Test Hisense M2 Pro

Ces sept derniers jours ont clairement été placés sous le signe du rouge, vert, bleu... et surtout du logo Hisense. Après vous avoir livré le tout premier banc d’essai en ligne du PT1, le nouveau projecteur UST triple laser de la marque je reste dans la galaxie TriChroma, mais je change d’orbite. Cap maintenant sur le M2 Pro, un modèle compact, transportable, pensé pour une utilisation plus "lifestyle", mais sans faire l’impasse sur les performances.

Prévu pour une commercialisation dès la fin du mois de juillet au tarif de 1299€, le Hisense M2 Pro vient étoffer la famille des projecteurs triple laser accessibles. C’est même un petit cousin direct de la série C2, avec qui il partage l’esprit grand public, mais pas mal de composants internes aussi. Et comme chez certains cousins, il y a parfois de bonnes surprises : ici, c’est la présence inattendue d’un zoom optique (oui, oui, un vrai, pas numérique), chose quasi introuvable dans cette gamme de prix, surtout sur un projecteur compact.

C’est donc encore une fois en avance de phase que je vous propose de découvrir ce M2 Pro, un modèle qui cherche à concilier compacité, qualité d’image et budget raisonnable, le tout dans un design plus passe-partout que tape-à-l’œil.

Assez bavardé. Il est temps d’ausculter en détail ce nouveau venu.

De quoi s'agit-il ?

Le Hisense M2 Pro est un vidéoprojecteur compact à triple laser RVB (TriChroma), il s’inscrit dans la lignée des modèles “lifestyle” comme le C2, dont il reprend l’esprit et certaines caractéristiques. À commencer par sa source lumineuse : un système TriChroma, donc trois lasers séparés (rouge, vert, bleu) pour une lumière pure et directe, sans roue de phosphore ni filtres colorés. Cette technologie permet d’atteindre une couverture de 110 % du spectre BT.2020, bien au-delà des capacités d’un projecteur LED ou même d’un laser mono-RVB classique. Ce spectre étendu n’est pas là juste pour faire joli sur une fiche : il joue sur l’effet Helmholtz-Kohlrausch, qui accentue la perception de luminosité par saturation colorée. En parlant de luminosité, le constructeur annonce une puissance lumineuse de 1300 lumens avec un contraste natif de 1000:1.

Côté résolution, on retrouve la désormais classique puce DLP 0,47" avec traitement XPR 4X, simulant une image Ultra HD à partir d’une matrice native 1080p. Le procédé est bien maîtrisé, offre une bonne finesse d’affichage, et surtout reste très compact, un choix cohérent avec la philosophie “plug & play” du M2 Pro. Il est aussi compatible avec tous les formats HDR utiles : HDR10, HDR10+ et HLG. Mais surtout, il intègre une cartographie tonale dynamique (tone mapping), rare dans cette gamme de prix. Le projecteur analyse la scène en temps réel pour adapter les contrastes, éviter l’écrêtage et préserver les détails dans les hautes lumières comme dans les ombres.

Autre surprise pour un projecteur à ce prix : la présence d’un vrai zoom optique, permettant une image de 65 à 200 pouces, avec autofocus, alignement automatique et correction de trapèze. L’installation est donc largement simplifiée, même dans une pièce non dédiée. Pour la fluidité, le M2 Pro embarque un système MEMC (Motion Estimation/Motion Compensation) qui peut être activé ou non selon les goûts : idéal pour ceux qui veulent lisser les mouvements dans les sports ou jeux, mais désactivable pour respecter le sacro-saint 24p cinéma. Et en jeu, justement, il s’en sort plutôt bien avec un input lag d’environ 12 ms, un mode ALLM activé automatiquement en HDMI 2.1, et un support jusqu’à 240 Hz en 1080p, 120 Hz natifs en Full HD, ou 60 Hz en 4K. Pas mal pour un projecteur qu’on peut glisser dans un sac à dos.

Le son intégré n’est pas en reste : le système stéréo signé Hisense gère Dolby Audio et DTS Virtual:X, avec une réserve suffisante pour des usages de proximité. Pour une projection d’appoint ou une soirée film dans une chambre ou sur une terrasse. Côté connectivité, il est compatible AirPlay 2, Bluetooth, Wi-Fi, accepte les périphériques USB et peut même être piloté par commande vocale. L’interface VIDAA U 9.0 est fluide, claire, et propose toutes les apps essentielles : Netflix, Prime Video, Disney+, Canal+, Arte, YouTube…

Compact, bien pensé, technologiquement avancé sans exploser le budget, le M2 Pro arrive sur le segment lifestyle avec de vrais arguments.

