. In real-world use, this technique delivers a noticeable gain in perceived sharpness compared to standard 1080p projection, with cleaner edges, improved rendering of fine textures, and a stronger sense of detail, even if it cannot fully match the absolute precision of a native 4K imaging device. The key advantage of this approach lies in preserving the intrinsic strengths of Tri-LCD technology, including the absence of the rainbow effect, excellent color stability, and high color brightness, while offering a convincing UHD experience at a more accessible price point.

The EH-LS670 also positions itself as an all-in-one multimedia solution. Epson has integrated a Bose-branded audio system directly into the chassis, eliminating the need for external sound equipment for everyday use. This integration is complemented by a Google TV–based Smart TV platform, providing access to the Google Store, an integrated media player, and most major streaming services. The system is fully self-contained and does not require the addition of an external HDMI stick to take advantage of connected features. The LS670 is available in two finishes, white and black, with the latter corresponding to the anthracite version tested here, and is marketed at a public price of $2699, approximately $400 less than the launch price of its predecessor.

Physical overview

Epson EH-LS670
Epson EH-LS670 noir

With dimensions of 467 x 400 x 153 mm (width x depth x height) and a weight of 7.4 kg, the EH-LS670 largely retains the design language and overall footprint of the LS650 it replaces. Its compact, monoblock design remains perfectly suited for installation on a low cabinet, close to the wall or screen. One of its main strengths lies in its ultra-short-throw optical system. With a 0.25:1 projection ratio, the LS670 is capable of producing a 120-inch image with roughly 30 centimeters of throw distance, greatly simplifying integration in living rooms and space-constrained environments while eliminating issues related to shadows and people passing through the light beam. The supported image size range extends from 60 to 120 inches, offering sufficient flexibility to adapt to different home setups. The 2.5x digital zoom, arc correction, and Quick Corner function allow for precise geometric image adjustment when the projector is not perfectly centered, while manual focus and the 3.7 mm focal length enable fine tuning that is essential to fully exploit the effective resolution of the system.

Epson EH-LS670
Molette du focus

Connectivity is comprehensive and well suited to modern usage scenarios, with three HDMI inputs compatible with ARC and HDCP 2.3, two USB-A ports, an optical digital audio output, a 3.5 mm audio jack, Wi-Fi 802.11ac network connectivity, and Bluetooth support, covering the vast majority of home integration needs.

Epson EH-LS670
Panneau arrière Epson EH-LS670

Epson has also made the smart decision to adopt Bluetooth remote control synchronization, inspired by Chinese UST models. The remote features a compact form factor with a deliberately minimal button layout, complemented by four dedicated shortcuts to major streaming platforms. This seemingly minor detail significantly improves everyday usability by eliminating the need for infrared line-of-sight aiming and making navigation smoother and more intuitive.

Epson EH-LS670
Télécommande Epson EH-LS670

On the audio side, the partnership with Bose allows Epson to deliver a credible integrated sound solution. The 2.1-channel stereo system provides a total output power of 20 watts and supports Dolby Audio processing, contributing to improved spatialization and clearer dialogue reproduction. This configuration enables standalone operation without the need for an external soundbar, while still delivering a sufficiently immersive soundstage for movies, TV series, and sports broadcasts. Bluetooth connectivity also allows the LS670 to be used as a wireless speaker, adding an extra layer of multimedia versatility to the device.

Interface

The integration of Google TV is one of the key pillars of the EH-LS670’s positioning and represents a significant strategic evolution within Epson’s ecosystem. The interface provides access to several thousand applications via the Google Store, along with a vast content catalog from major streaming platforms such as Netflix, Disney+, YouTube, and Prime Video. The presence of Google Assistant enables native voice control for launching applications, searching for content, adjusting certain settings, or controlling compatible smart home devices. Built-in Chromecast further enhances this ecosystem by allowing wireless content streaming from a smartphone, tablet, or computer, without the need for an external device.

Epson EH-LS670
Accueil Google TV et menu image EPSON EH-LS670

The installation process has also been designed to simplify initial setup. The Epson Setting Assistant mobile application guides users step by step through image size adjustment, positioning, and focus. This guided approach reduces technical complexity and enables quick commissioning, even for users who are less familiar with front projection systems.

