Avec l’Aetherion Pro, AWOL Vision propose une alternative plus accessible à l’Aetherion Max sans modifier en profondeur la plateforme technique développée pour cette nouvelle génération. Sur le papier, la réduction de la luminosité constitue la principale différence entre les deux appareils, ce qui pourrait permettre à certains utilisateurs de profiter de l’essentiel des nouveautés de la gamme tout en limitant leur budget. Restait à vérifier, au travers d’un essai complet, si les performances suivent. C’est désormais chose faite : les deux modèles sont disponibles à la vente en France dans leur version définitive avec le firmware Q0413, et c’est avec cette version logicielle que l’ensemble des mesures de ce test a été réalisé.

Après avoir dévoilé l’Aetherion Max, AWOL Vision poursuit le déploiement de sa nouvelle gamme de projecteurs ultra courte focale avec l’arrivée de l’Aetherion Pro. Cette version, désormais disponible en France au tarif de 2 799 €, reprend l’essentiel des caractéristiques techniques du Max tout en se distinguant principalement par une puissance lumineuse plus modeste. Alors que l’Aetherion Max est annoncé à 3 300 lumens ISO, l’Aetherion Pro affiche une luminosité de 2 600 lumens ISO. Pour le reste, les deux modèles reposent sur une architecture très proche, ce qui permet à l’Aetherion Pro de conserver l’essentiel des innovations mises en avant par le constructeur. On retrouve ainsi une source lumineuse RGB Triple Laser associée à une matrice DLP 4K UHD par traitement XPR X4 de 0,47 pouce exploitant le nouveau contrôleur Texas Instruments DLPC8445. Comme son grand frère, le Pro est annoncé compatible avec des tailles d’image comprises entre 80 et 200 pouces grâce à son optique ultra courte focale de rapport 0,2:1.

L’un des principaux axes de développement de cette nouvelle série Aetherion concerne l’optique. AWOL Vision met en avant un bloc optique utilisant des éléments en verre saphir associés à différents traitements destinés à limiter les aberrations chromatiques et à améliorer la transmission lumineuse. Le constructeur insiste également sur la régularité de la netteté sur l’ensemble de l’image, un sujet particulièrement sensible sur les projecteurs ultra courte focale où les bords et les angles peuvent parfois présenter une perte de définition. La technologie PixelLock, déjà présente sur l’Aetherion Max, est également conservée. Elle permet de maintenir la stabilité de l’image et la précision de l’alignement des pixels lorsque la taille de projection augmente. Le constructeur annonce par ailleurs avoir intégré un système de stabilisation thermique utilisant un maillage en titane afin de limiter les variations de mise au point liées à la montée en température du système optique.
Sur le plan du contraste, l’Aetherion Pro conserve les mêmes spécifications que l’Aetherion Max avec un contraste natif annoncé à 6 000:1 et un contraste de visionnage pouvant atteindre 60 000:1 selon la documentation du constructeur. L’appareil dispose également d’un iris à sept positions destiné à adapter plus finement la quantité de lumière délivrée ainsi que d’un traitement propriétaire baptisé EBL (Enhanced Black Level) chargé d’optimiser le rendu des scènes sombres. Tout comme pour la version Max déjà testée sur le blog, mes mesures permettront de vérifier plus bas si les annonces sont conformes à l’utilisation à domicile.
La partie traitement vidéo reste complète. Il prend en charge les formats HDR10, HDR10+, HLG et Dolby Vision ainsi que la certification IMAX Enhanced. Le mode Filmmaker est également de la partie, tout comme la compatibilité 3D. Le mode de réduction de l’effet arc-en-ciel est disponible aussi bien en 2D qu’en 3D.
Les joueurs ne sont pas oubliés puisque le projecteur intègre les fonctions désormais attendues sur les produits orientés gaming : VRR, ALLM et compatibilité Dolby Vision Gaming. Le constructeur évoque un temps de réponse pouvant descendre jusqu’à 1 ms dans certaines conditions d’utilisation, une valeur vérifiée plus bas dans ce test. La connectique comprend trois entrées HDMI 2.1 ainsi qu’un port DisplayPort, un choix encore relativement peu répandu dans l’univers des vidéoprojecteurs domestiques. L’équipement est complété par un port Ethernet Gigabit, le Wi-Fi 7, le Bluetooth 5.4 et une plateforme Google TV fonctionnant sur une base matérielle MediaTek MT9655 accompagnée de 8 Go de mémoire vive et 128 Go de stockage.
Avec ses 562 x 323 x 139 mm pour un poids de 8,75 kg, l’Aetherion Pro est un appareil imposant, dans la norme haute du segment UST. Son design résolument angulaire, habillé d’un noir profond, le distingue de la robe plus argentée du Max. Question de goût, mais je préfère personnellement l’esthétique sobre et discrète du Pro.

AWOL a soigné la protection de son optique avec une attention qui mérite d’être saluée, car elle est trop rare sur ce type d’appareil. Le bloc optique est équipé d’un cache d’objectif motorisé qui s’escamote automatiquement au lancement du projecteur et se remet silencieusement en place à l’extinction, avec ce petit bruit de glissement caractéristique qui finit par devenir rassurant. Bravo AWOL pour avoir pensé et intégré cette fonction. Le projecteur est par ailleurs livré avec une jaquette de protection souple destinée à couvrir l’ensemble de l’appareil lorsqu’il est inactif et non logé dans le tiroir motorisé d’un meuble dédié, une attention supplémentaire appréciable pour qui veut préserver la longévité de sa source lumineuse.
Le bloc optique ne dispose pas de zoom mécanique, ce qui est la norme absolue sur l’ultra courte focale. Seul le focus est motorisé. Le rapport de projection est de 0,2:1, ce qui signifie que pour projeter une image 16/9 de 100 pouces de diagonale, soit 221 cm de base, il suffit de placer la façade connectique du projecteur à environ 16 cm de la toile. Une distance remarquablement faible, parfaitement adaptée à un positionnement au pied d’un meuble TV.
L’Aetherion Pro est une plateforme multimédia totalement autonome : une simple prise électrique suffit pour diffuser image et son. Sous sa coque se cache un système audio complet de 2 x 25 watts, compatible Dolby Atmos et DTS:X, pour ceux qui souhaitent s’affranchir d’un système de sonorisation dédié. Côté vidéo, toutes les cases sont cochées : 4K HDR avec support HLG, Dolby Vision et HDR10+. Le projecteur est également compatible 3D avec des lunettes DLP-Link.
Pour les connexions physiques, le panel est complet et généreux : 3 entrées HDMI 2.1 dont une avec retour audio eARC, 2 ports USB 3.0 dont un latéral pour un accès facilité, une sortie audio numérique S/PDIF, une prise Ethernet Gigabit, une sortie audio analogique jack, une entrée AV composite et une prise RS232 pour les installations domotiques. En sans-fil, l’Aetherion Pro embarque le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 5.4, c’est d’ailleurs via cette liaison Bluetooth que se synchronise la télécommande, un modèle rétroéclairé en gris anthracite élégant, doté d’un pavé directionnel et de touches d’accès direct aux plateformes Netflix, YouTube, Prime Video et Disney+. Le projecteur est compatible Google Home et fonctionne sous Google TV. Il offre les fonctions AirPlay 2, Chromecast et Miracast ainsi qu’un mode Multi-vue, et peut être piloté à la voix via Amazon Alexa, Google Assistant ou Apple HomeKit.

Sur le plan de l’architecture d’affichage, l’Aetherion Pro intègre la toute nouvelle puce DMD DLP472TP de Texas Instruments, associée au contrôleur DLPC8445. Il s’agit là d’une évolution significative par rapport aux anciennes générations de puces 0,47 pouce XPR que l’on retrouvait jusqu’ici sur la quasi-totalité des projecteurs UST et de nombreux projecteurs frontaux d’entrée et de milieu de gamme. La nouveauté ne réside pas tant dans la matrice de micromiroirs elle-même, qui conserve une définition native Full HD de 1920 x 1080 pixels avec pixel shifting en quatre phases ; un procédé déjà bien rodé et dont l’efficacité n’est plus à démontrer. La véritable avancée se situe dans le contrôleur DLPC8445 qui lui est associé. Texas Instruments a profité de cette nouvelle génération pour repenser en profondeur l’architecture de ce composant, aboutissant à une réduction spectaculaire de sa taille : le contrôleur passe d’un boîtier de 31 x 31 mm à un composant de seulement 9 x 9 mm, soit une réduction de 90 % du volume total du chipset. En pratique, cela libère un espace précieux à l’intérieur du châssis du projecteur, facilite la gestion thermique et ouvre la voie à des designs plus compacts. Mais surtout, cette nouvelle architecture de contrôleur est celle qui rend possibles les performances de latence extrêmes annoncées par AWOL avec support VRR et ALLM qui font de l’Aetherion Pro un appareil potentiellement aussi à l’aise dans une salle de cinéma maison que dans un setup gaming haut de gamme.
L’Aetherion Pro fonctionne sous Google TV pour tout ce qui concerne le streaming direct, le magasin d’applications Android et la lecture de médias depuis le réseau local ou les ports USB. Rien de bien révolutionnaire dans un monde où la quasi-totalité des projecteurs connectés du marché ont adopté cette solution. Passons donc rapidement sur ce chapitre et intéressons-nous plutôt à ce qui constitue le véritable cœur de métier de cet appareil : ses menus dédiés au projecteur, remarquablement riches et dont je vais vous livrer les grandes lignes, en me concentrant sur ce qui m’importe le plus, à savoir les fonctions de calibrage des couleurs.