Tour de l'appareil

Dès le premier déballage, le message est clair : le Hisense M2 Pro n’a pas été conçu pour rester vissé au plafond. Avec ses dimensions compactes (19,3 x 21,8 x 23 cm) et un petit 3,5 kg sur la balance, il fait partie de ces projecteurs qu’on balade sans effort du salon à la terrasse, ou qu’on embarque dans le coffre pour un week-end ciné en maison de campagne. Et pour ne rien gâcher, il arrive dans une boîte complète comme on les aime, avec télécommande rétroéclairée, bloc d’alimentation, manuel, et même une mallette de transport plutôt bien fichue.

HISENSE M2 PRO
HISENSE M2 PRO

Côté construction, on reste sur du plastique, mais du plastique costaud et bien fini. Pas d’effet "coquille vide" ni de craquements suspects quand on le prend en main. Certes, ce n’est pas le châssis en métal brossé du C2 Pro – qui joue clairement dans une autre catégorie – mais ce choix est assumé. Ici, le maître-mot, c’est la mobilité. Et pour renforcer cette vocation nomade, Hisense a intégré un petit twist de conception malin : une poignée de transport dissimulée dans le socle fixe. Une fois déployée, elle offre une vraie prise en main confortable, sans jeu ni fragilité. On peut trimbaler le M2 Pro sans jamais avoir peur qu’il glisse ou qu’il s’ouvre comme un vieux panier de pique-nique. Le pied, quant à lui, assure une excellente stabilité, même sur surface lisse : on sent que ce projecteur est taillé pour le quotidien.

HISENSE M2 PRO
HISENSE M2 PRO

Petit mais pas manchot, le Hisense M2 Pro nous glisse une agréable surprise que même certains modèles plus onéreux n’osent plus offrir : un zoom optique manuel intégré. Oui, vous avez bien lu, un vrai zoom, à l’ancienne, qui vous permet d’ajuster la taille d’image sans dégrader la qualité, ni passer par une vilaine interpolation numérique. À ce tarif, c’est franchement rare – et c’est l’un des points qui démarque clairement ce modèle dans la jungle des projecteurs compacts lifestyle.

Le ratio de projection varie entre 1.0 et 1.3:1, ce qui offre une certaine latitude dans le placement de l’appareil. En pratique, cela veut dire que pour une image de 2 mètres de base (soit 90 pouces de diagonale), il faudra un recul compris entre 2 et 2,6 mètres environ. Si vous visez plus grand, disons une image de 120 pouces (2,66 m de base), prévoyez entre 2,66 m et un peu moins de 3m46 m de distance. Le zoom est fluide, sans cran ni jeu mécanique, et permet une mise au point précise en quelques secondes.

HISENSE M2 PRO
Télécommande éclairée

Ce qui est appréciable ici, c’est que le zoom ne sacrifie pas la netteté ni la géométrie de l’image. Contrairement à de nombreux modèles compacts où la taille d’image est verrouillée par une focale fixe un peu trop serrée ou trop large, le M2 Pro vous laisse respirer côté installation. Et pour une fois, ce n’est pas la notice qui dicte où vous devez poser votre projecteur, mais bien vous, en fonction de votre pièce et de votre écran.

Il faut bien sûr garder à l’esprit que ce zoom reste modeste (on est loin d’un 1.6x ou 2.0x de projecteurs plus traditionnels), mais dans cette catégorie ultra-mobile, il apporte une vraie souplesse d’usage.

La connectique va dans le même sens : minimaliste, mais bien pensée. Une seule entrée HDMI 2.1, mais pas n’importe laquelle : compatible eARC pour le retour audio vers une barre de son ou un ampli, ALLM pour détecter automatiquement les consoles de jeu et basculer en mode faible latence, et bien sûr CEC pour piloter tout ça avec une seule télécommande. À côté, un port USB 3.0 pour brancher une clé ou un disque dur, et… c’est tout. Pas de sortie optique, pas de prise jack. Radical ? Oui, mais cohérent avec le positionnement. Hisense mise clairement sur une connectivité sans fil bien dans son époque.

HISENSE M2 PRO
HISENSE M2 PRO

Et là-dessus, le M2 Pro est plutôt bien servi : Wi-Fi 6E pour un streaming 4K ultra fluide, Bluetooth 5.3 pour appairer facilement casque, enceinte ou télécommande, et surtout l’intégration de VIDAA Voice. Le contrôle vocal fonctionne via la télécommande (qui dispose d’un micro intégré), mais peut aussi passer par Alexa ou Google Assistant, à condition d’avoir une enceinte connectée compatible.

Interface

Avec Vidaa dans sa version 9, pas de révolution, mais une belle dose de sérénité : on reste en terrain connu, simple, rapide, efficace, et franchement bien pensé pour l’utilisateur connecté. L’interface maison de Hisense a gagné en maturité, tout en conservant sa logique minimaliste. Tous les grands services de streaming sont intégrés directement, sans avoir à passer par une clé HDMI ou une box externe : Netflix, Prime Video, YouTube, Disney+, Apple TV ou encore Canal+, Molotov et consorts sont à portée de télécommande. L’ergonomie n’a pas changé, mais c’est tant mieux : ça fonctionne, et c’est assez rare pour être souligné dans cette gamme de prix.