In terms of picture modes, Epson offers four main SDR presets: Dynamic, Standard, Cinema, and Natural, each of which is automatically mirrored by dedicated HDR and HLG versions when a compatible signal is detected. Laser output power can be adjusted on a scale from 30 to 100, allowing brightness to be tailored to screen size, projection surface type, and ambient lighting conditions. Two dynamic contrast modes are available, “Normal” and “High Speed,” which modulate the light source output to enhance perceived contrast in dark or high-dynamic-range scenes.

Epson EH-LS670
Menu EPSON EH-LS670

A particularly important feature is the presence of dynamic tone mapping for HDR content. This function analyzes metadata and signal luminance on a frame-by-frame basis in order to adapt the HDR rendering curve in real time to the projector’s actual performance capabilities. The goal is to prevent highlight clipping and loss of shadow detail while maintaining overall tonal balance, a critical factor when displaying HDR material on a projector whose peak brightness remains lower than that of a flat-panel television.

During my test of the LS650, I highlighted the limited calibration flexibility. The situation improves slightly on the LS670 with the addition of a two-point grayscale adjustment, allowing separate control of gain and offset, as well as the integration of a Color Management System (CMS) providing control over the three dimensions of the color gamut for both primary and secondary colors. However, color space selection remains locked by the projector, which limits advanced optimization possibilities. Three gamma levels are available, along with three predefined color temperature presets. The menus also include a super-resolution function labeled AISR, designed to artificially enhance perceived detail, as well as a frame interpolation mode intended to improve motion smoothness and the rendering of camera pans. Finally, users have access to an electronic LCD panel alignment adjustment, a valuable tool for correcting potential convergence errors, which have historically been a sensitive point in Tri-LCD projection systems.

Epson EH-LS670
Menu super résolution

Gamers are not overlooked in this versatile approach. The dedicated Game mode integrates ALLM (Auto Low Latency Mode) technology, enabling the projector to automatically switch to low-latency operation when a compatible console is detected. This optimization reduces input lag and improves on-screen responsiveness, a critical parameter for fast-paced and competitive gaming. Support for refresh rates of up to 240 Hz further enhances overall display fluidity and helps reduce motion blur on large screen sizes, offering a tangible benefit for users seeking a large-format gaming experience.

Technical Verdict – Test Conditions and Image Sharpness

Before going into the details of my measurements and observations, it is important to clarify the context in which this Epson EH-LS670 test was carried out. The evaluations were performed in a fully dedicated projection room, benefiting from a controlled environment in terms of ambient light and surface treatment, but outside my usual home setup. Under these conditions, I was unfortunately unable to bring all of my dedicated measurement instruments for certain specific sections. As a result, I was not able to carry out precise measurements of audio performance, power consumption, or input lag. I apologize to my readers for this limitation, although these logistical constraints do not call into question the qualitative analysis of the image and the overall behavior of the projector with regard to the fundamental criteria of front projection.

Image sharpness and precision :

The issue of sharpness and display precision is a central one for a projector claiming “PRO 4K UHD” compatibility, even when this is based on an emulation process. In this respect, the EH-LS670 highlights the structural limitations of Tri-LCD technology combined with 4K wobulation, especially when compared to DLP solutions equipped with XPR matrices. One of the most relevant indicators for evaluating optical precision and fine-detail reproduction capability is MTF (Modulation Transfer Function). In simple terms, MTF measures the ability of an optical system to faithfully reproduce contrast between very fine black-and-white lines at different spatial frequencies. The higher the MTF, the better the projector is at maintaining strong contrast on small details, which visually translates into a sharper, more precise, and better-defined image.

Epson EH-LS670
Restitution mire 4K EPSON EH-LS670

In the case of the LS670, even with 4K wobulation activated, MTF performance remains noticeably lower than that of a well-calibrated DLP 4K XPR projector. This is clearly visible on my usual test patterns. The projector is unable to correctly reproduce series of colored vertical and horizontal lines separated by thin white spacing. Where a more capable system maintains clear separation between each element, the LS670 tends to blend adjacent information. The result is a loss of micro-detail, a merging effect on fine patterns, and a reduced sense of precision, particularly noticeable on complex textures or UHD content rich in spatial detail.