Les modes image proposés par AWOL en sources SDR sont au nombre de sept : Dynamique, Standard, Sport, Économie d’énergie, PC/Jeu, Cinéma et Filmmaker. En HDR10, cette liste se dédouble et s’enrichit d’un mode IMAX supplémentaire. Les sources Dolby Vision et HDR10+ disposent également de leurs propres sélections dédiées, plus réduites en nombre, tout comme les programmes 3D.
Un menu entièrement dédié au calibrage des couleurs est présent et il est d’une générosité rare sur ce segment. On y trouve un réglage de l’échelle de gris en 2 ou 20 points, un système de gestion des couleurs, le fameux CMS, Color Management System, opérant sur les trois dimensions du gamut, à savoir la teinte, la saturation et la luminosité pour chacune des couleurs primaires et secondaires, ainsi qu’un éditeur de gamma. S’ajoutent à cela la possibilité de sélectionner manuellement l’espace colorimétrique cible parmi BT.709, DCI-P3 et BT.2020, ainsi que plusieurs températures de couleurs prédéfinies. Une remarque importante cependant : la fonction anti-arc-en-ciel, qui était laissée au libre choix de l’utilisateur sur le Valerion Max et pouvait être désactivée, est ici forcée et non débrayable lorsque la température de couleurs « Très chaude » est sélectionnée dans les modes Cinéma et Filmmaker.
La gestion de la luminosité s’effectue via dix niveaux, du niveau 1 le plus faible au niveau 10 le plus élevé. Deux options supplémentaires permettant d’accroître davantage la luminosité sont également disponibles, mais le constructeur lui-même déconseille leur usage prolongé ce qui en dit long sur les contraintes thermiques et la durée de vie de la source lumineuse dans ces modes extrêmes.

Pour le contraste, les possibilités sont multiples. On retrouve bien sûr la fonction emblématique Enhanced Black Level ou amélioration du niveau de noir, l’EBL dont nous avons déjà parlé, mais aussi la gestion de l’iris mécanique, qu’il faut aller débusquer dans un menu séparé. Cet iris peut fonctionner selon deux modes prédéfinis Cinéma 1 et Cinéma 2 ou être configuré manuellement sur une échelle de 1 à 7 paliers. Pour la gestion des sources HDR10 à métadonnées statiques, un DTM est également présent. Le Dynamic Tone Mapping, pour le nommer en toutes lettres, est la fonction chargée d’analyser en temps réel le contenu de l’image et d’adapter dynamiquement la courbe de mappage tonal pour préserver à la fois les hautes lumières et les détails dans les ombres une nécessité absolue sur un projecteur dont la luminosité de crête est structurellement inférieure à celle d’un téléviseur HDR.

Les fonctions gaming mériteraient à elles seules une section entière tant elles sont développées : VRR, ALLM, support des hautes fréquences d’images, choix de la forme du réticule de visée, et pas moins de six modes spécifiques aux différentes catégories de jeux : Standard, RPG, RTS, FPS, Sports et un mode Auto piloté par l’IA. Ce dernier me rappelle d’ailleurs que l’Aetherion Pro dispose de toute une série de fonctions d’amélioration de l’image revendiquant l’intelligence artificielle : Résolution IA, Contraste IA, et leurs congénères.
À cela s’ajoute, dans la sous-partie du menu dédiée à la gestion de l’interpolation d’images, un mode de traitement vidéo spécifique. Les programmes diffusés bénéficient d’un traitement dédié modulable sur plusieurs niveaux d’intervention, permettant à l’utilisateur d’ajuster finement le comportement du projecteur.
C’est malheureusement l’un des points noirs de cet Aetherion Pro tout comme pour le Max, et un point noir qui persiste malgré la mise à jour firmware. Dès mes premières mesures effectuées avec le firmware initial, j’avais noté un comportement acoustique préoccupant : dans une pièce dont le bruit résiduel mesurait 35,1 dB, le projecteur en fonctionnement faisait grimper le niveau sonore à 39 dB, une valeur déjà difficile à ignorer dans une salle de visionnage silencieuse. À cela s’ajoutait la perception d’un buzz électronique audible dans certains modes images, un bourdonnement parasite qui serait lié à l’activation de la fonction anti-arc-en-ciel. J’avais bien entendu remonté ce défaut au constructeur en espérant qu’une correction logicielle puisse y remédier lors de la prochaine mise à jour. Hélas, il n’en est rien.
Mes nouvelles mesures effectuées après installation du second firmware le confirment sans ambiguïté. Dans une pièce affichant un résiduel de 35 dB, le niveau sonore s’élève immédiatement à 37,8 dB dès l’apparition de l’image, une valeur qui pourrait encore être jugée acceptable dans l’absolu. Mais après seulement sept minutes de fonctionnement, le temps que l’appareil monte légèrement en température, le relevé grimpe à 39,5 dB. C’est à ce stade que le bruit de fonctionnement devient gênant.

Concernant le système sonore intégré, on dira qu’il remplit son office dans le cadre d’un usage occasionnel ou d’appoint. Les 2 x 25 watts font le travail pour une écoute quotidienne sans prétention, mais les limites sont vite atteintes : les basses manquent de consistance et de profondeur, et les effets Dolby Atmos, bien que présents sur la fiche technique, restent très en deçà de ce que l’on pourrait attendre de cette mention. Comme sur la quasi-totalité des projecteurs intégrant cette technologie, la contrainte physique du châssis ne permet tout simplement pas de restituer les effets de hauteur et d’immersion tridimensionnelle qui font la promesse du format. Pour une expérience home cinéma digne de ce nom, le recours à un système audio externe demeure indispensable.
C’est l’une des bonnes surprises de cet Aetherion Pro : il n’a besoin que de 130,6 watts alors que l’Aetherion Max réclamait 179,5 watts à pleine puissance laser. Un écart substantiel qui se ressentira sur la facture comme sur la dissipation thermique.

Gros point fort pour cet Aetherion Pro, et une bonne nouvelle d’entrée de jeu. Le premier test que je réalise systématiquement sur tout projecteur revendiquant la 4K est la projection de ma mire de résolution dédiée. Cette mire contient des lignes colorées verticales et horizontales qui, pour valider la restitution effective de la résolution 4K, doivent impérativement apparaître à l’écran avec un liseré blanc de séparation bien défini entre chaque ligne, signe que le projecteur restitue bien chaque pixel individuellement sans les fusionner. C’est bien le cas ici, et sans la moindre ambiguïté. Mieux encore, les plus petits éléments contenus dans les blocs centraux d’une seconde mire 4K d’overscan sont eux aussi parfaitement restitués, ce qui est loin d’être systématique sur un projecteur DLP à pixel shifting XPR, où ces détails fins ont tendance à se perdre dans le processus de décalage de pixels. Sur ce point, AWOL tient ses promesses haut la main.

Autre motif de satisfaction : l’absence totale de laser fringe et d’aberrations chromatiques. Le laser fringe, pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, désigne ces franges d’interférence lumineuse produites par la cohérence du faisceau laser, qui se manifestent sous la forme de légères ondulations ou halos colorés aux contours des objets, un artefact particulièrement visible sur les zones de fort contraste entre éléments clairs et sombres. Les aberrations chromatiques, quant à elles, sont ces liserés colorés, typiquement rouge, vert ou bleu, qui apparaissent en bordure des objets contrastés lorsque les différentes longueurs d’onde lumineuses ne convergent pas exactement au même point à travers l’optique. Le travail accompli sur l’objectif Sapphire-Series porte manifestement ses fruits, et l’image affiche une netteté et une propreté de contours qui méritent d’être soulignées.
Le souci de lignes horizontales que j’avais relevé dans mon test de la version Max a été résolu sur les deux modèles Aetherion par la dernière mise à jour logicielle. La fluidité est devenue exemplaire même sans activer l’interpolation d’images : le mode Film, qui gère la reproduction la plus fidèle des sources 24p, fonctionne de manière efficace.
C’est l’un des arguments phares mis en avant par AWOL dans sa communication commerciale, et les mesures que j’ai effectuées viennent en grande partie valider ces annonces. En mode PC/Jeu, sur source UHD à 60 Hz, la latence s’abaisse à 9,5 ms. C’est une performance remarquable.
Concrètement, l’input lag c’est le temps qui s’écoule entre le moment où vous appuyez sur un bouton de votre manette et celui où l’action apparaît à l’écran. Imaginez que vous tirez sur un adversaire dans un jeu de tir : si ce délai est trop long, votre cible aura déjà bougé quand votre coup s’affiche. Au-delà de 30 ms, ça commence à se sentir et à pénaliser le joueur. En dessous de 16 ms, la grande majorité des joueurs ne perçoit plus aucun décalage. À 9,5 ms, l’Aetherion Pro joue dans la même cour que les meilleurs téléviseurs gaming du marché, ce qui, sur un projecteur UST, est tout bonnement inédit. Le VRR y est pour beaucoup : plutôt que de fonctionner à une fréquence fixe et d’attendre sagement que chaque trame soit prête, le projecteur s’adapte en temps réel au rythme auquel votre console ou votre PC envoie les images, supprimant ainsi les micro-attentes qui s’accumulent et font grimper la latence.

