J’avais promis de repasser le Valerion VisionMaster Max sur le banc de mesures après l’installation du dernier firmware, et cette fois nous y sommes.

L’OTA 3 apporte enfin ce que beaucoup attendaient sur le Max : un véritable iris dynamique, de nouveaux comportements de gestion du noir et surtout la possibilité de combiner cet iris dynamique avec les trois niveaux d’amélioration du noir (EBL).

Comme toujours, je ne me suis pas contenté de regarder ce que cela donne à l’œil : j’ai voulu mesurer précisément l’impact de ces nouveaux réglages sur trois critères qui m’intéressent avant tout, à savoir la fidélité des couleurs, le contraste et la luminosité réellement disponible.

Toutes les mesures publiées ici ont été réalisées en mode Filmmaker calibré, avec la puissance laser réglée sur 10, et je précise immédiatement un point important : l’amélioration du noir (EBL) ne fonctionne qu’avec les niveaux 6 à 10 de la puissance du laser. En dessous, cette fonction n’apporte donc pas les effets observés dans cet article.
Mon protocole a été volontairement simple et rigoureux : j’ai d’abord effectué le calibrage du projecteur dans sa configuration de référence, puis j’ai activé les différents traitements sans refaire un calibrage spécifique pour chaque combinaison. L’objectif n’est donc pas de présenter le meilleur résultat artificiellement optimisé pour chaque mode, mais bien de mesurer l’impact réel de ces traitements sur une image correctement réglée au départ.
La base de comparaison est très solide. En mode Filmmaker calibré, laser 10, le VisionMaster Max délivre 243,73 cd/m², soit environ 2 111 lumens sur mon écran de référence de 100 pouces au format 16/9 et de gain 1.

Le niveau de noir mesuré s’établit à 0,24 cd/m², soit un contraste séquentiel de 1 016:1.
La fidélité colorimétrique est excellente dans cette configuration de départ, avec un DeltaE moyen de 0,69 sur l’échelle de gris, 1,41 sur les saturations et 2,14 sur le ColorChecker.
C’est donc sur cette base saine que j’ai évalué tous les autres réglages.
Premier enseignement : l’iris manuel fonctionne bien, mais il faut rester dans une zone raisonnable si l’on veut conserver un bon équilibre.
Les positions 0, 1 et 2 apportent des améliorations progressives du contraste avec un impact très limité sur la lumière et la colorimétrie. Le point le plus intéressant sur l’ensemble de la plage manuelle est clairement l’iris manuel 3.




Avec lui, le blanc descend à 224,31 cd/m², soit environ 1 943 lumens, le noir tombe à 0,14 cd/m² et le contraste grimpe à 1 602:1.
On gagne donc près de 58 % de contraste par rapport à la référence pour une perte lumineuse d’environ 8 %, tout en conservant une image encore propre, avec un DeltaE moyen de 1,81 sur le gris, 1,58 sur les saturations et 2,44 sur le ColorChecker.
C’est, à mes yeux, le meilleur compromis de la plage d’iris manuel.
Au-delà, les bénéfices sur le noir deviennent plus coûteux. L’iris manuel 4 pousse le contraste à 1 866:1, le 5 à 2 123:1 et le 6 à 2 431:1, mais la lumière disponible s’effondre progressivement, jusqu’à seulement 1 263 lumens en position 6, tandis que la dérive colorimétrique devient franchement trop importante.



En position 6, le DeltaE moyen sur le gris atteint 10,52, les saturations montent à 9,42 et le ColorChecker à 8,27.
Autrement dit, le contraste progresse mais l’image n’est plus du tout fidèle.
Les deux préréglages d’iris cinéma confirment d’ailleurs cette lecture.
Iris Cinéma 1 est encore cohérent, avec 211,62 cd/m², 0,12 cd/m² de noir, 1 764:1 de contraste et une colorimétrie encore bien tenue.

En revanche, Iris Cinéma 2 va beaucoup trop loin : il fait certes tomber le noir à 0,05 cd/m² et grimper le contraste à 2 688:1, mais il ne reste plus qu’environ 1 164 lumens et le calibrage de référence est complètement bouleversé, avec 10,49 de DeltaE moyen sur le gris et 8,20 sur le ColorChecker.

Le nouvel iris dynamique était évidemment la vraie nouveauté attendue de cette mise à jour.
Pris seul, sans amélioration du noir (EBL), il donne déjà des résultats intéressants.
En iris dynamique faible, j’ai mesuré 227,88 cd/m², soit environ 1 974 lumens, un noir à 0,12 cd/m² et un contraste de 1 899:1.

Surtout, la colorimétrie reste très correcte avec 1,35 de DeltaE moyen sur le gris, 1,61 sur les saturations et 2,54 sur le ColorChecker.
En iris dynamique Haut, le blanc descend davantage à 212,26 cd/m², pour 1 838 lumens, alors que le noir reste ici à 0,12 cd/m², ce qui limite le contraste à 1 769:1.