HISENSE M2 PRO
VIDAA 7

Le lecteur média intégré, quant à lui, se montre d’une tolérance admirable : H.264/AVC, H.265/HEVC, VP9, dans tous les contenants classiques – MKV, MP4, MOV, TS –, rien ne lui résiste. Côté audio, même son de cloche : AAC, MP3, WMA, FLAC, PCM, AC3/EAC3, tout passe comme une lettre à la poste. Les photos, en JPEG, PNG, BMP, GIF, WebP, MPO, sont également lues sans latence ni erreur d’encodage, que ce soit depuis une clé USB, un disque dur externe ou un serveur DLNA. Ce genre de polyvalence sans caprice est loin d’être systématique chez les concurrents.

Mais là où le M2 Pro devient franchement attachant, c’est dans l’accès à des réglages d’image poussés qui raviront les amateurs de calibrage maison comme les pros en déplacement. On retrouve un CMS complet (teinte, saturation et luminosité sur les six couleurs primaires), une échelle de gris à 2 ou 20 points, un éditeur de gamma avec plusieurs courbes sélectionnables (2.2, 2.4, BT.1886…), et un choix de gamut allant du Rec.709 au DCI-P3, avec un mode BT.2020. Une barre horizontale de raccourcis pour les principaux réglages d’image a fait son apparition : simple, mais redoutablement pratique en situation.

HISENSE M2 PRO
Menu image

En matière de profils, la logique Hisense reste inchangée : six modes sont proposés en SDR (Standard, Filmmaker, Cinéma Jour, Cinéma Nuit, Dynamique et Sport), tandis que le HDR bénéficie de variantes spécifiques (HDR Standard, HDR Filmmaker, HDR Cinéma…). Le Dolby Vision est lui aussi soigné, avec trois profils distincts – Lumineux, Sombre, et Personnalisé – tous modifiables avec des réglages accessibles. L’ensemble est fluide, intuitif, et suffisamment riche pour ne pas frustrer les utilisateurs avancés.

Pour adapter la puissance lumineuse à votre environnement ou à la toile, Hisense propose ici un réglage manuel de la puissance du laser, de 1 à 10, avec en bonus trois modes de boost lumineux (Standard, Haut et Ultra) déjà croisés sur le PT1.

Le contraste, quant à lui, peut être optimisé à l’aide d’une nouvelle fonction baptisée “Amélioration du scénario”, une forme de contraste dynamique réglable ou désactivable, avec deux approches : “Dynamique élevée” qui ajuste scène par scène le contraste global, et “Amélioration des noirs” qui pousse légèrement les zones sombres sans cramer les hautes lumières. Les options de contraste adaptatif sont aussi présentes comme sur le PT1.

Test HISENSE M2 PRO
ALIEN ROMULUS

Le HDR est pris en charge sérieusement, avec un Dynamic Tone Mapping (DTM) intégré, autrement dit un mappage dynamique des métadonnées HDR qui adapte la courbe PQ à chaque scène pour éviter les noirs bouchés et les hautes lumières grillées. Pour ceux que les travellings saccadés à 24 images/seconde hérissent, pas d’inquiétude : l’interpolation d’images est bien là, avec plusieurs niveaux de fluidification disponibles. Libre à chacun de choisir le degré de compensation de mouvement souhaité, quitte à flirter (ou non) avec l’effet caméscope.

A cela s’ajoute une gestion étendue des taux de rafraîchissement, qui montre que le M2 Pro n’a pas été conçu uniquement pour les amateurs de films, mais pense aussi aux joueurs – y compris les plus exigeants. Selon la résolution de la source, le projecteur adapte sa fréquence d’affichage de manière intelligente et efficace : on profite d’une image en 4K à 60 Hz, parfaite pour les jeux narratifs ou d’aventure en haute résolution avec une belle fluidité. Les consoles de dernière génération ne sont pas oubliées, puisque le M2 Pro accepte le 1080p à 120 Hz, un combo idéal pour les FPS nerveux ou les titres compétitifs qui demandent une réactivité accrue. Et pour ceux qui cherchent à tout optimiser, notamment côté PC, le projecteur va même jusqu’à 240 Hz en Full HD.