L’Aetherion Pro est par ailleurs certifié AMD FreeSync Premium. Sans rentrer dans les détails techniques, retenez simplement que c’est la garantie d’une compatibilité optimale et certifiée avec les consoles Xbox et les cartes graphiques AMD, les deux grandes familles de matériel gaming qui exploitent nativement ce standard. Les possesseurs de GPU Nvidia ne sont pas oubliés pour autant : la technologie sous-jacente est également reconnue comme compatible G-Sync, ce qui couvre l’essentiel du parc gaming du marché. En résumé, que vous soyez sur Xbox, PlayStation ou PC, l’Aetherion Pro est taillé pour le jeu vidéo haute performance, et les chiffres sont là pour le prouver.
Commençons par rappeler ce qu’est le speckle laser, car le terme revient souvent dans les tests de projecteurs sans toujours être expliqué clairement. Il s’agit d’un phénomène optique inhérent à la nature même de la lumière laser : contrairement à une source lumineuse classique comme une lampe ou une LED, le laser émet une lumière dite cohérente, c’est-à-dire dont toutes les ondes sont parfaitement en phase. Lorsque cette lumière cohérente frappe une surface, même apparemment lisse comme une toile de projection, elle se réfléchit en créant des interférences microscopiques qui se traduisent visuellement par un grain scintillant, une sorte de texture granuleuse qui se superpose à l’image et réduit la sensation de douceur et de naturel de la projection.
Ce phénomène touche particulièrement les projecteurs trichroma purs, ceux qui utilisent trois lasers RGB sans aucun élément diffusant intermédiaire, car les trois faisceaux laser conservent intégralement leur cohérence jusqu’à la surface de projection. C’est précisément le cas de l’Aetherion Pro. Les projecteurs mono laser fonctionnent différemment : leur laser bleu excite un segment phosphore qui convertit une partie de la lumière en jaune-vert, et ce processus de conversion brise naturellement une partie de la cohérence du faisceau, réduisant mécaniquement le speckle. Les triple laser ALPD, qui combinent lasers et phosphore comme le Formovie Theater Premium, bénéficient du même effet atténuateur, ce qui explique pourquoi leurs images paraissent généralement plus lisses sur les toiles techniques.
Concernant l’Aetherion Pro, les résultats sont contrastés selon le type de surface utilisée. J’effectue la totalité de mes tests et mesures sur le même écran blanc à comportement lambertien, c’est-à-dire une surface qui diffuse la lumière de manière parfaitement uniforme dans toutes les directions, sans privilégier aucun angle de vision. Sur cette toile son image présente un beau lissé.

En revanche, dès que l’on bascule sur une toile technique CLR, une toile à rejet de lumière ambiante conçue spécifiquement pour les projecteurs UST, la situation se dégrade sensiblement. J’ai pu tester deux références représentatives de ce type de surface : la Celexon HC+ et la Black Series de Nothing Projector, toutes deux conçues pour les ultra courtes focales avec un gain annoncé de 0,6. Sur ces deux toiles, le beau lissé observé sur la surface blanche n’est plus qu’un lointain souvenir : le speckle apparaît clairement et vient perturber le confort visuel de manière significative. Mais j’ai aussi reçu un nouvel écran technique, le Lumene Eden en version motorisée depuis le sol et d’une diagonale de 100 pouces, et cette toile vient démontrer que toile technique et écran triple laser peuvent, à de rares reprises, être compatibles. Elle a pour avantage de présenter un speckle très réduit face aux Celexon et Nothing Projector.

Avant d’entrer dans le détail des mesures, quelques mots sur mes conditions de test, car la rigueur de la méthodologie conditionne directement la fiabilité des conclusions. Mes mesures sont réalisées avec un spectrophotomètre JETI 1501 Hi-Res d’une précision spectrale de 2 nm, qui me sert à établir un profil de correction permettant de réduire les erreurs inhérentes à mon colorimètre Klein K10-A, utilisé ensuite avec le logiciel Calman Professional. Les sondes sont orientées vers l’écran blanc neutre à gain 1, ce qui me permet de définir précisément les niveaux de luminance réellement produits par le projecteur et de calibrer l’image en fonction de ce que voit effectivement le spectateur assis en position de visionnage. Les standards PVA sont appliqués comme référence de conformité : des écarts Delta E 2000 inférieurs à 2 pour les saturations, le ColorChecker et l’échelle de gris, et inférieurs à 10 pour les Delta E ITP.
Commençons par la couverture du gamut. Le résultat est spectaculaire et confirme l’un des atouts majeurs de la technologie triple laser RGB pure : l’Aetherion Pro couvre 95,43 % du BT.2020 en CIE 1931 xy et 96,79 % en CIE 1976 u’v’, soit une couverture quasi totale de l’espace colorimétrique le plus exigeant du marché. La couverture DCI-P3 atteint quant à elle 98,4 % en CIE 1931 xy et 99,34 % en CIE 1976 u’v’, autrement dit la quasi-totalité du volume colorimétrique utilisé pour le cinéma numérique professionnel. Ce sont là des caractéristiques fondamentales qui distinguent un trichroma pur de toutes les autres technologies de projection.

Cette richesse se visualise parfaitement en comparant les courbes de distribution spectrale. Celle de l’Aetherion Pro montre trois pics étroits et distincts, la signature spectrale cristalline d’un triple laser RGB pur, sans aucune énergie lumineuse parasite entre les trois primaires.

Mais c’est dans sa gestion des couleurs en sortie de boîte que la version Pro se démarque, en mieux, du Max que j’ai testé, et mes mesures des sept modes SDR le démontrent sans appel. Deux familles de modes se dessinent très nettement. D’un côté, les modes Filmmaker et Cinéma visent l’espace rec.709/sRGB et l’atteignent avec une précision remarquable : le mode Cinéma s’impose comme le plus précis de tous avec un ΔE2000 moyen de 2,08 sur l’échelle de gris (maximum de 3,48 seulement), un ΔE2000 moyen de 1,61 sur les saturations et de 1,88 sur le ColorChecker et une balance RGB d’une stabilité exemplaire sur toute la plage de luminance. Le mode Filmmaker n’est pas loin derrière avec un ΔE2000 moyen de 3,08 sur l’échelle de gris. Pour un projecteur en sortie de boîte, sans la moindre intervention de calibrage, ces valeurs flirtent avec les standards PVA et placent le mode Cinéma sous le seuil de perceptibilité à l’œil nu. C’est nettement au-dessus de ce que proposait le Max dans les mêmes conditions.


De l’autre côté, les cinq modes restants, Dynamique, Standard, Sport, Économie d’énergie et PC/Jeu racontent une toute autre histoire. Avec des ΔE2000 moyens sur l’échelle de gris oscillant entre 9,49 et 13,63. Les couleurs y sont sursaturées à l’extrême, la balance RGB affiche une dominante bleue marquée (le canal bleu dérive jusqu’à +15 à +20 % sur les hautes lumières), et l’image, certes flatteuse en démonstration de magasin, s’éloigne totalement de l’intention des créateurs de contenus.





Avant d’aller plus loin, il me semble important de clarifier un point de méthode qui expliquera pourquoi les 2 600 lumens annoncés par AWOL ne se retrouvent pas dans mes mesures. AWOL, comme beaucoup de fabricants, communique ses chiffres de luminosité à partir de mesures effectuées avec des couleurs non calibrées, ce qui favorise mécaniquement des valeurs plus élevées, et surtout avec un luxmètre orienté vers l’optique du projecteur, c’est-à-dire comme si le spectateur regardait le projecteur en face plutôt que l’image qu’il projette. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le constructeur et de lui expliquer ma position : je ne vois personnellement aucune utilité à mesurer une puissance lumineuse qu’aucun œil humain ne percevra jamais dans des conditions normales de visionnage. La seule mesure pertinente est celle de la luminance avec la sonde orientée vers l’écran, dans la position du spectateur, c’est la seule qui reflète ce que l’œil reçoit réellement. De plus, mes mesures sont systématiquement effectuées sur un écran blanc neutre à comportement lambertien, qui diffuse la lumière de manière parfaitement uniforme sans l’altérer, garantissant ainsi la cohérence et la reproductibilité de mes résultats. Les méthodes diffèrent donc fondamentalement, et les chiffres ne peuvent pas être comparés directement : vous comprendrez mieux ainsi pourquoi les 2 600 lumens annoncés ne sont pas au rendez-vous dans mes relevés.