Epson EH-LS670
Précision image et traces de défaut d'alignement des panneaux

Added to this are the inherent constraints of the Tri-LCD architecture, particularly regarding panel alignment. Despite the electronic correction tools provided by Epson, slight convergence errors remain visible. On the Burosch cross test pattern, these defects appear as colored fringes along white lines, indicating a minimal but perceptible misalignment between the red, green, and blue panels. This well-known characteristic of Tri-LCD projectors directly affects perceived sharpness and further reduces the overall sense of image crispness.

To improve the final rendering, it is almost mandatory to rely on the AISR (super resolution) function. As can be seen in the comparison montage below, this feature artificially enhances edges and reinforces the perception of fine detail. It does not, of course, create real additional information, but it partially compensates for the optical and panel-related limitations of the system by restoring some depth and impact to the image. Activating AISR therefore proves to be nearly essential to extract the best possible sharpness from the LS670, even if this comes at the cost of digital processing that can sometimes be noticeable on certain high-contrast scenes.

Motion handling :

Unlike pure sharpness, motion rendering is an area where LCD projectors clearly hold an advantage, and the Epson EH-LS670 is no exception. One of the structural benefits of Tri-LCD technology over DLP lies in video cadence management, particularly in scenarios involving frame rate conversions, such as converting 50 Hz signals to 60 Hz, which often results in irregular stuttering commonly referred to as judder. While many DLP projectors enforce a systematic conversion to 60 Hz, applying a 3:2 pulldown process for cinematic content, LCD projectors are able to maintain native 24p playback.

In the case of the LS670, both 1080p24 and 2160p24 sources are correctly handled without intermediate conversion to 60 Hz, which helps avoid the temporal artifacts introduced by 3:2 pulldown. It is important, however, to emphasize that accurate 24p reproduction does not automatically mean “perfect” smoothness from a consumer perspective. The image retains the characteristic cinematic rendering, with the natural micro-stutter inherent to a 24-frames-per-second cadence. In other words, the result is faithful to what is seen in a movie theater, but may surprise users who are accustomed to the artificially enhanced smoothness of modern flat-panel TVs.

For those who prefer smoother motion, Epson provides three levels of frame interpolation. In practice, these processing modes are already effective at the lowest setting, which offers a good compromise between improved fluidity and preservation of the cinematic look. This is in fact the setting I used most often during my various movie and TV series viewing sessions. Higher levels further emphasize the “video” effect, delivering a smoother but also more artificial rendering that can alter the artistic intent of certain content. As such, the first interpolation level appears to be the most balanced choice for versatile everyday use.

Laser speckle :

Speckle is an optical phenomenon specific to laser light sources, appearing as a shimmering, grain-like noise that is mainly visible on bright uniform areas and flat color fields. It is caused by coherent light interference when the laser beam is reflected off the projection surface, particularly on certain high-gain or structurally complex screens. The visibility of speckle varies depending on user sensitivity, the type of projection surface, and the architecture of the projector’s light engine.

In the case of the EH-LS670, this issue is virtually nonexistent. The reason is directly linked to the light generation technology chosen by Epson, which is based on a blue laser source combined with a phosphor wheel. Unlike RGB triple-laser systems, where three coherent wavelengths are projected directly onto the screen, the laser/phosphor solution converts part of the blue light into red and green components via a phosphorescent surface. This conversion process partially disrupts light coherence, significantly reducing the interference patterns responsible for speckle.

In practice, the phosphor wheel acts as a natural speckle filter by “decohering” the light before it is recombined and projected. During my tests, I did not observe any visible speckle artifacts, even on bright test patterns and high-luminance scenes. This represents a real advantage in terms of visual comfort, especially for users who are particularly sensitive to this type of optical artifact.

Overscan, rainbow effect, and other visual artifacts :

Before addressing the specific case of the Epson EH-LS670, it is useful to clarify what is meant by cropping and overscan. Cropping refers to the intentional or imposed trimming of the image, which involves cutting off part of the edges in order to adapt the signal to the display area. Overscan, historically inherited from the analog television era, corresponds to a slight enlargement of the image that mechanically results in the loss of a portion of the content around the borders. This practice was originally intended to mask edge imperfections in broadcast TV signals, but it no longer has any real technical justification in a modern digital environment, where sources are precisely calibrated and pixel-to-pixel accuracy is expected.