Verdict technique

Bruit de fonctionnement et qualité du système sonore intégré :

Ca commence très bien pour notre verdict technique, avec une entrée en matière qui ravira les oreilles sensibles : quel que soit le niveau de puissance lumineuse sélectionné, le bruit de fonctionnement du Hisense M2 Pro reste d’une discrétion exemplaire. Lors de mes mesures dans la salle de test, le niveau résiduel de bruit projecteur éteint était de 33,6 dB, et une fois l’appareil allumé à pleine puissance… 33,9 dB. Autrement dit, une différence de seulement 0,3 dB, autant dire imperceptible pour 99 % des utilisateurs — sauf peut-être ceux qui vivent avec une oreille de chauve-souris.

Ce silence de fonctionnement est d’autant plus appréciable qu’il laisse tout le loisir au système audio intégré de s’exprimer pleinement sans devoir compenser un fond sonore parasite. Et là, surprise ! Pour un modèle aussi compact, le M2 Pro offre un rendu sonore franchement convaincant : les voix sont claires, les mediums bien équilibrés, et même les basses font une apparition honorable (sans rivaliser avec une barre de son, bien sûr, restons lucides). Dans une pièce de taille moyenne, l’ensemble tient parfaitement la route pour une utilisation cinéma ou streaming sans frustration, ce qui, dans cette gamme de prix et ce format, n’est pas si fréquent. La spatialisation reste modeste mais propre, et l'ensemble ne donne jamais l'impression de saturer, même à volume élevé. Un bon point donc, aussi bien pour la discrétion que pour la restitution sonore, qui renforcent ensemble l'usage quotidien sans prise de tête ni besoin immédiat d’un système externe.

Consommation électrique :

On continue sur une autre bonne surprise : la consommation électrique du Hisense M2 Pro. Là encore, ce petit projecteur joue la carte de la sobriété sans sacrifier les performances. En mode laser à 10 (puissance maximale) sans boost de luminosité activé, la consommation plafonne à seulement 73,8 watts. Et même lorsqu’on active les modes de renforcement lumineux, la courbe reste très raisonnable : 85,9W en mode standard, 87,5W en mode haut et 87,7W en mode ultra. En clair, même à plein régime, le M2 Pro consomme moins qu’un grille-pain distrait, et ce tout en offrant une belle réserve lumineuse pour un usage en pièce claire ou semi-contrôlée. Ce profil énergétique très contenu renforce son positionnement lifestyle et nomade : facile à alimenter, discret à l’usage, et très loin des dévoreurs de kilowatts qu’on croise parfois chez les plus gros calibres de projection.

Piqué et précision de l'image :

Sur le front de la netteté, le Hisense M2 Pro fait honneur à la réputation grandissante de la marque en matière de traitement vidéo. La précision de l’image est excellente, et l’émulation 4K fait mouche. Ma fameuse mire 4K avec les lignes entrecroisées verticales et horizontales — redoutable juge de paix pour détecter toute approximation de traitement ou de scaling — est parfaitement restituée : pas de bavure, pas d'effet de trame, les croisements sont nets, les détails fins bien là. On sent que le moteur de traitement d’image a été soigné.

HISENSE M2 PRO
Mire 4K

Le piqué global est lui aussi très bon, avec une belle sensation de relief et de séparation des plans, ce qui est d’autant plus remarquable compte tenu du format compact de l’engin.

HISENSE M2 PRO
Mire de netteté

Cependant, tout n’est pas parfait : malgré le confort des réglages motorisés pour le zoom et le focus (pilotables depuis la télécommande), j’ai constaté à plusieurs reprises que la mise au point avait tendance à glisser légèrement après quelques dizaines de minutes. Rien de dramatique, mais j’ai dû retoucher manuellement le focus pour retrouver une netteté optimale en cours de visionnage. Un point à surveiller donc, surtout pour les plus exigeants en matière de précision optique, même si cela n’entache pas la très bonne impression générale sur la restitution d’image.

Fluidité :

Le Hisense M2 Pro, comme tous les projecteurs DLP à puce 0,47", repose sur un traitement vidéo qui convertit systématiquement tous les signaux entrants en 60 Hz. Cela signifie que les sources cinéma encodées en 24p (le standard des films) subissent un reformatage qui perturbe le rythme naturel des images. Résultat : l’apparition du fameux "judder", ces micro-saccades lors de mouvements de caméra lents, qui cassent la fluidité native du film. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer, la toute dernière version de la puce DMD intégrée dans le M2 Pro — une Texas Instruments DLP470TE, associée à un nouveau contrôleur DLPC7540 — n’apporte toujours pas de gestion native du 24p. Les micromiroirs restent cadencés pour afficher en 60 Hz, et à moins que le fabricant n’intègre une logique de rafraîchissement à 48 ou 96 Hz (ce qui n’est pas le cas ici), le problème subsiste. Heureusement, Hisense propose ici une interpolation d’image efficace, avec plusieurs niveaux réglables. Le mode "Homogène" reste le meilleur compromis selon moi : il corrige les saccades sans introduire d’artéfacts trop visibles. On peut aussi opter pour le mode "Personnalisé" en poussant le curseur à +5 pour équilibrer la suppression du judder sans tomber dans l’effet soap opera façon téléfilm de 14h.