Voici donc mes relevés en sortie de boîte, convertis en lumens pour un écran de 100 pouces de diagonale au format 16/9 et de gain 1 (soit une surface de projection de 2,216 m × 1,246 m). Le mode Standard, à pleine puissance laser 10, délivre la luminosité maximale avec 161,33 cd/m², soit environ 1 397 lumens perçus à l’écran. Suivent le mode Sport (136,71 cd/m², ~1 184 lumens, laser 8), le mode Dynamique (132,89 cd/m², ~1 151 lumens, laser 8), le mode Économie d’énergie (116,84 cd/m², ~1 012 lumens, laser 6) et le mode PC/Jeu (115,15 cd/m², ~997 lumens, laser 8). Les deux modes précis ferment logiquement la marche avec des valeurs quasi identiques : 100,44 cd/m² (~870 lumens) pour le Filmmaker et 100,31 cd/m² (~869 lumens) pour le Cinéma, tous deux à puissance laser 10.
Côté contraste séquentiel ON/OFF, les valeurs mesurées en sortie de boîte s’échelonnent entre 2 511:1 (Filmmaker et Cinéma) et 5 378:1 (Standard, qui bénéficie d’un niveau de noir descendant à 0,03 cd/m²). Ces chiffres sont évidemment loin des 6 000:1 natifs annoncés par le constructeur mais c’est précisément là qu’entrent en jeu l’EBL et l’iris mécanique, et leur analyse mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Pour évaluer rigoureusement l’impact de ces deux dispositifs, j’ai d’abord établi une référence : une échelle de gris calibrée, sans iris ni EBL, qui affiche un ΔE2000 moyen exceptionnel de 0,6, une température de couleur de 6 479 K (quasi parfaite face à la cible D65), un gamma de 2,189 et un contraste natif de 2 425:1 pour 89,11 cd/m². C’est à partir de cette base saine que j’ai mesuré, un par un, l’effet de chaque dispositif de gestion du contraste.

Le verdict de l’EBL est spectaculaire sur le plan du contraste : il propulse le ratio ON/OFF à 9 623:1, soit quasiment un quadruplement, et ce sans aucune perte de luminosité (90,59 cd/m²). C’est la démonstration éclatante de l’efficacité d’une modulation dynamique de la source laser. Mais cette performance a un prix colorimétrique : le ΔE2000 moyen bondit de 0,6 à 5,3 et la température de couleur glisse à 6 194 K, soit une dérive de l’image vers des teintes plus chaudes, particulièrement sensible sur les scènes sombres où l’EBL travaille le plus. La balance RGB le confirme : le canal rouge s’envole au-delà de 102-104 % sur la moitié supérieure de l’échelle tandis que le vert plonge. .

Les deux modes prédéfinis de l’iris racontent une histoire différente. L’Iris Cinéma 1 est de très loin le plus vertueux des dispositifs testés : il préserve quasi intégralement la calibration avec un ΔE2000 moyen de 1,7 seulement, ne sacrifie rien de la luminosité (89,86 cd/m²) et apporte un gain de contraste modeste mais réel à 2 597:1. L’Iris Cinéma 2 ferme davantage le diaphragme : le contraste monte à 2 883:1 mais la luminosité chute de 22 % à 69,55 cd/m², pour une précision encore acceptable (ΔE2000 de 3,0). Le rapport bénéfice/sacrifice du Cinéma 2 me semble nettement moins favorable.


C’est avec l’iris mécanique manuel que les choses se gâtent sérieusement, et mes mesures des sept positions révèlent un comportement que tout utilisateur exigeant doit connaître avant de toucher à ce réglage. La progression est implacable : de la position 1 à la position 7, le ΔE2000 moyen sur l’échelle de gris grimpe de 5,1 à 15,6, tandis que la température de couleur dérive de 6 929 K à 8 005 K soit plus de 1 500 K au-dessus de la cible D65 en position maximale. L’image devient progressivement et franchement bleue-froide. L’explication se lit directement dans les courbes de balance RGB : à mesure que l’iris se ferme, le canal rouge s’effondre littéralement, passant de 100 % à environ 76 % en position 7, pendant que le vert et le bleu se maintiennent. Le diaphragme mécanique ne filtre manifestement pas les trois longueurs d’onde laser de manière uniforme, et c’est le rouge qui en fait les frais. Le gain de contraste obtenu en contrepartie de 2 179:1 en position 1 à 4 504:1 en position 7 s’accompagne d’une chute de luminosité de 95,8 à 59 cd/m², soit une perte d’un tiers de la lumière disponible.







Le comportement de l’Aetherion Pro face aux sources HDR mérite une analyse détaillée, car mes mesures révèlent des choix de tone mapping très différents selon les modes et tous ne se valent pas, loin de là.
Commençons par les trois modes HDR10 natifs, mesurés en sortie de boîte à pleine puissance laser. Ils délivrent tous une luminance de crête quasi identique autour de 116-118 cd/m² (soit environ 1 010 à 1 021 lumens sur mon écran de 100 pouces de gain 1) et exploitent pleinement le gamut natif du triple laser avec une couverture rec.2020 supérieure à 95 %, un terrain de jeu colorimétrique dont bien peu de projecteurs peuvent se prévaloir. Mais c’est dans la précision du rendu que les écarts se creusent. Le mode Filmmaker HDR s’impose comme la référence avec un ΔE2000 moyen de 4,35 sur l’échelle de gris et de 6,35 sur le ColorChecker, des valeurs très honorables pour du HDR non calibré. Son EOTF suit fidèlement la courbe cible avec un point de clipping propre situé vers 60 % du signal, et sa balance RGB reste cohérente avec un creux symétrique des trois canaux autour de 50 % la signature d’un tone mapping maîtrisé qui préserve l’équilibre chromatique tout en compressant les hautes lumières. Le mode HDR IMAX talonne le Filmmaker avec un ΔE2000 de 3,91 sur les gris et de 6,74 sur le ColorChecker ; il se distingue par un niveau de noir descendant à 0,02 cd/m², le meilleur de la série, ce qui lui confère le contraste séquentiel le plus élevé des modes HDR (environ 5 825:1). En pratique, ces deux modes sont interchangeables et constituent tous deux d’excellents choix. Le mode HDR Cinéma, en revanche, déçoit franchement : son ΔE2000 moyen s’envole à 7,7 sur l’échelle de gris et surtout à 16,87 sur le ColorChecker, avec une balance RGB qui plonge brutalement de près de 30 % sur les tons moyens.



Passons au Dolby Vision : Le mode DV Jour affiche la meilleure précision de tous les modes HDR mesurés sur ce projecteur : ΔE2000 moyen de 2,84 sur l’échelle de gris et de 4,99 sur le ColorChecker, avec une balance RGB d’une régularité remarquable. Le mode DV Nuit est plus marqué par les erreurs : ΔE2000 de 7,09 sur les gris et de 16,17 sur le ColorChecker. Sur ce projecteur, le Dolby Vision en mode Jour offre la meilleure fidélité.


Les mesures, c’est bien, mais rien ne remplace les heures passées devant de vrais films, télécommande en main et lumières éteintes. Pour cette session d’évaluation subjective, j’ai volontairement sélectionné des extraits exigeants, de ceux qui ne pardonnent rien aux projecteurs approximatifs, et je les ai d’abord visionnés sur ma toile blanche de référence à gain 1, celle-là même qui me sert pour toutes mes mesures.
Premier passage au crible : la scène de la salle de commandement Harkonnen dans Dune 2, lorsque Rabban laisse exploser sa colère sur le mentat. L’Aetherion Pro s’en sort avec les honneurs. Les dégradés dans les ombres restent lisibles sans jamais boucher, les visages blafards des Harkonnen conservent leur modelé, et surtout, aucune dérive verdâtre ou rosâtre ne vient polluer cette palette désaturée, là où tant de projecteurs trahissent leur balance des blancs approximative. C’est précisément dans ce type de scène que le travail des ingénieurs d’AWOL sur la colorimétrie en sortie de boîte prend tout son sens : ce que j’ai mesuré sur mes mires, je le retrouve à l’écran, et c’est loin d’être toujours le cas.



J’ai enchaîné avec Alien Romulus, et d’abord la séquence d’ouverture où le vaisseau de la Weyland-Yutani découvre l’épave du Nostromo dérivant dans le vide. Le noir de l’espace est profond, les éclats métalliques de la coque accrochent la lumière avec un réalisme saisissant, et les faisceaux des projecteurs de recherche tranchent l’obscurité sans provoquer de halo disgracieux. Plus tard dans le film, la bataille finale dans le nid m’a permis de pousser le projecteur dans ses retranchements : c’est une séquence frénétique, sombre, stroboscopique, saturée de rouges d’alerte et de flashs de pulse rifle. L’Aetherion Pro y maintient une image stable, des carnations crédibles au milieu du chaos et des rouges d’une justesse remarquable, ni orangés ni fluorescents.




Avatar 3 m’a offert un terrain de jeu très différent. Les bleus profonds des Na’vi restent somptueux sans virer au cyan criard

Enfin, j’ai gardé le plus dérangeant pour la fin : la scène de l’anesthésie et de la simulation d’émasculation dans Send Help. Au-delà du malaise volontairement installé par la mise en scène, cette séquence est un cas d’école pour les carnations : gros plans prolongés, éclairage clinique cru, sueur, pâleur. La moindre dérive colorimétrique y transforme les visages en masques de cire, et c’est exactement ce qui ne se produit pas ici. Les peaux restent organiques, vivantes, troublantes de réalisme ce qui, vu le contenu de la scène, n’arrange pas vraiment le confort du spectateur, mais confirme de manière éclatante la fidélité des couleurs de ce projecteur.