Epson EH-LS670
Overscan EPSON EH-LS670

One of the advantages of LCD projectors, and in particular Tri-LCD models such as the EH-LS670, is their ability to avoid several structural drawbacks associated with certain DLP architectures. This notably includes the complete absence of the rainbow effect, which is an important point for users who are sensitive to it, as well as the elimination of the well-known gray frame linked to 0.47-inch DMD chips, which visually pollutes the borders of the projected image. None of these issues are present on the Epson EH-LS670, which delivers a true edge-to-edge image without parasitic halos or inactive border areas around the active frame. At this price level, it is in fact the only laser UST projector capable of guaranteeing a viewing experience entirely free of rainbow artifacts, representing a strong differentiating factor compared to DLP-based competitors.

As for overscan itself, it is disabled by default on the LS670, as is now the case with the vast majority of modern projectors. Display is therefore performed in true 1:1 pixel mapping mode, with no artificial enlargement of the image and no loss of information along the edges. One may legitimately question the relevance of keeping this option in the menu system, given that it is systematically disabled by default and rarely used in contemporary home cinema environments. In practice, the EH-LS670 behaves flawlessly in this regard, strictly respecting the video frame and preserving the full source signal, which is an essential prerequisite for properly exploiting UHD content and calibration test patterns.

Out-of-the-box gamut, color accuracy, and gamma analysis :

Epson EH-LS670
Couleurs SDR EPSON LS670

For this analysis dedicated exclusively to the color performance of the Epson EH-LS670, measurements were carried out in a dedicated room with the probe facing the white projection screen, using a reference measurement protocol combining a JETI 1501 Hi-Res spectrophotometer to establish the spectral profile, a Klein K10A colorimeter for fast and accurate readings, Calman Studio software for system control, and a Murideo pattern generator to feed standardized test signals. This methodology ensures reliable assessment of gamut coverage, white balance, grayscale accuracy, and gamma curve tracking, independently of brightness and contrast considerations, which will be addressed in a separate section.

In terms of gamut performance, the EH-LS670 logically falls within the category of Tri-LCD laser/phosphor projectors. In HDR, coverage of the BT.2020 container reaches 55.4% in CIE 1931 xy and 60.25% in CIE 1976 u’v’, confirming that this model is not designed to reproduce the extreme saturations defined by the UHD standard. This limitation is inherent to the laser/phosphor architecture, which remains constrained by the spectral conversion of the phosphor layer, particularly for the red and green primaries.

Epson EH-LS670
Couverture BT.2020

When evaluated against the UHD-P3 color space, which is far more representative of current HDR mastering practices, results are significantly more favorable, with 76.15% coverage in CIE 1931 xy and 79.48% in CIE 1976 u’v’.

Epson EH-LS670
Couverture DCI P3

In practical terms, this allows the LS670 to deliver a credible HDR color palette, with sufficiently saturated colors to reproduce most UHD content correctly, even if it remains behind the most ambitious triple-laser solutions. In SDR, Rec.709 coverage reaches 91.3%, a comfortable level that ensures faithful reproduction of standard HD content and generally well-controlled color saturation.

Epson EH-LS670
Couverture Gamut SDR

The analysis of the out-of-the-box picture modes then reveals noticeable differences in white balance behavior and overall neutrality. The Dynamic mode shows an average color temperature of 7389 K, with a DeltaE2000 of 4.2 and an average gamma of 2.228. The image is therefore clearly cooler than the D65 reference, while remaining relatively consistent in terms of gamma tracking. This mode favors visual impact and perceived brightness over strict color accuracy.

Epson EH-LS670
MODE DYNAMIQUE SORTIE DE BOITE

The Standard mode proves to be the most problematic in terms of neutrality. Measurements indicate a very high average color temperature of 8905 K, combined with a DeltaE2000 of 10.1, reflecting a strong blue shift and clearly insufficient grayscale accuracy for cinema use. The average gamma, measured at 2.216, remains close to the target, but is not enough to compensate for the pronounced chromatic imbalance.

Epson EH-LS670
MODE STANDARD SORTIE DE BOITE

The Cinema mode significantly improves the situation, although it still falls short of reference-level performance. With an average color temperature of 7059 K, a DeltaE2000 of 7.2, and a gamma value of 2.179, it remains slightly too cool and still too far from the accuracy standards expected for faithful cinematic reproduction. Nevertheless, it provides a more coherent baseline than the Standard mode, provided that white balance corrections are applied.