Input lag :

Sur le plan de l’input lag, le Hisense M2 Pro fait clairement un bond en avant par rapport au PT1. En activant le mode Turbo DLP ainsi que les options spécifiques du mode jeu, j’ai mesuré un délai d’affichage de seulement 17,7 ms en source UHD 60 Hz. Pour remettre ça en perspective, le PT1 plafonnait autour de 32,1 ms, un résultat déjà correct mais qui pouvait poser problème aux joueurs exigeants, notamment sur les jeux rapides et compétitifs. Cet input lag très faible sur le M2 Pro signifie que la latence entre l’action sur la manette (ou le clavier/souris) et la réaction à l’écran est réduite au strict minimum, ce qui offre une expérience de jeu beaucoup plus réactive et immersive.

HISENSE M2 PRO
Input lag HISENSE M2 PRO

Cela place le M2 Pro dans la catégorie des projecteurs parfaitement adaptés aux joueurs, même ceux qui pratiquent des titres eSports où chaque milliseconde compte. Associé à la prise en charge des taux de rafraîchissement élevés (120 Hz en 1080p, 240 Hz en Full HD), ce projecteur offre un combo rare dans sa gamme de prix, qui saura séduire aussi bien les gamers occasionnels que les plus pointus.

Overscan et bordure grise qui entoure l’image utile :

Attention à bien vérifier le réglage de l’overscan sur le Hisense M2 Pro, car par défaut, cette fonction est activée et rogne légèrement l’image sur les bords. Si vous ne la désactivez pas, vous risquez de perdre une partie du cadre, ce qui est toujours dommage quand on veut profiter de l’image dans son intégralité, surtout en home cinéma. Une fois l’overscan désactivé, vous retrouvez l’image complète telle qu’elle doit être vue, sans couper quoi que ce soit.

HISENSE M2 PRO
overscan

Concernant la bordure grise qui entoure l’image utile, elle est bien présente, comme sur beaucoup de projecteurs DLP utilisant une puce 0,47" avec micro-miroirs non exploités sur les côtés. Cette bordure mesure environ 2 cm, un standard dans la catégorie. Rien d’inhabituel donc, mais un point technique à connaître pour optimiser au mieux la configuration et profiter pleinement du cadre d’image.

Speckle laser et dirthering DLP :

Deux défauts bien connus des projecteurs DLP laser viennent entacher l’expérience sur le Hisense M2 Pro : le speckle laser et le dithering numérique. Le premier est typique des sources RGB laser pures : en l’absence de traitement optique ou de diffuseur, l’émission cohérente des faisceaux provoque un phénomène d’interférences à la surface de l’écran, surtout si celui-ci présente une structure directionnelle comme une toile technique ALR. Résultat : des taches scintillantes fixes ou mouvantes apparaissent dans les zones claires, les aplats et parfois même sur les visages. Et sur ce M2 Pro, le speckle atteint un niveau franchement gênant avec une toile ALR : il saute aux yeux et casse littéralement la texture de l’image. Le passage sur une toile blanche lambertienne améliore légèrement la situation, mais pas suffisamment pour que l’effet disparaisse : même sur des aplats neutres en SDR ou HDR, cette "neige laser" reste visible et finit par fatiguer.

HISENSE M2 PRO
Speckle laser HISENSE M2 PRO

Le second artefact, le dithering, est une technique utilisée par la technologie DLP pour créer l’illusion de dégradés de couleurs ou de niveaux de gris, puisque les micromiroirs ne peuvent afficher qu’un état binaire. Cela génère un bruit numérique subtil, parfois visible dans les basses lumières ou les aplats sombres. Sur le M2 Pro, ce dithering est contenu mais présent. Combiné au speckle, cela donne une image qui peut manquer de naturel et sembler constamment texturée, voire légèrement instable dans les conditions les plus exigeantes. Pour les utilisateurs sensibles à ces phénomènes — et j’en fais partie — c’est un point noir non négligeable.

Colorimétrie :

Le Hisense M2 Pro impressionne d’emblée par l’étendue de son espace couleur : il couvre 97,09 % du gamut BT.2020, 100 % du DCI-P3 et 100 % du BT.709. C’est une base idéale pour un usage cinéma, à condition bien sûr de maîtriser le rendu SDR, qui reste aujourd’hui la norme sur de nombreux contenus. Pour évaluer cela, j’ai mené mes mesures dans ma salle de test, dans le noir complet et sur une toile blanche à gain neutre (1.0), en utilisant une sonde JETI 1501 Hi-Res pour toutes les mesures spectrales (température de couleur, delta E, spectre RGB), profilée sur un colorimètre Klein K10A relié à Calman Studio, avec un générateur de mires Color Display G1 en entrée HDMI. Cette configuration me permet de garantir une précision maximale, tant sur la caractérisation du spectre TriChroma que sur la dynamique réelle de l’image.