Le bilan de ces sessions sur toile blanche est sans appel : la précision mesurée sur les mires se traduit concrètement à l’écran par une image d’une justesse rare en sortie de boîte. Les ingénieurs d’AWOL ont fait du très bon travail sur ce point, et cela mérite d’être souligné tant la tendance du marché est plutôt aux images flatteuses et survitaminées.
Je vous parlais plus haut de ce nouvel écran technique Lumene Eden, version motorisée déployable depuis le sol en 100 pouces de diagonale, et de son comportement étonnamment favorable face au triple laser. J’ai donc naturellement poussé l’expérience plus loin en lui consacrant une session complète en duo avec l’Aetherion Pro, et je ne vais pas faire durer le suspense : ce couple fonctionne admirablement bien, au point de constituer pour moi l’une des très bonnes surprises de ce test.

Premier extrait convoqué : l’introduction de Predator Badlands et la bataille des deux frères dans la grotte. Cette séquence cumule les difficultés, obscurité quasi totale, éclairages ponctuels violents, mouvements rapides et c’est précisément là que l’écran technique révèle son premier atout : le renforcement spectaculaire de la profondeur d’image. Le rejet de lumière ambiante densifie les noirs de manière visible, et la scène y gagne un relief, une dimensionnalité que la toile blanche, aussi neutre soit-elle, ne peut tout simplement pas offrir dans une pièce qui n’est pas totalement traitée. Les silhouettes des deux combattants se détachent avec une présence presque tridimensionnelle, et l’immersion s’en trouve décuplée.

Deuxième vérification avec le retour de l’épave du Nostromo d’Alien Romulus, puis plusieurs passages de Projet dernière chance. Sur ces contenus spatiaux , le lissé de l’image reste excellent. Là où la Celexon HC+ et la Nothing Projector Black Series transformaient l’image du Pro en surface granuleuse et scintillante, l’Eden maîtrise le phénomène de manière remarquable. Ce n’est pas l’apnée parfaite de ma toile blanche lambertienne, mais c’est un niveau de speckle suffisamment réduit pour être oublié au bout de quelques minutes de visionnage, ce qui est exactement ce qu’on demande à un écran. Pour un triple laser pur, c’est presque inespéré sur une toile technique.

Il y a toutefois une contrepartie, et je me dois de la mentionner pour être complet : comme la plupart des toiles techniques, l’Eden n’est pas parfaitement neutre colorimétriquement. Sa structure optique induit un léger glissement des couleurs qu’il faudra impérativement compenser par un calibrage réalisé sonde face à l’écran. La bonne nouvelle, c’est que l’Aetherion Pro dispose de tout l’arsenal nécessaire pour cette compensation : échelle de gris, CMS complet et éditeur de gamma permettent de ramener l’ensemble dans les clous sans difficulté. Une fois ce calibrage effectué, le couple Aetherion Pro + Lumene Eden délivre une image qui cumule la fidélité colorimétrique du projecteur, la profondeur de l’écran technique et un confort visuel préservé. Franchement, je ne m’attendais pas à un mariage aussi réussi, et je recommande chaudement cette association à quiconque souhaite exploiter le Pro dans une pièce de vie partiellement éclairée.


Au terme de ce test, le verdict s’impose de lui-même, et il est plus tranché que je ne l’aurais imaginé en déballant l’appareil : j’attribue à l’Aetherion Pro la note de 4/5, soit une note supérieure à celle de son grand frère l’Aetherion Max.
Soyons clairs sur les points communs qui fâchent : les deux modèles souffrent exactement du même bruit de fonctionnement, avec cette montée sonore après sept minutes qui le rend gênant dans une salle silencieuse, et ce défaut, hélas non corrigé par les firmwares successifs, reste le principal reproche que j’adresse à cette gamme. Sur le terrain de la luminosité et du contraste, le Max conserve logiquement l’avantage, c’est sa raison d’être et ceux qui projettent sur de très grandes bases ou dans des pièces lumineuses y trouveront une justification objective.
Mais voilà : la colorimétrie en sortie de boîte est nettement à l’avantage du Pro, et pour moi qui place la fidélité de l’image au sommet de mes priorités, cet argument pèse lourd. Un mode Cinéma sous le seuil de perceptibilité sans la moindre intervention de calibrage, c’est ce qui se fait de mieux sur ce segment, et c’est le Pro qui le propose, pas le Max. Ajoutez à cela une livrée noire que je trouve personnellement bien plus élégante que la robe argentée de son aîné, une consommation électrique en net retrait, et surtout un écart de prix de près de 1 000 € en sa faveur, et l’équation devient limpide.
Le choix de raison, c’est donc le Pro. Et s’il vous reste un peu de budget après son acquisition, vous savez désormais quoi en faire : associez-le à l’écran Lumene Eden, et vous obtiendrez l’un des couples projecteur UST/écran les plus convaincants qu’il m’ait été donné de tester dans cette gamme de prix.
Note finale : 4/5

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With the Aetherion Pro, AWOL Vision offers a more affordable alternative to the Aetherion Max without fundamentally altering the technical platform developed for this new generation. On paper, the reduced brightness is the main difference between the two devices, which could allow some users to enjoy the bulk of the range’s innovations while keeping their budget in check. It remained to be seen, through a full review, whether the performance would hold up. That is now done: both models are available for sale in France in their final version with the Q0413 firmware, and it is with this software version that all the measurements in this review were carried out.

After unveiling the Aetherion Max, AWOL Vision continues the rollout of its new range of ultra short throw projectors with the arrival of the Aetherion Pro. This version, now available in France at a price of €2,799, retains most of the Max’s technical characteristics while standing apart mainly through a more modest light output. While the Aetherion Max is rated at 3,300 ISO lumens, the Aetherion Pro delivers 2,600 ISO lumens. For the rest, the two models share a very similar architecture, which allows the Aetherion Pro to retain most of the innovations highlighted by the manufacturer. It features an RGB Triple Laser light source paired with a 0.47-inch 4K UHD DLP chip using XPR X4 processing and powered by the new Texas Instruments DLPC8445 controller. Like its big brother, the Pro is rated for image sizes between 80 and 200 inches thanks to its ultra short throw lens with a 0.2:1 throw ratio.

One of the main areas of development for this new Aetherion series is the optics. AWOL Vision highlights an optical block using sapphire glass elements combined with various coatings designed to limit chromatic aberration and improve light transmission. The manufacturer also emphasizes the consistency of sharpness across the entire image, a particularly sensitive subject on ultra short throw projectors, where the edges and corners can sometimes show a loss of definition. The PixelLock technology, already present on the Aetherion Max, is also retained. It maintains image stability and pixel alignment precision as the projection size increases. The manufacturer further announces the integration of a thermal stabilization system using a titanium mesh to limit focus drift caused by the optical system heating up.
In terms of contrast, the Aetherion Pro keeps the same specifications as the Aetherion Max, with a claimed native contrast of 6,000:1 and a viewing contrast of up to 60,000:1 according to the manufacturer’s documentation. The device also features a seven-position iris designed to fine-tune the amount of light delivered, as well as a proprietary processing technology called EBL (Enhanced Black Level) tasked with optimizing the rendering of dark scenes. As with the Max version already reviewed on the blog, my measurements below will verify whether the claims hold up in home use.
The video processing section remains comprehensive. The Aetherion Pro supports HDR10, HDR10+, HLG and Dolby Vision, along with IMAX Enhanced certification. Filmmaker Mode is also on board, as is 3D compatibility. The rainbow effect reduction mode is available in both 2D and 3D.
Gamers are not forgotten, as the projector integrates the features now expected on gaming-oriented products: VRR, ALLM and Dolby Vision Gaming compatibility. The manufacturer claims a response time that can drop as low as 1 ms under certain conditions, a figure verified further down in this review. Connectivity includes three HDMI 2.1 inputs as well as a DisplayPort, a choice still relatively uncommon in the world of home projectors. The equipment is rounded out by a Gigabit Ethernet port, Wi-Fi 7, Bluetooth 5.4 and a Google TV platform running on a MediaTek MT9655 hardware base with 8 GB of RAM and 128 GB of storage.
At 562 x 323 x 139 mm and weighing 8.75 kg, the Aetherion Pro is an imposing device, at the upper end of the UST segment. Its resolutely angular design, dressed in deep black, sets it apart from the more silvery finish of the Max. A matter of taste, but I personally prefer the sober, understated aesthetic of the Pro.