Le bilan est donc paradoxal : dans ma série de mesures, le mode Bas s’est montré à la fois plus lumineux, plus contrasté et plus propre colorimétriquement que le mode Haut.
C’est lui qui constitue à ce stade le meilleur compromis si l’on souhaite profiter du nouvel iris dynamique sans bouleverser l’équilibre général de l’image.
L’OTA 3 prend une autre dimension lorsqu’on conjugue l’iris dynamique avec les trois niveaux d’EBL. C’est précisément là que le Valérion Max devient le plus spectaculaire, mais aussi le plus complexe à juger. Premier constat : l’EBL n’est pas une amélioration gratuite du noir. Son intervention modifie fortement l’image, parfois de manière très profitable pour le contraste, mais avec un impact réel sur la luminosité ou la fidélité colorimétrique.
Avec iris dynamique faible et EBL Bas, j’ai relevé 168,12 cd/m², soit 1 456 lumens, un noir à 0,05 cd/m² et un contraste de 3 362:1. Le chiffre de contraste est déjà très supérieur à celui de la référence, mais la contrepartie est lourde : la lumière chute fortement et la fidélité s’effondre, avec un DeltaE moyen de 8,38 sur le gris, de 8,30 sur les saturations et de 6,95 sur le ColorChecker. Cette association cumule donc une perte lumineuse importante et une forte dérive des couleurs. Elle ne me semble pas recommandable.

Avec iris dynamique faible et EBL Moyen, le comportement change nettement. Le blanc remonte à 225,67 cd/m², soit environ 1 955 lumens, tandis que le noir descend à 0,05 cd/m². Le contraste atteint alors 4 513:1. La réserve lumineuse reste excellente et le gain de contraste est considérable par rapport aux 1 016:1 de la référence. La colorimétrie s’éloigne néanmoins de la calibration initiale, avec un DeltaE moyen de 5,04 sur le gris, de 3,38 sur les saturations et de 4,98 sur le ColorChecker. Cette combinaison représente un compromis intéressant entre contraste et lumière, mais elle ne peut plus être qualifiée de fidèle.

Le niveau suivant va encore plus loin. Avec iris dynamique faible et EBL Haut, le Max délivre 233,67 cd/m², soit environ 2 024 lumens, pour un noir à 0,04 cd/m² et un contraste de 5 842:1. C’est un résultat particulièrement impressionnant : la luminosité reste très proche des 2 111 lumens de la référence, tandis que le contraste est multiplié par près de 5,8. Le prix à payer se situe une nouvelle fois du côté de la colorimétrie, avec un DeltaE moyen de 6,02 sur le gris, de 3,19 sur les saturations et de 4,56 sur le ColorChecker. Ce réglage associe le contraste le plus élevé de la série en iris dynamique Faible à une excellente luminosité, mais son équilibre chromatique n’est plus neutre.

Du côté de l’iris dynamique Haut, l’EBL Bas aboutit à 194,20 cd/m², soit environ 1 682 lumens, avec un noir à 0,06 cd/m² et un contraste de 3 237:1. Les DeltaE moyens atteignent 6,91 sur le gris, 6,07 sur les saturations et 5,55 sur le ColorChecker. Là encore, le gain de contraste existe, mais il s’accompagne d’une baisse de lumière et d’une dérive colorimétrique trop marquée pour en faire un réglage de référence.

L’association iris dynamique Haut et EBL Moyen est plus convaincante. Elle conserve 223,38 cd/m², soit environ 1 935 lumens, abaisse le noir à 0,04 cd/m² et produit un contraste de 5 585:1. Le DeltaE moyen s’établit à 6,10 sur le gris, 3,17 sur les saturations et 4,13 sur le ColorChecker. Ce réglage propose donc un contraste très élevé et une bonne réserve lumineuse, avec la meilleure valeur ColorChecker des six combinaisons iris dynamique + EBL, mais l’échelle de gris reste sensiblement perturbée.

Enfin, le contraste maximal de toute cette campagne est obtenu avec iris dynamique Haut et EBL Haut. Dans cette configuration, le blanc atteint 222,17 cd/m², soit environ 1 924 lumens, tandis que le noir descend à seulement 0,02 cd/m². Le contraste séquentiel bondit alors à 11 109:1. C’est de très loin le chiffre le plus spectaculaire mesuré après l’installation de l’OTA 3.

