Appotronics C1000 est le nom du tout premier projecteur laser 4K UHD grand public que la société chinoise Appotronics, inventeur historique de la technologie ALPD® (Advanced Laser Phosphor Display), s’apprête à commercialiser directement sur le marché européen du home cinéma, une annonce qui marque un tournant stratégique pour une entreprise jusqu’ici surtout connue comme fournisseur de moteurs optiques laser plutôt que comme marque grand public.
Fondée en 2007 à Shenzhen, Appotronics détient plus de 2000 brevets liés à l’affichage laser et équipe aujourd’hui plus de 30 000 salles de cinéma professionnelles dans le monde, mais c’est surtout dans l’univers du projecteur home cinéma que son nom revient sans cesse, car la technologie ALPD propulse déjà de nombreux modèles vendus sous d’autres marques : on retrouve ainsi ce moteur laser chez Formovie, avec les séries Theater et Cinema, une marque qui n’est autre qu’une filiale grand public d’Appotronics elle-même, tout comme WEMAX, chez Vava avec le Chroma, sans oublier de multiples projecteurs de cinéma numérique professionnel utilisés en salle et en installation fixe.
La technologie ALPD se distingue des sources lumineuses classiques (lampe UHP ou LED) en combinant un laser bleu et une roue de phosphore fluorescent pour générer une lumière blanche stable, plus lumineuse, plus durable et exempte de mercure, et elle a connu plusieurs générations successives : l’ALPD 1.0, lancée dès 2007 pour les murs vidéo par rétroprojection, l’ALPD 4.0, qui a démocratisé la technologie dans les projecteurs home cinéma actuels grâce à une luminosité et une fidélité colorimétrique accrues avec une réduction du chatoiement laser (speckle), et enfin l’ALPD 5.0, dévoilée fin 2022.

Le C1000, dont Appotronics dévoile ici la fiche technique complète, se positionne justement comme une porte d’entrée dans cet écosystème : il embarque un moteur ALPD délivrant 3300 lumens ANSI, une résolution 4K UHD native 3840 x 2160 pilotée par une puce DLP 0,47 pouce avec contrôle avancé des pixels DMD, une couverture colorimétrique 100 % DCI-P3 annoncée comme fidèle au niveau professionnel, une prise en charge HDR complète incluant HDR10+ et HLG avec une profondeur de couleur 10 bits sur toute la chaîne de traitement et un tone mapping dynamique image par image, ainsi qu’un contraste natif supérieur à 1300:1 renforcé par un contraste dynamique annoncé à 100 000:1, le tout complété par une compensation de mouvement MEMC compatible 4K à 60 Hz et 1080p à 120 Hz particulièrement utile pour le sport et le jeu vidéo rapide.

Côté fiabilité, Appotronics met en avant une durée de vie de la source laser de 20 000 heures, un moteur optique entièrement scellé et certifié IP5X résistant à la poussière. L’installation se veut tout aussi flexible qu’en contexte pro grâce à des options d’objectifs motorisés interchangeables avec des ratios de projection de 1,0-1,6:1 et 1,54-2,48:1, un décalage optique très généreux de ±50 % à la verticale et ±20 % à l’horizontale, un montage possible à 360° (plafond, sol, portrait, incliné) et une correction géométrique avancée incluant la correction de trapèze, la correction quatre coins et une correction 9 points pour les surfaces courbes, sans oublier la prise en charge de la 3D active DLP Link et infrarouge, un mode jeu à faible latence, la lecture cinéma 24p sans judder et une détection automatique de la source.
Sur le plan de la connectivité et du pilotage, le C1000 embarque deux entrées HDMI, une sortie HDMI, deux ports USB-A, une sortie S/PDIF, une prise réseau RJ45, un port RS232 et le protocole PJLink Class2, ainsi que le logiciel propriétaire APCS (Appotronics Control Software) permettant la découverte automatique des appareils sur le réseau local et la supervision de parcs de projecteurs à distance, des fonctions qui rappellent que ce modèle vise autant l’installateur professionnel que l’amateur exigeant.

Reste une question que beaucoup de passionnés se posent en observant cette arrivée d’Appotronics en Europe : la marque française DreamVision, connue de longue date pour habiller sous sa propre coque des moteurs optiques développés par des constructeurs tiers (elle a ainsi rebadgé par le passé des plateformes Christie, Seleco, Davis, JVC ou encore Vivitek, la genèse même du DL500 en 1999 reposant sur une base ODM Davis), aurait-elle fait appel à Appotronics pour ses gammes laser 4K récentes comme la série Lumion ? En comparant précisément la fiche technique du DreamVision Lumion 65K, modèle actuel de la gamme installation fixe de la marque française, avec celle du C1000 dévoilée par Appotronics, le faisceau d’indices devient particulièrement troublant : les deux appareils affichent des dimensions rigoureusement identiques (460 x 388 x 138 mm), un poids identique au gramme près (12,5 kg), une consommation électrique identique (550 W), la même puce DLP 0,47 pouce, la même plage de correction géométrique (±35° en vertical comme en horizontal avec correction 9 points), la même uniformité d’image annoncée à 95 %, la même durée de vie laser de 20 000 heures, une connectique quasiment superposable (double HDMI en entrée, HDMI en sortie, USB-A, USB-B, RJ45, synchronisation 3D en entrée et sortie) et surtout un catalogue d’objectifs optionnels partageant très exactement les mêmes ratios de projection, 1,0-1,6:1 et 1,54-2,48:1, une coïncidence extrêmement improbable tant ces valeurs sont propres à la conception d’un objectif donné ; seule la luminosité diffère nettement entre les deux fiches (3300 lumens pour le C1000 contre 6500 lumens pour le Lumion 65K), ce qui s’explique aisément par l’existence de plusieurs déclinaisons de puissance lumineuse sur une même plateforme optique et mécanique, une pratique courante chez les fabricants qui partagent un châssis entre plusieurs configurations de source laser, d’autant que DreamVision propose également un Lumion 75K dans la même famille.


Sans démontage officiel ni communication publique de DreamVision confirmant formellement l’origine de son moteur optique, la prudence reste de mise, mais la correspondance mécanique et optique relevée ici entre le C1000 et le Lumion 65K constitue un faisceau d’indices techniques bien plus solide qu’une simple ressemblance de façade, et elle suggère fortement que la plateforme Appotronics C-series sert aujourd’hui de base industrielle à une partie au moins de la gamme Lumion de DreamVision.
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