AWOL has taken care of its optics’ protection with an attention to detail that deserves praise, as it is all too rare on this type of device. The optical block is equipped with a motorized lens cover that automatically retracts when the projector starts up and silently slides back into place at shutdown, with that characteristic little gliding sound that ends up becoming reassuring. Bravo AWOL for having thought of and integrated this feature. The projector also ships with a soft protective cover designed to shield the entire device when it is inactive and not housed in the motorized drawer of a dedicated cabinet — an appreciable extra touch for anyone wanting to preserve the longevity of their light source.
The optical block has no mechanical zoom, which is the absolute norm for ultra short throw. Only the focus is motorized. The throw ratio is 0.2:1, which means that to project a 100-inch diagonal 16:9 image — that is, a 221 cm wide picture — you simply need to place the projector’s connector panel about 16 cm from the screen. A remarkably short distance, perfectly suited to placement at the foot of a TV cabinet.
The Aetherion Pro is a fully self-contained multimedia platform: a single power outlet is all it takes to deliver picture and sound. Beneath its shell lies a complete 2 x 25-watt audio system, compatible with Dolby Atmos and DTS:X, for those who want to do without a dedicated sound system. On the video side, all the boxes are ticked: 4K HDR with HLG, Dolby Vision and HDR10+ support. The projector is also 3D compatible with DLP-Link glasses.
For physical connections, the panel is complete and generous: 3 HDMI 2.1 inputs including one with eARC audio return, 2 USB 3.0 ports including a side-mounted one for easier access, an S/PDIF digital audio output, a Gigabit Ethernet port, an analog audio jack output, a composite AV input and an RS232 port for home automation installations. On the wireless side, the Aetherion Pro features Wi-Fi 7 and Bluetooth 5.4 — it is via this Bluetooth link that the remote control pairs, an elegant backlit anthracite gray model with a directional pad and direct access keys for Netflix, YouTube, Prime Video and Disney+. The projector is Google Home compatible and runs Google TV. It offers AirPlay 2, Chromecast and Miracast as well as a Multi-view mode, and can be voice-controlled via Amazon Alexa, Google Assistant or Apple HomeKit.

In terms of display architecture, the Aetherion Pro integrates the brand-new DLP472TP DMD chip from Texas Instruments, paired with the DLPC8445 controller. This is a significant evolution compared to the older generations of 0.47-inch XPR chips found until now in almost all UST projectors and many entry-level and mid-range front projectors. The novelty lies not so much in the micromirror array itself, which retains a native Full HD resolution of 1920 x 1080 pixels with four-phase pixel shifting — a well-proven process whose effectiveness is no longer in question. The real breakthrough lies in the DLPC8445 controller paired with it. Texas Instruments took advantage of this new generation to fundamentally rethink the architecture of this component, resulting in a spectacular size reduction: the controller shrinks from a 31 x 31 mm package to a component of just 9 x 9 mm, a 90% reduction in the total chipset volume. In practice, this frees up valuable space inside the projector’s chassis, simplifies thermal management and paves the way for more compact designs. But above all, this new controller architecture is what makes possible the extreme latency performance claimed by AWOL — with VRR and ALLM support — that makes the Aetherion Pro a device potentially as comfortable in a home theater room as in a high-end gaming setup.
The Aetherion Pro runs Google TV for everything related to direct streaming, the Android app store and media playback from the local network or USB ports. Nothing revolutionary in a world where almost all connected projectors on the market have adopted this solution. Let us therefore move quickly past this chapter and focus instead on what constitutes the true core business of this device: its projector-dedicated menus, remarkably rich, of which I will give you the broad outlines, concentrating on what matters most to me, namely the color calibration functions.

The picture modes offered by AWOL for SDR sources number seven: Dynamic, Standard, Sport, Energy Saving, PC/Game, Cinema and Filmmaker. In HDR10, this list doubles up and gains an additional IMAX mode. Dolby Vision and HDR10+ sources also have their own dedicated selections, fewer in number, as do 3D programs.
A menu entirely dedicated to color calibration is present, and it is of a generosity rare in this segment. It includes a 2-point or 20-point grayscale adjustment, a color management system — the famous CMS — operating on all three dimensions of the gamut, namely hue, saturation and luminance for each of the primary and secondary colors, as well as a gamma editor. Added to this is the ability to manually select the target color space from BT.709, DCI-P3 and BT.2020, along with several preset color temperatures. One important remark, however: the anti-rainbow function, which was left to the user’s discretion on the Valerion Max and could be disabled, is here forced and cannot be turned off when the “Very Warm” color temperature is selected in the Cinema and Filmmaker modes.
Brightness management is handled through ten levels, from level 1, the lowest, to level 10, the highest. Two additional options to further increase brightness are also available, but the manufacturer itself advises against their prolonged use — which says a lot about the thermal constraints and the lifespan of the light source in these extreme modes.

For contrast, the possibilities are numerous. There is of course the emblematic Enhanced Black Level function, the EBL we have already mentioned, but also the management of the mechanical iris, which you have to dig out of a separate menu. This iris can operate according to two preset modes — Cinema 1 and Cinema 2 — or be configured manually on a scale of 1 to 7 steps. For handling HDR10 sources with static metadata, a DTM is also present. Dynamic Tone Mapping, to give it its full name, is the function responsible for analyzing the image content in real time and dynamically adapting the tone mapping curve to preserve both the highlights and the shadow details — an absolute necessity on a projector whose peak brightness is structurally lower than that of an HDR television.

The gaming functions would deserve an entire section of their own, so extensive are they: VRR, ALLM, high frame rate support, a choice of crosshair shapes, and no fewer than six modes specific to different game categories: Standard, RPG, RTS, FPS, Sports and an AI-driven Auto mode. The latter reminds me that the Aetherion Pro features a whole series of image enhancement functions claiming artificial intelligence: AI Resolution, AI Contrast, and their kin.
Added to this, in the menu subsection dedicated to frame interpolation management, is a specific video processing mode. Broadcast programs benefit from dedicated processing adjustable across several intervention levels, allowing the user to fine-tune the projector’s behavior.
This is unfortunately one of the weak points of this Aetherion Pro, just as it was for the Max, and a weak point that persists despite the firmware update. From my very first measurements with the initial firmware, I had noted concerning acoustic behavior: in a room with a residual noise level of 35.1 dB, the projector in operation pushed the sound level up to 39 dB, a figure already hard to ignore in a quiet viewing room. Added to this was the perception of an audible electronic buzz in certain picture modes, a parasitic hum apparently linked to the activation of the anti-rainbow function. I had of course reported this defect to the manufacturer, hoping that a software fix could address it in the next update. Alas, it has not.

My new measurements taken after installing the second firmware confirm it unambiguously. In a room with a residual level of 35 dB, the sound level immediately rises to 37.8 dB as soon as the image appears — a figure that could still be considered acceptable in absolute terms. But after just seven minutes of operation, the time it takes for the device to warm up slightly, the reading climbs to 39.5 dB. It is at this point that the operating noise becomes bothersome.
As for the built-in sound system, let us say it does its job for occasional or backup use. The 2 x 25 watts get the job done for unpretentious everyday listening, but the limits are quickly reached: the bass lacks substance and depth, and the Dolby Atmos effects, although present on the spec sheet, fall far short of what one might expect from that label. As with almost all projectors integrating this technology, the physical constraints of the chassis simply do not allow the height effects and three-dimensional immersion promised by the format to be reproduced. For a home cinema experience worthy of the name, an external audio system remains indispensable.
This is one of the pleasant surprises of this Aetherion Pro: it only needs 130.6 watts, whereas the Aetherion Max demanded 179.5 watts at full laser power. A substantial gap that will be felt on the electricity bill as well as in heat dissipation.

A major strength for this Aetherion Pro, and good news right out of the gate. The first test I systematically run on any projector claiming 4K is the projection of my dedicated resolution test pattern. This pattern contains colored vertical and horizontal lines which, to validate the effective reproduction of 4K resolution, must imperatively appear on screen with a well-defined white separating border between each line — a sign that the projector is indeed rendering each pixel individually without merging them. That is clearly the case here, without the slightest ambiguity. Better still, the smallest elements contained in the central blocks of a second 4K overscan pattern are also perfectly reproduced, which is far from systematic on a DLP projector with XPR pixel shifting, where these fine details tend to get lost in the pixel-shifting process. On this point, AWOL delivers on its promises with flying colors.

Another source of satisfaction: the total absence of laser fringe and chromatic aberration. Laser fringe, for those unfamiliar with the term, refers to those light interference fringes produced by the coherence of the laser beam, which manifest as slight ripples or colored halos around the contours of objects, an artifact particularly visible in high-contrast areas between light and dark elements. Chromatic aberrations, for their part, are those colored edges — typically red, green or blue — that appear along the borders of contrasted objects when the different light wavelengths do not converge at exactly the same point through the optics. The work done on the Sapphire-Series lens is clearly paying off, and the image displays a sharpness and cleanliness of contours that deserve to be highlighted.
The horizontal line issue I had noted in my review of the Max version has been resolved on both Aetherion models by the latest software update. Motion has become exemplary even without activating frame interpolation: the Film mode, which handles the most faithful reproduction of 24p sources, works effectively.
This is one of the flagship arguments put forward by AWOL in its marketing communication, and the measurements I took largely validate these claims. In PC/Game mode, on a UHD source at 60 Hz, latency drops to 9.5 ms. That is a remarkable performance.
In concrete terms, input lag is the time that elapses between the moment you press a button on your controller and the moment the action appears on screen. Imagine you are shooting at an opponent in a shooter game: if this delay is too long, your target will have already moved by the time your shot registers. Beyond 30 ms, it starts to be felt and penalizes the player. Below 16 ms, the vast majority of players no longer perceive any lag. At 9.5 ms, the Aetherion Pro plays in the same league as the best gaming TVs on the market, which, on a UST projector, is quite simply unprecedented. VRR has a lot to do with it: rather than operating at a fixed frequency and dutifully waiting for each frame to be ready, the projector adapts in real time to the rate at which your console or PC sends images, eliminating the micro-waits that accumulate and drive up latency.