Cette performance ne doit toutefois pas être confondue avec le contraste natif du projecteur. Elle résulte de l’action combinée de l’iris dynamique et de l’EBL. Elle ne constitue pas non plus un réglage de fidélité : le DeltaE moyen atteint 5,99 sur le gris, 3,46 sur les saturations et 4,65 sur le ColorChecker. Il s’agit avant tout d’un mode démonstratif, conçu pour privilégier la profondeur du noir et l’impact visuel au détriment du respect de la calibration initiale.
La hiérarchie des réglages est désormais claire. Plus le niveau d’EBL augmente, plus le potentiel de contraste devient important, mais sans progression parfaitement linéaire puisque le résultat dépend aussi du niveau d’iris dynamique retenu. Dans mes mesures, l’EBL Haut produit les deux meilleurs contrastes de chaque série : 5 842:1 avec l’iris dynamique Bas et 11 109:1 avec l’iris dynamique Haut. L’EBL Moyen occupe davantage une position de compromis, avec respectivement 4 513:1 et 5 585:1, tandis que l’EBL Bas est systématiquement le moins convaincant en raison de sa perte lumineuse et de ses dérives colorimétriques.

L’OTA 3 n’améliore donc pas le contraste natif du Valérion Max : elle transforme profondément son contraste dynamique. La nuance est essentielle. En mode de référence, le Max reste un DLP triple laser très lumineux, très propre colorimétriquement et capable de délivrer un peu plus de 2 100 lumens calibrés. L’iris manuel permet déjà d’affiner efficacement le compromis entre lumière et profondeur des noirs, avec un excellent point d’équilibre autour de la position 3.
Le nouvel iris dynamique, pris seul, se montre surtout pertinent en position Bas, qui augmente fortement le contraste sans trop pénaliser la colorimétrie. L’association avec l’EBL permet désormais au Valérion Max d’atteindre des valeurs qu’il n’approchait pas auparavant. Le revers de la médaille, qu’il ne faut surtout pas dissimuler, est que cette montée en puissance se paie par des écarts colorimétriques sensibles. Plus le contraste grimpe, plus il faut surveiller la dérive de l’échelle de gris, des saturations et du ColorChecker.
Pour ceux qui veulent préserver avant tout l’équilibre global de l’image, l’iris dynamique Bas utilisé seul le meilleur choix. Il délivre 1 974 lumens, un contraste de 1 899:1 et maintient tous les DeltaE moyens sous la barre de 3. Pour ceux qui préfèrent un réglage manuel simple et efficace, l’iris manuel 3 demeure mon favori avec ses 1 943 lumens et ses 1 602:1, obtenus sans dégrader sérieusement les couleurs.
Parmi les associations iris dynamique + EBL, deux profils se détachent. Iris dynamique Haut + EBL Moyen offre un compromis solide avec 1 935 lumens, 5 585:1 et le meilleur ColorChecker de cette série, même si son DeltaE moyen sur le gris atteint encore 6,10. Iris dynamique Bas + EBL Haut va légèrement plus loin en contraste et en lumière, avec 2 024 lumens et 5 842:1, mais son DeltaE moyen sur l’échelle de gris monte à 6,02. Le choix entre les deux dépendra donc moins de la luminosité, très proche dans les deux cas, que de leur comportement visible sur les scènes réelles et de la dérive chromatique que chacun est prêt à accepter.
Ceux qui recherchent avant tout le chiffre absolu pourront se tourner vers iris dynamique Haut + EBL Haut et ses 11 109:1. Il faut cependant garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un mode fidèle, mais d’un réglage spectaculaire exploitant au maximum les capacités dynamiques du nouveau firmware.

Au-delà des mesures, c’est sur des passages emblématiques et sombres du film 1917 que j’ai pu juger les progrès réalisés par Valerion sur l’amélioration du contraste. J’ai surtout constaté la disparition quasi complète des sautes de couleurs qui m’avaient gêné lors de mon premier test de ce projecteur. Les ingénieurs de la marque ont bien travaillé pour renforcer le contraste perçu du VisionMaster Max, qui conserve aujourd’hui tout son intérêt face au Xgimi Titan Noir.

Au fond, c’est probablement cela la vraie bonne nouvelle de cette OTA 3 : le Valérion Max n’est plus seulement un projecteur très lumineux et séduisant par son piqué. Il dispose enfin d’outils de gestion dynamique du contraste réellement efficaces, suffisamment variés pour permettre à chacun d’arbitrer entre fidélité, luminosité et profondeur des noirs. Et, pour un projecteur de cette catégorie, ce n’est pas un petit progrès.
Les ingénieurs de Valerion ont donc bien travaillé pour faire progresser le contraste visuel du Max et corriger l’un des principaux reproches que j’avais formulés lors de mon premier essai.
Le Valérion Max conserve ainsi aujourd’hui tout son intérêt face au Xgimi Titan Noir, avec désormais un argument supplémentaire de poids : une gestion du contraste dynamique nettement plus aboutie qu’à son lancement et un prix inférieur (3299€).

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