Epson EH-LS670
MODE CINEMA SORTIE DE BOITE

It is the Natural mode that clearly stands out as the most balanced out-of-the-box preset. Measurements show an average color temperature of 6188 K, slightly below the D65 target but far better controlled than the other presets. The DeltaE2000 of 3.9 places this mode in a relatively clean zone for an uncalibrated consumer projector, with deviations that are generally not very noticeable under real viewing conditions. The average gamma of 2.174 with a smooth curve and good low-level detail visibility.

Epson EH-LS670
MODE NATUREL SORTIE DE BOITE

Once calibrated, the LS670 demonstrates a significantly higher potential in terms of color fidelity. Measurements show an adjusted color temperature of 6520 K, a DeltaE2000 reduced to 0.9, and an average gamma of 2.21, which corresponds to near-perfect alignment with Rec.709 video standards in SDR. This confirms that, despite imperfect factory presets, the underlying Tri-LCD platform allows the projector to reach a high level of neutrality after proper calibration.

HDR Analysis and Adaptive Gamma (Dynamic Tone Mapping) :

The HDR performance of the Epson EH-LS670 was evaluated using dedicated HDR grayscale and EOTF measurements, with the same reference measurement chain as previously described. The objective here is not to assess peak brightness or contrast, which will be covered separately, but rather to analyze how the projector interprets and maps HDR signals to its own luminance capabilities.

Like the vast majority of consumer projectors, the EH-LS670 operates with a peak luminance that is significantly lower than that assumed by HDR mastering standards, which are typically based on reference displays capable of reaching 1,000 nits or more. This intrinsic limitation makes tone mapping a critical element of HDR reproduction on projection systems. Without proper tone mapping, highlights are clipped, shadow detail is crushed, and the overall image balance becomes inconsistent with the artistic intent.

Epson integrates what it calls “Adaptive Gamma” on the LS670, which in practice corresponds to a form of Dynamic Tone Mapping (DTM). This processing dynamically adjusts the HDR transfer function in real time, based on the luminance characteristics of the incoming signal. Instead of applying a fixed HDR curve, the projector analyzes the content frame by frame (or scene by scene) and adapts the roll-off of highlights and midtone compression in order to fit the HDR signal into the projector’s actual dynamic range.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif désactivé

When the adaptive gamma is disabled, the measurements show a noticeable mismatch between the target PQ EOTF curve and the projector’s output. The luminance tracking deviates early, with highlights being prematurely compressed and a visible loss of detail in bright areas. This behavior is typical of static tone mapping, where the projector applies a generic HDR curve that does not account for the dynamic variations in content mastering levels.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif normal

With adaptive gamma enabled, the behavior changes significantly. In “Normal” mode, which represents the most balanced setting, the LS670 achieves a much closer tracking of the reference EOTF up to its practical luminance limit. Highlight roll-off becomes smoother and more progressive, preserving more detail in bright elements such as specular reflections, light sources, and sunlit surfaces. At the same time, midtones remain properly positioned, avoiding the overly dark or overly flat appearance that often affects poorly tuned HDR implementations on projectors.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif faible

The “Low” adaptive gamma setting prioritizes brightness preservation and midtone lift, which can be beneficial in rooms with residual ambient light, but it comes at the expense of highlight accuracy and overall HDR contrast perception. Conversely, the “High” setting applies stronger compression to the upper luminance range, protecting highlight detail more aggressively but slightly darkening the midtones. This mode can be advantageous in fully light-controlled rooms where maximum contrast perception is desired.

Epson EH-LS670
HDR Gamma adaptatif élevé

From a practical viewing standpoint, the “Normal” adaptive gamma mode proved to be the most consistent and versatile option during movie playback. It delivers a coherent HDR balance, preserves artistic intent more effectively, and avoids the most common HDR artifacts seen on projection systems, such as clipped whites, dull highlights, or excessively compressed dynamic range.

The importance of this dynamic tone mapping approach cannot be overstated for HDR movie reproduction. Unlike flat-panel displays, projectors cannot rely on brute-force brightness to reproduce HDR. Instead, intelligent signal adaptation is the key to maintaining visual impact, preserving detail across the entire luminance range, and delivering a perceptually convincing HDR experience. On this point, Epson’s implementation on the LS670 is technically sound and clearly beneficial, representing a meaningful improvement over static HDR processing.