The Aetherion Pro is also AMD FreeSync Premium certified. Without going into technical details, simply remember that this is the guarantee of optimal, certified compatibility with Xbox consoles and AMD graphics cards, the two major families of gaming hardware that natively use this standard. Owners of Nvidia GPUs are not left out either: the underlying technology is also recognized as G-Sync compatible, which covers most of the gaming hardware on the market. In short, whether you are on Xbox, PlayStation or PC, the Aetherion Pro is built for high-performance gaming, and the numbers are there to prove it.
Let us start by recalling what laser speckle is, as the term often comes up in projector reviews without always being clearly explained. It is an optical phenomenon inherent to the very nature of laser light: unlike a conventional light source such as a lamp or an LED, the laser emits so-called coherent light, meaning light whose waves are all perfectly in phase. When this coherent light strikes a surface — even one that appears smooth, like a projection screen — it reflects by creating microscopic interference that translates visually into a shimmering grain, a kind of granular texture superimposed on the image that reduces the sense of smoothness and naturalness of the projection.
This phenomenon particularly affects pure tri-chroma projectors — those using three RGB lasers without any intermediate diffusing element — because the three laser beams retain their full coherence all the way to the projection surface. That is precisely the case with the Aetherion Pro. Single-laser projectors work differently: their blue laser excites a phosphor segment that converts part of the light into yellow-green, and this conversion process naturally breaks part of the beam’s coherence, mechanically reducing speckle. ALPD triple lasers, which combine lasers and phosphor like the Formovie Theater Premium, benefit from the same attenuating effect, which explains why their images generally appear smoother on ALR screens.

As for the Aetherion Pro, the results vary depending on the type of surface used. I carry out all my tests and measurements on the same white screen with Lambertian behavior, that is, a surface that diffuses light perfectly uniformly in all directions, without favoring any viewing angle. On this screen, the Aetherion Pro’s image displays a beautiful smoothness. On the other hand, as soon as you switch to a CLR technical screen — an ambient light rejecting screen designed specifically for UST projectors — the situation deteriorates noticeably. I was able to test two representative references of this type of surface: the Celexon HC+ and the Black Series from Nothing Projector, both designed for ultra short throws with a claimed gain of 0.6. On these two screens, the beautiful smoothness observed on the white surface is but a distant memory: speckle appears clearly and significantly disrupts viewing comfort. But I also received a new technical screen, the Lumene Eden in its floor-rising motorized version with a 100-inch diagonal, and this screen demonstrates that a technical screen and a triple laser projector can, on rare occasions, be compatible. Its advantage is that it displays very reduced speckle compared to the Celexon and Nothing Projector.

Before getting into the details of the measurements, a few words about my test conditions, because the rigor of the methodology directly determines the reliability of the conclusions. My measurements are taken with a JETI 1501 Hi-Res spectrophotometer with a spectral precision of 2 nm, which I use to establish a correction profile to reduce the errors inherent to my Klein K10-A colorimeter, subsequently used with Calman Professional software. The probes are aimed at the neutral white gain 1 screen, which allows me to precisely determine the luminance levels actually produced by the projector and to calibrate the image based on what the viewer actually sees from the viewing position. PVA standards are applied as the compliance reference: Delta E 2000 deviations below 2 for saturations, the ColorChecker and the grayscale, and below 10 for Delta E ITP.

Let us start with gamut coverage. The result is spectacular and confirms one of the major strengths of pure RGB triple laser technology: the Aetherion Pro covers 95.43% of BT.2020 in CIE 1931 xy and 96.79% in CIE 1976 u’v’, that is, near-total coverage of the most demanding color space on the market. DCI-P3 coverage reaches 98.4% in CIE 1931 xy and 99.34% in CIE 1976 u’v’ — in other words, almost the entire color volume used in professional digital cinema. These are fundamental characteristics that set a pure tri-chroma apart from all other projection technologies.

This richness is perfectly visualized by comparing the spectral distribution curves. That of the Aetherion Pro shows three narrow, distinct peaks, the crystalline spectral signature of a pure RGB triple laser, without any stray light energy between the three primaries.


But it is in its out-of-the-box color management that the Pro version stands apart — for the better — from the Max I reviewed, and my measurements of the seven SDR modes demonstrate it beyond dispute. Two families of modes emerge very clearly. On one side, the Filmmaker and Cinema modes target the rec.709/sRGB space and hit it with remarkable accuracy: the Cinema mode stands out as the most accurate of all with an average ΔE2000 of 2.08 on the grayscale (a maximum of just 3.48), an average ΔE2000 of 1.61 on saturations and 1.88 on the ColorChecker, and an RGB balance of exemplary stability across the entire luminance range. The Filmmaker mode is not far behind with an average grayscale ΔE2000 of 3.08. For a projector out of the box, without the slightest calibration intervention, these values flirt with PVA standards and place the Cinema mode below the threshold of visibility to the naked eye. That is well above what the Max offered under the same conditions.





On the other side, the five remaining modes — Dynamic, Standard, Sport, Energy Saving and PC/Game — tell a completely different story, with average grayscale ΔE2000 values ranging between 9.49 and 13.63. Colors are oversaturated to the extreme, the RGB balance shows a marked blue cast (the blue channel drifts up to +15 to +20% in the highlights), and the image, admittedly flattering in a showroom demo, strays completely from the content creators’ intent.
Before going any further, it seems important to clarify a point of method that will explain why the 2,600 lumens claimed by AWOL do not show up in my measurements. AWOL, like many manufacturers, communicates its brightness figures based on measurements taken with uncalibrated colors, which mechanically favors higher values, and above all with a lux meter aimed at the projector’s lens, that is, as if the viewer were looking directly at the projector rather than at the image it projects. I had the opportunity to discuss this with the manufacturer and explain my position: I personally see no use in measuring a light output that no human eye will ever perceive under normal viewing conditions. The only relevant measurement is that of luminance with the probe aimed at the screen, from the viewer’s position — it is the only one that reflects what the eye actually receives. Moreover, my measurements are systematically taken on a neutral white screen with Lambertian behavior, which diffuses light perfectly uniformly without altering it, thus guaranteeing the consistency and reproducibility of my results. The methods therefore differ fundamentally, and the figures cannot be compared directly: you will now better understand why the claimed 2,600 lumens are not to be found in my readings.

Here, then, are my out-of-the-box readings, converted into lumens for a 100-inch diagonal 16:9 screen with a gain of 1 (a projection surface of 2.216 m × 1.246 m). The Standard mode, at full laser power 10, delivers the maximum brightness with 161.33 cd/m², or roughly 1,397 lumens perceived on screen. Next come Sport mode (136.71 cd/m², ~1,184 lumens, laser 8), Dynamic mode (132.89 cd/m², ~1,151 lumens, laser 8), Energy Saving mode (116.84 cd/m², ~1,012 lumens, laser 6) and PC/Game mode (115.15 cd/m², ~997 lumens, laser 8). The two accurate modes logically bring up the rear with nearly identical values: 100.44 cd/m² (~870 lumens) for Filmmaker and 100.31 cd/m² (~869 lumens) for Cinema, both at laser power 10.
On the sequential ON/OFF contrast side, the out-of-the-box measured values range from 2,511:1 (Filmmaker and Cinema) to 5,378:1 (Standard, which benefits from a black level dropping to 0.03 cd/m²). These figures are obviously far from the 6,000:1 native contrast claimed by the manufacturer — but this is precisely where the EBL and the mechanical iris come into play, and their analysis deserves serious attention.
To rigorously evaluate the impact of these two devices, I first established a reference: a calibrated grayscale, without iris or EBL, displaying an exceptional average ΔE2000 of 0.6, a color temperature of 6,479 K (nearly perfect against the D65 target), a gamma of 2.189 and a native contrast of 2,425:1 at 89.11 cd/m². It is from this healthy baseline that I measured, one by one, the effect of each contrast management device.

The EBL’s verdict is spectacular on the contrast front: it propels the ON/OFF ratio to 9,623:1, nearly a fourfold increase, and this without any loss of brightness (90.59 cd/m²). It is a striking demonstration of the effectiveness of dynamic laser source modulation. But this performance comes at a colorimetric price: the average ΔE2000 jumps from 0.6 to 5.3 and the color temperature slides to 6,194 K, a drift of the image towards warmer tones, particularly noticeable in dark scenes where the EBL works hardest. The RGB balance confirms it: the red channel soars beyond 102-104% on the upper half of the scale while the green plunges.

The two preset iris modes tell a different story. Iris Cinema 1 is by far the most virtuous of the devices tested: it preserves the calibration almost entirely with an average ΔE2000 of just 1.7, sacrifices none of the brightness (89.86 cd/m²) and brings a modest but real contrast gain to 2,597:1. Iris Cinema 2 closes the diaphragm further: contrast rises to 2,883:1 but brightness drops by 22% to 69.55 cd/m², with still-acceptable accuracy (ΔE2000 of 3.0). The benefit/sacrifice ratio of Cinema 2 strikes me as far less favorable.