En sortie de boîte, les modes "Standard", "Dynamique" et "Sport" présentent une température de couleur très froide (au-delà de 15 000 K) avec des dominantes bleues marquées et un delta E très élevé (jusqu’à 15), ce qui donne un rendu artificiel et clinquant. Les modes "FilmMaker", "Cinéma jour" et "Cinéma nuit" sont plus tempérés, oscillant entre 7000 et 7400 K avec des delta E entre 5,9 et 8,8 : encore perfectibles, mais clairement mieux maîtrisés. Le gamma y est globalement correct (autour de 2,13 à 2,15), traduisant une volonté d’adhérer à la courbe BT.1886. Une fois calibré en SDR, le M2 Pro passe à un tout autre niveau : température parfaitement alignée à 6511 K, delta E de 0,5 totalement imperceptible, et gamma mesuré à 2,17. Ce mode calibré devient naturellement la référence pour toute utilisation home cinéma sérieuse en SDR.

HISENSE M2 PRO
Avant et apres calibrage SDR M2 PRO

Gestion HDR :

C’est suffisamment rare pour être souligné avec force : le Hisense M2 Pro respecte la courbe EOTF HDR10 dès la sortie de boîte, sans nécessité de corrections manuelles ni bidouille de gamma ou de contraste. On active une source HDR, et hop : la courbe suit quasiment au cordeau la référence ST2084. Cette rigueur dans le mapping tonale en standard HDR est d’autant plus remarquable qu’elle ne repose ici sur aucun traitement dynamique ou propriétaire (j'ai laissé l'option DTM inactive pour ce résultat) : Hisense livre une base solide, propre, prête à l’emploi. Ce comportement, extrêmement rare même parmi les modèles plus onéreux, permet d’assurer une bonne lisibilité dans les ombres comme dans les hautes lumières, sans écrêtage.

La preuve en image : à gauche de la capture, on observe la mesure HDR pré-calibrage. La courbe EOTF (en haut à droite) épouse parfaitement la référence, sans décalage perceptible. Le problème principal, visible sur la balance des couleurs, est une dominante bleue dans les hautes lumières et un rouge un peu en retrait . Le Delta E moyen à 5,7 confirme une dérive visible, même si les saturations ne sont pas hors contrôle.

HISENSE M2 PRO
Avant et après calibrage HDR HISENSE M2 PRO

Une fois calibré (image de droite), le résultat parle de lui-même : l’équilibre RGB est excellent, sans dérive notable, et le Delta E chute à 0,5 en moyenne, avec un maximum de 0,9. Autant dire que l’erreur est invisible. La courbe EOTF reste inchangée, ce qui démontre que le projecteur n’a besoin d’aucune intervention sur la gestion du Tone Mapping. C’est un vrai atout pour l’utilisateur.

Contraste et luminosité :

Le Hisense M2 Pro délivre un flux lumineux plus que respectable pour un projecteur compact à triple laser RGB. En mode Ultra, on dépasse les 1380 lumens dans les préréglages "FilmMaker" et "Cinéma jour", avec des pics mesurés jusqu’à 1385 lumens mais pas avec des couleurs justes. En mode calibré SDR, le projecteur reste lumineux avec 834 lumens, ce qui permet d’atteindre les 16 fL recommandés pour une base de 2m93 en 1080p dans une salle sombre. En HDR, la base idéale pour respecter les 26 fL se situe autour de 2m30.

HISENSE M2 PRO
Colorimétrie contraste luminosité Hisense M2 PRO

Côté contraste, le M2 Pro s’en sort bien pour un DLP à puce 0.47". Le contraste natif atteint 1291:1 en mode calibré, une valeur correcte, dans la moyenne haute de sa catégorie. Mais là où le projecteur impressionne, c’est dans la gestion de ses modes dynamiques. L’activation du contraste dynamique ("amélioration des noirs" ou "contraste dynamique élevé") permet de faire grimper le contraste perçu jusqu’à 3439:1, avec un comportement visuellement propre : pas de pompage visible, ni d’effets parasites. En revanche, cette amélioration s’accompagne d’une dérive du point blanc, ce qui impacte la neutralité colorimétrique de l’image — un compromis à connaître.

Test HISENSE M2 PRO

À l’œil, ces traitements restent bien dosés : les noirs gagnent en densité, la lisibilité dans les scènes sombres est renforcée, et le tout sans artefacts de gradation ou effet de voile. Bref, si on accepte un petit écart sur la fidélité des couleurs, le gain de contraste peut valoir le coup dans les sessions cinéma du soir.