Brightness and Contrast Analysis :

Epson EH-LS670
Contrôle luminosité colorimétrie EPSON EH-LS670

From a photometric standpoint, the results obtained with the Epson EH-LS670 differ significantly from the manufacturer’s specifications. Epson advertises a maximum light output of 3600 lumens, an ambitious figure that could not be approached in practice during my measurements, regardless of the selected configuration. The best result was achieved in Dynamic mode, with a measured peak of 2698 lumens, which already represents a shortfall of nearly 25% compared to the theoretical value. In Natural mode, which is far more usable in terms of color accuracy, brightness drops to around 2123 lumens. These levels remain sufficient to drive comfortable screen sizes in SDR and moderate HDR use, but they clearly place the LS670 in a more realistic category of UST laser projectors delivering roughly 2000 to 2700 effective lumens, far from the initial marketing promise. This discrepancy is partly explained by the compromises required to maintain a usable white balance and a coherent gamma curve, as the brightest modes are also those that most severely degrade chromatic neutrality.

The situation is even more critical when it comes to native contrast. The measurements place the LS670 at around 600:1 on average depending on the picture mode, with for example 619:1 in Natural mode and 638:1 in Cinema mode. This level is objectively low for a home cinema projector, even within the ultra-short-throw category, and it translates visually into shallow blacks, a noticeable gray veil in dark scenes, and limited intrinsic dynamic range. Under these conditions, activating dynamic contrast is no longer optional but becomes almost mandatory in order to restore a minimum sense of depth and image relief.

Epson EH-LS670
Couleurs SDR EPSON LS670

The dynamic modulation is not neutral from a colorimetric standpoint. Rapid variations in laser output affect the spectral balance of the light source, resulting in slight white balance shifts and saturation variations depending on the scene. This effect remains relatively contained in Normal mode, but becomes more noticeable in High Speed mode, where priority is clearly given to visual impact and perceived contrast rather than chromatic stability.

In practice, the LS670 therefore imposes a fairly pronounced compromise: without dynamic contrast, the too-low native contrast significantly limits image depth; with dynamic contrast enabled, the rendering gains punch and improved readability in dark scenes, but at the cost of color instability. This confirms the projector’s positioning as a versatile, mainstream-oriented solution, capable of delivering a bright and visually appealing image, yet still limited on strictly home cinema criteria when focusing on native contrast performance and absolute color fidelity.

Subjective Impressions

From a purely subjective standpoint, and beyond raw measurements, the Epson EH-LS670 delivers an image presentation that constantly oscillates between genuine viewing comfort and structural limitations related to its native contrast and HDR handling. The opening sequence of Alien: Romulus, which I systematically use to evaluate black depth and low-level shadow performance, immediately highlights this duality. Without activating dynamic contrast, the image clearly lacks density, with the space background leaning toward dark gray rather than truly deep black. The ship’s volumes remain readable, but the sense of abyss and spatial emptiness central to this sequence is noticeably reduced.

Once dynamic contrast is enabled in Normal mode, however, the rendering gains a significant amount of depth. Blacks tighten up, dark areas recover more credible tonal separation, and shadow detail visibility improves. This is obviously not comparable to high-performance dynamic iris DLP projectors or advanced laser modulation systems, but the improvement is substantial enough to meaningfully enhance immersion. Color stability remains acceptable in this mode, although slight global brightness fluctuations can occasionally be perceived in very high-contrast shots.

With Dune: Part Two, and more specifically the scene depicting the Harkonnen troop gathering celebrating their victory over the Atreides, the LS670 highlights its strengths more clearly. The available light output allows the image to remain impactful even on large screen sizes, with deep reds, a strong dark tonality, and excellent readability of metallic textures and costume details. The Tri-LCD technology provides a welcome advantage here in terms of color stability, delivering uniform saturation and a complete absence of rainbow artifacts, which contributes to a very comfortable viewing experience during wide shots and camera movements. That said, the lack of native contrast limits the perception of depth in darker backgrounds, resulting in an image that appears flatter than what more cinema-oriented projectors can deliver.