It is with the manual mechanical iris that things go seriously wrong, and my measurements of the seven positions reveal behavior that any demanding user must know before touching this setting. The progression is relentless: from position 1 to position 7, the average grayscale ΔE2000 climbs from 5.1 to 15.6, while the color temperature drifts from 6,929 K to 8,005 K, more than 1,500 K above the D65 target at the maximum position. The image becomes progressively and decidedly cold blue. The explanation can be read directly in the RGB balance curves: as the iris closes, the red channel literally collapses, dropping from 100% to about 76% at position 7, while the green and blue hold steady. The mechanical diaphragm clearly does not filter the three laser wavelengths uniformly, and it is the red that pays the price. The contrast gain obtained in return — from 2,179:1 at position 1 to 4,504:1 at position 7 — comes with a brightness drop from 95.8 to 59 cd/m², a loss of one third of the available light.







The Aetherion Pro’s behavior with HDR sources deserves detailed analysis, because my measurements reveal very different tone mapping choices depending on the mode — and they are far from all being equal.
Let us start with the three native HDR10 modes, measured out of the box at full laser power. They all deliver a nearly identical peak luminance of around 116-118 cd/m² (roughly 1,010 to 1,021 lumens on my 100-inch gain 1 screen) and fully exploit the triple laser’s native gamut with rec.2020 coverage above 95% — a colorimetric playground that very few projectors can boast. But it is in the accuracy of the rendering that the gaps widen. The Filmmaker HDR mode establishes itself as the reference with an average ΔE2000 of 4.35 on the grayscale and 6.35 on the ColorChecker, very honorable values for uncalibrated HDR. Its EOTF faithfully follows the target curve with a clean clipping point located around 60% of the signal, and its RGB balance remains coherent with a symmetrical dip of all three channels around 50% — the signature of well-controlled tone mapping that preserves chromatic balance while compressing the highlights. The HDR IMAX mode trails the Filmmaker closely with a ΔE2000 of 3.91 on the grays and 6.74 on the ColorChecker; it stands out with a black level dropping to 0.02 cd/m², the best of the series, giving it the highest sequential contrast of the HDR modes (around 5,825:1). In practice, these two modes are interchangeable and both constitute excellent choices. The HDR Cinema mode, on the other hand, is frankly disappointing: its average ΔE2000 soars to 7.7 on the grayscale and above all to 16.87 on the ColorChecker, with an RGB balance that plunges abruptly by nearly 30% in the midtones.



Moving on to Dolby Vision: the DV Day mode displays the best accuracy of all the HDR modes measured on this projector: an average ΔE2000 of 2.84 on the grayscale and 4.99 on the ColorChecker, with an RGB balance of remarkable consistency. The DV Night mode is more error-prone: a ΔE2000 of 7.09 on the grays and 16.17 on the ColorChecker. On this projector, Dolby Vision in Day mode offers the best fidelity.


Measurements are all well and good, but nothing replaces the hours spent in front of real films, remote in hand and lights off. For this subjective evaluation session, I deliberately selected demanding excerpts, the kind that forgive nothing on approximate projectors, and I first viewed them on my reference white gain 1 screen, the very one I use for all my measurements.

First under scrutiny: the Harkonnen command room scene in Dune: Part Two, when Rabban unleashes his fury on the mentat. The Aetherion Pro comes through with honors. The gradations in the shadows remain legible without ever crushing, the pallid faces of the Harkonnen retain their modeling, and above all, no greenish or pinkish drift comes to pollute this desaturated palette, where so many projectors betray their approximate white balance. It is precisely in this type of scene that the work of AWOL’s engineers on out-of-the-box color accuracy takes on its full meaning: what I measured on my test patterns, I find again on screen, and that is far from always being the case.



I followed up with Alien: Romulus, starting with the opening sequence where the Weyland-Yutani vessel discovers the wreck of the Nostromo drifting in the void. The black of space is deep, the metallic glints of the hull catch the light with striking realism, and the beams of the search lights cut through the darkness without producing any unsightly halo. Later in the film, the final battle in the hive allowed me to push the projector to its limits: it is a frantic, dark, strobing sequence, saturated with alert reds and pulse rifle flashes. The Aetherion Pro maintains a stable image throughout, credible skin tones amid the chaos and reds of remarkable accuracy, neither orangey nor fluorescent.




Avatar 3 offered me a very different playground. The deep blues of the Na’vi remain sumptuous without veering into garish cyan.
Finally, I saved the most disturbing for last: the anesthesia and simulated emasculation scene in Send Help. Beyond the unease deliberately instilled by the staging, this sequence is a textbook case for skin tones: prolonged close-ups, harsh clinical lighting, sweat, pallor. The slightest colorimetric drift turns the faces into wax masks, and that is exactly what does not happen here. The skin remains organic, alive, troublingly realistic — which, given the content of the scene, does not exactly help the viewer’s comfort, but strikingly confirms the color fidelity of this projector.


The verdict of these sessions on the white screen is unequivocal: the accuracy measured on the test patterns translates concretely on screen into an image of rare correctness out of the box. AWOL’s engineers have done very good work on this point, and it deserves to be highlighted, given that the market trend leans rather towards flattering, overcharged images.
I told you earlier about this new Lumene Eden technical screen, in its floor-rising motorized 100-inch diagonal version, and its surprisingly favorable behavior with triple laser. I therefore naturally pushed the experiment further by devoting a full session to it in tandem with the Aetherion Pro, and I will not keep you in suspense: this pairing works admirably well, to the point of constituting, for me, one of the very pleasant surprises of this review.
First excerpt called upon: the introduction of Predator: Badlands and the battle of the two brothers in the cave. This sequence piles on the difficulties — near-total darkness, harsh point lighting, fast movement — and it is precisely here that the technical screen reveals its first asset: the spectacular reinforcement of image depth. The ambient light rejection visibly densifies the blacks, and the scene gains a relief, a dimensionality that the white screen, however neutral it may be, simply cannot offer in a room that is not fully treated. The silhouettes of the two fighters stand out with an almost three-dimensional presence, and the immersion is multiplied.

Second verification with the return of the Nostromo wreck from Alien: Romulus, followed by several passages from Project Hail Mary. On this space-bound content, the smoothness of the image remains excellent. Where the Celexon HC+ and the Nothing Projector Black Series turned the Pro’s image into a grainy, shimmering surface, the Eden controls the phenomenon remarkably well. It is not the flawless calm of my Lambertian white screen, but it is a level of speckle low enough to be forgotten after a few minutes of viewing, which is exactly what one asks of a screen. For a pure triple laser, that is almost unhoped-for on a technical screen.




There is, however, a trade-off, and I must mention it for the sake of completeness: like most technical screens, the Eden is not perfectly neutral colorimetrically. Its optical structure induces a slight color shift that will absolutely need to be compensated for by a calibration performed with the probe facing the screen. The good news is that the Aetherion Pro has the full arsenal needed for this compensation: grayscale adjustment, a complete CMS and a gamma editor make it possible to bring everything back into line without difficulty. Once this calibration is done, the Aetherion Pro + Lumene Eden pairing delivers an image that combines the projector’s color fidelity, the depth of the technical screen and preserved viewing comfort. Frankly, I was not expecting such a successful marriage, and I warmly recommend this pairing to anyone wishing to use the Pro in a partially lit living room.
At the end of this review, the verdict speaks for itself, and it is more clear-cut than I would have imagined when unboxing the device: I award the Aetherion Pro a score of 4/5, a higher score than its big brother the Aetherion Max.
Let us be clear about the shared flaws: both models suffer from exactly the same operating noise, with that rise in sound level after seven minutes that makes it bothersome in a quiet room, and this defect, alas uncorrected by the successive firmwares, remains my main criticism of this range. On the brightness and contrast front, the Max logically retains the advantage — that is its raison d’être — and those who project onto very large image widths or in bright rooms will find an objective justification there.
But here is the thing: the out-of-the-box color accuracy is clearly in the Pro’s favor, and for me, who places image fidelity at the top of my priorities, this argument carries real weight. A Cinema mode below the threshold of visibility without the slightest calibration intervention is the best in this segment, and it is the Pro that offers it, not the Max. Add to that a black finish that I personally find far more elegant than its elder’s silvery dress, noticeably lower power consumption, and above all a price gap of nearly €1,000 in its favor, and the equation becomes crystal clear.
The rational choice, then, is the Pro. And if you have a little budget left after its purchase, you now know what to do with it: pair it with the Lumene Eden screen, and you will get one of the most convincing UST projector/screen pairings I have ever had the opportunity to test in this price range.
Final score: 4/5

3 Commentaire(s)
Tres interessant. Le grésillement du mode anti RBE est plus gênant que celui du Valerion? Même en mode Cinéma 1 / Cinéma 2? (Sur le Valerion ces deux modes créent un son avec deux fréquences bien différentes ce qui fait qu’on peut s’adapter à l’un ou à l’autre).
Quand au bruit de fonctionnement, je me demande si des gens vont s’amuser à remplacer les ventilateurs par des Noctua, comme certains l’ont fait également sur le Valerion. Décidément les ingénieurs de AWOL sont ultra forts mais le refroidissement c’est pas leur truc!
Hello. Merci pour ce test. Le bruit est assez inquiétant sachant qu’on le retrouve sur le MAX et le PRO. Ne penses tu pas qu’il s’agit d’un problème de conception ? J’ai du mal a comprendre comment investir dans un projecteur aussi qualitatif avec ce type de contrainte.
Bonsoir Greg, petite question bête as tu pu le tester ou le max sur un écran fresnel pour voir son comportement vis à vis du speckle ? Merci pour ta réponse.