Avis subjectif

J’ai commencé ma session habituelle par l’intro d’Alien: Romulus, un vrai crash test pour évaluer le contraste perçu et la lisibilité dans les scènes sombres, où le moindre halo ou voile gris vient trahir l’image. Et là, surprise : le Hisense M2 Pro s’en sort remarquablement bien pour un petit DLP compact. Les noirs ne sont certes pas abyssaux, mais ils sont nets, bien détachés, et surtout stables — sans bruit excessif ni pompage. La scène de l'ordinateur qui se réveille rend très bien : on perçoit clairement les volumes, les arrière-plans ne sont pas noyés dans un gris laiteux.

HISENSE M2 PRO
ALIEN ROMULUS
HISENSE M2 PRO

Mais une fois passé à mes autres extraits de référence, l’enthousiasme est vite retombé. Sur les plans larges de Dune : Deuxième Partie, avec ses dunes éclairées en lumière rasante et ses intérieurs ocres très texturés, le speckle laser vient tout ruiner. On a beau admirer la précision du rendu colorimétrique, les nuances subtiles sont parasitées par cette neige laser qui bouge à peine mais attrape l’œil à chaque instant. Même constat sur Rogue One, dans l'introduction : la colorimétrie est juste, les contrastes bien gérés, la netteté impeccable… mais rien n’y fait, l’image semble toujours salie par cette couche fine de bruit mouvant, qui empêche tout sentiment de pureté ou de naturel. Le pire, c’est que ce speckle n’est pas uniforme : il varie selon la teinte, la surface, l’intensité lumineuse. Ce n’est pas un bruit neutre, mais un défaut structurel de rendu. Et pour quelqu’un d’un tant soit peu sensible — c’est mon cas — c’est rédhibitoire. On se surprend à chercher des défauts sur la toile, alors qu’ils viennent du projecteur.

Le M2 Pro a du potentiel, c’est évident. Il y a même des moments où il impressionne. Mais en l’état, toutes ses qualités visuelles sont systématiquement contrariées par ce satané speckle laser. Et c’est bien dommage.

Conclusion

Le Hisense M2 Pro avait tout pour séduire : une compacité bien pensée, une qualité d’image globalement solide, une colorimétrie étendue, et même des performances gaming impressionnantes avec un input lag ultra-bas. Son zoom optique, rare dans cette gamme de prix, et sa gestion HDR rigoureuse en faisaient un candidat sérieux pour les amateurs de projection nomade.

Malheureusement, son principal défaut – un speckle laser envahissant – vient gâcher l’expérience. Ce bruit visuel, typique des lasers RGB purs, parasite les aplats, dégrade les textures et fatigue l’œil, surtout sur des toiles techniques. Malgré ses nombreux atouts (fluidité, contraste dynamique, luminosité correcte), cette imperfection optique est trop intrusive pour être ignorée, surtout dans un usage cinéma exigeant.

Note finale : 2/5 – Session de rattrapage nécessaire

Session de rattrapage

Parce qu’un projecteur, avant tout, doit offrir une image propre et immersive. Ici, le speckle casse cette magie, même si le reste du matériel est bien conçu. Si Hisense parvient à intégrer un diffuseur ou un traitement anti-speckle efficace, le M2 Pro pourrait devenir une excellente option lifestyle. En l’état, c’est un pari risqué.

ATTENTION MISE A JOUR DU 7 OCTOBRE 2025 !!!!

Suite à des corrections apportées par Hisense sur le M2 Pro, les problèmes de speckle relevés sur mon premier exemplaire de test ont été corrigés. Cette nouvelle donne m'a conduit a réévaluer son niveau de notation, vous trouverez tous les détails, mesures et explications ici : https://www.mondoprojos.fr/2025/10/05/mise-a-jour-du-test-hisense-m2-pro-v2-le-triple-laser-saffine-et-se-corrige/


16 Commentaire(s)

  1. Sab_Skywatcher dit :

    Hello,

    Ouchhh 😲 qu’elle déception se problème soutenu de speckle, cela vient gâcher le reste des caractéristiques qui paraissaient cocher beaucoup de cases.

    Bon vaut mieux le savoir avant c’est certains !

    Est-ce qu’une MAJ peut régler ce problème (en partie) ou est-ce vraiment compromis voir impossible ?

    En tout cas merci pour ce test @GregW 👍

    Pour toi, quelle serait ton choix dans cette gamme de prix entre le JMGO N1S 4k / le Hisense Smart Mini C2 / et le Hisense Smart Mini C2 PRO (s’il tombe en promo aux alentours de 1500 euros est-ce-qu’il vaut vraiment + le coup pour un petit effort financier ?).

    Ou bien d’autres VP non cités ici, que ce soit en lifestyle ou éventuellement en ultra courte focale ?