The iconic lunar eclipse scene over the dunes is particularly revealing of the LS670’s HDR behavior. Thanks to the integrated dynamic tone mapping, highlights remain generally well controlled, without harsh clipping, while preserving gradations in the sky and luminous halos around the celestial body. Sand textures remain clearly defined, with smooth gradients and good tonal separation in bright areas. Once again, visual impact is undeniable, largely driven by the available brightness and stable color reproduction, but overall dynamic range remains constrained by the limited native contrast. The spectacular effect of this sequence relies more on brightness and chromatic consistency than on a true sense of three-dimensional depth.

Conclusion

At the end of this in-depth evaluation, the Epson EH-LS670 establishes itself as a UST projector with a clearly defined identity, positioned primarily toward versatility and mainstream usage. Visually, it delivers a pleasant, bright, and comfortable image, supported by uniform color reproduction and convincing HDR processing thanks to its dynamic tone mapping system. The overall experience is flattering, impactful, and accessible, with a “big screen spectacle” rendering that works particularly well for modern content, streaming platforms, and mixed cinema/series/gaming usage.

On the other hand, technical limitations remain significant for enthusiasts seeking ultimate image fidelity. The low native contrast, limited black depth, and restricted intrinsic dynamic range prevent the LS670 from competing with more cinema-focused solutions. It clearly prioritizes immediate visual impact, ease of installation, and all-in-one integration over absolute cinematic accuracy. This positioning, however, remains consistent with the product’s design philosophy.

It is also important to highlight a key differentiating factor in today’s UST market: the EH-LS670 represents one of the very few credible alternatives to DLP-based UST projectors. As such, it serves as a genuine lifeline for users sensitive to the rainbow effect, which is entirely absent here thanks to the Tri-LCD technology. In a market largely dominated by DLP UST models, Epson maintains a distinct and almost militant identity by continuing to offer a different technological approach. A kind of “Gaulish village” of UST projection, still resisting the Roman invader—for the great relief of DLP-sensitive viewers.

Taking all these elements into account, the Epson EH-LS670 earns a global rating of 3 “Bons Plans Calibré”: a relevant choice for users looking for a bright, versatile, comfortable-to-use UST projector free from rainbow artifacts, while accepting its compromises in native contrast performance and black level depth.

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7 Commentaire(s)

  1. AVHOBBY dit :

    Bonjour Greg,Merci beaucoup pour votre évaluation de ce UST. Pourriez-vous me dire quel écran vous utilisiez avec ce UST, et même pour Epson, ces niveaux de luminosité et de contraste natif sont vraiment bas ? Merci.

  2. Jyde314 dit :

    Toujours intéressant d’avoir une alternative technologique, pas d’AEC, pas de speckle, du 24p etc… Perso pas sensible mais le résultat semble équilibré et surtout cohérent avec la cible du produit: prêt à utiliser avec en prime un mode naturel pas deconnant. Le principal défaut est son contraste faiblard. Une toile avec gain négatif atténuera légèrement… Merci Greg pour ce test ust, je note que tu n’as pas mis la mesure de bruit, simple oubli ou est-ce devenu un problème résolu au fil des modèles silencieux 🤫?

    1. GregW dit :

      La raison est mentionnée dans le test.

  3. Jyde314 dit :

    Ah oui, désolé zappé l’info que tu n’avais pas fait le test chez toi. La gestion du bruit n’étant pas spécialement leur point fort, le qualifierais tu subjectivement de bruyant, ça va encore ou presque inaudible ?

  4. AVHOBBY dit :

    Bonjour, lorsque j’ai eu le Epson EH-LS670B au début de novembre l’année dernière, j’ai constaté qu’il démarrait en 4 à 5 secondes, le logiciel Google TV était très rapide et il était pratiquement silencieux lorsque la luminosité du laser était réglée au minimum. Très impressionnant en effet. Mais il ne pouvait pas transmettre le DTS MA via son HDMI eARC, il le transmettait plutôt en PCM multicanal. Il y a beaucoup de choses à vraiment apprécier sur l’EH-LS670 mais comme le souligne Gregory dans son avis, le rapport de contraste natif le laisse quelque peu en retrait ainsi que le ratio de projection par rapport à une grande partie de la concurrence actuelle, qui propose des projecteurs à courte focale pour moins cher.

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