    J’ai envie d’un matos qui soit compatible HDR10+ / Dolby Vision/ HGL pour une diagonale entre 90 pouces et 120 pouces et sans bémols rédhibitoire et sans mettre plus de 1500 euros (idéalement avec une toile inclus dans le prix), et un zoom optique en cerise sur le gâteau.

    Bref, je n’ai peut-être tout simplement pas encore les finances pour ces caractéristiques et je ferais mieux d’arrêter d’attendre un utopique VP pas cher qui coche toutes ces cases …

    Clairement j’avais mis trop d’attente dans ce M2 pro 🫤

  2. Grandpop dit :

    Merci pour le test, ca faisait longtemps que je l’attendais celui-là !
    Dommage effectivement pour le speckle laser…
    Si on choisit de projeter avec une luminosité pas trop élevée (je ne suis pas fan des images trop lumineuses…), le phénomène se réduit j’imagine et devient moins génant ?

  3. Jyde314 dit :

    Beaucoup de points communs avec le PT1 et donc de qualités, sauf pour ce foutu speckle bien pire ici. Dommage. Merci pour ces 2 tests.👍

  4. Sab_Skywatcher dit :

    Je me suis posé la même question, mais je pense pas qu’il puisse indiqué un site en particulier, si quelqu’un a un indice 😅👍

    1. GregW dit :

      Il me semble que c’était une ODR. Oups mais c’était 1799€.

  5. Sab_Skywatcher dit :

    Je crois que l’ODR chez Hisense s’est terminée fin juin, mais merci quand même !😉👍
    (L’ODR de 300 euros actuel concerne seulement pour l’électroménager).
    Sauf si quelqu’un a un autre tuyau… 😆
    Il y a les Prime Day qui arrive aussi 🤷‍♂️

  6. Refas.m dit :

    Possesseur du C2 mini, J’étais jaloux de la présence dun zoom optique, mais le test me rassure sur mon choix. Cependant je suis perdu sur le placement prix de se produit, vivant en Allemagne, le C2 mini est déjà à 1299€ chez quasi tout les revendeurs possible (la fameuse forêt compris)…donc son placement prix de lancement na aucun sens de la part de Hisense.

  7. Fabio30 dit :

    Zut. J’avais presque le remplaçant de mon BenQ w2000 à prix raisonnable. Il va bien finir par sortir le modèle parfait à moins de 1500€. On s’en rapproche de plus en plus. Merci pour ce bon test encore une fois.

  8. fromilepar dit :

    Aïe vraiment dommage.
    Je me demande si pour un budget serré le meilleur choix ne serait pas le C1 ?
    Il est cette vieillissant mais on peut maintenant le trouver à bon prix ?
    Je me demande toujours si les évolutions mettent vraiment au rebus les anciens modèles HDG ?

  9. mamat dit :

    Un problème de fabrication serait il à origine du problème de sperkle ?

  10. Cianciafrullo dit :

    Bonjour à tous. Y a-t-il quelqu’un qui peut me dire si cette bande horizontale subtile que je vois sur ma projection C2 est un défaut commun des triples projecteurs laser, ou si la mienne est-elle défectueuse ? Surtout sur les images très lumineuses (un écran de test blanc sur YouTube est le meilleur), l’image ne semble pas uniforme, mais avec des lignes horizontales très subtiles et diffuses avec un léger changement de luminosité. Je remarque le même comportement dans les images sur cette revue (un autre modèle, de la même marque, mais je l’ai vu dans d’autres images dans différents beamer avec la même technologie), c’est-à-dire l’image des menus : regardez la zone blanche à droite de la fille blonde, mais c’est aussi très visible sur les gradations grises. Merci

  11. Srele dit :

    Salut Greg

    Je suis coincé entre le Hisense M2 pro et le Hisence C2. Regarder sur un écran de 100 pouces.

    Je n’arrive pas à décider lequel choisir, aidez-moi s’il vous plaît

    1. GregW dit :

      Si c’est un écran blanc, le M2 Pro ira très bien.

  12. Srele dit :

    merci beaucoup bonne soirée!

  13. hcpass dit :

    Bonsoir,
    Est-ce à comprendre que ce projecteur n’est pas compatible avec un écran gris ALR ou du moins que cela n’apportera rien de plus concernant le contrast et les couleurs sachant qu’il sera utilisé dans une salle dédiée dans la pénombre voir le noir quasi complet. Merci pour votre conseil éclairé.
    Cdlt

  14. Stef974 dit :

    bonjour ! je confirme juste que le mode interpolation réglé sur homogène est l’idéal ! une image fluide et sans bavure !
    il est top ce vidéoprojecteur meme avec ses 1300 lumens ansi paraissant faible en chiffre mais en visu il fourni des blancs bien éclatants dans une pièce modérément éclairée et encore plus de nuit !

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